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Charlotte d'Ornellas regrette la suspension des grenades assourdissantes dans les manifestations proclamée par Laurent Nuñez. «Le récit s'est naturellement inversé par défaut. On suspend l'usage d'une arme intermédiaire défensive en attendant le prochain rebondissement. La police est objectivement une variable d'ajustement d'une panique d'autant plus forte que la situation n'est pas maîtrisée», constate la journaliste du JDD.

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Transcription
00:00Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur a annoncé suspendre provisoirement l'usage de grenades assourdissantes dans les manifestations lycéennes,
00:08provisoirement.
00:09Mais comment expliquer quand même cette décision ?
00:12Elle est annoncée tout d'abord dans un moment où l'on nous fait savoir, avant de le tempérer en
00:17effet, que le président a trouvé la police trop dure
00:20et surtout qu'il a demandé, et là c'est directement le ministre de l'Intérieur qui nous le dit,
00:23de l'empathie aux forces de l'ordre.
00:26Alors Emmanuel Macron devient commentateur d'une situation absolument désastreuse, qu'il a résumée, au moins dans ce qui nous
00:33parvient,
00:34à une question de maintien de l'ordre, maintien de l'ordre qui est gênant en raison de la police.
00:39Alors le nombre de ces derniers issus des rangs de la police blessés dans l'exercice d'une mission qui
00:43leur a été demandée.
00:45Il n'y a pas un policier qui est parti sur le terrain pour protéger un lycée en train de
00:49brûler ou s'interposer quand il y a des violences qui sont commises, de son propre chef quand même.
00:53Donc la mission leur a été demandée, mais ça apparemment ça n'est pas un sujet, pas plus que le
00:58manque d'empathie, pour reprendre le mot,
01:00d'un certain nombre de manifestants violents qui s'en sont pris à la police, mais également aux pompiers, à
01:05des professeurs, des parents, des camarades, des proviseurs ou des passants.
01:09Ailleurs je note que de manière générale dans le débat, toute violence se vaut, de manière générale.
01:16Donc on vous dit, on va regarder, on va examiner les violences commises par les policiers dont on n'a
01:20pas le détail jusqu'à maintenant,
01:22celles qui sont commises par les élèves. Je rappelle que dans ce qui est légal ou pas pour les lycéens
01:27actuellement, bloquer son lycée, même pacifiquement, est illégal.
01:31Donc à les manifester non, mais les lycéens n'étant pas salariés, ils n'ont pas le droit de grève.
01:35J'ai l'impression que tout ça revient au même.
01:39Le récit qui s'est imposé jusque à la tête de l'État, c'est que certes on n'en
01:43est pas encore à dire que la police tue,
01:45mais elle éborgne et coupe les mains, et on se demande même si elle ne le fait pas un peu
01:49exprès.
01:49Parce que si on ne précise pas l'inverse, c'est ce qu'on laisse entendre.
01:54Pendant que l'IGPN en est encore à essayer de comprendre le contexte des 18 enquêtes dont elle est saisie,
02:00donc le contexte des faits qui génèrent ces enquêtes,
02:03Emmanuel Macron a déjà une idée précise apparemment de ce qu'il s'est passé.
02:07Rien sur le déferlement de violences qui privent factuellement.
02:11C'est-à-dire qu'on voit un spectacle depuis quelques jours dont on ne mesure pas exactement.
02:16Certains accusent de focaliser les caméras, vous savez, sur ce qui brûle,
02:19d'autres de ne pas entendre assez les lycéens, d'autres au contraire qu'on les entend trop.
02:22Bref, il y a beaucoup de confusion dans ce qui est tangible, on va dire, dans ce mouvement.
02:26Mais factuellement, le ministre de l'Éducation nationale a expliqué que les violences et les dégradations
02:32privent dans les prochaines semaines 30 000 élèves de cours.
02:36En plus du nombre de blessés que vous avez répertoriés.
02:40Là, c'est factuel, il y a bien des violences qui ont été commises pour en arriver là.
02:43Violences qui se commettent en effet dans une confusion elle-même totale.
02:46On voit bien à la fois sur les images et dans les récits des grappes de jeunes
02:50qui vont et viennent, des hurlements, des attaques, des tirs de mortier un peu partout, parfois pire.
02:56Et la réponse de la police se fait dans ce contexte.
03:00Alors, il est compliqué et c'est vrai, il est risqué.
03:04C'est une évidence en fait.
03:06Donc, peu importe, le récit s'est naturellement inversé par défaut.
03:10On suspend l'usage d'une arme intermédiaire défensive en attendant le prochain rebondissement.
03:16La police est objectivement, et là, du côté du gouvernement, il ne s'agit pas de LFI,
03:21est objectivement une variable d'ajustement d'une panique d'autant plus forte
03:24que la situation n'est pas maîtrisée par des gens qui la regardent de loin dans leur bureau.
03:29Alors, imaginez la complexité, on va dire, d'une intervention sur le terrain.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
03:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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