00:07Nous sommes réunis ce soir autour d'un homme dont le parcours témoigne d'une volonté constante,
00:16celle d'agir et de construire et de transmettre. Ce dernier est entrepreneur, chef d'entreprise,
00:24juriste de formation et désormais écrivain. J'ai cité M. Harold Néka-Igacela.
00:32M. Harold Néka-Igacela est un juriste de formation, comme je l'ai dit à propos en début de mon
00:38introduction,
00:39entrepreneur et chef d'entreprise. Son parcours professionnel a permis d'être confronté aux
00:46réalités du monde économique et aux exigences de l'entreprise, mais également aux contraintes
00:53et aux enjeux de l'environnement institutionnel dans lequel évoluent les entrepreneurs au niveau du
00:58Gabon. Au fil de cette expérience, une réflexion s'est construite, une réflexion qui trouve aujourd'hui
01:04une nouvelle forme, celle d'un livre. Harold, sans plus tarder, nous te laissons le soin de nous
01:12entretenir succinctement sur ton parcours. Sous vos applaudissements, s'il vous plaît, Mesdames et Messieurs,
01:23chers amis, chers parents, chers journalistes, chers invités, merci d'avoir répondu à cette invitation
01:33ici à Paris, dans ce prestigieux modèle du 17e arrondissement, pour la présentation de mon livre,
01:42en tout plan de le Gabon sous la brimade institutionnelle, paru aux éditions Gédanc le 1er octobre
01:522026. Ce livre paraît presque un an, jour pour jour, après le 15 octobre 2025, date à laquelle mon parcours
02:04personnel et professionnel a brutalement basculé. Après cette épreuve, j'ai choisi le silence,
02:13non pas par oubli, ni par renoncement, mais parce qu'il fallait d'abord comprendre ce qui m'était arrivé,
02:25l'écrire, puis le transformer. Il est aussi le récit d'une traversée qui a commencé bien avant le 15
02:36octobre 2025.
02:39Cette traversée remonte notamment à mon licenciement du cabinet Jules Obion le 3 décembre 2015,
02:45après avoir édigé un article dans lequel je faisais la démonstration qu'on ne pouvait modifier
02:53une loi organique à ordonnance, parce que juriste de formation et le parallélisme des formes,
03:00il y a quelques juristes dans la salle, exigent que c'est un texte de même nature qui peut modifier
03:07un autre texte. Puis, par mon recrutement au groupe Olumambé, éditeur des journaux La Loupe et L'Aube,
03:20avant la création de Gabon Mediataï, cette initiative qui est née de la collaboration avec plusieurs autres
03:29Gabonais, mais qui a souvent été à l'origine de nombreux domaines tumultes. J'y raconte comment je suis passé
03:40du juriste
03:40de formation au journaliste, puis à l'entrepreneur de médias. J'y raconte également les pressions, parfois
03:51difficiles à comprendre, auxquelles j'ai été confronté, notamment de la part de certains soutiens
03:57des régimes successifs. Je dis bien régimes successifs. Ce livre raconte donc une expérience
04:05personnelle, mais il ne s'y enferme pas. Il interroge plus largement ce que vivent des entrepreneurs
04:11dans notre pays, des journalistes, des citoyens, souvent confrontés à l'arbitraire, aux lenteurs
04:18administratifs, aux engagements non tenus, à la fragilité des recours, sinon à la pénalisation
04:29des différents commerciaux. Ce livre n'est ni une plainte, ni un règlement de compte. C'est ma parole,
04:41mon témoignage, ma part de vérité, ou du moins ma version des faits. Et ma question, c'était par rapport,
04:48déjà vous avez un point positif, c'est que vous, je pense que la fin de mot, puisque vous avez
04:52donné des solutions par rapport à l'entrepreneuriat,
04:54ce que vous incitez quand même les compatriotes à entreprendre au Gabon. Et vous avez parlé des solutions. Quelle est,
05:00par exemple, une piste de solution que vous pourriez nous donner, malgré tous les déboires qu'il y a au
05:05niveau de l'entrepreneuriat au pays ? Merci.
05:07C'est respecter l'engagement. C'est-à-dire qu'à partir du moment où un contrat est signé, c
05:12'est un contrat. Quel que soit celui qui l'a signé, à partir du moment où les conditions de forme
05:17et de fonds sont respectées,
05:20que ça soit X qui est directeur général et il est remplacé par Y, Y ne peut pas remettre, ne
05:26peut pas décider, comme dans le cas du Global Mediata avec la CDC, c'est un directeur général, ça va
05:32faire couffer les juristes, qui m'écrit en courrier et qui dit le contrat est nul.
05:37La nullité du contrat ne peut être prononcée que par un magistrat.
05:41Quel serait, en fait, le mot que vous donneriez à cette jeunesse-là, en fait, qui aime son pays, qui
05:48veut bâtir quelque chose, qui, après ses études à l'étranger, se dit, tiens, j'aimerais bien, en fait, repartir,
05:53entreprendre quelque chose ?
05:55Il faut bâtir malgré tout, malgré ce qu'ils font.
05:59Moi, j'ai été arbitrairement privé de liberté 24 jours.
06:04J'aurais pu prendre mes jambes à mon coup, revenir en France.
06:09J'ai encore quelques confrères.
06:13Là, je vois un petit frère, là, qui est avocat désormais.
06:16Je pense que si je postule chez lui, il sait quelle est ma capacité rédactionnelle et réflexionnelle.
06:22Donc, je peux venir en France et trouver un boulot.
06:26Je peux m'exiler.
06:29Dans un pays, il y a des représentations diplomatiques qui m'en ont fait la proposition.
06:33Mais je fais quoi des 15 collaborateurs que j'ai au NAMO ?
06:38À qui on ne fait pas ce type d'offres-là ?
06:41C'est pour ça que je dis que je suis devenu entrepreneur par le voir.
06:45Et plutôt que de baisser les bras, je prends un ouvrage dans lequel,
06:49on va le dire de façon triviale, je trahis ceux qui m'ont malvité, en quelque sorte.
06:55Voilà.
06:57Donc, l'objectif de cet ouvrage, ce n'est pas de susciter du découragement.
07:02Non.
07:02C'est de leur montrer que malgré eux, on va avancer.
07:06Et c'est en fait, suivre son chemin.
07:10Malgré toutes les difficultés auxquelles on peut être confronté.
07:14Ce n'est pas propre au Gabon.
07:16Chaque pays a ses réalités.
07:18Il y a peut-être ici aussi en France, une catégorie d'entrepreneurs
07:23qui subissent, eux aussi, peut-être des injustices.
07:28Donc, non, ce n'est pas rose partout, mais il faut se battre.
07:33Comme dit la Bible, la justice élève une nation.
07:36Et aujourd'hui, le principal problème que nous avons en France, c'est la justice.
07:41La justice, pourquoi ? Parce que je parle, par exemple, de mon expérience, j'ai ouvert une salle de jeu,
07:48c'est-à-dire la prison.
07:49Et finalement, les agents de la mairie étaient abonnés à la salle de jeu.
07:54Où ils venaient, toutes les trains du mois réclamaient de l'argent.
07:57Alors que nous étions, c'était une entreprise qui se devait de payer les impôts.
08:02Mais eux, ils venaient et ils menaçaient.
08:04Donc, ce ne sont pas des choses qui visent à encourager les gens de la diaspora,
08:10comme on les appelle, à venir investir au pays.
08:21Cette conférence de presse a été l'occasion de revenir sur les différentes thématiques abordées
08:29dans « Entreprendre au Gabon sous la primade institutionnelle ».
08:31Nous avons donc fait le tour de la question et reprendu à quelques questions du public et des journalistes.
08:39La prochaine étape, c'est la présentation de l'ouvrage à Libreville.
08:43La date et le lieu restent à définir.
08:46Vous pouvez vous procurer « Entreprendre au Gabon » sur l'ensemble du réseau Hachette,
08:52sur la FNAC, en ligne et en magasin, sur Amazon et à Libreville
08:58dans les tout prochains jours à la Maison de la Presse.
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