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Samedi 12 mars à Vitry-sur-Seine, plus d'une centaine de personnes ont participé à l'inauguration de la librairie associative "Livres en luttes".
Le rendez-vous fixé de longue date a coïncidé avec le lancement de la campagne #lhumanitecestnous pour alerter et mobiliser quant aux graves difficultés du journal l'Humanité, qui menacent aujourd'hui sa parution.
Livres en luttes est né en 2012 pour récolter des ouvrages et les vendre à petits prix au profit de l'Humanité. 9000 euros ont ainsi été versés en 2015. Parole est donnée au président de l'association Robert Séguéla, à son président d'honneur, Didier Le Reste et aux adhérents motivés.
Reportage Laurence Mauriaucourt

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Transcription
00:02Aujourd'hui, grande vente aux enchères, on achète des mots d'occasion, des mots à la page et pas cher,
00:12et puis des mots de connexion.
00:15Amour pour tous, tous pour amour, amour pour tous, tous pour amour.
00:22Nous en avons commencé en 2008, mais à l'époque, il ne s'agissait que d'éviter que les livres
00:34déchouent sur les trottoirs.
00:36Il y a des camarades qui ont dit tout de suite, ces livres, je te les donne, mais ce n
00:39'est pas pour que tu les redistribuves, c'est pour que tu les vendes en soutien à l'humanité.
00:44Au début, c'était l'association Vitry Livre-échange. En novembre 2012, nous avons pris la décision de créer l
00:54'association Livre-en-Ultre pour qu'on puisse être libres de nos mouvements.
01:01Donc Vitry Livre-échange continue aujourd'hui encore et pendant longtemps à distribuer les livres.
01:06Nous, nous les vendons en soutien au plus galé de la presse, à l'humanité.
01:12Nous sommes à peu près une centaine d'adhérents. Là, nous serons un peu plus, je pense, 130 après cette
01:21initiative.
01:24La quasi-totalité des adhérents sont des amis profondément de gauche.
01:30Ce qui nous lie, c'est quand même la nécessité absolue de changer ce monde.
01:36Jusqu'à maintenant, nous n'étions que dans les circuits militants, c'est-à-dire sur les manifs, on installait
01:43des grandes tables, des littératures, dans les congrès syndicaux, politiques, associatifs, dans les meetings, sur la fête de l'humanité.
01:56Et là, maintenant, nous avons une ouverture vis-à-vis de la population.
02:00Le Livre-échange est au service des militants, du pluralisme de la presse et de l'éducation populaire.
02:09Je suis une militante du syndicat CGT, conseillère prudomale CGT.
02:15Je suis une fidèle amie de l'humanité, parce que la ma est toujours chez nous, évidemment.
02:23Et je suis une retraitée, voilà.
02:27Et puis, adhérente de livres en ligne.
02:29Les livres circulent.
02:31Une bibliothèque à destination des militants syndicaux et politiques, c'est à mon âme, à connaissance publique.
02:37Et tous les bénéfices vont financer le journal de l'humanité, qui est quand même le seul journal aujourd'hui
02:43de contradiction.
02:45En tous les cas, moi, celui où je trouve un soutien à tous les militants en lutte aujourd'hui.
02:50La disparition de l'humanité, pour moi, serait tragique au point de vue de l'information.
02:56Pour ça, ça serait tragique compte tenu de ce qui se passe au niveau des médias, déjà de la télévision,
03:03mais de la presse écrite, c'est quand même un son unique, à part.
03:08Et je pense que tous les gens en lutte dans les entreprises n'ont que ce journal comme écho pour
03:14diffuser leur combat.
03:16Et comme il y a une criminalisation de l'action syndicale, je ne connais pas d'autres journaux
03:23qui vont porter la défense de ces salariés, qui vont tout simplement informer sur cette situation.
03:35L'humanité, c'est moi et beaucoup d'autres, heureusement.
03:38C'est aujourd'hui, personne ne peut contester que c'est le seul journal qui est indépendant,
03:45à la fois du point de vue éditorial, du point de vue économique.
03:48C'est certainement pour ça, d'ailleurs, qu'il est l'objet d'un certain nombre de pressions.
03:53Et puis, quand même, le journal de l'humanité, c'est aussi le seul quotidien qui traite d'une certaine
03:59façon
04:00les conflits sociaux, qui donne aussi une certaine vision du monde,
04:03et puis qui organise en son sein des débats contradictoires, des confrontations d'idées.
04:07Je pense que l'humanité en tant que telle est irremplaçable.
04:11C'est pour ça que moi, tout à l'heure dans mon intervention pour l'inauguration des locaux de cette
04:15librairie associative,
04:17Livre en lutte, j'ai fait appel, je dirais, au public pour concrétiser ou s'engager dans les printemps de
04:26l'humanité
04:27afin, effectivement, de donner les moyens à ce journal de vivre, de survivre,
04:32et puis de rester, je dirais, l'outil irremplaçable, à la fois de réflexion, d'analyse, mais aussi de lutte.
04:39C'est une très bonne initiative, une excellente initiative, la meilleure qu'il puisse y avoir.
04:45Alors, c'est une floraison culturelle sur vitre, sur scène,
04:50et il y a enfin une librairie où on peut avoir accès à des livres instructifs, politiques, engagés,
04:56pour des sommes qui sont tout à fait respectables.
05:00Mais à l'heure d'Internet, c'est pertinent ?
05:02Ah, bien sûr, bien sûr, parce que sur Internet, on ne rencontre personne, là, on rencontre des gens.
05:08Et puis, il y a beaucoup de choses, un peu, sans être très anciennes, mais quand même un peu anciennes,
05:15qui ne sont pas sur Internet.
05:17Tout à ce qui est très très ancien, c'est sur Gallica, c'est l'archive, etc.
05:22Ce qui est très récent, on le trouve aussi.
05:24Mais entre les deux, dans les années 50, 60, 60, c'est pas forcément évident.
05:32Et c'est aussi une librairie engagée, parce qu'elle a des choix engagés.
05:36Elle a des choix engagés.
05:38On le trouve sur les femmes, sur le droit de travail,
05:44sur des romans improbables.
05:49Oui, c'est vrai, hein ?
05:50Il y a des trucs que je n'avais pas vus depuis des années.
05:53Les éditions particulières, c'est vraiment...
05:56Voilà, c'est une librairie qui avait des choix, des pas choisis.
06:00Elle trie les livres qu'on lui donne.
06:02Elle ne fait pas, elle ne l'est pas, non, c'est pas...
06:04Il n'y aura pas de nous deux, il n'y aura pas de romans gros.
06:07C'est vraiment des livres engagés, avec des choix.
06:11Enfin, vraiment...
06:12Mais avec une dimension plaisir, quand même.
06:14De toute façon, quand tu rentres dans une librairie,
06:16c'est parce que tu aimes lire, sinon tu ne rentres pas dans la librairie.
06:19Voilà, c'est...
06:20Tu aimes tenir le livre, tu aimes avoir le livre Internet, ça ne t'offre pas ça.
06:25C'est pas parce que tu achètes une liseuse que tu as le plaisir de lire, ou...
06:32Non, non, c'est...
06:32Moi, vous êtes qui, vous ?
06:34Moi ?
06:34Moi, je suis une jeune adhérente, puisque je viens d'adhérer à l'association.
06:43Voilà, mais sinon, dans la vie, je travaille dans la vie.
06:45Je suis syndicaliste, je suis communiste.
06:49Voilà, le pédigré qui a plaisir à rentrer dans une librairie de ce type-là.
06:55Moi, ben, je suis une jeune retraite.
06:58Ouais !
06:59Je suis enseignante à la retraite, hein.
07:03Et sinon, ben, je suis...
07:06Une grande lectrice.
07:08Je suis lectrice.
07:10Voilà.
07:10Bon, c'est vrai que la vie fait qu'on lit plus des journaux, des revues, bon, que des romans,
07:21mais...
07:22Mais c'est l'occasion aussi de trouver, sur certains sujets, des livres que je connaissais pas.
07:29C'est aussi l'occasion de donner des livres qu'on a pu lire, qu'on pouvait avoir des années
07:3460-70,
07:36et puis de permettre la transmission à d'autres.
07:42Parce que c'est vrai que, bon, un livre, on va pas le jeter, et on peut pas tout garder
07:49non plus.
07:50On peut pas être...
07:51Donc, je trouve que c'est un instrument d'échange intergénérationnel.
07:56Je dirais pas qu'elle t'a...
07:56Alors, elle me voit arriver.
07:58Vous êtes qui ?
07:59Béatrice.
08:00Bon, je te laisse.
08:01Je suis Béatrice.
08:02Béatrice.
08:02Voilà.
08:03Et Béatrice ?
08:04Et moi, je suis...
08:05Ben, je suis adhérente à Livrant Lune dès l'ouverture.
08:08Je me suis accrochée tout de suite à l'idée.
08:11Et, ben, j'ai aidé à trier les livres que vous voyez à l'intérieur.
08:15Et je suis partie des petites mains, qui ne servent pas beaucoup, comme ça, pour moi, pas beaucoup.
08:20Elles sont derrière, mais elles travaillent à peu.
08:22Vous savez que l'humain est en danger, et que l'inauguration arrive à ce moment-là ?
08:26Je le sais très bien.
08:27Je ne vais pas le vendre le samedi matin sur le marché.
08:29L'humain est en danger.
08:31Et je le sais, oui.
08:32Et c'est grave.
08:33Parce que c'est le seul réel média indépendant en France.
08:39C'est d'aller seul à dire ce que les autres ne disent pas.
08:42Les seuls.
08:43Vous pouvez lire Libération, vous pouvez lire n'importe quel journal, vous pouvez lire Le Monde, vous pouvez lire...
08:47Il y aura des articles forcément intéressants dans n'importe quel journal.
08:51Mais, il y aura toujours un parti pro-politique.
08:54Et dans l'humain, il y avait évidemment un parti pro-politique.
08:59C'est aussi pour ça que je le lis.
09:00Je suis communiste, je ne vais pas m'engager.
09:01C'est aussi pour ça que je le lis.
09:02Mais au-delà du parti pro-politique, il y a surtout une indépendance intellectuelle réelle.
09:08On cite les faits.
09:09On dit voilà ce qui se passe dans une telle entreprise, voilà ce qui se passe avec cette loi, voilà
09:13ce qui se passe dans telle circonstance.
09:15On parle de faits.
09:16Et les faits concrets, qui ne sont pas ceux qui sont forcément relatés médiatiquement, sont quand même de nombreux messages
09:24d'alerte que j'aimerais pouvoir diffuser de façon plus forte.
09:28Et que ce genre de librairie existe aussi, ça sert à ça.
09:31C'est diffuser au travers de la type littérature tous ces messages d'alerte.
09:36Parce que tous ces auteurs, j'ai vu qu'en vitrine, ils avaient parié au front des Saint-Surché.
09:42C'est un très bon livre illustré sur la commune.
09:47Ce genre de livres, ce sont des choses que les gens n'ont peut-être pas eu l'occasion d
09:51'avoir dans les mains.
09:51Parce que ce ne sont pas des choses qui sont écoutées et vendues dans les supermarchés.
09:55L'humanité c'est nous.
09:56C'est l'importance d'avoir un journal indépendant et qu'il soit un journal vraiment libre dans le paysage
10:05médiatique français, qui est contrôlé par des grands groupes.
10:09Et je pense que c'est le seul journal qui relate un certain nombre de luttes sociales.
10:15Donc c'est quand même important de continuer de faire vivre ce journal et le développer.
10:21Tu es qui ? Tu es passé par l'humanité ?
10:24Oui, alors moi je suis passé d'abord à libre-échange, après j'ai fait un stage.
10:30Maintenant je suis plutôt dans la recherche universitaire en fait.
10:34Donc je suis à la recherche d'un poste.
10:37J'ai ma qualification en mettant une conférence en sociologie.
10:40Je suis très sensible aux questions de la presse en général.
10:45Et je trouve super les initiatives comme aujourd'hui pour continuer à développer l'humanité.
10:54Et par ailleurs je suis désigné officiellement vice-secrétaire du comité de Paris des Amis de l'Huma qui est
11:01en train de se monter.
11:03Voilà.
11:03C'est un scoop !
11:04Voilà.
11:05Donc on va voir qu'est-ce que ça va donner ce comité.
11:10Mais on a déjà un certain nombre d'initiatives, y compris sur le plan financier, pour aider le journal.
11:17Tu es un lecteur de l'Huma ?
11:18Oui, je suis le lecteur de l'Huma, je suis abonné.
11:20Et tu le diffuses aussi ?
11:22Ça m'arrive de le diffuser, oui aussi.
11:24Moi, moins souvent que les camarades de Livre en Lutte, qui sont tous les dimanches, tous les samedis, je ne
11:30sais plus.
11:31Oui, c'est le dimanche le marché, à le vendre en général.
11:33Et c'est une association dont les premiers buts, à la base c'était aussi de financer la liberté de
11:40la presse, mais l'humanité en premier.
11:42C'est incroyable, on a beaucoup financé les journaux communistes, dont l'Humanité.
11:48Et toi, tu me rappelais tout à l'heure que l'Huma, c'est du papier, mais c'est aussi
11:53un site internet.
11:54Et pour toi, ça serait important qu'on ait les moyens de le développer ?
11:56Oui, pour le coup, effectivement, c'est un très bon site internet.
11:59Et comme je disais tout à l'heure, ce qui est très marrant, c'est que c'est aussi le
12:02premier journal à avoir lancé un site internet dans les années 90,
12:06qui était en pointe à l'époque, où énormément de journaux pariaient que sur le papier,
12:12et qu'effectivement, le format informatique a un avantage, où la presse papier, aujourd'hui, est vraiment moins.
12:18Je suis au RSA.
12:20L'avantage de l'humanité, c'est qu'il y a énormément d'informations qu'on ne trouve pas ailleurs.
12:23Ce que je trouve très sympathique, c'est très souvent l'actualité des luttes,
12:27de donner des paroles à des milieux en lutte,
12:30genre entendre parler d'une grève dans une usine improbable en province,
12:35en vrai, c'est des choses dont on ne peut parler nulle part ailleurs.
12:39C'est un des gros avantages, je pense, de l'humanité.
12:41C'est justement ce lien avec la lutte sociale qu'on trouve très rarement ailleurs.
12:47On donne la voix à des gens qui ne l'auraient pas ailleurs,
12:49et quand on lit l'humain, effectivement, et qu'on s'intéresse aux luttes sociales ou à la justice,
12:54ce genre de choses, par exemple, ne serait-ce que du point de vue français,
12:57on a un panorama qui est beaucoup plus large que d'autres journaux
13:00qui vont juste s'intéresser à des choses très médiatiques, très nationaux,
13:05souvent en Ile-de-France, dans de grosses entreprises de grandes villes de province,
13:09comme Lyon, Bordeaux, etc.
13:12L'humanité, c'est un très beau mot.
13:18Et l'image, il faut connaître, il faut mieux connaître l'histoire du journal de l'humanité.
13:26Aujourd'hui, il est en difficulté, mais il ne faut pas oublier que dès le premier jour de sa création,
13:32Jean Gervais, ça m'a dit qu'il était déjà en difficulté.
13:39Et la vie de l'human, c'était un combat permanent.
13:44Et peu de gens le savent, mais la fête de l'human est née après l'appel de Marcel Cachem
13:52en 1929,
13:53j'ai fait un appel pour soutenir l'humanité.
13:58Et lorsqu'ils sont venus en 1929, les camarades portaient des sous de toute la France,
14:04je pense qu'ils ont été très contents de se voir,
14:06ils ont voulu que ça se perpétue, et en 1929, que ça continue.
14:12Salut, en 1995, j'étais responsable en diffusion de l'humain
14:20sur la section de Paris, sur la section de cheminot de 13ème.
14:27Pendant les 23 jours d'occupation, on a vendu 1800 fourneaux sur les 23 jours.
14:37On avait 8 postes devant, et l'humain était devenu le journal de référence
14:42pour tous les cheminots qui luttent, quelle que soit leur appartenance, le syndicat.
14:48C'est le seul journal quotidien qui remet les choses à leur place
14:53et qui explique, et on le voit bien aujourd'hui,
14:58avec le 9 mars, sur les pas et l'humain,
15:01beaucoup moins de travailleurs ont été informés.
15:03Un mot pour tous, tous pour un mot.
15:06Un mot pour tous, tous pour un mot.
15:11Sous-titrage Société Radio-Canada
15:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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