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[#InterviewExclusive] Raymond Obiang Nguema, Pr. des sciences éco à l’Ecole nationale de Commerce de POG

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00:08Plus de 27 000 milliards de besoins en financement d'ici 2030, c'est l'ambition affichée par le président
00:15de la République à travers le plan national de croissance et de développement.
00:20Infrastructure, mais aussi développement de l'appareil productif ou encore capital humain, tout y passe.
00:26Mais comment réaliser une telle ambition dans un contexte budgétaire contraint ?
00:31C'est de cela que nous parlerons ce soir dans ce nouveau numéro d'interview exclusive en prenant pour point
00:37de référence la dernière revue des finances publiques du Gabon publiée par le groupe de la Banque mondiale.
00:44Pour en parler, nous sommes avec Raymond Obianguema, professeur des sciences économiques à l'École nationale de commerce de Port
00:51-Gentil,
00:52qui va non seulement nous donner des grands enseignements de ce rapport, mais aussi des pistes de solutions pour que
00:59le gouvernement parvienne finalement à une trajectoire économique viable.
01:04Bonsoir, chers invités, et merci d'avoir accepté notre invitation.
01:08Bonsoir, monsieur Karl Makemba. Je suis content d'être parmi vous cet après-midi-là pour non seulement édifier sur
01:17le dernier rapport de la Banque mondiale,
01:19également pour contribuer à cette revue-là pour permettre à ceux que l'ensemble des Gabonais et non seulement nos
01:26autorités publiques puissent également avoir ici la mesure de cette publication. Merci.
01:32Alors, c'est un rapport dense de près de 152 ou 156 pages, mais que le groupe de la Banque
01:39mondiale a résumé dans ce petit prospectus en 12 points, 12 points clés,
01:45qui résument en gros les éléments cruciaux de ce rapport. Déjà de prime abord, quels enseignements vous tirez de ce
01:53document ?
01:55Merci encore de me donner la parole. La première chose qu'il faut retenir de ce document-là, c'est
02:00que c'est un document ici,
02:01qui montre l'état de santé de notre pays. Et grâce à ce document aujourd'hui, nous avons la possibilité
02:08de changer les différents paramètres que l'on a pu fausser par le passé
02:12et permettre à ce que ce document-là nous serve de socle, et non seulement pour permettre à ce qu
02:17'on puisse améliorer la vie des citoyens gabonais,
02:22mais également les différentes ressources de notre État. D'où la nécessité de nous intéresser à cette revue-là qui
02:29donne l'état de santé de notre pays.
02:32Alors, allons-y, point par point. Moi, je vais évoquer ce premier point qui parle de la baisse cumulée du
02:40PIB par habitant entre 2000 et 2024.
02:43Et là, le groupe de la Banque mondiale dit que des réformes en matière de politique budgétaire s'imposent de
02:48toute urgence afin d'atteindre des objectifs de croissance et de création d'emplois.
02:52Et là, la Banque mondiale estime que le Gabon a perdu en PIB par habitant de l'ordre de moins
03:00de 13% entre 2000 et 2024.
03:04Déjà, il faut ici voir que le chiffre proposé par la Banque mondiale est très négatif pour le Gabon.
03:11Et il faut partir des normes dans la sous-région.
03:14En principe, ici dans la sous-région, notamment ici dans la zone Cémarque, la norme est de moins 1,5%.
03:22Et le Gabon se retrouve à moins de 13%, ce qui relève que l'état financier du Gabon ici est
03:30fragile et que nos autorités doivent prendre les mesures pour que ces réformes-là puissent se voient le jour.
03:38Parce que s'il n'y a pas de réformes, cela peut non seulement impacter la situation économique du Gabon,
03:43mais également de la sous-région.
03:45D'où pour la nécessité du Gabon ici de mettre en avant ici un ensemble de réformes ici qui vont
03:51permettre à ce qu'on puisse retrouver l'équilibre macroéconomique du pays.
03:56Mais qu'est-ce qui peut expliquer qu'un pays puisse perdre 13 points de PIB par habitant en 24
04:04ans ?
04:05Ici, il faut reconnaître que notre pays souffre de ce qu'on appelle généralement de la mauvaise gestion.
04:12Depuis des années, nous avons eu un système opaque qui fait en sorte qu'une certaine élite gabonaise ici,
04:18malgré les ressources pétrolières abondantes et naturelles également, telles que les mines, le bois et j'en passe,
04:26le Gabon, une certaine élite de la République ici, s'accapare de la gestion du pays
04:32et font en sorte que les fruits de la croissance économique ne puissent pas être redistribués de façon égalitaire
04:38ou de façon plus ou moins équitable à l'ensemble de la population.
04:44Moralité, les indicateurs macroéconomiques du Gabon vont forcément aller en baisse.
04:49Donc pour répondre à votre question ici, c'est une question de gestion de la chose publique.
04:54Le paradoxe, il est là. Nous avons un pays hyper riche en termes de ressources naturelles ici,
05:00avec l'un des PIB les plus forts en Afrique.
05:03Comment se fait-il que nous soyons tout le temps plus ou moins sous oxygène au niveau de la sous
05:08-région ?
05:08C'est tout simplement parce qu'il y a une gestion opaque ici des ressources publiques.
05:12Alors, toujours sur ce point, la Banque mondiale évoque également cette ultra-dépendance aux produits pétroliers.
05:22Le pétrole représente encore 40% des recettes de l'État.
05:27Comment expliquer que le Gabon ne parvienne pas à diversifier son économie malgré un potentiel,
05:33que ce soit du point de vue touristique, forestier ou minier ?
05:38Le malheur du Gabon, c'est que nous dépendons de l'or noir.
05:41Or, l'or noir sur le marché mondial fluctifie.
05:44Ça veut dire qu'en fait, s'il y a une quantité énorme de pétrole dans le monde,
05:49le prix du baril du pétrole va baisser.
05:51Donc le Gabon va se retrouver avec moins de recettes ici d'argent en termes venant de cet or noir
05:58-là.
05:58Or, ce que l'on souhaiterait comme tout État ici, c'est la diversification.
06:03La diversification de l'économie signifie que l'économie d'un pays,
06:06donc les activités économiques d'un pays vont s'élargir, s'étendre vers d'autres branches,
06:11telles que vous l'avez proposées ici, comme la forêt, comme le manganèse, comme le tourisme.
06:16J'en passe avec des autres activités qui sont si lucratives que ça.
06:21La dépendance de 40% de cet or noir-là est aujourd'hui un combat à notre État
06:25parce qu'on n'a pas su redistribuer.
06:27Quand on parle de redistribution, ce n'est pas remettre à chaque Gabonet de l'argent.
06:31La redistribution passe également par la diversification ici de notre économie.
06:37Si nous sommes restés concentrés sur l'or noir, et cette or noire ici,
06:41on sait qu'elle est extraite par les multinationales, des filiales des multinationales
06:45telles que Perenco, telles que Total et autres qui sont là, chumbergés,
06:52qui sont là juste pour extraire cette matière première
06:55qui n'est même pas transformée localement et qui va être transformée ailleurs.
06:58Et on comprend naturellement que notre pays souffre d'un problème plus profond
07:03parce qu'il est nécessaire aujourd'hui qu'on puisse sortir de cette dépendance-là
07:08à l'or noir qu'on appelle ici le pétrole.
07:10L'institution de Bretton Woods parle de politique fiscale sous-optimale.
07:15Entendons par là que l'État ne taxe pas assez ses grands groupes pétroliers.
07:23Conséquence directe, c'est un impact sur les recettes publiques.
07:29Lorsque le budget de l'État est organisé, le budget de l'État est organisé d'abord
07:33sur la base de l'ensemble des prélèvements obligatoires de la fiscalité.
07:36Mais lorsque certains grands groupes ou certaines entreprises ici
07:39ne payent quasiment rien en termes d'impôts,
07:44on se retrouve forcément avec une assiette fiscale ici très faible,
07:47ce qui va non seulement réduire le budget de l'État
07:50et la possibilité de l'État ici de pouvoir investir dans d'autres secteurs
07:53tels que la santé, l'éducation et les routes et les infrastructures de base.
07:580,9% c'est la part des recettes totales provenant des revenus forestiers
08:03lorsqu'on sait que le pays est couvert à plus de 85% de forêts.
08:08Encore merci pour la question.
08:10Il faut partir du postulat que comme vous venez de le dire,
08:13le Gabon est un pays écovert.
08:15Donc le Gabon il est couvert à 85% de nos forêts.
08:19Donc ça veut dire que pour diversifier l'économie gabronaise,
08:22on n'a même pas besoin d'aller chercher de l'eau en large.
08:25On a juste besoin de développer le secteur bois au Gabon
08:29pour permettre à ceux qu'on puisse compenser ces déficits-là
08:33que présente aujourd'hui l'or noir.
08:35On ne peut pas compter sur l'or noir à vitam aeternam
08:37et puis l'or noir est une énergie fossile.
08:40Ça veut dire qu'à long terme, elle a appelé à disparaître
08:42si on ne l'utilise pas de façon optimale.
08:45Moralité, on doit s'orienter vers d'autres potentiels que le Gabon a.
08:49Dire que 0,9% sur d'autres PIB, c'est la contribution du bois,
08:55c'est très faible.
08:56On pourrait au Gabon aujourd'hui permettre à ce que le bois
08:59devienne un deuxième dévier de l'économie gabonaise
09:02pour permettre à ceux que lorsque les recettes pétrolières
09:04ne sont pas suffisantes,
09:06que cela puisse être compensé par le principe des forêts gabonaises ici
09:13qui sont très lucratifs.
09:14Dans les forêts gabonaises, on n'a pas seulement le bois,
09:17il y a également des espèces qui vivent ici
09:20qui peuvent permettre à ce qu'on développe notre pays.
09:22Regardez aujourd'hui Paris, c'est développé par la qualité des infrastructures
09:26qu'on a là-bas, c'est-à-dire que la tour Eiffel.
09:28Nous également, on peut se développer ou développer notre pays
09:31par ce qu'on appelle ici, par le tourisme en matière de la visite de nos parcs.
09:36Nous avons 13 parcs, ce qui est un potentiel.
09:38Donc le Gabon a intérêt aujourd'hui à penser à ce qu'il faut développer ce secteur d'activité-là
09:44qui peut également être compensatoire pour notre économie,
09:48pour arrêter cette souffrance-là envers l'or noir.
09:51Alors l'une des solutions pensées à l'époque,
09:54nous sommes dans les années 2013,
09:56pour pouvoir créer de la valeur ajoutée dans le secteur bois,
10:01a été la construction de la zone économique spéciale d'Uncorp,
10:06qui aujourd'hui est une référence en Afrique.
10:09Mais comment davantage dynamiser
10:12ou alors rendre ce site plus attractif
10:16pour qu'il crée davantage de richesses ?
10:18Le président Ali Bungo ayant pensé qu'en fait,
10:22comme le développement d'un pays pour sortir,
10:24pour mettre en place ces stratégies de développement,
10:26on met généralement deux grandes stratégies.
10:28On a la première stratégie qu'on appelle ici la stratégie agricole.
10:31Voilà pourquoi le président Ali Bungo,
10:33qu'on traite depuis être président,
10:34avait eu une bonne initiative de repartir aux sources,
10:36ce qu'on appelait le projet GRAIN.
10:38Donc pour lui, c'était la manière pour lui de sortir,
10:42de diversifier notre économie en mettant en place ce qu'on appelle ici
10:45le développement de l'agriculture.
10:47Nous avons aujourd'hui les fruits.
10:49Aujourd'hui, nous avons l'huile gabonaise
10:51qui est produite par l'âme aujourd'hui,
10:52avec les palmiers qui sont plantés partout.
10:55C'est le premier point ici du développement du Gabon.
10:58Maintenant, dans la deuxième partie,
10:59il fallait industrialiser.
11:01Donc l'industrialisation consiste ici
11:02à la transformation des ressources naturelles
11:06en produits finis ou sémi-finis.
11:10Donc la zone économique d'Uncorp est une zone très lucrative.
11:13Il faut aujourd'hui que l'État puisse exploiter notre président,
11:17notre nouveau président,
11:18puisse également exploiter ce potentiel-là
11:20qu'a mis en place le président sortant,
11:22Ali Bungondi-Bah,
11:23ce qui permettrait non seulement aujourd'hui
11:25de ne plus s'accentuer sur ce qu'Ali a mis,
11:29mais d'essayer d'apporter d'autres diversifications autour.
11:32Donc la nécessité est d'aujourd'hui,
11:35au travers de cette zone économique d'Uncorp,
11:38de permettre à ce que notre État puisse connaître
11:41cette souveraineté économique
11:42et cette diversification tant recherchée
11:45en épuisant d'autres secteurs
11:47qui peuvent pallier à des difficultés
11:49que notre économie rencontre.
11:51Alors l'un des points d'ombre
11:55de la politique gabonaise
11:57en matière de dépenses publiques,
11:59enfin en matière de gestion de ces finances publiques,
12:01c'est cette tendance à toujours dépenser davantage
12:06de l'argent dont on ne dispose pas.
12:09Et là, la Banque mondiale parle des dépenses publiques
12:12qui ont augmenté de manière considérable
12:15sous la transition.
12:16Qu'est-ce que cela dit de la manière
12:18dont l'État gère finalement ses dépenses publiques ?
12:23Il faut comprendre qu'en fait,
12:24la question de la dette ici,
12:25c'est une question que tout le monde devrait comprendre.
12:28Pour financer une économie ou un pays,
12:32on a généralement deux grands leviers.
12:33On a le premier levier qu'on peut utiliser ici
12:36pour financer son activité,
12:38ce sont nos recettes.
12:40Et lorsque vos recettes ici sont insuffisantes,
12:44là vous avez du recours au deuxième levier
12:46qui est l'emprunt.
12:47Et il y a souvent un problème que le Gabonais
12:50qui est dans la conscience populaire
12:52de l'ensemble des citoyens,
12:53on se dit qu'en fait,
12:54aller s'endetter est péjoratif.
12:56Non, on peut s'endetter
12:58et tout est question de l'orientation de la dette.
13:01Le problème du Gabon qui se pose,
13:03c'est l'orientation de la dette.
13:04Nous nous sommes endettés
13:05et nous nous sommes endettés.
13:06Pourquoi ?
13:07Est-ce que nous nous sommes endettés
13:08pour aller construire des palais de congrès ?
13:11Est-ce que nous nous sommes arrêtés
13:12pour aller construire le monument
13:15Georges Damas à l'Eka ?
13:17Qui sont des investissements improductifs
13:19où nous allons nous endetter ici
13:20pour diversifier notre économie.
13:23Lorsque ces orientations-là sont faites
13:24et que les bons choix sont élaborés,
13:26alors la dette elle-même,
13:28elle finance ici,
13:29elle va financer son emprunt.
13:31Donc vous avez emprunté de l'argent
13:33et les bénéfices que vous réalisez de vos ventes
13:35ici vont permettre à ceux
13:36que vous remboursez votre emprunt.
13:38Donc pour encore répondre à cette question-là,
13:40même si je sais qu'indirectement
13:42je l'avais déjà reprendue,
13:43le véritable problème,
13:44c'est une question de gestion
13:46qui se passe dans notre pays.
13:47Nous empruntons de l'argent
13:50auprès des institutions financières
13:52ici pour acheter des voitures de luxe,
13:55pour construire parfois
13:59des bâtiments improductifs
14:01tels que l'a fait Ali Bungo en 2012.
14:03On construit des stades.
14:04Un stade n'a jamais été productif,
14:06sauf si vous jouez,
14:07vous avez un championnat lucratif
14:09comme celui de l'Europe,
14:11on peut citer quoi, l'Espagne,
14:13qui ont des stades ici
14:15qui sont productifs.
14:16Or nos stades sont dans de l'herbe.
14:17Il faut entretenir ces stades-là.
14:19Elles deviennent obsolètes.
14:20Il faut réinvestir sur ces stades.
14:22Or nous avons perdu des centaines de milliards-là.
14:24Ces milliards-là auraient pu être rentés
14:26vers les infrastructures de base.
14:28Voilà pourquoi pour tout pays
14:29qui veut se développer,
14:30on ne commence pas par le superflu.
14:33On commence par des infrastructures de base.
14:35Écoles, hôpitaux, routes.
14:37Voilà ici la base du développement
14:39pour un pays.
14:40Et vous donc, ce que vous semblez dire,
14:42c'est que les autorités actuelles
14:44ciblent mal leurs priorités ?
14:47Les priorités sont très mal ciblées.
14:49On ne peut pas vouloir dire
14:51qu'on va naturellement transformer
14:54l'eau manganèse sur le territoire national.
14:57Or vous avez encore un problème
14:58d'eau et d'électricité.
15:00Parce que l'industrialisation
15:02nécessite d'abord quoi ?
15:03Elle nécessite beaucoup d'énergie.
15:06Lorsque vous avez encore un pays
15:07où on a des coupures à tout bout du champ,
15:09vous ne pouvez pas dire
15:10que vous allez industrialiser ce pays.
15:12Il faut d'abord commencer par l'eau baie à bas,
15:14l'économie.
15:15L'eau baie à bas, c'est quoi ?
15:15On commence d'abord à avoir de l'eau,
15:18on commence d'abord à avoir l'énergie
15:20pour pouvoir essayer de transformer
15:22nos matières premières.
15:23Et c'est la difficulté aujourd'hui que nous avons.
15:25Nous sommes, et malheureusement,
15:27si je peux revenir sur le point
15:28dont vous avez évoqué,
15:29vous voyez que le paradoxe, il est là.
15:31Les autres étaient à hauteur de 20% du PIB.
15:34Aujourd'hui, ils sont partis
15:36de 20% du PIB à 25% du PIB ici,
15:40de la dette.
15:41Ça veut tout simplement dire
15:42qu'en fait, il y a une question d'orientation.
15:44Et cette dette-là, aujourd'hui,
15:45on devrait ressentir les effets de ces emprunts.
15:48Malheureusement, on va emprunter.
15:49Pourquoi ?
15:50On va juste emprunter
15:51parce qu'on a besoin d'un parc automobile.
15:53On va emprunter parce qu'on veut
15:55commémorer la mémoire de nos ancêtres.
15:57Non, on ne le fait pas dans l'émotion,
15:58dans l'investissement.
15:59L'investissement au Gabon doit être productif.
16:02Et pour qu'il soit productif,
16:03il faut l'orienter vers les secteurs prioritaires.
16:06Alors, autre point évoqué par la Banque mondiale,
16:09c'est cette question des subventions au carburant.
16:11On est pile dans l'actualité
16:13avec cette pénurie de carburant
16:15qui sévit dans le Grand Libreville
16:16et à travers le pays.
16:18Alors là, la Banque mondiale
16:19parle des subventions au carburant
16:20et elle dit qu'elle a absorbé
16:231% du PIB en 2024,
16:26soit autant que l'ensemble du budget
16:28alloué à la santé.
16:30mais elle indique également
16:32que ces subventions profitent
16:33principalement aux ménages
16:35les plus aisés.
16:37Le premier commentaire qui sort de là,
16:39c'est encore un problème
16:40de l'orientation encore.
16:42Nous ne pouvons pas avoir ici
16:44des subventions
16:45qui sont déjà faites.
16:47Déjà qu'en matière de carburant au Gabon,
16:50il faut comprendre que dans la sous-région,
16:51nous avons
16:53l'un des tarifs
16:55les plus bas
16:56en matière du prix du carburant.
16:58Je prends une comparaison simple.
17:00Lorsque vous partez acheter
17:01un litre d'essence au Cameroun,
17:03il est autour de 880 francs.
17:05Lorsque vous l'achetez en Guinée-Côte-Rire,
17:07il est autour de 660 francs.
17:09Et lorsque vous venez au Gabon,
17:11il est autour de 575 francs.
17:13Donc ça veut dire qu'en fait,
17:14le prix,
17:15le prix, il est fonction de quoi ?
17:17Il est fonction des coûts de production.
17:19Ça veut dire que tout ce que vous avez dépensé
17:21pour pouvoir produire.
17:22Or, la production
17:23de l'essence au Gabon,
17:26elle est plus élevée
17:28que le prix unitaire ici dans l'ITRE
17:30que l'on nous vend à la station.
17:32Moralité, l'État va subventionner.
17:34Donc on a déjà cette première subvention-là
17:35qui pèse sur l'État.
17:37La deuxième grande erreur encore
17:39de notre État,
17:40c'est qu'on fait encore prendre
17:41cette deuxième subvention
17:43que l'on octroie.
17:44On octroie ça à quoi ?
17:45Une classe bourgeoise.
17:46On se retrouve là
17:47avec les mêmes qui ont la prime de transport,
17:49mais qui ont des carburants gratuits,
17:51qui ont des voitures de service gratuitement,
17:53et on sait comment ces gens-là
17:55circulent dans Libreville.
17:56La personne est en mission à Libreville,
17:59mais la personne se retrouve à Kango.
18:00Mais avec le carburant du contribuable,
18:03moralité,
18:04l'État va se retrouver acculé
18:06et on va se retrouver avec,
18:07ici, une subvention
18:09qui va au-delà des priorités.
18:12Or, la priorité de notre État aujourd'hui,
18:13de l'État d'urgence,
18:14c'est quoi ?
18:15C'est qu'il faut qu'on ait de l'eau chez nous.
18:17Il faudrait que le Gabonais arrive
18:18à manger décemment.
18:19Il faudrait que le Gabonais arrive
18:20à scolariser son enfant.
18:22Mais lorsqu'on prend
18:23tout ce qui devrait aller dans le social,
18:25on priorise tout ce qui devrait aller
18:27dans le social,
18:29on donne ça encore à des personnes
18:30qui sont déjà riches
18:32de génération en génération,
18:33alors on précarise la nation.
18:36Moralité,
18:37l'État gabonais, aujourd'hui,
18:38se retrouve avec le carburant, ici,
18:41qui est octroyé à ces personnes-là
18:43qui vivent déjà l'opulence.
18:45Ces subventions au carburant
18:47profitent également à ces Gabonais
18:49qui sont transportés dans les transports publics,
18:52à ces marchandises
18:53qui sont acheminées sur libre-vite
18:54pour nourrir la population.
18:56Est-ce que libéraliser
18:58le secteur du carburant
19:00ne reviendrait pas aussi
19:01à un coût de la vie plus élevé ?
19:03Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
19:06C'est vraiment une question
19:07très essentielle, ici.
19:09Lorsqu'on demande ici
19:11à l'État d'enlever,
19:13certaines personnes demandent
19:14à l'État de ne pas subventionner.
19:16Quel que soit le pays dans le monde,
19:17l'État a toujours pour habitude
19:19de subventionner.
19:20Mais on subventionne qui ?
19:22En principe,
19:23si on enlève dans les 1%
19:25dont fait ici référence
19:27à la Banque mondiale ici,
19:28vous allez voir qu'en fait,
19:29ce sont des classes bourgeoises
19:31gabonaises qui bénéficient
19:32de ces subventions par véhicule.
19:35On a des personnes au Gabon
19:36qui ont un parking automobile
19:37de 5, 15, 20 voitures.
19:39Alors, on pourrait être tout à fait exact.
19:42La Banque mondiale parle de 96%
19:46des subventions profitent
19:47aux classes aisées.
19:4896% ?
19:4996% qui profitent aux classes aisées.
19:51Comment vous allez donner à quelqu'un ?
19:53C'est la question que je vous posais
19:54au départ.
19:55Comment donner à quelqu'un
19:56qui vit déjà une vie d'opulence,
19:58encore, l'ensemble des moyens ici
20:00pour qu'il puisse réussir ?
20:01C'est tout simplement,
20:02nous sommes ici dans un système
20:04de reproduction que Karl Marx
20:05a appelé ici la lutte des classes.
20:08Nous avons une classe qui est privilégiée
20:10depuis les années 60 au Gabon
20:11qui profite de l'ensemble
20:13des richesses du Gabon
20:14au profit d'autres.
20:15Cet argent-là qu'on donne
20:16à ces personnes, à une minorité,
20:19pourrait servir ici
20:20à subventionner les produits de base.
20:22Nous avons félicité le chef de l'État
20:24lorsqu'il a mis des centrales d'achat.
20:25Voilà ce qu'on attend du président
20:27parce que ces centrales d'achat-là
20:28ont permis à ce que certains Gabonais
20:30qui ne pouvaient plus
20:31s'acheter une boîte sardine
20:32ou un sac de riz
20:34ont pu également avoir
20:35ce sac de riz-là.
20:36Mais lorsqu'on va prendre le carburant
20:39et on va donner ce carburant-là
20:41à une certaine classe aujourd'hui,
20:43on se retrouve,
20:44voilà le problème qui se pose aujourd'hui,
20:45on se retrouve aujourd'hui
20:46avec une rupture
20:47d'approvisionnement de carburant.
20:49Moralité, les prix vont augmenter.
20:52Or, si on oriente ces subventions-là
20:54vers les plus précaires,
20:55on va réduire naturellement la pauvreté
20:57parce que le développement
20:58passe par l'amélioration
21:00des conditions de vie des populations,
21:02pas d'une certaine classe,
21:03mais de l'ensemble de la population.
21:04Or, le Gabon est un cas inverse.
21:07On améliore les conditions de vie
21:08des personnes qui sont déjà
21:10dans l'opulence.
21:11Alors que ceux-là,
21:12qui n'ont rien,
21:13on ne fait tout pour précariser.
21:15Voilà pourquoi je parlais
21:16du marxisme et du capitalisme.
21:18Merci Raymond Obianguema.
21:21Vous êtes professeur
21:21des sciences économiques
21:22à l'École nationale de commerce
21:25de Port-Gentille.
21:26On marque une courte pause
21:28et on revient juste après.
21:30Instant Santé est une émission mensuelle
21:32diffusée sur Gabon Media Time.
21:34Sa mission principale
21:35est d'éduquer la population
21:37tout en la responsabilisant
21:39par la vulgarisation claire
21:41et accessible des thématiques médicales.
21:43L'émission souhaite faire
21:45de chaque Gabonais
21:46un acteur de sa propre santé.
21:48Avec Instant Santé,
21:49soyez informés, sensibilisés
21:52et prêts à agir
21:53pour une meilleure qualité de vie.
22:01De retour sur ce plateau
22:03avec notre invité
22:05Raymond Obianguema,
22:06professeur des sciences économiques
22:07à l'École nationale de commerce
22:09de Port-Gentille
22:11avec qui nous décryptons
22:12ce rapport de la Banque mondiale
22:15et nous l'analysons également
22:17à l'aune de l'exercice budgétaire
22:20à venir au Gabon
22:24projet de loi des finances 2027
22:27dont on a eu une ébauche
22:29au terme du dernier Conseil des ministres.
22:33Alors, chers invités,
22:34on va poursuivre notre entrevue
22:36pour évoquer cette question
22:37de la dette publique
22:39qu'on a déjà un peu évoquée
22:40en première partie.
22:42Alors, la Banque mondiale
22:44parle de plusieurs opérations
22:46de gestion de la dette
22:47qui ont été réalisées en 2025
22:51par le Gabon
22:52en rachat de réobligations,
22:54reprofilage de la dette intérieure
22:56également qui ont été réalisées.
22:58Ces opérations, dit-elle,
23:00ont permis de réduire temporairement
23:01la pression sur les liquidités
23:03et de repousser certaines échéances
23:05mais qu'elles ne règlent pas
23:06le problème de fonds.
23:08Et là, la Banque mondiale
23:10souligne notamment
23:11que les nouveaux emprunts
23:12restent importants
23:14et deviennent plus coûteux.
23:15À titre d'exemple,
23:17en 2025,
23:18les émissions de titres du Trésor
23:19ont dépassé les 20% du PIB.
23:22Quel commentaire faites-vous ?
23:24Déjà, la première chose
23:25qu'il faut faire ici
23:27de la dette,
23:28la question de la dette,
23:29elle est très importante.
23:30Pourquoi ?
23:30Parce que là,
23:31elle relève de la crédibilité.
23:33Lorsque vous avez d'abord
23:34pris un emprunt,
23:35c'est comme vous,
23:35je pense au Gabon aujourd'hui,
23:37on a quelque chose
23:38qui est en vogue,
23:38les prêts avec intérêt.
23:39Lorsque ces prêts avec intérêt
23:41se font au quartier,
23:42lorsque vous êtes un mauvais payeur,
23:44la personne qui fait
23:45des prêts avec intérêt
23:45a tendance à ne plus vouloir
23:47vous prêter
23:47ou vous surtaxe ici,
23:49ou va vous mettre ici
23:50un taux créditeur
23:52un peu plus élevé ici,
23:53non seulement pour compenser
23:55le risque lié
23:56à votre personne,
23:57mais également pour permettre
23:58à ce que la personne
24:00ne puisse pas perdre
24:00son investissement
24:02sur vous.
24:03Donc,
24:04la personne va faire quoi ?
24:05La personne va élever
24:05son taux créditeur
24:07dans un premier temps
24:08et dans un second temps,
24:09la personne va vous éviter
24:10au maximum.
24:11Et c'est le cas
24:12du Gabon aujourd'hui.
24:13Vu que le Gabon
24:14a déjà un problème,
24:15c'est qu'on n'arrive pas
24:16à éponger les anciennes dettes
24:17vu que notre dette
24:18aujourd'hui dépasse
24:19les 70% du PIB.
24:22Donc,
24:22ça veut dire que déjà
24:23dans des questions
24:24de forme,
24:25le Gabon
24:27ne respecte pas
24:28la réglementation
24:29en vigueur
24:30au niveau
24:30de la sous-région.
24:31Et lorsque le Gabon
24:32va maintenant ici
24:33encore solliciter
24:34au niveau
24:34de la sous-région
24:35des crédits
24:35ou bien des emprunts
24:37pour financer son économie,
24:40les pourvoyeurs
24:41de fonds
24:41ou les bailleurs
24:42de fonds
24:43vont être
24:43en quelque sorte
24:44réticents
24:45ou vont élever
24:45ici leurs taux créditeurs
24:47pour pouvoir ici
24:48espérer avoir
24:49un emprunt.
24:50Moralité,
24:51le Gabon
24:51se retrouve
24:52avec les taux créditeurs
24:56frôlant
24:57les 12%
24:58dans la sous-région
24:59alors que si on était
25:00quelqu'un de compagnie,
25:02quelqu'un de...
25:02non seulement
25:03quelqu'un de crédible,
25:05on serait peut-être
25:06à des taux plus faibles.
25:07Le deuxième volet ici,
25:09c'est que nous avons
25:09des pays plus crédibles
25:11où les pays dont la puissance économique
25:12se relèvent,
25:14la santé économique
25:15est plus ou moins acceptable
25:17telle que le Cameroun.
25:18Le Gabon
25:19face au Cameroun,
25:20les bailleurs de fonds
25:22feront toujours plus confiance
25:23au Cameroun
25:23parce que le Cameroun
25:24plus ou moins
25:25a une situation économique
25:27plus favorable
25:28que la nôtre.
25:28Voilà ici le commentaire
25:29que je peux faire
25:30de cette question-là.
25:31Mais est-ce que
25:32dans un tel contexte,
25:34le Gabon peut
25:35financer
25:36son plan national
25:37de croissance
25:37et de développement ?
25:38Il y a beaucoup
25:39de leviers naturels
25:40pour avoir de l'argent
25:41au Gabon.
25:41Et ce sont ces leviers-là
25:42que l'État devrait
25:43d'abord mettre en exemple.
25:44Nous avons aujourd'hui
25:45des maisons des Gabonais
25:46qui reçoivent des loyers
25:48de 500 millions
25:49parfois mensuellement
25:51qui ne sont pas prélevés.
25:53Il faut qu'il y ait
25:55une taxe foncière
25:56au Gabon.
25:58L'État ne peut pas
25:59laisser passer cet argent-là
26:00depuis la nuit des temps.
26:01Il faut aujourd'hui
26:02qu'on pense à développer
26:03notre pays.
26:03Nous avons des particuliers
26:05qui s'enrichissent
26:05au détriment
26:06de l'État gabonais.
26:07Il faudrait que l'État
26:08aujourd'hui également
26:09arrive à laisser
26:11certains produits
26:12qui sont subventionnés.
26:14Nous avons l'exemple ici
26:15de certains produits
26:17comme le carburant
26:18qui sont subventionnés
26:19par l'État gabonais.
26:20Il faudrait que l'État
26:20arrête de subventionner.
26:22Au travers de ces petits mécanismes-là,
26:24on peut déjà agrandir
26:25l'assiette fiscale de l'État.
26:27Prémer déjà
26:28que l'État ait plus d'argent
26:29et deuxièmement,
26:30il faut aller emprunter.
26:32Mais le problème
26:33de l'emprunt au Gabon
26:34pour atteindre
26:35ces 27 milliards
26:37comme vous l'avez dit ici,
26:39il faut naturellement...
26:40Une part importante
26:40sera financée
26:41par le secteur privé
26:42autour de 24 000 milliards
26:45je crois.
26:46Il faut naturellement...
26:47Est-ce qu'on a
26:48un secteur privé viable
26:49au Gabon aussi ?
26:50On a un secteur privé viable,
26:52je peux le dire,
26:53parce qu'on a des entreprises
26:54qui font dans du cercle.
26:55Le problème,
26:56ce n'est pas
26:57le secteur privé.
26:58C'est d'abord
26:58le secteur public
26:59qui instaure
27:00un ensemble de mécanismes
27:01qui vont faire en sorte
27:02que le secteur...
27:03Le climat.
27:03Le climat des affaires
27:05pour que le secteur privé
27:07devienne un secteur public
27:10attractif.
27:11Nous ne pouvons pas avoir ici
27:13l'État
27:14qui, au lieu de donner
27:16des marchés
27:17de façon indirecte,
27:20c'est-à-dire que
27:20sur la base de la concurrence
27:21à des opérateurs économiques,
27:23va donner des marchés
27:24de gré à gré
27:24ici aux agents économiques
27:26et penser que nous avons
27:27un environnement
27:29économique favorable.
27:30Et là,
27:31vous évoquez un point important.
27:33Lorsqu'il n'y a pas
27:34cette justice à ce niveau,
27:35quelle est la conséquence
27:36pour des potentiels investisseurs
27:38qui aimeraient
27:38s'intéresser au Gabon ?
27:39La première conséquence,
27:41c'est le président lui-même
27:41qui l'a relevé.
27:43Lorsqu'il pose la question
27:44entre RTL situé au Sénégal
27:49et RTL situé au Gabon.
27:50RTL situé au Sénégal
27:52fait quoi ?
27:52Ils ont investi.
27:53Ils ont un siège.
27:54RTL situé au Gabon,
27:55ils font quoi ?
27:56Ils ont la version pour le risque.
27:58C'est la confiance
27:59des investisseurs
28:00vis-à-vis de l'État ?
28:01C'est la confiance
28:01des investisseurs
28:02vis-à-vis de l'État.
28:03Le Gabon souffre aujourd'hui
28:04de ce qu'on appelle ici
28:05un environnement défavorable.
28:07Ce n'est pas moi qui le dis.
28:08Vous avez lu la dernière étude
28:10publiée également
28:10par la Banque mondiale
28:11qui publique en fait
28:12le Gabon et noté
28:14CCC-.
28:15CCC-,
28:16ça veut dire tout simplement
28:17que l'environnement
28:18des affaires
28:19est peu favorable.
28:21Or, lorsque vous prenez
28:22un pays comme le Sénégal,
28:23l'environnement
28:24des affaires
28:25est favorable,
28:26l'entreprise va faire quoi ?
28:27Va mettre des capitaux
28:28à court terme au Gabon
28:29et va mettre des capitaux
28:30à long terme au Gabon.
28:32Donc, quand le président
28:33posez la question
28:34de savoir
28:34pourquoi vous n'avez
28:35pour ne construisez pas
28:36vous n'avez pas un siège
28:37au Gabon,
28:37c'est tout simplement
28:38pour reprendre
28:39à votre problématique.
28:40Il y a la version
28:41pour le risque.
28:42Les entreprises privées
28:43ont peur de prendre
28:45le risque parce que
28:45quand vous avez
28:45votre argent,
28:46la seule chose
28:47qui vous fait peur
28:47c'est que vous
28:48perdiez votre argent.
28:50Or, une entreprise
28:51va faire quoi ?
28:52Elle veut rentabiliser
28:53rapidement à court terme
28:54donc elle va faire quoi ?
28:55Elle va mettre
28:56ses capitaux à court terme
28:57le jour où il y a un problème
28:58elle prend ses bagages.
28:59On a vu avec
29:00Ertel Kilou.
29:01Le jour où il y a un problème
29:02avec le président
29:03de l'avouer
29:03comme le président
29:03l'a si bien proposé
29:04si vous n'êtes pas
29:05des bons amis
29:06vous partez
29:06mais eux ils peuvent partir
29:08du jour au lendemain
29:09ils ne vont rien perdre
29:10au contraire
29:10ils ont bénéficié
29:11des profits
29:12de votre pays.
29:13Or, s'ils ont
29:14un investissement
29:15de 80 milliards
29:16au Gabon
29:17ils réfléchiraient
29:19avant
29:19de faire des choses.
29:21Alors, l'une des solutions
29:22de proposition
29:23de la Banque mondiale
29:24également
29:24pour réduire
29:27le niveau
29:28d'endettement
29:28consiste à
29:31maîtriser
29:31les dépenses publiques
29:32en améliorant
29:33l'équilibre budgétaire.
29:35Chaque année
29:38sur le papier
29:39on voit qu'il y a
29:40un équilibre budgétaire
29:41chaque année
29:41mais en réalité
29:43lorsqu'on regarde
29:43les chiffres
29:44de plus près
29:44on se rend compte
29:46que cet équilibre budgétaire
29:48dans nos différentes
29:49lois de finances
29:50ces équilibres budgétaires
29:51sont trouvés
29:52par de l'emprunt
29:53donc on revient encore
29:55à de l'emprunt
29:55pour financer
29:56les dépenses courantes.
29:58D'accord.
29:58Pour répondre encore
29:59à votre question
30:00merci
30:00pour répondre à votre question
30:01je vais vous prendre
30:02un foyer normal
30:03vous avez
30:04un budget
30:05vous êtes payé
30:06à 500 000 francs
30:08si vous voulez vivre
30:09de ça
30:09au-delà
30:10des 500 000 francs
30:11vous allez vous retrouver
30:12en train de vous en
30:13d'été
30:13et c'est le problème
30:15du Gabon aujourd'hui
30:16on a
30:17un budget
30:18ou bien
30:19on a un ensemble
30:19de revenus
30:20mais on veut vivre
30:21au-delà de
30:22nos moyens
30:22on va s'acheter
30:23des voitures
30:24inutiles
30:25on va construire
30:26des maisons inutiles
30:27on va construire
30:28des palais inutiles
30:29qui ne servent
30:30à rien.
30:30vous ne pouvez pas
30:31avoir 50 000 francs
30:33et vouloir mener
30:34la vie de celui
30:34qui a 100 000 francs
30:35forcément vous allez
30:36aller vous endetter
30:37donc ici
30:38le problème du Gabon
30:39que l'on soulève ici
30:40c'est un problème
30:40de gestion
30:42il y a déficit budgétaire
30:44chaque année au Gabon
30:45parce que nous avons
30:46un problème de gestion
30:47le peu d'argent
30:48que le Gabon
30:49regroupe
30:50est concentré
30:51entre les mains
30:52de certaines élites
30:53gabonais
30:53qui veulent tout faire
30:55pour rester là
30:55et faire profiter
30:57à leurs descendants
30:58or les ressources
30:59de l'État
30:59devraient être reparties
31:01de telle façon
31:02qu'on priorise
31:03des ministères
31:04ici
31:04qui sont en état
31:06d'urgence
31:06et qui permettent
31:07de développement
31:07on prend un exemple
31:09simple
31:09le budget alloué
31:10à la santé
31:12ou à l'éducation
31:13et le budget alloué
31:14à la défense
31:15la priorité
31:16c'est la santé
31:18la priorité
31:18c'est l'éducation
31:19c'est le capital humain
31:21il faut investir dessus
31:22mais si vous prenez
31:22plus l'argent
31:23du contribuable
31:24gabonais
31:24pour donner plus
31:26aux militaires
31:28qu'on sait très bien
31:29qu'ils font
31:29un magnifique travail
31:30on va se retrouver
31:31ici chaque année
31:32avec des déficits
31:34budgétaires
31:35alors merci
31:36merci cher invité
31:37j'aimerais qu'on évoque
31:38quand même
31:39un tout petit peu
31:41le projet
31:42de loi de finances
31:442027
31:45les chiffres sont sortis
31:46et le budget
31:49est équilibré
31:49en ressources
31:50et en dépense
31:50à 6223 milliards
31:53de fonds
31:54c'est pas
31:54lorsqu'on sait
31:54qu'on est souvent
31:55en moyenne
31:56dans les 4000 milliards
31:57est-ce qu'il est
31:58réalisable
31:59ce budget
32:01déjà que
32:02je le trouve
32:03encore plus raisonnable
32:04que celui de 2025
32:06qui a été rectifié
32:07parce que celui de 2025
32:08c'était carrément
32:09aléatoire
32:10on savait tous
32:11que ce budget là
32:12ne pouvait pas
32:13être irréalisable
32:13était irréalisable
32:14nous étions autour
32:16de 7500 milliards
32:18et aujourd'hui
32:19nous sommes à 6200 milliards
32:21donc soit une hausse
32:23de 700 milliards
32:24par là
32:25donc on comprend
32:26naturellement
32:26que si l'état
32:27met en place
32:28ce que je vous appelais
32:29ici un recouvrement
32:30optimal ici
32:32on va se retrouver ici
32:33pourquoi pas
32:34en train d'atteindre
32:35ce budget là
32:36que je trouve
32:37plus raisonnable
32:38que celui
32:38des années précédentes
32:39mais toutefois
32:40comme on dit souvent
32:41en économie
32:42la loi de finances
32:42ici
32:43c'est tout simplement
32:45ce qu'on appelle ici
32:45une projection d'esprit
32:47et cette projection d'esprit
32:48là peut naturellement
32:49connaître des aléas
32:51ou des fluctuations
32:51donc on peut se retrouver
32:52soit avec une tendance baissière
32:54soit avec une petite tendance
32:56à la baisse
32:57le plus favorable
32:58ce serait que cette tendance
32:59là soit la hausse
33:00que cette tendance
33:00là soit baissière
33:01donc pour moi
33:02ce budget là
33:03peut être plus ou moins
33:05acceptable
33:06par rapport à celui
33:07présenté l'année dernière
33:08qui était tout simplement
33:10de l'illusion
33:11pardon mais est-ce que
33:12dans un pays
33:13comme le Gabon
33:14on a besoin
33:14de dépenser
33:15un tiers des recettes
33:16publiques
33:17pour payer les fonctionnaires
33:20et la question
33:22qui se pose d'abord
33:23c'est que
33:23quels sont les fonctionnaires
33:25les mieux payés au Gabon
33:26où va l'argent du pays
33:28parce que
33:28moi je suis fonctionnaire gabonais
33:30je suis dans la plus grande catégorie
33:32à la fonction publique
33:34je suis payé à 500 000 francs
33:36or on écoute le président
33:37dire devant la télévision
33:39qu'il y a des jeunes gabonais
33:40qui sont payés
33:41entre 5 et 10 millions
33:42le mois
33:43quels diplômes ont-ils ?
33:44c'est d'abord là
33:45où il faut voir la question
33:46au Gabon aujourd'hui
33:47lorsque nous prenons
33:48un jeune
33:49qui rentre
33:50dans certains métiers
33:52ou certains corps
33:53ou vous rentrez
33:54avec un BPC
33:55vous avez le double
33:57de celui-là
33:57qui en a un
33:58dans un autre ministère
33:59on comprend effectivement
34:00qu'on n'est pas là
34:02on n'est pas là
34:03pour donner le salaire
34:04qu'il faut
34:05à la personne
34:06qu'il faut
34:07et on amène à ce que quoi ?
34:08on amène à ce que l'État
34:09aille s'endetter
34:10pour payer des salaires
34:11on ne peut pas s'endetter
34:12pour payer des salaires
34:13des fonctionnaires
34:14c'est juste que
34:14les salaires au Gabon
34:15il n'y a pas
34:16une grille salariale
34:18uniforme
34:18à l'ensemble
34:18des fonctionnaires
34:19vous avez celui
34:20qui est au ministère
34:22de l'éducation nationale
34:23à un
34:23qui a tout son salaire
34:25à 500 000 francs
34:25vous avez celui
34:26qui est à la douane
34:28à un
34:28qui a son salaire
34:29à 3 ou 4 millions
34:30il faut tout simplement
34:31enlever celui
34:32qui a les 3 millions là
34:33remettre à 250 000 francs
34:35ou à 500 000 francs
34:36comme l'autre
34:36qui a l'éducation nationale
34:37et on aura
34:38l'équilibre naturel
34:39mais tant qu'on aura
34:40des secteurs prioritaires
34:42tels que
34:43les régimes financières
34:45certains corps
34:46habillés
34:47on va se retrouver là
34:48en train de prendre
34:49plus d'un tiers
34:51de notre budget
34:53pour alimenter
34:55une certaine élite gabonaise
34:56comme je le disais
34:57dès le départ
34:57Merci, merci encore
34:59Emo Obianguema
35:00professeur de sciences économiques
35:01à l'école nationale
35:02de commerce
35:03de Port Gentil
35:04d'être passé
35:05dans l'interview exclusive
35:07C'est moi qui vous remercie
35:09pour la pertinence
35:11de votre émission
35:12et merci pour le travail
35:13que vous faites
35:14pour le Gabon
35:15Merci également
35:16à vous chers internautes
35:17pour votre fidélité
35:18je vous donne rendez-vous
35:19pour un nouveau numéro
35:21d'interview exclusive
35:22à l'école
35:24Sous-titrage Société Radio-Canada
35:31Merci à mes Tipeurs

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