- il y a 2 jours
Le quotidien américain New York Times vient d'attaquer la Commission européenne en justice pour obtenir le contenu des sms échangés entre sa présidente, Ursula von der Lyen et le PDG de Pfizer à propos de l'achat des vaccins contre le Covid par l'UE.
Le journal américain, premier média à révéler l’affaire des SMS en avril 2021, cible les SMS que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a échangés avec Albert Bourla, le PDG de Pfizer. Ces messages pourraient contenir des informations sur l’achat, par les États européens, de 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid-19.
Que cachent ces SMS ? Décryptage de l'affaire et de ses derniers développements avec la députée européenne Michèle Rivasi (Les Verts), vice-présidente de la Commission spéciale sur le Covid 19.
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Le journal américain, premier média à révéler l’affaire des SMS en avril 2021, cible les SMS que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a échangés avec Albert Bourla, le PDG de Pfizer. Ces messages pourraient contenir des informations sur l’achat, par les États européens, de 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid-19.
Que cachent ces SMS ? Décryptage de l'affaire et de ses derniers développements avec la députée européenne Michèle Rivasi (Les Verts), vice-présidente de la Commission spéciale sur le Covid 19.
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NewsTranscription
00:00Bonjour et bienvenue dans cette rencontre depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:03Nous allons parler d'un dossier qui devient de plus en plus sensible dans l'Union européenne.
00:08Les échanges secrets de SMS entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
00:14et le PDG de Pfizer, le groupe américain, américano, pardon, allemand,
00:21à propos de l'achat de vaccins contre le Covid par l'Union européenne.
00:25Michel Rivasi, bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Je rappelle que vous êtes députée européenne du groupe des Verts
00:29et vous êtes aussi la vice-présidente de la Commission spéciale sur le Covid-19.
00:34Et vous êtes l'une des premières à avoir attiré l'attention sur cette affaire
00:38qui relève de pratiques commerciales pour le moins opaques, on va dire tout de suite,
00:43au plus haut niveau de l'Union européenne.
00:45C'est ça qui est important, au plus haut niveau de l'Union européenne.
00:47Ce n'est pas une ou deux personnes comme ça, c'est le plus haut niveau qui est concerné.
00:50On reviendra tout à l'heure sur l'actualité de cette affaire,
00:53parce qu'il y a une actualité de cette affaire.
00:55Mais avant, est-ce que vous pourriez nous réexpliquer un peu la base de cette affaire de SMS secret,
01:01donc entre la présidente de la Commission européenne et Pfizer,
01:04pour l'achat, rappelons-le, si les chiffres sont exacts,
01:07de 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid.
01:11C'est le plus gros marché de vaccins qui est passé de l'Union européenne.
01:1435 milliards d'euros, donc c'est un des plus gros marchés.
01:17C'est ça, donc c'est pas une petite affaire dont on parle là.
01:19Ah oui, oui, c'est une très grosse affaire.
01:21Mais il faut revenir un peu avant.
01:25Oui, c'est ça.
01:25Crise du Covid, si vous voulez, le Covid 2019, fin 2019 en Chine.
01:33L'OMS le déclare pandémie en janvier.
01:36Et là, c'est le brand-band combat.
01:39On n'a pas de vaccins, on n'a pas de traitements,
01:41donc on fait au plus vite.
01:44Donc la décision de la Commission européenne, d'abord, c'est de dire
01:47on va faire des achats groupés.
01:49Parce que si on ne fait pas d'achats groupés,
01:51chaque pays va vouloir négocier avec les labos
01:53et les pays pauvres n'auront pas accès aux vaccins.
01:56Donc ça part d'une bonne intention.
01:59Là-dessus, il y a six contrats qui sont faits,
02:02avec donc six labos différents.
02:04Après, il y en a trois autres.
02:05Mais c'est Pfizer, c'est Sanofi, c'est Curvac.
02:10Enfin bon.
02:11Et on leur donne déjà de l'argent pour qu'ils mettent au point des vaccins.
02:15Sachant qu'on pensait que ça prendrait plus d'un an pour mettre des vaccins.
02:20Donc cet argent a été donné sur un budget qui a été voté par le Parlement.
02:25Mais lorsqu'ils ont passé les contrats,
02:28de suite, plusieurs parlementaires, dont moi,
02:30ont dit mais on veut avoir accès aux contrats.
02:32On veut savoir c'est quoi les conditions du contrat.
02:35Pourquoi ? Parce qu'il y a déjà le prix du vaccin.
02:38Est-ce qu'il y a un brevet ou pas de brevet ?
02:40Est-ce qu'ils ont les capacités, vous voyez, de fabriquer ce vaccin ?
02:44Est-ce qu'il y a une responsabilité en cas d'effet secondaire
02:48qui prend le risque et qui va indéviser ?
02:51Et là-dessus, on nous répond, non.
02:54C'est secret commercial, on vous le donnera à la fin des contrats.
03:00On ne vous les a jamais donnés.
03:02Et il a fallu d'ailleurs, pour clôturer cet épisode,
03:05que cinq députés verts attaquent la Cour de justice européenne
03:08pour avoir accès aux contrats.
03:09C'est ça, on en reparlera tout à l'heure, effectivement.
03:11Et puis, au mois de mai 2021, il y a eu trois autres contrats,
03:18dont un avec Pfizer et un des plus gros contrats.
03:22Parce que, pour tout vous dire, comme Pfizer faisait avec BioNTech
03:27des vaccins ARN messagers, c'était ceux qui marchaient le mieux.
03:31Donc, tous les vaccins maintenant qui sont disponibles,
03:34c'est les vaccins Pfizer.
03:35Et à l'époque, c'était déjà plus de la moitié des vaccins
03:39qui étaient achetés par l'Union européenne.
03:41Tout à fait.
03:42Parce qu'il y a eu les premiers contrats avec Pfizer,
03:44c'était 200 millions de doses, plus 100 millions d'optionnels,
03:47et encore un contrat de 200.
03:49Et là, c'est le troisième contrat.
03:51Et là, on apprend par les États-Unis
03:54que des SMS sont passés entre notre président de la Commission européenne
03:59et M. Burlak, qui est directeur de Pfizer.
04:01Mais on leur dit, mais attendez, là,
04:03il y avait un comité de pilotage, un comité d'experts
04:07qui a décidé 1,8 milliard de doses.
04:10Vous voyez, parce que déjà, il y avait plus de 600 millions de doses
04:13qui avaient été déjà vendues.
04:14Pourquoi 1,8 milliard ?
04:16Et ça a été quoi, la négociation du prix ?
04:19Et est-ce que, par exemple, il y a l'obligation
04:22pour les États membres d'acheter ?
04:24Parce qu'au fur et à mesure que les choses passaient,
04:27on s'est aperçu que Pfizer avait mis une clause en disant,
04:30bon, c'est 1,8 milliard, on les sépare en deux.
04:33900 millions, 900 millions.
04:34900 millions obligatoires pour acheter.
04:37Et 900 millions optionnels.
04:39Mais dans les 900 millions où les États membres
04:41avaient l'obligation de les acheter jusqu'en 2023.
04:45Même si la situation d'urgence n'avait plus lieu.
04:48Et on se trouve exactement dans cette situation à l'heure actuelle.
04:52Vous voyez, à l'heure actuelle, on sait qu'il y a des négociations secrètes
04:56avec Pfizer parce que tous les États membres ne veulent plus acheter les doses.
05:00Il n'y a plus de demande.
05:00C'est ça.
05:01Donc, ils disent, mais on ne va pas dépenser des milliards d'euros
05:04pour acheter des doses qui vont être stockées,
05:06qui vont être périmées, vous voyez, dans les 6 mois ou les 1 an.
05:10Donc, on a demandé l'accès à ces SMS.
05:13La commission nous a dit...
05:14Ça a duré longtemps.
05:14Rappelons qu'il y a une série de SMS, ce n'est pas deux SMS.
05:17Ça date d'avril 2020.
05:20Donc, on demande.
05:21La commission dit non.
05:24La médiatrice est saisie.
05:26Et la médiatrice dit, mais enfin, c'est des SMS.
05:29C'est la même chose que des mails.
05:31Vous voyez, c'est des documents officiels.
05:33Vous devez les donner.
05:34Et après, la commission dit, on ne les trouve plus.
05:37Alors, moi, je suis intervenu en plénière pour dire,
05:39attendez, c'est quoi ça ?
05:41À n'importe quel voleur criminel, on retrouve les SMS par les opérateurs.
05:47Ils sont en mémoire.
05:48Donc, qu'est-ce que c'est, cette histoire, qu'on ne peut pas les retrouver ?
05:50Et pourquoi ça nous pose question ?
05:52Parce que, vous voyez, au tout début de la pandémie,
05:55ils avaient mis en place tout un protocole.
05:56Vous voyez, ce comité de pilotage,
05:58où il y avait des représentants des États membres.
06:00Ces experts qui évaluaient, vous voyez, un peu les différents types de vaccins.
06:04Mais là, c'est carrément notre présidente qui a passé un contrat.
06:07C'est ça. Les choses se passent ailleurs, en réalité.
06:09Les choses se passent ailleurs.
06:10Et ça, c'est outrepasser, si vous voulez, les traités européens.
06:14Et c'est ce que dit la médiatrice.
06:15Elle dit, là, il y a une maladministration.
06:18Et même, elle dit récemment, il y a une obstruction de la Commission européenne.
06:22Vous voyez, c'est grave obstruction.
06:23C'est ça.
06:24Là-dessus, la Cour des comptes européens...
06:28C'est ça, s'en mêle.
06:29S'en mêle, mène l'enquête.
06:30Elle demande tous les contrats.
06:32Elle obtient tous les contrats, sauf le troisième, le plus important,
06:36où elle dit, mais ils sont où les contrats de pré-négociation ?
06:39Où sont ces réunions d'experts ?
06:42Et ces réunions du comité de pilotage ?
06:46Donc, la Direction générale de la Santé leur donne tout,
06:49sauf qu'on n'a pas accès à ces contrats.
06:50Et ça confirme bien que, vous voyez, il y a eu des relations directes
06:54entre la Présidente et M. Burla.
06:57Après, on a créé la Commission Covid,
06:59et on a dit à M. Burla, le directeur de Pfizer,
07:02vous venez vous expliquer.
07:04Il devait venir, au dernier moment, il envoie sa directrice commerciale
07:10qui dit, je ne peux pas répondre à la question.
07:12On le réinvite une nouvelle fois, il dit, je ne viens pas.
07:15Et pourtant, il va à Davos.
07:16Vous voyez, il a du temps pour aller à Davos,
07:18mais pas pour les députés européens.
07:19Donc, on a décidé de bloquer l'entrée du Parlement européen
07:24aux gens de Pfizer, ils n'auront plus leur badge.
07:27Et puis, on a demandé l'audition de notre Présidente
07:31de la Commission européenne,
07:33que Mme Ursula von der Leyen vienne s'expliquer sur ces SMS.
07:36Parce que, là-dessus, il y a eu le catergate.
07:40Corruption de certains députés.
07:42C'est ça, on va y revenir tout à l'heure,
07:43mais effectivement, ce n'est pas la seule affaire,
07:45c'est surtout une affaire de haut niveau.
07:46C'est ce qu'on disait tout à l'heure,
07:47ça ne concerne pas deux, trois députés
07:50qui auraient eu des comportements
07:53pas très clairs.
07:54Ça concerne quand même la Présidente
07:56de la Commission européenne dans ses rapports,
07:58avec une énorme boîte, sur une énorme affaire
08:00qui est une histoire de santé mondiale.
08:03Des tas de choses se sont jouées
08:04à ce moment-là.
08:05C'est des milliards.
08:06Et surtout, qu'il y a deux jours,
08:09c'est carrément le journal New York Times...
08:11On en revient à l'actu, l'autorisé tout à l'heure.
08:13Voilà, le journal américain,
08:15qui, voyant qu'en Europe, ça ne bougeait pas...
08:17Parce que c'est eux qui avaient lancé l'affaire.
08:19On est d'accord.
08:20Eh bien, ils disent, on saisit la Cour de justice européenne.
08:23Le New York Times.
08:25Moi, je voulais faire une intervention aux députés
08:27pour leur dire, attendez, là.
08:29Vous imaginez ?
08:30Notre rôle de députés européens,
08:32c'est de contrôler l'exécutif.
08:34On n'a pas accès aux documents.
08:35On est obligés de saisir la Cour de justice européenne.
08:38Et qui, maintenant, nous fait des leçons de transparence,
08:42c'est les Américains qui nous attaquent.
08:44Parce qu'on n'a pas accès.
08:46Donc, ça veut dire que la Commission européenne
08:48ne joue pas le jeu,
08:49mais que les députés européens,
08:50ils doivent tout faire
08:51pour faire en sorte à ce qu'on puisse avoir
08:53le contrôle de l'exécutif.
08:55Il y a quand même quelque chose d'incroyable
08:56dans le fait que ce soit un journal américain
09:02qui porte l'affaire devant la justice.
09:04Pour non accès aux documents.
09:06Voilà, pour non accès aux documents
09:07à l'intérieur de l'Union européenne,
09:09des institutions européennes
09:10et quelles institutions ?
09:11La Commission européenne.
09:13Alors qu'on peut imaginer
09:14qu'il y a quand même un tas de recours possibles.
09:16Et vous en avez cité un certain nombre
09:18qui n'ont rien donné.
09:19On a utilisé tous les recours.
09:19Oui, c'est ça.
09:20La médiatrice, la Cour.
09:21Vous voyez, quand j'ai auditionné
09:23la Cour des comptes européenne,
09:24je me suis dit,
09:25mais si vous, vous êtes la plus haute institution,
09:28vous ne pouvez pas obtenir les documents
09:29alors qui peut le faire ?
09:32C'est ça.
09:32Qui peut le faire ?
09:33D'autant que c'est une nouveauté.
09:34D'habitude, on donne les documents
09:37à la Cour européenne.
09:39C'est l'instant suprême.
09:40Donc ça veut dire
09:41qu'il n'y a plus le respect
09:43du traité européen.
09:44Donc c'est très grave, cette affaire.
09:46Et moi, en tant que députée,
09:47je ne veux pas être complice de ça.
09:48Donc j'interpelle mes collègues en disant,
09:51mais il faut qu'elle vienne être auditionnée.
09:54Donc elle ne nous a toujours pas dit oui.
09:56Vous voyez, à la commission Covid.
09:57Et puis il faut que la commission
10:00divulgue ses documents.
10:02Parce qu'elle est en porte-à-faux.
10:04Ce n'est pas normal
10:05qu'elle fasse de la rétention d'informations.
10:07Ce n'est pas eux qui gouvernent.
10:09C'est les parlementaires
10:11qui doivent contrôler la commission.
10:13Et là, ils font ça aussi.
10:14Il s'agit d'argent public européen.
10:16Comment voulez-vous que des citoyens européens
10:18qui voient la corruption
10:20de certains députés...
10:21Alors je dis bien de certains
10:22parce qu'il ne faut pas vous imaginer
10:23que tout le monde est corrompu.
10:24C'est certains députés
10:25qui avaient des liens
10:26avec des États tiers.
10:27On parle des Qatariettes, là, par exemple.
10:29Mais peut-être...
10:31On va trouver des choses
10:33avec le Maroc,
10:35avec la Zermadjian, etc.
10:36Oui, parce que l'enquête se poursuit.
10:38Sérieusement, en Belgique.
10:39Et ça se fait par l'extérieur.
10:41C'est un procureur belge
10:43qui investigue au niveau des députés européens.
10:46Maintenant, nous, on dit
10:48la commission fait pareil.
10:49La commission ne sort pas les informations
10:52donc nous, on ne peut pas les contrôler.
10:54Donc il y a quelque chose qui ne va pas, quand même.
10:56Que peuvent cacher ces SMS, du coup ?
10:58Parce que cette résistance
11:00paraît incroyable.
11:02Moi, je pense que la présidente,
11:04d'abord, elle a outrepassé ses droits.
11:07Elle ne se rend pas compte.
11:09D'abord, elle méprise aussi le Parlement européen.
11:11Et puis, elle avait peut-être...
11:13Elle a des connaissances.
11:15Parce que, vous voyez, il y a quand même des choses troubles
11:17dans son comportement.
11:18Elle connaissait certainement Pfizer,
11:21enfin, M. Burla.
11:22Son mari n'est pas clair non plus.
11:24Parce qu'il y a des conflits d'intérêts
11:25et même des délits d'initiés.
11:28Dans la mesure où son mari, M. Eco
11:30Fondal-Lyon,
11:32a un laboratoire aux Etats-Unis
11:34qui s'appelle Organisis
11:35et il a créé des filières
11:37et des filiales,
11:39que ce soit aux Pays-Bas,
11:40que ce soit en Belgique,
11:42que ce soit en Allemagne,
11:43en Grèce et en Italie.
11:45et certaines de ces filiales
11:49utilisent des fonds européens.
11:51Non, mais vous expliquez ça.
11:53On est où, là ?
11:54Nous, on a interpellé la Commission
11:55en disant, mais...
11:56Enfin, il y a un conflit d'intérêts, là.
11:58Il y a même un délit d'initiés.
12:00Son mari qui utilise des fonds de relance européens.
12:03Alors qu'on a vu que ces filiales,
12:05c'était des boîtes postales.
12:06Donc, déjà, ça, c'est pas clair.
12:08On a une présidente
12:10qui passe directement des négo
12:11en court-circuitant tous les experts.
12:14parce que, maintenant,
12:16regardez la situation
12:16que sont les États membres.
12:19Pfizer dit,
12:20il y a 500 millions de doses
12:21que vous devez acheter.
12:23L'Italie, elle doit acheter
12:25120 millions de doses.
12:26La France, 100 millions de doses.
12:27Il n'y a plus de besoin de doses.
12:29On va donner des milliards à Pfizer,
12:32qui sont devenus tous milliardaires.
12:35Tout ça parce que les contrats
12:37étaient mal passés avec la Commission.
12:39Donc, elle a une responsabilité
12:41dans la corruption.
12:43Vous voyez, vis-à-vis des laboratoires.
12:45Elle n'avait pas à négocier autant de doses.
12:48Ou qu'on me donne les experts
12:50qui lui ont dit,
12:50il faut acheter autant de doses.
12:52Alors, au début,
12:54parce que c'est les Polonais
12:55qui nous ont mis l'alerte.
12:57Ils nous ont dit,
12:59il y a à peu près six mois,
13:00on ne veut plus acheter des doses.
13:01Parce qu'on nous pousse à acheter des doses.
13:03Mais nous, l'argent,
13:04on préfère le donner aux Ukrainiens
13:06qui arrivent dans notre pays.
13:08Et la Commission paniquée,
13:11fait une réunion à Varsovie.
13:12Et elle dit,
13:13bon, Pfizer a accepté
13:15de prolonger les délais.
13:17Mais prolonger les délais,
13:19mais pas de ne pas acheter les doses.
13:21Et même Pfizer menace
13:23d'attaquer en justice
13:24la Commission européenne.
13:25Ce qui signifie qu'il y a des accords
13:27quelque part qui ont été signés.
13:29Exactement.
13:29Et d'autres, on va bien connaître le contenu.
13:31Eh bien, nous, on demande des comptes.
13:33Oui, c'est ça.
13:33Mais quels moyens, justement,
13:35vous disposez pour faire ça ?
13:36Parce que là, on vient de passer en revue
13:38un certain nombre de démarches
13:39qui ont déjà été faites,
13:40y compris là maintenant
13:41des démarches devant la justice.
13:43Ce n'est pas tout à fait la première fois.
13:44On en a parlé tout à l'heure.
13:45Qu'est-ce que vous pouvez faire maintenant ?
13:46On a l'impression
13:48d'être dans ces institutions européennes
13:51le pot de fer contre le pot de terre
13:52et incapable d'avoir des informations
13:56qui relèvent de la simple démocratie publique.
13:59J'allais dire,
13:59c'est des informations qui devraient être...
14:01Mais il n'y a plus de démocratie là.
14:01Il n'y a plus de démocratie.
14:02On a des institutions européennes,
14:04bon, très bien, moi je les défends.
14:06Parce que je défends les valeurs liées à l'Europe.
14:08Mais il y a un dysfonctionnement.
14:10Parce que la Commission a pris le pouvoir
14:12et la présidente de la Commission européenne,
14:14elle n'est pas digne d'être présidente d'une commission.
14:16Parce qu'elle n'outre pas ses droits.
14:19Donc, quelles sont les voies possibles ?
14:20Oui, il y a la voie de la justice.
14:22Parce que là, il y a quand même deux choses.
14:24Moi, en tant que député,
14:26on a saisi la Cour de justice européenne
14:28pour avoir accès à la transparence des contrats
14:30qu'on n'a toujours pas eu.
14:31Ça n'a pas marché.
14:32Là, il y a le New York Times
14:34qui a saisi aussi la Cour de justice européenne.
14:36Là, c'est pour connaître ce qu'il y a dans les SMS.
14:38Le contenu.
14:39Et il y a le procureur européen.
14:41Puisque le procureur européen a été saisi,
14:44vous savez que c'est une nouvelle instance
14:47pour regarder les problèmes de corruption
14:49vis-à-vis du budget de l'Europe.
14:52Et il mène une investigation.
14:54Ça, c'est la voie juridique.
14:55Et puis, moi, j'essaie de développer une voie,
14:59je dirais, de député européen
15:03en disant, réveillez-vous !
15:04Vous êtes en train de vous faire avoir
15:08sur cette suprématie de la Commission.
15:10La Commission, elle obéit aussi à des règles.
15:12Il y a un traité européen.
15:14On doit avoir accès à ces documents
15:16si on veut contrôler l'exécutif.
15:18Eh bien, bougez-vous !
15:19Donc, en ce moment, il y a deux voies possibles.
15:22Et précisément, comment ils réagissent,
15:24les députés, ceux avec qui vous en parlez ?
15:25Est-ce qu'ils prennent cette affaire au sérieux ?
15:28Ou est-ce qu'on dit, bon, voilà,
15:30c'est une petite histoire...
15:31Écoutez, ils prennent cette affaire au sérieux
15:32si ça devient politique.
15:33Oui, c'est ça.
15:34Parce qu'il faut quand même revenir à cette pandémie.
15:38Vous savez, moi, j'étais assez critique
15:39sur la gestion de cette pandémie
15:41à cause, justement, de ce manque de transparence.
15:43Mais pour beaucoup de députés,
15:46leur ligne politique, c'est de dire
15:48il ne faut pas trop attaquer la Commission.
15:51On est sortis de cette pandémie
15:53grâce aux achats groupés,
15:55tatati, tatata, et grâce, enfin...
15:57Peu importe ce qui s'est passé en dessous.
15:58Parce que les labos ont trouvé un vaccin.
16:01Tu vois, ils sont là-dessus.
16:03Et moi, je leur dis très bien, ça.
16:06Sauf que, nous, on nous a mis à l'écart.
16:09On a utilisé ce qu'on appelle une situation d'urgence
16:11pour que ça ne soit que la Commission
16:13et les États membres.
16:14Parce que les États membres,
16:15ils sont complices de ça.
16:16Alors maintenant, ils râlent
16:17parce qu'ils ne veulent plus acheter des doses
16:19dont ils n'ont plus besoin,
16:20puisque ça a très mal été négocié
16:22par la Commission.
16:23Mais eux, il fallait qu'ils mettent l'idée.
16:25Ils y étaient dans les comités de pilotage.
16:27Donc, on est dans une situation, je trouve,
16:31très inconfortable.
16:33Et on pourrait retrouver la confiance
16:35des citoyens européens
16:36à partir du moment où il y a une volonté
16:39des députés européens
16:40d'exiger de la Commission
16:42qu'ils lâchent les...
16:44C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
16:45Alors, il y a cette affaire, bien entendu.
16:48Il y en a d'autres.
16:49Alors, pas de même nature, d'accord.
16:51Mais enfin, il y en a quand même d'autres.
16:52Il y a des histoires aussi de corruption
16:55ou de passages publics-privés
16:57qui sont sans arrêt dénoncés
16:59par beaucoup d'entre vous, etc.
17:01C'est une image qui est donnée
17:03du fonctionnement de l'Union européenne
17:06qui est loin d'être claire
17:07dans une période qui est quand même
17:08une période importante
17:09puisque bientôt, il va falloir réélire
17:11tout ce petit monde.
17:12Est-ce que ce n'est pas une image
17:14effectivement ?
17:14Enfin, comment...
17:15Quels sont les effets secondaires,
17:17j'allais dire, d'une histoire comme celle-ci ?
17:19Ben écoutez, c'est vraiment
17:21une affaire politique, ça.
17:23Soit on continue à fonctionner comme ça.
17:26Et si on continue à fonctionner comme ça,
17:28on voit qu'il y a des corruptions
17:29au niveau des députés.
17:30Pourtant, il y a des règles.
17:32Mais s'il n'y a pas un organe de contrôle,
17:34c'est comme le gendarme, ça.
17:36S'il n'y a pas des gendarmes
17:37avec des contraventions,
17:38les gens roulent de plus en plus vite, etc.
17:41Ils ne respectent pas le code de la route.
17:43Ben là, c'est pareil.
17:44On avait des comités d'éthique,
17:46mais qui étaient constitués de députés.
17:49Et en plus, si ces députés avaient vu,
17:52par rapport à une investigation,
17:54qu'il y avait des députés,
17:56qu'il y avait un fonctionnement qui n'allait pas,
17:58il faut qu'ils demandent à la présidence
18:01du Parlement.
18:03Et là, tout est bloqué.
18:06Pareil à la Commission.
18:07À la Commission, j'ai regardé,
18:08il y avait 362 mondes de portes tournantes,
18:12c'est-à-dire des gens de la Commission
18:14qui voulaient aller dans le privé.
18:15Et sur ces 360 portes tournantes,
18:18il n'y en a que 3 qui ont été interdites.
18:21Tous les autres sont allés dans le privé.
18:23Donc c'est des gens qui ont des carnets d'adresses
18:26énormes,
18:27et qui vont dans le privé
18:28pour donner les relations, etc.
18:31Mais ce n'est pas normal du tout, ça.
18:33Donc hier, il y a eu un débat ici
18:34pour dire qu'il faut qu'on crée
18:36un comité indépendant,
18:40transparent et interinstitutionnel,
18:42que ça touche aussi bien
18:44le Parlement,
18:45la Commission,
18:46du Conseil,
18:47des agences.
18:48Vous voyez qu'ils chapeautent tout ça,
18:49qu'ils soient indépendants,
18:51qu'ils aient des moyens d'investigation
18:53et aussi des moyens de sanction.
18:56Et moi, j'ai rajouté
18:57à ce que tous les dossiers soient publics.
18:59Parce que si ça reste,
19:01comme à l'heure actuelle,
19:03dans une opacité
19:04où on n'a pas accès aux documents...
19:06– Nom de transparence totale.
19:08– Donc on peut...
19:10Il faut utiliser vraiment ce scandale
19:12pour doter l'Europe
19:13d'instruments de contrôle.
19:15Pour l'instant,
19:16ils sont inefficaces
19:17puisque ça fait un stress test.
19:19– Mais bien sûr.
19:20– Ce scandale du Quatergate,
19:23on monte cette opération,
19:26on définit bien le code d'éthique
19:29et puis la transparence
19:31de tous les documents
19:31avec des moyens financiers.
19:33– Alors, on a vu,
19:33vous le disiez tout à l'heure,
19:34on a vu dans l'affaire du Quatergate,
19:36donc, on rappelle,
19:37cette affaire de corruption,
19:39de quelques députés européens
19:40pour l'instant
19:41qui ont reçu de l'argent
19:42pour soutenir la candidature du Qatar
19:47au vote du...
19:49– De ces résolutions d'urgence.
19:51– Voilà.
19:52On a vu qu'il y avait effectivement
19:53une réaction tout de suite
19:54du Parlement européen,
19:55de la présidente du Parlement européen
19:56pour dire,
19:57on va mettre en place des mesures
19:58pour éviter que ça se reproduise, etc.
20:00On voit bien aussi
20:01qu'il n'y a pas une appétence
20:02extraordinaire du Parlement
20:03pour dire, bien sûr,
20:04tout de suite, immédiatement,
20:06on vote ça.
20:06On sent qu'il y a des réticences.
20:07– Ah, il y a des réticences.
20:09Par exemple,
20:10Mme Metzola,
20:10qui est présidente du Parlement,
20:12elle a dit,
20:12on a 14 propositions.
20:14Ces propositions ont été discutées,
20:16elles ont été améliorées,
20:18mais elles touchent vraiment
20:19les anciens députés,
20:21elles touchent la transparence
20:23sur les gens que vous rencontrez
20:25quand vous faites un rapport.
20:26Mais par exemple,
20:28elles ne dénoncent pas
20:29qu'un député ici,
20:31eh bien,
20:32il peut avoir un deuxième job
20:33où il touche,
20:35mais dix fois plus
20:36que ses indemnités
20:37en tant que député.
20:38– Ce qui est déjà pas mal.
20:39– Et surtout,
20:40c'est que s'il fait un rapport,
20:42on ne regarde pas
20:42s'il n'y a pas un conflit d'intérêts
20:44avec son deuxième job.
20:45Non mais attendez,
20:46on est où ?
20:47En France,
20:48vous savez que ça a été
20:49aussi une guerre là-dessus.
20:50Il y avait plein de députés
20:51qui avaient des comités de conseil
20:54et ils étaient jugés partis.
20:56Il y a des conflits d'intérêts.
20:58Eh bien, tout ça,
20:58il faut vraiment le mettre à plat
21:01et puis il faut quand même
21:02qu'il y ait un organique
21:03qui contrôle ça.
21:04– Et urgence,
21:05parce qu'encore une fois,
21:06les élections européennes,
21:07c'est bientôt.
21:08Or, ces histoires de corruption
21:10ou de manque de transparence,
21:12ça circule.
21:12– Mais soit on sort par le haut,
21:14c'est-à-dire qu'on est conscient
21:16qu'il y a un dysfonctionnement
21:18et que les choses
21:19ne sont pas suffisamment claires,
21:21qu'on met ce comité d'éthique,
21:24vous voyez, transparent
21:25et surtout indépendant
21:27et rapidement
21:28d'ici fin 2024,
21:30avant la prochaine législature.
21:33Et là, on va redonner confiance
21:34aux citoyens européens
21:36si on ne fait rien.
21:37Parce qu'il y a plein de groupes,
21:38ils ne veulent surtout pas
21:39rendre des comptes.
21:40Et pourquoi ils ne veulent pas
21:41rendre des comptes ?
21:42Les Verts ont toujours été un parti,
21:44vraiment,
21:45qui essayait de pousser chaque fois.
21:47Ça fait plus de deux ans
21:48que tout est prêt,
21:49que cet organisme,
21:51vous voyez,
21:51on a à discuter,
21:52mais qui refuse,
21:53c'est la Commission aussi.
21:55Vous voyez,
21:56c'est pour ça que
21:56Ursula von der Leyen,
21:58moi, franchement,
21:58je lui en veux,
21:59parce qu'elle ne joue pas
22:01la transparence.
22:02Et les institutions européennes
22:04sont attaquées de toutes parts.
22:05Donc, franchement,
22:07moi, je les défends
22:07parce que c'est vraiment
22:08une échelle
22:09sur laquelle on peut
22:12donner des messages,
22:14on peut avoir une politique
22:15pour le plus grand nombre,
22:17on peut éliminer la pauvreté,
22:19vous voyez,
22:19si on a une volonté politique,
22:20et surtout répondre
22:22aux défis planétaires.
22:23Et là,
22:24on s'aperçoit
22:26qu'à plus haut niveau,
22:27c'est des affaires politiques
22:28au niveau des partis
22:30et qui sont en train
22:31de détruire,
22:32vous voyez,
22:33une gouvernance comme ça,
22:35c'est l'autodestruction
22:35de l'Europe.
22:36Et moi, je dis,
22:37si on veut maintenir
22:39notre Europe,
22:40il faut qu'on se bagarre
22:41sur ces outils de contrôle.
22:43Donc, on en est tous responsables.
22:45Les députés sont responsables
22:47du dysfonctionnement
22:48de la Commission.
22:49Parce que s'il y a
22:50une motion de censure,
22:51on dit,
22:52c'est une motion de censure,
22:54vous avez outrepassé
22:55vos droits,
22:56les traités ne sont pas respectés,
22:58vous voyez,
22:58il y a la médiatrice,
22:59il y a la Cour des comptes européennes
23:00qui le dit, etc.
23:02Et on laisse faire.
23:04Le laisser faire
23:05à l'heure actuelle
23:06est très dangereux.
23:07C'est pour ça
23:08que je me rebelle,
23:09je leur dis,
23:09mais on ne peut pas accepter ça.
23:11Ça va remettre en question
23:13votre discours
23:13sur la pornémie.
23:14Eh bien,
23:14ce n'est pas grave.
23:15Là, il y a un enjeu plus fort,
23:17c'est recrédibiliser l'Europe.
23:20Merci beaucoup, Michel Rivasi.
23:21On continuera bien sûr
23:22à suivre cette affaire
23:23parce que c'est loin
23:24d'être terminé,
23:25ça a même rebondi
23:25cette semaine.
23:26Tout à fait.
23:27Avec vous,
23:27on verra ça.
23:28Merci à vous
23:29de nous avoir suivis.
23:30À bientôt.
23:31Au revoir.
23:31Sous-titrage Société Radio-Canada
23:36Sous-titrage Société Radio-Canada