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  • il y a 1 semaine
Les Parisiens ont besoin des Ateliers de construction du Centre et vice-versa. André Chassaigne, Pierre Garzon... Des élus PCF d'Auvergne et d'Ile de France ont visité les Ateliers de construction du Centre (ACC) vendredi 2 octobre 2015. Basés à Clermont Ferrand, 320 emplois à haut niveau de savoir-faire sont menacés de disparaître faute de commandes de métros et de trams à rénover. La RATP et le Syndicat des transports d'Ile de France (STIF) sont appelés à penser l'avenir à court, moyen et long terme. Les salariés en lutte et leurs syndicats (CGT-FO-SUD) montent à Paris le 7 octobre. Reportage en images de Laurence Mauriaucourt

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Transcription
00:073 mois que vous êtes sans travail, pourquoi ? A cause de qui ? De quoi ?
00:13C'est une grande mauvaise volonté du réseau parisien et de la direction du STIF et de la direction de
00:19la RATP.
00:20Le STIF se cache derrière des prises de position de la direction de la RATP qui dit qu'elle n
00:25'a plus besoin de rénovation.
00:27Et la RATP se cache derrière les financements du STIF.
00:32C'est une question d'argent ?
00:34Disons que ça va être dur à l'assumer. Encore mercredi prochain, ils sont censés annoncer 20 milliards d'investissement
00:40dans le matériel.
00:41Ce serait dur à comprendre quand on nous parle d'argent aujourd'hui. Jusqu'à présent, ça n'a pas
00:46été l'argument phare.
00:48Ça veut dire qu'on achète du neuf plutôt que de rénover l'ensemble ?
00:51C'est pas ça que ça va dire ?
00:52Si, ça veut dire ça. Parce qu'aujourd'hui, quand on se présente au régional, il est plus intéressant de
00:57dire qu'on va mettre du matériel neuf que de faire de la rénovation.
01:00Alors que du point de vue du salarié, vous êtes...
01:04Aujourd'hui, quand on voit l'état de notre pays, il est encore totalement judicieux de faire de la rénovation.
01:09Bien sûr, on ne peut pas financer du matériel qui est prévu pour durer 50 ans et dire qu'au
01:14bout de 20 ans, on va le jeter.
01:15C'est pas une politique correcte. Aujourd'hui, le matériel a une durée de vie, il peut durer 50 ans,
01:20une seule condition qu'au milieu, on fasse une rénovation.
01:22On a vu un petit peu le MI09 sur la ligne A qui est arrivé avec 10 ans d'avance.
01:29Parce que M. Sarkozy et M. Fillon avaient décidé de financer ces trains dans l'urgence.
01:34Et donc, du coup, le projet a eu 10 ans d'avance.
01:37Quand ils ont de la volonté, ils savent le faire.
01:40Mais bon, après, on pourrait mettre du matériel au rebut, oui, sous cette politique.
01:44Mais c'est bien au-delà de ça, je pense. Bien au-delà de ça.
01:47Sur l'avenir de notre pays, je pense qu'il est encore intéressant de continuer à faire de la rénovation.
01:52C'est quoi le scénario qui vous donne de l'exploitation ?
01:55Est-ce qu'il n'y en a qu'un, d'ailleurs ?
01:56Ouais, le MF 77.
01:58Aujourd'hui, il y a un réel besoin sur la ligne CT8.
02:00Tout le monde l'a compris, tout le monde le sait.
02:02Et donc, c'est la seule chose pour laquelle on est persuadé qu'il pourrait y avoir une issue favorable
02:07dans les tout prochains jours.
02:08D'accord. Ça, ça vous donnerait du travail pour combien de temps ?
02:11Trois ans.
02:12Trois ans à 320 salariés ?
02:14Oui.
02:15Plus des sous-traitants ici ?
02:17Bien sûr.
02:18Alors, on a plusieurs entreprises.
02:19On a une entreprise qui s'appelle WIC, qui est spécialisée dans le désamantage du matériel ferroviaire.
02:23On a des entreprises de pelliculage qui sont sur Paris aussi, qui travaillent chez nous.
02:29On a tous les fournisseurs de peinture et de plein de choses qui sont sur le bassin clermontois,
02:36qui ont besoin de travailler avec LCC pour vivre.
02:38Et donc, c'est un impact sur 2 000 personnes, 320 salariés aujourd'hui.
02:42Une entreprise de 320 salariés a un impact sur 2 000 personnes.
02:44Et l'intégration services publics, RATP, SNCF, je suis trompe.
02:47C'est un projet qu'on porte aujourd'hui, qu'on est en train de faire étayer.
02:51Parce qu'aujourd'hui, effectivement, la SNCF, un outil industriel à nevers, a un millier de personnes
02:56qui sont disponibles pour faire de la rénovation ferroviaire.
02:59Donc, on ne peut pas aller se positionner sur un marché SNCF en sachant qu'ils ont un millier de
03:02personnes qui est disponible.
03:04Mais par contre, la RATP n'a pas d'outil industriel pour faire de la rénovation et a des besoins.
03:09Donc, effectivement, on porte le projet de la filialisation avec la RATP, avec les camarades syndicats de la RATP.
03:14Ici, en région ?
03:15Bien sûr.
03:16Ça veut dire deux régions qui coopèreraient ?
03:18Bien sûr.
03:18Aujourd'hui, jusqu'à présent, on a pu le faire.
03:20Donc, pourquoi pas continuer ?
03:22On a vraiment quelque chose de passionnant.
03:25Parce qu'on a une convergence, une véritable convergence entre les usagers du métro parisien.
03:32Et je pense en particulier à certaines lignes qui desservent la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
03:36qui sont dans un état lamentable et qui auraient déjà dû être rénovés il y a une dizaine d'années.
03:41Donc, une convergence avec cet outil industriel et ces maîtres de la rénovation que sont les ouvriers des ACC.
03:49Et il faut qu'on fasse rencontrer les intérêts des uns en termes de qualité de transport et les intérêts
03:57des autres et de toute une région en termes de maintien d'un outil industriel.
04:01Et l'objectif aujourd'hui, c'est ça.
04:03Et vraiment que le fait qu'on ait des élus du Val-de-Marne, des élus parisiens qui viennent nous
04:07voir, d'Ile-de-France, qui viennent nous voir,
04:11pour nous, ça a non seulement une dimension symbolique, mais on est aussi dans l'efficacité.
04:15Ce que l'on veut, c'est pouvoir travailler ensemble et faire bouger les choses.
04:20Et ce que l'on veut aussi, c'est que l'État prenne ses responsabilités.
04:23L'État qui est partie prenante dans des grandes sociétés de transport telles que les SNCF ou les RATP, l
04:30'État doit prendre ses responsabilités pour, d'une part, répondre aux besoins,
04:35qui sont les besoins des usagers de transports franciliens, mais aussi répondre à cette exigence de donner de l'emploi
04:42et de maintenir un outil industriel en région envergne.
04:44La métallurgie en envergne, il en reste ?
04:46Il reste de la métallurgie, quelques métallurgies de grande qualité d'ailleurs, comme au Béret du Val, au niveau des
04:54aciers, on est parmi des leaders français.
04:58Il y a aussi la métallurgie de transformation avec beaucoup de sous-traitants, des sous-traitants de l'automobile.
05:04On est dans une région, qui est une région en fait extrêmement industrielle, même si souvent le regard de l
05:11'extérieur considère que c'est davantage les volcans,
05:14les fromages, l'eau minérale, les grands espaces, mais il y a les métiers, les métiers de l'ouvrier, les
05:22métiers de la transformation du métal.
05:24Et de jeunes, vraiment, de jeunes ouvriers et surtout qui ont une, je peux le dire, une forme d'amour
05:32pour leur entreprise et pour leur savoir-faire.
05:36Moi je suis toujours impressionné quand je viens dans cette entreprise, c'est une forme d'identification entre l'ouvrier
05:43dans toute sa noblesse et le site industriel.
05:48Ils sont attachés, attachés à leur outil de travail, pas seulement en termes d'outil de travail, parce que pour
05:55eux c'est toujours savoir-faire.
05:56Il est défait, il est démonté, chaque pièce est numérotée et remis à la même place où vous les démonter.
06:02Sinon c'est, ça ne peut pas aller à une autre place.
06:05Donc ils sont repérés et remis à la même place, remontés à la même place.
06:11C'est un travail qui se fait tous les combien sur un train ?
06:15L'Orient Express est celui-là, là, vous êtes dedans.
06:18Il arrive mi-novembre et il doit être sorti début mars.
06:25Donc il y a 4 mois, quoi.
06:28D'accord, et ça c'est un marché annuel tous les ans ?
06:30C'est un marché annuel, cette année on a 4 voitures annuelles.
06:33C'est un travail assez spécial, parce que c'est des bénéficiaires, c'est de la marqueterie, ils sont assez
06:42spéciales.
06:42Donc il y a tous les compagnies qui sont là, électriciens, chaudeurniers, marqueteries, musées.
06:49Vous craignez pour la survie de l'entreprise ?
06:51Ah ben bien sûr, bien sûr.
06:53Travailler 40 ans dans une entreprise, c'est pas partir parce qu'elle est fermée.
06:57C'est possible qu'elle ferme ?
06:59C'est toujours possible qu'elle ferme, tant qu'on tient à pas un gros marché, on tiendra pas.
07:04C'est quoi le scénario, là, qui vous sauverait ?
07:08Une grosse commande de la RATP.
07:12Et les trains de la RATP, ils ont besoin d'être rénovés ?
07:16On est porteur d'une démarche du CIF visant le rassemblement, lors du prochain conseil d'administration du CIF, autour
07:25d'un amendement qui vise à accélérer un calendrier de rénovation du matériel roulant dans le métro parisien.
07:34Et a priori, et c'est une nouvelle qui ne règle pas tout, mais qui est importante, c'est qu
07:39'on considère que cet amendement a des chances de rassembler l'ensemble de la majorité composée par le CIF.
07:46C'est-à-dire, évidemment, les élus communistes, nous sommes trois, mais les élus, la majorité autour de Jean-Paul
07:54-Luchon, et Europe Écologie, les Verts.
07:59Donc on est en travail, on est en lien quotidien avec son cabinet, avec Matignon, pour essayer de trouver des
08:07solutions et mettre la priorité sur le maintien de l'emploi.
08:09Il y aura de la rénovation, et c'est là tout le paradoxe.
08:12Il faut acheter du neuf, il faut continuer d'investir dans du matériel roulant neuf, et de maintenir aussi un
08:18savoir-faire de créativité dans l'industrie qui fabrique le neuf.
08:26Et il faut aussi, il y aura les deux, c'est fromage et dessert, pour rénover le matériel qui est
08:33un peu moins neuf, mais qui a besoin d'être remis à la fois aux normes de sécurité,
08:37mais aussi aux normes de confort des standards d'aujourd'hui. On pense évidemment aux éclairages, à la soufflerie, au
08:45siège, etc.
08:49Donc tout le paradoxe est là, c'est que les besoins existent, qu'y compris des industriels qui font traditionnellement
08:55dans le neuf,
08:56se posent la question de diversifier leur offre pour aller du côté de la rénovation, parce qu'ils savent qu
09:02'il y a un enjeu très fort dans le pays.
09:06Et paradoxalement, on est dans un moment où les ACC n'ont plus les carnets de commandes qui leur permettent
09:11de maintenir le savoir-faire qui est le leur,
09:13et qui a déjà fait la preuve de son efficacité, puisqu'ils ont été à l'origine de très grosses
09:18rénovations de matériel roulant en Ile-de-France,
09:20qui sont très appréciées par les franciliens. Et puis, comme je l'ai dit, ils savent faire du métro,
09:26ils savent faire de l'Orient Express, qui est une légende internationale, ils savent faire du tramway, bref,
09:32ils ont de l'or entre les mains, et il faut permettre que ce savoir-faire-là soit maintenu immédiatement
09:41et pour les années à venir,
09:42parce que c'est un défi pour les décennies à venir.
09:45C'est une question d'argent, le problème ?
09:49C'est une question d'argent, c'est une question d'ambition industrielle pour le pays.
09:56Aujourd'hui, on considère que ce n'est pas très grave de perdre ce savoir-faire,
10:01et qu'après tout, le moindre coût, la logique de la concurrence dite libre et non faussée,
10:07fait que ce qui compte, c'est le moins cher.
10:09Et le moins cher, c'est au détriment des salaires, du savoir-faire,
10:12c'est au détriment des conditions sociales des travailleurs.
10:17On sait que, bien sûr, aller rénover en Inde, ça coûtera toujours moins cher qu'en Ile-de-France.
10:23Mais le savoir-faire n'est pas le même, et puis surtout, les conditions humaines ne sont pas du tout
10:26les mêmes.
10:27Donc il y a deux logiques de société qui s'affrontent autour d'un dossier qui est celui de la
10:34rénovation du matériel.
10:35Et donc on est, par la présence aujourd'hui et par le message de Pierre Laurent,
10:42à la fois sur un message de solidarité à des travailleurs, concrètement,
10:46mis au défi de sauver l'emploi et leur métier, mais aussi sur une ambition industrielle pour le pays.
10:55Les administratrices et administrateurs sous-signés demandent que le syndicat des transports d'Ile-de-France et la RATP
11:01engage dans les plus brefs délais les procédures nécessaires à la rénovation des rames MF77.
11:08Donc c'est-à-dire que là, on est en situation de, comme vous le faites ici sur votre lieu
11:12de travail avec l'ensemble des salariés,
11:15de rassembler le plus largement possible autour de cet objectif qui nous est commun,
11:21solidarité entre les territoires, solidarité, la réponse aux besoins des franciliens,
11:26et la réponse aux besoins des franciliens, c'est vous.
11:30Et pour vous, vous avez besoin des franciliens, donc on est dans une logique de coopération,
11:34pas de concurrence entre les régions.
11:38Et voilà, c'est un élément qui ne règle pas les choses, comme je l'ai dit,
11:42comme on a eu l'occasion d'échanger en amont.
11:46On est dans du moyen terme.
11:48Et puis après, il y a la diffusion aujourd'hui de l'adresse de Pierre Laurent
11:54qui s'adresse au président de région pour regarder dans leur chance
11:58quelles commandes peuvent être faites immédiatement
12:02pour tout de suite mettre en situation de faire reculer un coup près de la guillotine.

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