00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Et Christine, à 12h16 sur Europe 1, on vous retrouve avec votre invitée,
00:06Nathalie Goulet, sénatrice centriste, auteure du livre
00:08La gangrène, comment l'argent sale, pourri, le monde,
00:12paru aux éditions Robert Laffont et nos auditeurs.
00:14Christian est avec nous, il nous a appelé au 01 80 20 39 21.
00:18Christian, vous nous appelez de l'orne,
00:20notre invitée, sénatrice Nathalie Goulet,
00:24autour de son livre, son livre sorti chez Robert Laffont,
00:28la gangrène, comment l'argent sale, pourri, le monde,
00:31que devient l'argent dans notre société ?
00:33C'est la question qu'on se pose en ce moment,
00:35à l'heure où on a les lycéens qui demandent plus de moyens.
00:38Bonjour Christian, on vous appelle votre question,
00:40madame la sénatrice.
00:42Oui, donc je suis originaire de l'orne,
00:44j'habite entre Lemels-sur-Sarthe et Mortagne-aux-Pers,
00:47je vais constituer un peu la localisation.
00:51Notre invitée sourit, elle vous écoute.
00:54Merci, j'ai une question à lui poser,
00:55voilà, j'ai appris une bonne nouvelle hier,
00:58comme quoi je suis retraité de la fonction publique d'État,
01:02j'ai 76 ans, j'ai travaillé 43 ans pour l'État,
01:07que je respecte énormément,
01:08je suis de filière gaulliste,
01:10l'État c'est au-dessus de nous,
01:12et donc j'ai appris hier qu'ils allaient enlever les,
01:16comment dirais-je, les pénalités,
01:18la taxe sur les retraités, enlever les 10%,
01:21c'est une très bonne nouvelle,
01:22et j'ai une question à vous poser,
01:24madame la sénatrice,
01:26vous êtes une spécialiste,
01:28je n'ai pas acheté votre livre,
01:29mais depuis longtemps,
01:31vous enquêtez sur le trafic,
01:34je n'irai pas jusque-là,
01:35moi je, c'est surtout sur la fraude sociale et fiscale,
01:40et donc, pour tout vous dire,
01:41j'ai été fonctionnaire 43 ans,
01:44donc j'ai une mutuelle,
01:45je paie 150 euros de mutuelle,
01:47bon, je ne suis pas tellement bien remboursé,
01:49un retraité fonctionnaire pour être remboursé,
01:52c'est 200 euros par mois.
01:53J'entends bien mon cher Christian,
01:54mais vous, ce que vous interprétez,
01:56parce que c'est vrai qu'elle est spécialiste,
01:58c'est une très bonne enquêtrice,
01:59sur la fraude sociale notamment,
02:01et c'est la carte vitale.
02:02Alors, posez la question,
02:03on vous écoute effectivement.
02:05Alors, je crois qu'il y a le magistrat Pratt qui s'est fait,
02:08on estime 6 à 8 millions de cartes vitales abusives,
02:14je ne sais pas, je n'irai pas jusque-là.
02:15Ma question, elle est,
02:16je pense qu'il est facile de contrôler
02:18l'obtention de la carte vitale,
02:21et moi, je serais favorable
02:23à une mesure tout simple,
02:25je suis allé à la mairie,
02:26là, dans l'Orme,
02:27je vais refaire ma pièce d'identité,
02:29mon passeport,
02:30eh bien, il y a une durée limitée.
02:32Pourquoi je ne vais pas à la carte vitale
02:34avec une durée limite ?
02:36Alors, madame la sénatrice vous répond.
02:38Et il paraît qu'on gagnerait 50 milliards.
02:40Alors, madame la sénatrice vous répond,
02:42mon cher Christian,
02:42merci d'avoir appelé au Standard d'Europe.
02:44Alors, je ne suis pas sûre qu'on gagnera 50 milliards là-dessus,
02:46ce qui est sûr, c'est qu'on a un nombre extrêmement important
02:49de cartes vitales en surnombre,
02:50pour une raison très simple,
02:51c'est qu'il n'y a pas de lien
02:53entre le service des étrangers
02:54et les organismes de sécu.
02:55C'est-à-dire que vous pouvez perdre
02:57votre condition de résidence
02:58sans que ça désactive votre carte vitale.
03:00En gros, vous avez un permis de conduire,
03:03vous devenez aveugle,
03:04et vous continuez à conduire.
03:05C'est-à-dire qu'il n'y a pas de lien entre les deux.
03:06Si vous avez quelqu'un qui arrive en France
03:08avec une condition régulière,
03:09un contrat de travail,
03:09un titre de séjour,
03:11je ne parle pas des choses...
03:12Et puis, leur contrat se termine,
03:14leur titre de séjour expire,
03:15ça ne désactive pas la carte vitale.
03:17C'est foufou ce truc.
03:18Et je suis gentille.
03:19Voilà.
03:19Et donc, avec Charles Pratt,
03:21ça fait des années qu'on essaye
03:22de créer la tuyauterie,
03:24qui n'est quand même pas très compliquée.
03:25On a un problème avec l'administration
03:27qui ne veut pas en entendre parler,
03:28qui nous raconte en plus,
03:31franchement,
03:32qui nous baratine sur le sujet.
03:33J'espère que cette année,
03:34lors du projet de loi de finances
03:35de sécurité sociale,
03:36on arrivera à être entendus.
03:38Mais c'est très, très compliqué.
03:39Très compliqué.
03:40Et pourtant, on y travaille.
03:41Alors, Nathalie Goulet,
03:42on va revenir à votre livre
03:43« Que devient l'argent d'un autre société ? »
03:46Gabriel Clouet,
03:46si vous avez des questions,
03:47n'hésitez surtout pas.
03:48Non, mais moi, je suis révoltée,
03:49moi, je vous assure cette affaire.
03:51Attendez, le FISC,
03:52il arrive à faire des...
03:53Il a découvert le numérique, le FISC.
03:55Il vous traque partout,
03:56il a des infos sur vous,
03:57vous les avez à peine.
03:58Mais là-dessus,
03:59il est incapable de faire une jonction,
04:00je ne sais pas,
04:01entre deux services.
04:02Mais ça, c'est sur les conditions de résidence,
04:03c'est inacceptable.
04:04Mais on ne va pas me dire
04:04que ce n'est pas idéologique,
04:05c'est honteux.
04:06Mais comment on peut demander
04:07aux Français de faire des efforts
04:09et continuer à fonctionner comme ça ?
04:10Alors, Nathalie Goulet,
04:11vous répondez.
04:11Je vous réponds en une seconde.
04:13Vous ne pouvez pas...
04:13Non, au contraire,
04:13on est là pour en parler.
04:14Vous ne pouvez pas attendre de réponses
04:16de la part de gens
04:17dont le salaire dépend
04:18de ce qu'ils n'en trouvent pas.
04:19Eh bien, moi, je vous dis une chose,
04:21c'est que tant qu'on aura des gens
04:22qui sont toujours les mêmes,
04:23qui ont refusé de chasser la fraude,
04:25qui ont plutôt chassé Charles Pratt
04:26plutôt que de chasser la fraude,
04:28avec lequel je travaille depuis dix ans,
04:30et la fraude fiscale,
04:31et la fraude sociale,
04:32ce n'est pas une indignation de droite
04:33pour la fraude sociale
04:34et une indignation de gauche
04:35pour la fraude fiscale,
04:36c'est une indignation républicaine.
04:38La fraude sociale,
04:39c'est de l'argent qui sort tous les mois,
04:40la fraude fiscale,
04:41c'est de l'argent qui ne rentre pas.
04:43Et autour de ça,
04:44vous avez,
04:44en plus de la criminalité organisée,
04:46vous avez 100 milliards de fraude fiscale,
04:48vous avez à peu près 40 milliards
04:50de fraude sociale,
04:51et vous avez à peu près 50 milliards
04:52de blanchiment.
04:53Écoutez, voilà de quoi
04:54rembourser notre dette.