00:00Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur a annoncé suspendre provisoirement l'usage de grenades assourdissantes dans les manifestations lycéennes,
00:08provisoirement.
00:09Mais comment expliquer quand même cette décision ?
00:12Elle est annoncée tout d'abord dans un moment où l'on nous fait savoir, avant de le tempérer en
00:17effet, que le président a trouvé la police trop dure
00:20et surtout qu'il a demandé, et là c'est directement le ministre de l'Intérieur qui nous le dit,
00:23de l'empathie aux forces de l'ordre.
00:26Alors Emmanuel Macron devient commentateur d'une situation absolument désastreuse, qu'il a résumée, au moins dans ce qui nous
00:33parvient,
00:34à une question de maintien de l'ordre, maintien de l'ordre qui est gênant en raison de la police.
00:39Alors le nombre de ces derniers issus des rangs de la police blessés dans l'exercice d'une mission qui
00:43leur a été demandée.
00:45Il n'y a pas un policier qui est parti sur le terrain pour protéger un lycée en train de
00:49brûler ou s'interposer quand il y a des violences qui sont commises, de son propre chef quand même.
00:53Donc la mission leur a été demandée, mais ça apparemment ça n'est pas un sujet, pas plus que le
00:58manque d'empathie, pour reprendre le mot,
01:00d'un certain nombre de manifestants violents qui s'en sont pris à la police, mais également aux pompiers, à
01:05des professeurs, des parents, des camarades, des proviseurs ou des passants.
01:09Ailleurs je note que de manière générale dans le débat, toute violence se vaut, de manière générale.
01:16Donc on vous dit, on va regarder, on va examiner les violences commises par les policiers dont on n'a
01:20pas le détail jusqu'à maintenant,
01:22celles qui sont commises par les élèves. Je rappelle que dans ce qui est légal ou pas pour les lycéens
01:27actuellement, bloquer son lycée, même pacifiquement, est illégal.
01:31Donc à les manifester non, mais les lycéens n'étant pas salariés, ils n'ont pas le droit de grève.
01:35J'ai l'impression que tout ça revient au même.
01:39Le récit qui s'est imposé jusque à la tête de l'État, c'est que certes on n'en
01:43est pas encore à dire que la police tue,
01:45mais elle éborgne et coupe les mains, et on se demande même si elle ne le fait pas un peu
01:49exprès.
01:49Parce que si on ne précise pas l'inverse, c'est ce qu'on laisse entendre.
01:54Pendant que l'IGPN en est encore à essayer de comprendre le contexte des 18 enquêtes dont elle est saisie,
02:00donc le contexte des faits qui génèrent ces enquêtes,
02:03Emmanuel Macron a déjà une idée précise apparemment de ce qu'il s'est passé.
02:07Rien sur le déferlement de violences qui privent factuellement.
02:11C'est-à-dire qu'on voit un spectacle depuis quelques jours dont on ne mesure pas exactement.
02:16Certains accusent de focaliser les caméras, vous savez, sur ce qui brûle,
02:19d'autres de ne pas entendre assez les lycéens, d'autres au contraire qu'on les entend trop.
02:22Bref, il y a beaucoup de confusion dans ce qui est tangible, on va dire, dans ce mouvement.
02:26Mais factuellement, le ministre de l'Éducation nationale a expliqué que les violences et les dégradations
02:32privent dans les prochaines semaines 30 000 élèves de cours.
02:36En plus du nombre de blessés que vous avez répertoriés.
02:40Là, c'est factuel, il y a bien des violences qui ont été commises pour en arriver là.
02:43Violences qui se commettent en effet dans une confusion elle-même totale.
02:46On voit bien à la fois sur les images et dans les récits des grappes de jeunes
02:50qui vont et viennent, des hurlements, des attaques, des tirs de mortier un peu partout, parfois pire.
02:56Et la réponse de la police se fait dans ce contexte.
03:00Alors, il est compliqué et c'est vrai, il est risqué.
03:04C'est une évidence en fait.
03:06Donc, peu importe, le récit s'est naturellement inversé par défaut.
03:10On suspend l'usage d'une arme intermédiaire défensive en attendant le prochain rebondissement.
03:16La police est objectivement, et là, du côté du gouvernement, il ne s'agit pas de LFI,
03:21est objectivement une variable d'ajustement d'une panique d'autant plus forte
03:24que la situation n'est pas maîtrisée par des gens qui la regardent de loin dans leur bureau.
03:29Alors, imaginez la complexité, on va dire, d'une intervention sur le terrain.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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