00:00 Non, mais elle n'est pas le symbole des violences policières.
00:02 Ce simple terme laisse à entendre toujours qu'on a une police
00:05 violente de manière systémique.
00:07 Ah, vous n'acceptez pas ce terme alors ?
00:08 Parce qu'effectivement, le ministre de l'Intérieur dit qu'il n'y a pas,
00:12 ça n'existe pas.
00:13 Mais il a raison de dire qu'il n'y a pas de violences policières systémiques.
00:17 Il faut arrêter.
00:17 Imaginez que la police serait par essence raciste et violente.
00:20 Ça ne correspond à rien.
00:21 On dit qu'il y a des violences conjugales.
00:23 Ça ne veut pas dire que tous les conjoints sont violents.
00:25 Certes, mais ceux qui emploient ce terme...
00:26 De ne pas vouloir dire violences policières...
00:28 Mathilde Olivier, ne soyons pas quand même naïfs.
00:30 Est-ce qu'il y a un déni de ne pas vouloir prononcer le mot ?
00:32 Arrêtons d'être naïfs.
00:32 Quand on parle de violences conjugales, on vise des faits précis.
00:36 Quand on parle de violences policières,
00:38 ceux qui emploient ces termes-là le font à dessein pour laisser penser
00:41 que ça se fait de manière systémique.
00:43 Ça, c'est clair, c'est net.
00:44 C'est un vocabulaire qui correspond, qu'on entend beaucoup dans la bouche de politique.
00:48 Il y a des violences de policiers qui peuvent être commises
00:51 dans des réactions qui peuvent être disproportionnées.
00:56 Et systématiquement, l'IGPN est saisi.
00:58 Ce n'est pas marrant d'être policier ou gendarme
01:00 quand on doit rendre compte de chacune des interventions.
01:03 Quand vous avez travaillé pendant dix heures,
01:05 que vous êtes pris des pavés, des cocktails imlotophes,
01:07 et qu'il faut intervenir casqués,
01:09 où on ne voit pas toujours très bien, où on est en groupe,
01:11 il faut être solidaire parce que s'il y en a un qui se détache du groupe,
01:15 il risque d'être lynché.
01:16 C'est ça, la réalité.
01:17 La réalité, c'est ça.
01:18 Et ce n'est pas marrant parce qu'en plus...
01:19 Et donc, il y en a certains qui perdent leur nerfs ?
01:20 Et c'est pas marrant parce qu'en plus, le soir, quand ils rentrent au service,
01:22 peut-être que le lendemain, il y a le préfet de police,
01:24 parce qu'il fait son job, qui va leur demander d'écrire un rapport
01:28 parce qu'il a vu une vidéo qui laisse à penser que...
01:29 C'est pas marrant pour eux.
01:31 C'est pas marrant.
01:32 Mais ça justifie que certains perdent leur nerfs ?
01:35 Évidemment non, ça ne justifie pas que certains perdent leur nerfs.
01:37 Je rappelle un contexte qui est compliqué.
01:39 Mais la très grande majorité d'entre eux font correctement leur job
01:43 dans des conditions difficiles que je viens de décrire.
01:45 Et ça, on ne peut pas le remettre.
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