- il y a 1 jour
En direct avec les personnels soignants pour leur nouvelle journée de mobilisation, à quelques jours de la clôture du « Ségur de la santé ». Au départ de Port-Royal à Paris, ils défilent aujourd'hui à l'appel des syndicats (FO, SUD, Unsa, CGT) jusque devant les portes du Ministère de la Santé pour réclamer plus de moyens et exprimer leur déception face aux dernières annonces gouvernementales.
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NewsTranscription
00:06Bonjour et bienvenue sur l'Humanité. Nous sommes actuellement devant l'ancien
00:12hôpital militaire du Val-de-Grâce dans le 5e arrondissement pour suivre et vous
00:16faire vivre en image cette nouvelle manifestation des personnels soignants.
00:21Le cortège va s'élancer actuellement
00:27de l'hôpital Val-de-Grâce pour atteindre le ministère de la Santé dans le 7e arrondissement.
00:37Après la journée d'action du 16 juin, les personnels de santé appellent la population
00:42à les soutenir. Aujourd'hui, mardi 30 juin, afin de dire au gouvernement qu'ils exigent
00:48beaucoup plus que l'enveloppe proposée par le ministre de la Santé Olivier Véran.
00:53Nous sommes actuellement dans la manifestation qui démarre à Maine de l'hôpital Val-de-Grâce.
01:01Nous sommes aussi avec Marie de la rubrique Capital Travail de l'Humanité.
01:07Marie, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu les enjeux et le contexte de cette
01:13manifestation ? Oui, tout à fait. Bonjour à toutes et bonjour à tous.
01:18Le mot d'ordre aujourd'hui de la mobilisation, c'est de continuer à faire pression sur le
01:23gouvernement alors que s'achève bientôt le Ségur de la Santé.
01:26Le Ségur de la Santé, qu'est-ce que c'est ? Ce sont des journées de négociations entre
01:30le ministère de la Santé et les soignants pour trouver des solutions à la crise du coronavirus
01:35et à la caisse de l'hôpital public qui a lieu déjà depuis de nombreuses années.
01:40Alors pour rappel, les soignants sont en grève pour certains d'entre eux depuis 16 mois.
01:44Et aujourd'hui, ils demandent plus de moyens, plus de moyens pour l'hôpital public.
01:49Parmi les revendications des soignants, alors on parle ici de médecins mais aussi de paramédicaux,
01:55donc d'infirmières, d'aides-soignantes et d'aides-soignants, de techniciens de laboratoire.
01:59Donc ce qu'on demande ici au niveau des syndicats et des organisations représentatives du personnel,
02:05c'est plus de moyens, notamment des embauches massives et y compris la titularisation des contractuels.
02:12C'est aussi une revalorisation des salaires et du point d'indice.
02:15Donc ce que les soignants demandent, c'est entre 300 et 400 euros d'augmentation net par mois pour tout
02:22le monde.
02:23Et enfin, ce que les soignants demandent, c'est l'arrêt de la politique de fermeture de lits
02:28qui sévit depuis de nombreuses années et qui a pour conséquence, voilà,
02:33une dégradation des conditions de soins des patients à l'hôpital public ainsi que dans des cliniques privées.
02:39Donc ce que dénoncent ici les manifestantes et les manifestants,
02:44c'est que le Ségur de la Santé, c'est finalement une supercherie.
02:47Pourquoi ? Parce que le gouvernement n'accède pas du tout à leurs revendications
02:50et avance des chiffres qui sont pour l'instant, et selon tous ici, décevants.
02:55Donc au niveau des chiffres, on parle d'une enveloppe de 6 milliards d'euros pour les paramédicaux.
03:00Donc on ne sait pas très bien ce que ça recouvre.
03:02C'est encore très flou. On ne connaît pas les conditions d'attribution de cette enveloppe.
03:07On ne sait pas si ça va concerner le public, le privé, les contractuels ou les titulaires.
03:12Et c'est de toute manière trop peu selon les syndicats pour accéder aux revendications des soignants.
03:18Alors une autre enveloppe qui a été annoncée par le ministère de la Santé dans le cadre de ce Ségur,
03:23c'est 300 millions d'euros pour les médecins.
03:26Là encore, c'est trop peu par rapport aux revendications de ceux-ci.
03:31Enfin, ce que contestent ici les manifestants et les manifestantes qui se mobilisent,
03:35c'est l'absence de mesures concrètes.
03:38Qu'en est-il de la politique d'embauche ? On ne sait pas encore.
03:42Qu'en est-il de la politique d'ouverture de lits ? On ne le sait pas non plus.
03:46Donc ce sont toutes ces politiques et ces mesures que demandent aujourd'hui les soignants et les soignantes.
03:50Et pour l'instant, ils sont en absence de réponse.
03:53Donc le mode ordre, comme je le disais, c'est de continuer à faire pression et à se mobiliser
03:57puisque le Ségur se clôture vendredi et qu'à l'automne sera votée la loi de financement de la Sécurité
04:04sociale
04:04qui, pour beaucoup d'entre eux, fera également une vraie différence.
04:07Voilà. Et je repasse le micro à Franck.
04:10Merci à vous et bonne mobilisation à tous.
04:15Merci Marie pour toutes ces informations précieuses.
04:20Donc voilà, nous sommes sur le boulevard du Port Royal.
04:24La manifestation vient de démarrer il y a quelques minutes.
04:28Donc je vous le disais, elle part de l'hôpital Val-de-Grâce pour se diriger au ministère de la
04:34Santé
04:34dans le 7e arrondissement.
04:38Une manifestation assez fournie tout de même, avec beaucoup de monde.
04:44Comme vous pouvez le voir sur les images.
04:48On va essayer de passer dans le carré de tête pour voir...
04:59...
05:09Merci.
05:17Donc nous sommes avec Patrick Bourdillon secrétaire fédéral de la CGT Santé.
05:22Bonjour monsieur Bourdillon. Alors vous êtes le négociateur de la CGT,
05:27un des négociateurs de la CGT. Vous avez participé à nombreuses réunions notamment
05:31cette semaine. On en est où aujourd'hui ? On attend encore d'avoir d'autres réunions qui
05:36vont intervenir demain après demain et vendredi pour pouvoir un peu caler les choses et voir si
05:40réellement il y a des négociations et si l'Etat met un peu plus d'argent sur la table pour
05:44l'instant
05:44c'est pas le cas. Alors c'est pas le cas, quelles sont les dernières propositions et où est-ce
05:49que
05:49vous en êtes ? Les dernières propositions c'est de mettre 6 milliards qui sont nettement insuffisants
05:53par rapport aux revendications qui sont portées, qui sont des revendications fortes en matière de
05:56salaire, en matière d'embauche et en matière de conditions de travail. Donc 6 milliards sont
06:00nettement insuffisants en tout cas pour pouvoir satisfaire ce que les salariés de notre champ
06:04attendent. C'est à minima d'avoir un premier geste et le premier geste c'est au moins de 300
06:08euros par
06:09personne de salaire net en plus. Vous avez chiffré l'enveloppe budgétaire nécessaire pour 300 euros
06:15d'augmentation pour tous les personnels ? 300 euros d'augmentation pour tous les personnels comme
06:19l'Etat veut le faire la maintenance, c'est à dire en incluant les personnels du secteur privé et on
06:23estime qu'il faut une enveloppe budgétaire de 15 milliards. Avec ces milliards on en est très très loin
06:27pour atteindre les 300 euros nets. Vous craignez une fuite des personnels hospitaliers à terme si la
06:35réforme n'arrive pas comme vous le souhaitez ? Dans ce concret ce n'est pas tant une fuite des
06:39personnels hospitaliers, c'est déjà à la base un épuisement des personnels hospitaliers
06:43qui n'en peuvent plus ne pas pouvoir prendre leurs vacances. Donc c'est pour ça que l'aspect
06:46embauche est un aspect majeur qui permettra de pouvoir continuer à travailler dans des conditions
06:50normales et pour l'instant ce n'est pas le cas. Au-delà de la question des
06:57revalorisations salarielles, quelles sont vos autres revendications ? On a des revendications
07:01en termes d'effectifs, on a des revendications sur les arrêts de fermeture de lits, on a des
07:05revendications sur les grilles de salaire et des reconnaissances professionnelles ainsi
07:09que des revendications qui sont clairement posées notamment sur la proximité de nos
07:13établissements, de la population et ça ça n'a jamais été rempli, ça n'a jamais été
07:17en tout cas organisé par le gouvernement pour permettre une simple réponse aux besoins en
07:21santé d'une population qui est très en attente de ça. La revendication concernant
07:26les effectifs, est-ce que vous pouvez nous la détailler ? Donc nous on estime que d'urgence
07:31il faut avoir 100 000 postes supplémentaires qui soient créés à l'hôpital et 200 000
07:34dans les EHPAD. Pourquoi ? Pour répondre à ce fameux besoin, cette nécessité d'avoir
07:39des effectifs pour qu'on puisse prendre en soin de façon cohérente et surtout de façon
07:43sécurisée des patients et qu'on puisse accueillir le public et qu'on puisse travailler
07:47correctement. Merci Monsieur Bourillon. Merci beaucoup.
08:13Oui, nous sommes avec Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Bonjour Monsieur Martinez.
08:19Bonjour. Alors aujourd'hui c'est important pour que vous vous
08:22continuez à se mobiliser tant qu'on n'aura pas réussi, tant que le gouvernement n'aura
08:28pas lâché une réforme importante. C'est important d'être concret maintenant. C'était
08:38bien les applaudissements, c'était bien les félicitations, les paroles compatissantes vis-à-vis
08:44des soignants mais maintenant il faut passer aux actes et on est loin des actes correspondant
08:50à ces belles paroles. Une médaille c'est ça fait pas manger. Aujourd'hui vous attendez
08:55quoi du gouvernement ? Les revendications elles sont claires, c'est les 300 euros, c'est
09:01la reconnaissance des diplômes. Il faut savoir qu'une infirmière est largement moins bien
09:06payée à diplômes correspondants que dans la moyenne des pays européens mais y compris
09:10par rapport à des salariés français qui ont le même diplôme, en France qui ont le même
09:13diplôme. C'est des emplois, c'est au moins 300 000 emplois entre les EHPAD, l'hôpital.
09:19Et puis c'est une autre conception de la médecine, c'est-à-dire une médecine et un hôpital tourné
09:25vers les citoyens, ancré dans les territoires, ça veut dire des réouvertures de lits et des réouvertures
09:28depuis temps. Merci monsieur Martinez.
09:35Ah c'est la pub !
09:37Donc nous sommes avec madame Stivala. Bonjour madame Stivala, vous êtes secrétaire
09:44générale de la CGT Santé, je ne me trompe pas. Alors vous avez suivi et j'imagine participé
09:53aux négociations depuis de longues semaines. Aujourd'hui quelle est votre appréciation ?
09:58Notre appréciation c'est que ce n'est nettement insuffisant, en tout cas après les annonces
10:05qui ont été faites de revalorisation pour les salaires par le Président. Aujourd'hui on a l'impression
10:11que c'est Ségur, c'est la montagne qui va accoucher d'une souris. Les enveloppes budgétaires qui sont dédiées
10:17sont nettement insuffisantes pour répondre aux revalorisations salariales, à la refonte des grilles
10:23mais aussi à nos questionnements importants sur le recrutement de professionnels que nous
10:29devons avoir dans la période.
10:30Vous craignez une fuite de personnel ?
10:35Effectivement, ces deux conditions ne sont pas remplies dans ce Ségur, notamment une augmentation
10:42significative de leur salaire et de leur énumération, la revisite de leur gris.
10:47ainsi que des effectifs supplémentaires dans les services pour améliorer leurs conditions
10:51de travail, c'est ce que Ségur sera un échec.
10:55C'est important de se mobiliser tant que le gouvernement n'aura pas cédé ?
10:59Oui bien sûr, c'est toujours important de se mobiliser parce que malheureusement
11:03depuis plus d'un an on se mobilise et on n'a pas le sentiment d'être entendus.
11:07Et donc aujourd'hui on veut peser et on veut que ce gouvernement enfin entende la colère
11:12des professionnels et réponde à la revendication.
11:22Bonjour, nous sommes avec M. Verrier, secrétaire général de force ouvrière.
11:26Aujourd'hui, c'était après la grande manifestation du 16 juin qui avait rassemblé près de 200 000 personnes.
11:36C'était important de se mobiliser à nouveau ?
11:39Oui, parce qu'on est dans le mi-parcours, on arrive un peu vers le dernier kilomètre de la négociation.
11:46Donc on sait que ce sont les revendications des personnels et des syndicats autour de la table.
11:53Ce qu'on veut, c'est enfin ce que le gouvernement va mettre.
11:55On a un point de départ qu'on a compris à 6 milliards.
11:58Pour nous, ça ne peut être qu'un point de départ.
12:01Ça ne fait pas le tout.
12:04On a, nous, très clairement dit ce qu'on attendait.
12:06Tout le monde a ce chiffre en tête de 300 euros comme revalorisation de base pour l'ensemble des personnels
12:12du secteur de l'hôpital, de la santé privée, du médico-social, des EHPAD.
12:17Et puis, il y a des dispositions spécifiques sur les différents corps, les différentes catégories.
12:22Et donc, il faut que le gouvernement entende qu'il faut qu'il fasse un effort qui soit à la
12:27hauteur de l'attente.
12:28On entend en ce moment les applaudissements.
12:30On a entendu ces applaudissements de l'ensemble de la population, y compris les discours des plus hautes autorités des
12:36pouvoirs publics,
12:37jusqu'au président de la République, qui ont été reconnaissants vis-à-vis des personnels de santé,
12:41qui ne se sont jamais arrêtés dans des conditions de tension énormes pour eux, pour les patients.
12:48Et bien aujourd'hui, si on veut être prêt, en cas de risque d'une nouvelle vague épidémique à l
12:53'automne,
12:53ou d'une manière plus générale, à plus long terme, pour préserver, renforcer le secteur, le système de santé français,
13:00en regardant d'abord les besoins de la population plutôt que les contraintes financières,
13:05et bien il faut mettre ce qu'il faut sur la table.
13:07On attend que le gouvernement dévoile complètement son jeu maintenant.
13:10Et on lui dit aujourd'hui, il faut dévoiler complètement le jeu, et il faut que ça réponde aux attentes.
13:15Alors on parle beaucoup de la revalorisation salariale, mais concernant les recrutements, quelles sont les revendications concrètement ?
13:24Ce qui est important, c'est qu'on arrête les suppressions de services, les suppressions de lits,
13:29et qu'on se donne les moyens d'avoir les effectifs à la hauteur des besoins.
13:34Les besoins, c'est quoi ? C'est les conditions de travail des agents.
13:38Il ne faut jamais oublier que les conditions de travail des agents à l'hôpital,
13:41c'est les conditions d'accueil et de soins des patients.
13:43Les deux sont liés.
13:45Donc il y a une attente forte évidemment, on l'a souvent entendu ces dernières années,
13:50pas simplement ces derniers mois.
13:52Il manque de personnel, de soignants à l'hôpital en général,
13:57et il faut que le gouvernement, qui l'a entendu maintenant, apporte une réponse en la matière.
14:03Vous attendez quoi du Président de la République qui devrait statuer d'ici la semaine prochaine sur le fameux Ségur
14:11de la Santé ?
14:12Je ne sais pas si c'est le Président qui va statuer, parce que là on est dans une négociation,
14:16on est autour de la table, en face il y a notre interlocuteur qui est l'employeur, l'État en
14:21l'occurrence pour tout le secteur public,
14:23et puis il y a de l'autre côté les syndicats.
14:27Il faut attend qu'autour de la table, on mette en face ce que nous nous attendons,
14:33et ce que nous avons mis très clairement sur la table depuis très longtemps,
14:36en matière d'effectifs, en matière de salaires, en matière de carrières.
14:39Il faut rendre attractifs les métiers du secteur de la santé.
14:43Et pour les rendre attractifs, il faut à la fois qu'il y ait le salaire qui va avec les
14:47formations, les compétences,
14:49des personnels soignants, des personnels techniciens, des personnels administratifs,
14:53et puis il faut qu'il y ait l'espérance d'une véritable reconnaissance tout au long de la carrière.
15:00C'est ça qui fait l'attractivité d'un métier.
15:02Ce n'est pas simplement le salaire d'entrée, c'est la perspective d'évolution durant toute la carrière.
15:07Merci Monsieur Verrier.
15:13Voilà, donc nous sommes toujours dans le carré-tête de la grande manifestation pour la défense de l'hôpital.
15:23Nous allons sortir du carré-tête.
15:28Et nous allons maintenant aller à la rencontre des personnes soignantes.
16:08Alors, nous sommes avec Mme Cavanier de l'hôpital de Rambouillet.
16:14Est-ce que vous pouvez me dire un petit peu quelle est votre profession exactement ?
16:16Je suis cadre de santé à l'hôpital de Rambouillet en service de pédiatrie, urgence pédiatrique.
16:21Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous vivez tous les jours à l'hôpital ?
16:25Eh bien, c'est très compliqué. Déjà avec le Covid, ça nous a mis un peu...
16:29Mesdames et Messieurs, il y a de mes livres dans la rue. Regardez par vos fenêtres.
16:34Ouvrez la fenêtre, regardez-leur. Regardez ceux qui défilent dans la rue, c'est pas des voyous.
16:39N'ait pas peur de vous, mesdames et messieurs. Les voyous, ils sont pas ici.
16:43Les voyous, ils sont à Matignon, l'Élysée, ils sont pas dans la rue.
16:48Bon, excusez-nous, mais la sono a empêché de recueillir le témoignage de cette infirmière, c'est dommage.
16:57Je veux qu'on travaille, on dépend de leur vie, on dépend de leur santé.
17:00C'est ceux-là qui sont dehors ce soir, qui sont dehors aujourd'hui.
17:04C'est ceux-là qui se battent. C'est pas des médailles qu'ils font.
17:10C'est la reconnaissance de leur travail. C'est la reconnaissance de leur métier.
17:16C'est des 20 points. C'est des lits d'hôpitaux qui s'opposent au service public.
17:205 000 lits d'hôpitaux ont été fermés en 10 ans.
17:23Et on s'aperçoit, le jour de la crise du coronavirus, qu'il n'y a plus de respirateurs.
17:29On s'aperçoit qu'il n'y a pas assez de médecins dans ce pays.
17:32On sait quoi ? Il est tranquille ? Il est vraiment tout ?
17:35Regardez-les vers la fenêtre. Regardez-les.
17:40Rejoignez-les.
17:51Alors nous sommes avec Jordan, qui est technicien de laboratoire à l'hôpital Bichat.
17:57Jordan, bonjour. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous vivez aujourd'hui à l'hôpital ?
18:03Alors aujourd'hui, ce qu'on voudrait, nous, c'est être un peu plus reconnu.
18:07Ce qu'on voudrait, c'est être un peu plus reconnu, parce que les techniciennes de laboratoire,
18:11on n'est certes pas au chevet du patient, mais on a quand même les prélèvements.
18:17Et sans labo, il n'y a pas beaucoup de... sans résultat rendu, il n'y a pas de diagnostic
18:24qui est clairement établi.
18:25Et le problème, c'est qu'on n'est pas du tout reconnu.
18:27On a tendance à oublier qu'on existe.
18:28Donc aujourd'hui, on vous laisse faire entendre.
18:31Alors, la reconnaissance, excusez-moi, elle passe par une revalorisation salariale, par des effectifs ?
18:38Alors, on aimerait bien une revalorisation salariale et être aligné avec nos collègues infirmiers et infirmières,
18:44de passer en catégorie A, parce qu'on a quand même un diplôme en trois ans, certains en deux,
18:49mais l'école de labo de la PHP était en trois ans.
18:54Donc on aimerait être reconnu en tant que tel.
18:57Aujourd'hui, vous avez... depuis 10... ça fait combien de temps que vous travaillez à l'hôpital ?
19:02Moi, ça fait cinq ans que je travaille à l'hôpital.
19:04Vous avez vu, vous avez jugé une dégradation des moyens à l'hôpital ?
19:10On a beaucoup de mal, surtout pour renouveler notre matériel.
19:13On a la chance d'être en laboratoire assez bien doté,
19:16mais pour les renouvellements de matériel ou embaucher de nouvelles personnes,
19:20des nouveaux techniciens, on a beaucoup de mal.
19:22Et ça empathie sur le délai de rendu des résultats.
19:26Merci Jordan.
19:27Merci à vous.
19:28Bonne journée.
19:38Voilà, nous sommes toujours dans la manifestation parisienne pour la défense de l'hôpital public.
19:47J'en profite pour vous dire que vous pouvez également commenter et partager ce live.
19:53Nous avons également une offre à 9,90 euros d'abonnement pour l'humanité,
19:58à moins de 2,50 euros par semaine actuellement.
20:04Donc n'hésitez pas.
20:05Bonne journée.
20:47Oui, alors nous sommes avec Thierry de l'hôpital Lariboisière qui est aide-soignant de nuit.
20:56Est-ce que vous pouvez nous parler de la situation, de ce que vous vivez au quotidien à l'hôpital
21:01?
21:02Oui, ça a été après la crise.
21:04Les gens sont quand même toujours mécontents.
21:07Les gens sont toujours mécontents parce que ça a été difficile pendant deux mois.
21:10On a souffert, nos collègues.
21:12Il y a eu des dysfonctionnements au niveau des primes.
21:15Il y a des infirmières qui sont venues de Bretagne qui s'appellent Marie,
21:19qui est venue trois mois, qui n'a pas eu de prime,
21:20alors qu'elle a travaillé durement pendant trois mois,
21:23qui est venue nous aider en renfort.
21:24Ce qui fait peur que pour la prochaine pandémie,
21:26on risque de ne pas avoir des renforts
21:30parce qu'elle n'a pas touché la prime.
21:32Il y a eu des dysfonctionnements quand même.
21:34Beaucoup.
21:36Ça a été difficile pour tout le monde.
21:38Voilà.
21:40La dégradation, vous la constatez tous les jours ?
21:42Oui, ça fait dix ans qu'on l'a construit.
21:44Même avec le Covid, les gens se sont mobilisés fortement.
21:52Cette solidarité, on l'a connue, qu'on ne l'avait plus connue depuis longtemps.
21:55Malgré la difficulté de travailler sans masque,
21:57tous les problèmes qu'on a rencontrés.
22:01Aujourd'hui, c'est quoi la priorité des priorités ?
22:04La priorité, c'est de reconnaître le travail des soignants,
22:08de l'augmentation.
22:10Les 6 milliards, ça fait 150 euros par mois
22:13pour 2 millions de personnes, pour 2 millions de soignants.
22:17On veut un peu plus,
22:18et plus de considérations par rapport à l'encadrement,
22:21les directions, la PHP.
22:23On veut la convivialité,
22:25on veut retrouver ce travail d'équipe,
22:29ce management qui nous...
22:31Voilà.
22:32Alors, vous avez été longuement applaudi pendant toute cette période de confinement.
22:37Aujourd'hui, vous demandez tout le temps le soutien de la population ?
22:42Oui, bien sûr.
22:43On remercie la population, de toute façon.
22:45Ça a été pour nous,
22:46avec ces moments difficiles, ces applaudissements,
22:48quand on passait 20 heures, quand on prenait l'hôpital,
22:51on a été...
22:51Ça nous a motivé plus, hein.
22:53On a arrêté...
22:55Ça nous a mis en avant encore plus,
22:56malgré nos difficultés, quand même.
22:58Il faut savoir que sur un service,
23:00moi, où j'ai travaillé au Covid pendant 2 mois,
23:02il y a la moitié du service qui était en arrêt,
23:04pour contacter le Covid.
23:07Merci Thierry, et bon courage.
23:08Merci, au revoir.
23:20Merci, au revoir.
23:46Merci, au revoir.
24:09Infirmier à l'hôpital Beaujolm, c'est ça ?
24:12C'est ça.
24:15Aujourd'hui, le constat, quel constat vous faites ?
24:19On est sortis massivement le 16,
24:21on ressort...
24:22Alors, vous savez que c'est compliqué dans la santé,
24:25on est tous assignés, c'est compliqué,
24:28on n'est pas assez nombreux,
24:29donc forcément, on est toujours assignés.
24:31Alors là, on est peut-être un petit peu moins nombreux,
24:33mais toujours autant déterminés,
24:34on a toujours la rage.
24:35Ce que nous propose Olivier Véran,
24:38le ministre de la Santé,
24:39c'est quelque chose qui nous est insupportable.
24:426 milliards d'euros,
24:43ça ne correspond même pas,
24:45c'est même pas la moitié des 300 euros
24:47qu'on réclame pour tous.
24:48Même pas la moitié.
24:50Et dedans, il ne nous parle même pas,
24:51dans son projet d'accord,
24:53il ne nous parle même pas de création de postes
24:55qui sont vraiment nécessaires,
24:57on l'a vu pendant la crise du Covid.
24:58Il ne nous parle pas non plus
25:00de création de lits,
25:02de réouverture de lits.
25:03Et vous savez quoi ?
25:05Même mon hôpital où je travaille,
25:06à l'hôpital Beaujolm,
25:07il est menacé de fermeture.
25:09Ils doivent fermer Bichat et Beaujolm
25:11pour construire un nouvel hosto,
25:13400 lits en moins.
25:14Bon ben voilà,
25:15on est venu crier notre désarroi,
25:18on est venu crier après cette crise Covid,
25:20auquel on a donné vraiment,
25:22on s'est donné corps et âme.
25:23Bon ben voilà,
25:24on est venu dire,
25:25ça suffit Olivier Véran,
25:27ça suffit le gouvernement.
25:29Quand vous nous avez demandé
25:30de travailler tout de suite sur le Covid,
25:31de changer nos horaires,
25:33de changer nos services,
25:34de changer de service,
25:35de se mettre tous en réanimation,
25:37et vraiment se mettre tous dans notre tête,
25:40à lutter contre le Covid,
25:41on l'a fait.
25:42Maintenant aujourd'hui,
25:43on lui demande tout de suite
25:44une augmentation de 300 euros,
25:45dégel du point d'indice,
25:47rattrapage des 18%
25:48qu'on a perdu depuis 2010.
25:49Bon ben voilà,
25:50c'est ça qu'on est venu demander.
25:51Délit d'hospitalisation,
25:52des postes.
25:53Des embauches.
25:54Des embauches, des postes.
25:55C'est ça, des postes, des embauches.
25:56C'est ça qu'on est venu demander.
25:58Et cette reconnaissance
26:00que vous avez recueillie
26:01durant ces longues semaines de confinement,
26:04elle se traduit comment aujourd'hui ?
26:07Ben, alors force est de constater
26:10qu'effectivement,
26:10beaucoup de gens applaudissaient au balcon à 20h.
26:14C'est vrai.
26:15Ça fait toujours chaud au cœur.
26:17Mais nous, on était toujours dans notre petite tête
26:19à se dire,
26:19ça fait déjà plus d'un an qu'on est en lutte avant le Covid.
26:22Et on s'est dit,
26:23putain,
26:23la population devrait venir.
26:25Devraient venir nous soutenir.
26:26La santé, c'est pour tous.
26:28L'hôpital public, c'est pour tout le monde.
26:30Et en fait,
26:31on s'est aperçu de quoi ?
26:32Ben qu'aujourd'hui, effectivement,
26:34il y a les soignants qui sont là.
26:35La population, les moins.
26:36L'œil médiatique n'est plus spécialement sur les soignants.
26:39Il l'était beaucoup lors du Covid.
26:41Il fallait en gros sauver l'humanité.
26:43Tout est dans les mains des soignants.
26:45Il faut sauver l'humanité.
26:46Puis une fois que là, le Covid,
26:48on a l'impression,
26:49ça y est,
26:51la première vague, en tous les cas, est passée.
26:53La deuxième vague,
26:53on croise les doigts,
26:54on espère qu'elle ne sera pas là.
26:56Mais il n'y a plus l'œil médiatique,
26:57il n'y a plus rien.
26:58On n'en parle plus trop.
26:59Puis on ne parle pas trop de ce qui se passe au Ségur.
27:01Même nous, au Ségur,
27:03on ne sait pas trop ce qui est en train de se manigancer.
27:06Il y a des trucs,
27:06en tous les cas,
27:07le projet d'accord
27:08qui a été remis aux organisations syndicales.
27:11Bon, ben, ne nous plaît pas du tout.
27:13Ok.
27:14Merci et bonne manifestation.
27:16Merci beaucoup.
27:26On va le boire, c'est là aussi.
27:29On va le boire, c'est en colère aussi.
27:36Voilà.
27:37Masquer, révolution
27:38et pas museler.
27:40On va le boire, c'est en colère.
27:45On va le boire, c'est en colère.
27:57On va le boire, c'est en colère.
27:59On va le boire, c'est en colère.
28:01On va le boire, c'est en colère.
28:02On va le boire, c'est en colère.
28:05On va le boire, c'est en colère.
28:07On va le boire, c'est en colère.
28:09On va le boire, c'est en colère.
28:10On va le boire, c'est en colère.
28:36Sous-titrage MFP.
28:41On va descendre la manifestation et se diriger vers le cortège de la FSU, Île-de-France.
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