00:00Je pense à la fois que c'est une bonne chose qu'on envisage une issue politique
00:09qui ne doit pas être la seule issue de ce conflit très violent et très grave
00:14qui fait partie de l'ensemble des conflits qui agitent le Moyen-Orient, mais c'est un des plus graves.
00:21Donc je suis satisfait de cette avancée et en même temps un peu mécontent
00:26que la France ne soit pas intervenue il y a un peu plus de 15 jours
00:30lorsque j'ai moi-même fait la proposition que la diplomatie française présente une résolution au Conseil de sécurité
00:38qui aurait demandé, c'est ce que j'ai écrit et publié dans plusieurs journaux,
00:44qui aurait demandé que le Conseil de sécurité exige de la Syrie la ratification de la Convention de 1993.
00:53Et l'idée que j'avais, qui a été reprise par les Russes, j'en suis un petit peu désolé
00:58que ça vienne de là,
00:59l'idée que j'avais c'est que la France soit à l'avant-garde de la mise au point
01:04d'une issue politique de ce conflit.
01:07On a vu que l'issue militaire était confuse et pour l'instant improbable et je dirais même infaisable.
01:16que cette issue militaire qui consistait à bombarder on ne sait quoi pour une conséquence qu'on ne connaissait pas,
01:24avec des incertitudes d'une grande gravité, n'aurait pas résolu tous les problèmes du pauvre peuple syrien.
01:31Et des millions de personnes déplacées et des 110 000 morts depuis deux ans et demi.
01:37Donc je regrette qu'il y a exactement 12, qu'est-ce que je dis, 17 jours, la France n
01:44'ait pas saisie cette proposition au vol.
01:47Elle se serait retrouvée au cœur même d'une fabrication d'une issue politique.
01:54La Russie et la Chine n'auraient pas pu voter contre.
01:58La meilleure preuve en effet est aujourd'hui.
01:59Et comme elle n'aurait pas pu voter contre, ça aurait redonné à l'expression politique de la communauté internationale,
02:06qu'est le Conseil de sécurité, le rôle qu'il n'aurait pas dû perdre et qu'il va retrouver
02:12aujourd'hui,
02:13puisqu'il va y avoir une résolution.
02:14Donc on a perdu 17 jours, mais plus gênant que ça, on a perdu l'initiative.
02:25On ne peut pas revenir en arrière.
02:27Ce qui n'a pas été fait n'a pas été fait.
02:30Ce que doit faire la France maintenant, c'est être très présente dans ce processus politique
02:35et qu'elle tienne un langage qui soit compréhensible.
02:38La question n'est pas de punir un pays ou un dirigeant.
02:42Pour cela, il y a la Cour pénale internationale.
02:44Et comme l'a dit le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon,
02:47s'il y a eu, ce qui semble avérer, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité,
02:53à ce moment-là, c'est au Conseil de sécurité à transmettre le dossier,
02:57comme ça a déjà été demandé par 50 pays, de transmettre à la CPI, à la Cour pénale internationale.
03:02Et c'est à elle à juger les criminels de guerre, les criminels passibles de crimes contre l'humanité.
03:08Ce n'est pas un pays aussi démocratique fut-il de décider qu'on va punir tel ou tel.
03:15Donc, François Hollande, il faut qu'il dise clairement, j'espère qu'il le dira,
03:19quelle est la position de la France, jusqu'où veut-on aller et dans quel cadre.
03:24Parce que, bien franchement, au-delà de la Syrie, des désordres dans le monde,
03:29des crises, des conflits, des guerres, il y en a malheureusement beaucoup.
03:33Et il faudrait que la France et tous les pays démocratiques s'y intéressent tout autant.
03:38Je ne veux pas sous-estimer la dangerosité et la gravité de ce qui se passe et ce qui s
03:45'est passé en Syrie,
03:47mais je dis simplement qu'il ne doit pas y avoir de poids de mesure.
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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