[#LeCanapéRouge] Jean Télesphore Ella Zé : OMP face aux défis du Gabon minier
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00:01...
00:16Mesdames, Messieurs, bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro
00:20du Canapé Rouge de Gabor Media Time,
00:23votre rendez-vous d'entretien et de décryptage avec celles et ceux
00:26qui participent à la transformation économique de notre pays.
00:30Notre invité est Jean-Télésphore Ilanzé,
00:34directeur général d'Ovendo Minéral Port,
00:38une infrastructure devenue stratégique dans la chaîne logistique
00:42du secteur minier gabonais.
00:44Son parcours est singulier.
00:47Parti du monde ferroviaire il y a plusieurs décennies,
00:50il a progressivement gravi les échelons des fonctions opérationnelles
00:54aux responsabilités de direction,
00:57avant de rejoindre Ovendo Minéral Port en 2022
01:00et de prendre la direction générale en mai 2024.
01:04Son passage sur le Canapé Rouge intervient alors qu'OMP célèbre
01:08dix années d'activité et que le Gabon veut parallèlement accélérer
01:12le développement de son secteur minier,
01:14attirer de nouveaux opérateurs et surtout transformer davantage
01:18ses ressources sur son territoire.
01:20Une ambition qui soulève plus qu'une question essentielle,
01:24les infrastructures ferroviaires, portuaires et logistiques du Gabon
01:28sont-elles suffisamment préparées à accompagner ce changement d'échelle ?
01:34Pendant 45 minutes, nous allons donc parler
01:38parcours, management, performance et modèle économique d'OMP,
01:43mais surtout revenir sur la logistique minière gabonaise.
01:50Comme il est de coutume sur le Canapé Rouge de Gabon Media Time,
01:54la première question que nous allons poser à notre invité est
01:58« Monsieur Elanze, comment vous vous portez ? »
02:04Bien, merci.
02:05Avant de répondre à la question, je voudrais d'abord vous remercier.
02:09Merci Gabon Media Time qui nous donne l'opportunité d'intervenir dans son média
02:17et à travers cette émission Canapé Rouge.
02:21C'est une première parce que l'OMP est plutôt discret jusqu'à présent.
02:28Et donc, merci pour cette interview qui s'inscrit dans le cadre des 10 ans de notre entreprise.
02:35Maintenant, je peux dire que oui, nous allons bien.
02:39OMP va bien.
02:41Et donc, tout est au beau fixe.
02:43C'est la raison pour laquelle nous avons déjà répondu avec empressement à cette invitation.
02:49Merci.
02:50Et pour permettre à nos téléspectateurs de mieux vous connaître,
02:55vous avez commencé vos parcours professionnels dans l'univers ferroviaire
03:00avant de gravir progressivement les différents échelons.
03:04Qu'est-ce que nous n'avons pas dit ?
03:05Et comment êtes-vous arrivé jusqu'à la direction générale d'Ovendo Minéral Port ?
03:13C'était un exercice pas toujours facile de parler de soi,
03:17mais je dirais que vous avez résumé l'essentiel.
03:21C'est-à-dire que j'ai une expérience diversifiée,
03:26incluant le monde ferroviaire, le monde minier, le monde industriel
03:32et aujourd'hui le monde portuaire.
03:36C'est cette expérience que nous mettons aujourd'hui au service du développement du Gabon
03:44à travers notre position de directeur général d'OMP.
03:49Je pense que des choses ont été très bien résumées.
03:53OK.
03:54Qu'est-ce que cette connaissance que vous avez du terrain change concrètement
03:59dans votre manière de diriger aujourd'hui OMP ?
04:04D'abord, le rapport avec mes collègues,
04:09parce que je les appelle tous mes collègues,
04:12beaucoup de présence au terrain,
04:16des décisions basées sur des faits concrets,
04:20des analyses qui sont beaucoup plus portées vers l'amélioration
04:24et donc une vision qui intègre les collaborateurs
04:33et qui cherchent à capitaliser leur créativité,
04:40à les responsabiliser, je dirais,
04:44en fait à construire ensemble une équipe solidaire,
04:49apprenante et qui fonctionne autour de valeurs partagées.
04:54D'accord.
04:55Vous rejoignez OMP en 2022, en juillet plus précisément,
05:01comme directeur de la maintenance et des opérations ferroviaires
05:05avant d'en devenir le directeur général deux ans plus tard.
05:08Lorsque vous prévisez la direction générale de cette entreprise,
05:13quels sont les principaux défis auxquels elle fait face
05:16et quelles priorités fixez-vous pour poursuivre son développement ?
05:23Quand on arrive à des fonctions de direction dans une entreprise,
05:29on commence déjà par consolider les acquis.
05:32J'avais la chance d'avoir été en entreprise depuis deux ans,
05:36dont je connaissais l'entreprise de l'intérieur.
05:39Et donc la première chose, c'est de consolider les acquis.
05:42La deuxième chose, c'est de rassurer les collaborateurs.
05:46Et la troisième chose, c'est d'écouter les clients,
05:51parce que nous sommes là d'abord au service de nos clients.
05:54D'écouter les clients, d'écouter l'ensemble de nos parties prenantes
05:58et de prendre tout ça pour définir une orientation.
06:05Une orientation qui vise, n'est-ce pas, à répondre de la façon la plus pertinente possible
06:16aux besoins de nos clients.
06:22OMP célèbre aujourd'hui 10 années d'activité.
06:26Ce n'est pas rien.
06:27L'entreprise revendique notamment d'importants investissements
06:31et une place croissante dans les exportations de minières gabonaises.
06:36Quel bilan objectif faites-vous, on va dire grosso modo, de ces 10 années ?
06:41Et quelles sont les principales réussites, mais aussi les insuffisances
06:46que OMP a pu connaître sur la dernière décennie ?
06:51Sur sa première décennie.
06:54Je voudrais d'ailleurs dire l'état d'esprit de OMP.
06:59Je vais revenir sur la question, c'est juste une petite précision.
07:01L'état d'esprit de OMP, c'est de voir dans ce que vous appelez les insuffisances
07:07plutôt des opportunités.
07:09Donc on parlera plutôt des opportunités, mais si on veut donner une image,
07:15une appréciation globale, je pense qu'il est nécessaire de rappeler ce qu'est OMP.
07:21OMP est le résultat d'un partenariat public-privé entre l'État gabonais
07:28et des investisseurs étrangers afin d'apporter une solution logistique
07:33qui soutienne le développement du secteur minier.
07:36Et donc, s'il y a au bout de dix ans, qu'est-ce que nous pouvons dire ?
07:45Que les engagements qui ont été pris dans le cadre des conventions, des accords avec l'État
07:52en termes de niveau d'investissement ont été atteints, sinon dépassés,
07:59que le Gabon a pu, grâce à OMP, doubler sa capacité d'export de manganèse.
08:09OMP a apporté une capacité additionnelle qui n'existait pas
08:14et qui a permis finalement aux Gabonais d'exploiter tout son potentiel minier aujourd'hui
08:22au point de devenir, à partir de 2019-2020, le premier producteur mondial de manganèse.
08:30Et plus de 50% de ces produits de manganèse passent par OMP.
08:35Et donc, si on devait jeter un regard rétrospectif, on peut souligner la réussite de ce projet
08:47et on peut également saluer cette initiative de partenariat,
08:54de faire appel à des investisseurs étrangers pour pouvoir développer notre secteur minier.
09:03D'accord. Votre discours managerial accorde une place importante à la formation,
09:09à la transmission et à la progression professionnelle.
09:15Donc, comment OMP développe-t-il les compétences gabonaises ?
09:20Favorise-t-il la progression professionnelle de ces derniers
09:24et œuvre davantage à ce que les métiers du secteur portuaire et ferroviaire
09:32soient accessibles à l'agente féminine ?
09:36Allons-y étape par étape.
09:38Ah oui, ça fait beaucoup d'étapes, ça fait beaucoup de choses à dire.
09:43Notre modèle de leadership, il est d'abord, il repose sur l'homme.
09:47Il faut faire confiance à l'homme.
09:48L'homme a des capacités insoupçonnées et parfois des capacités qu'il faut aller réveiller.
09:55Des gens ont du potentiel parfois qu'eux-mêmes ne mesurent pas.
10:01Et notre rôle en tant que leader et notre leadership, c'est justement de développer ces compétences.
10:09Mais pour développer les compétences, il faut croire que des gens sont tapables.
10:14Alors, il faut peut-être aussi rappeler, puisqu'on parle de comment on développe les jeunes gabonais,
10:20on a parlé d'évolution de carrière et que OMP, c'est autour de 400 agents,
10:26dont seulement 4% d'étrangers et 96% de gabonais.
10:31Donc, ça dit déjà...
10:32Le pourcentage de femmes.
10:33Le pourcentage de femmes, il est de 18%.
10:38Si vous regardez dans le monde, dans les ports, nous sommes dans la tronche mondiale.
10:46L'accès au métier portuaire ne dépend pas seulement de l'entreprise,
10:50elle dépend aussi des structures de formation qu'il y a dans le pays.
10:55Et nous, ce que nous faisons pour encourager, nous avons des initiatives que nous avons lancées,
11:01des formations destinées uniquement aux femmes.
11:04Je prendrai deux exemples.
11:06On a eu le programme comme Elle, qui a été lancé à l'échelle du groupe, le RISE,
11:11et dont certains participants sont aujourd'hui dans nos effectifs.
11:17Nous avons lancé des formations de conductrices de grue portière.
11:24Ces conductrices de grue portière opèrent dans les navires que nous opérons aujourd'hui.
11:32Donc, je pense qu'il faut quand même souligner que si globalement nous avons 18% de femmes,
11:41tout le management en dessous du directeur général, il y a 42% de femmes et 58% d'hommes.
11:49Donc, nous avons très peu de femmes, peut-être.
11:52Je ne dirais pas très peu, si on se réfère à la moyenne.
11:56Dans nos métiers portuaires, on est dans la moyenne.
11:58Mais nous avons des femmes de qualité.
12:00Donc, parmi le contingent de cadres, il y a quand même 48% de femmes n'y trouvent.
12:08C'est une amorce qui est appelée à certainement progresser au fur et à mesure que les femmes s'intéresseront
12:16à ces métiers.
12:17Et oui, ça va progresser puisque dans notre politique également,
12:22nous avons des objectifs d'améliorer la contribution des femmes.
12:29Et donc, d'améliorer le taux de femmes dans l'entreprise, ça fait partie de notre dynamique.
12:37Et je vais prendre un exemple concret parce que vous vous demandez qu'est-ce qu'on fait pour aider
12:44ces jeunes femmes.
12:45D'abord, on va les encourager à prendre de nouveaux métiers.
12:50Et j'ai l'exemple de deux techniciennes de surface qui sont aujourd'hui devenues des charistes
13:00qui conduisent des engins de levage.
13:03Donc, on a une politique d'identification des potentiels.
13:10Et on a des actions comme ça qu'on met en œuvre pour pouvoir tirer le meilleur de ces personnes
13:18et leur faire comprendre qu'elles ont de la valeur.
13:22Et c'est comme ça qu'on arrive également.
13:25C'est un levier de performance.
13:27Voilà.
13:27Très bien.
13:28On amorce donc la deuxième partie de l'émission.
13:32OMP au cœur de la chaîne logistique minière gabonaise.
13:35Vous défendez l'idée qu'OMP ne doit pas être considérée comme un simple terminal portuaire.
13:43C'est bien ça ?
13:45Oui, c'est ça.
13:46Voilà.
13:46Quelle est exactement la place d'OMP dans le parcours du minerai, de la mine jusqu'au navire ?
13:55Et en quoi cette infrastructure participe-t-elle à la compétitivité du secteur minier gabonais ?
14:02Bien.
14:04Alors, c'est quoi notre modèle ?
14:07OMP, c'est un logisticien qui fait de la logistique intégrée, qui intègre des actifs ferroviaires et des actifs portuaires.
14:19Donc, quand nous disons que nous ne sommes pas simplement une plateforme portuaire, c'est parce que nous avons des
14:24actifs ferroviaires
14:25et nous avons la plus grande flotte ferroviaire du Gabon.
14:29Notre magie, si on veut le dire comme ça, c'est que nous avons réussi à amener le port à
14:35la mine.
14:36Qu'est-ce que je veux dire par là ?
14:38Le minier, celui qui produit du manganèse, ce manganèse doit être exporté.
14:46Alors, nous, puisque nous sommes une entreprise portuaire avec des actifs ferroviaires, nous allons chercher le manganèse à la mine.
14:53Et donc, nous offrons un service complet. Nous prenons le manganèse à la mine, nous le chargeons, nous l'évacuons
15:02vers Oveno.
15:02Directement dans les wagons.
15:03Dans les wagons, nous l'amenez au Oveno, nous le chargeons dans les nadirs et on amène au client tout
15:11le documentaire pour dire que, ben voilà, ton manganèse, il est parti.
15:15Donc, nous ne sommes pas un simple terminal portuaire. Nous sommes un acteur ferroviaire et doublé d'un acteur portuaire.
15:30D'accord. Alors, depuis 2021, selon les domaines communiqués par OMP, plus de la moitié du manganèse exporté par le
15:40Gabon transitent chez vous.
15:42Alors, avec de nouveaux projets miniers et l'arrivée de nouveaux opérateurs, disposez-vous aujourd'hui des capacités suffisantes pour
15:50absorber, voire augmenter l'importance plutôt des volumes ?
15:58Ou faudra-t-il peut-être changer d'échelle et faire appel à nos nouveaux investissements ?
16:05Nous sommes une société de service et notre service, c'est le service logistique.
16:09Et donc, en tant que société de service, nous sommes d'abord à l'écoute du client.
16:13Nous sommes à l'écoute de l'évolution du secteur minier.
16:18Et nous arrangeons, nous nous structurons pour prendre en charge les évolutions du secteur en suivant la dynamique du secteur
16:33minier.
16:33Donc, nous sommes à l'écoute, nous discutons avec nos clients pour connaître quels seraient les challenges de demain, quelle
16:42est la nature des produits qu'ils vont produire demain.
16:45Et y aura-t-il besoin d'un conditionnement particulier ? Quel volume ? À quel horizon ?
16:52Et donc, nous sommes dans ces discussions parce que nous devons apporter une réponse pertinente.
16:58Donc, il ne nous appartient pas de dire qu'on va augmenter le nombre d'actifs.
17:04Il faut déjà qu'on connaisse quelle sera la structure de transport de demain.
17:09Parce qu'il y a, je fais une digression, c'est juste pour montrer, il y a deux possibilités.
17:16La première possibilité, c'est de transformer le manganèse à la mine.
17:20La deuxième possibilité, c'est de le transformer au plus près des infrastructures portuaires.
17:28Donc, nous sommes aujourd'hui en contact avec nos clients qui nous expliquent tout ça.
17:35Et c'est sur la base de leurs besoins que nous allons structurer notre infrastructure portuaire et nos actifs ferroviaires
17:45pour pouvoir rendre le service qu'il faut à la nation.
17:48Ce qu'on parle de minéraux de manganèse, OMP a des clients miniers, certes, mais qui exploitent d'autres types
17:58de minéraux.
17:59Nous venons de signer un contrat de long terme, on va dire, de 15 ans, avec un opérateur minier qui
18:09va faire un autre type de minéraux que du manganèse dans les 15 prochaines années.
18:16Donc, nous sommes ouverts et nous sommes là, déjà, pour donner le message suivant à ceux qui veulent venir faire
18:24du minéraux au Gabon.
18:27Venez au Gabon, vous trouverez sur place un logisticien et vous allez pouvoir limiter vos investissements à la mine.
18:38Tout le reste sera pris en charge.
18:41Donc, de par notre position, nous contribuons également à l'attractivité du Gabon de ce point de vue.
18:47D'accord. La performance d'un port minéralier dépend nécessairement de la capacité du minéraux à parvenir jusqu'au terminal.
18:59Or, le transgabonais demeure confronté à des contraintes de capacité et à des incidents d'exploitation.
19:07Peut-on réellement augmenter fortement la production minière gabonaise sans parallèlement augmenter les capacités et la fiabilité du réseau ferroviaire
19:17?
19:20Vous le savez sans doute, puisque vous faites dans l'information que le gestionnaire d'infrastructures au Gabon, le transgabonais,
19:29a initié depuis quelque temps un programme, un programme de renouvellement, un programme de transformation de l'infrastructure gabonaise,
19:38C'est justement parce que les gestionnaires du chemin de fer, qui sont nos partenaires, connaissent les enjeux du futur
19:50et sont donc en train de se structurer également pour que le chemin de fer retrouve des capacités qui sont
19:58alignées avec les besoins de transport.
20:00Et donc, dans toute notre stratégie également de développement, lorsque nous disons que nous discutons avec nos clients,
20:11mais pas que, nous discutons avec l'ensemble des parties prenantes et le chemin de fer, l'entreprise qui gère
20:20le chemin de fer est une partie prenante très intéressée
20:25et avec lesquelles nous sommes en discussion. Et nous n'avons pas de doute au vu des projets qui sont
20:34menés.
20:35Et des investissements mobilisés.
20:36Et des investissements qui mobilisent aujourd'hui. Et je pense que tout ça, comment dire, s'agence.
20:46Et donc, nous serons au rendez-vous. Et nous savons que le chemin de fer également sera au rendez-vous.
20:54D'accord. Alors, OMP fait état de plus de 200 milliards de francs CFA investis dans la construction et le
21:07développement de son terminal.
21:09Pour le citoyen gabonais, comment les investissements réalisés par OMP se tradisent-ils concrètement en retombées économiques, sociales et territoriales
21:22?
21:23En d'autres termes, comment ce montant colossal est-il finalement perçu par, ou du moins impacte-t-il le
21:36gabonais ?
21:37Ce montant va impacter le gabonais et le gabonais à travers, premièrement, la valeur ajoutée que nous contribuons de créer
21:50pour nos clients.
21:51Parce qu'ils mettent du manganèse sur le marché mondial.
21:57Ça se mesure par les volumes que le gabon a aujourd'hui mis sur le marché.
22:03Et donc, tous ces volumes ont des retombées au niveau des ventes, au niveau de tous les impôts et taxes
22:12qui sont liés à cette activité aujourd'hui.
22:17Ce sont des investissements qui étaient nécessaires et ce sont des investissements sans lesquels le gabonais ne serait pas en
22:25train de produire, de transporter plus de 11 millions de tonnes de manganèse par an.
22:32Et donc, il faut aller regarder la contribution du manganèse dans le pays des gabonais pour voir réellement l'impact
22:41de ces investissements.
22:43Ok. Mais peut-être en matière de RSE aussi, parce que là, c'est un impact qui est beaucoup plus
22:49lié, enfin du moins, qui est à l'initiative de l'entreprise et qui impacte tout de suite le citoyen
22:57?
22:57Tout à fait. Nous avons des actions RSE structurées et d'ailleurs, nous sommes en partenariat avec un cabinet spécialisé
23:06en RSE qui nous aide à construire notre feuille de route.
23:09Et c'est cette feuille de route que nous déployons. Nous ne sommes pas là pour dire qu'on a
23:14fait ceci, mais on a des choses tangibles qui ont un impact réel.
23:19Je prendrai un seul exemple. On a construit une passerelle sur la voie express et vous comprenez qu'une telle
23:29infrastructure a un impact direct sur la réduction des risques d'accidents des Gabonais.
23:36Et donc, nous déployons notre feuille de route, mais également avec la consultation, la collaboration des autorités, dont la mairie
23:49de Vendô, au sein de laquelle, la circonstruction dans laquelle nous sommes installés.
23:58C'est des actions qui ont un impact réel et nous allons continuer selon la feuille de route qu'on
24:06s'est donnée sur les dix prochaines années.
24:09D'accord. Alors, le ralentissement du marché du manganèse en 2024 a mis à, on va dire ainsi, à rude
24:16épreuve plusieurs acteurs de la chaîne minière.
24:18Vous avez expliqué avoir choisi de poursuivre certains investissements plutôt que de vous inscrire uniquement dans une logique de réduction
24:28de coût.
24:30Alors, qu'est-ce que cette crise a révélé sur les forces, mais aussi sur les vulnérabilités du modèle économique
24:39de l'OMP ?
24:41Eh bien, effectivement, 2024 a été une année compliquée pour tout le monde, mais c'est dans le dur, justement,
24:53qu'on doit faire preuve de résilience, non seulement.
24:57Et nous, nous avons mis en place l'excellence opérationnelle pour travailler sur des opportunités d'amélioration qu'on pouvait
25:08mener pendant cette période.
25:10Et ça nous a très bien réussi.
25:14Et nous ne considérons pas la difficulté comme quelque chose de mauvais, mais la difficulté nous permet de remettre en
25:21question, de re-questionner tout ce que nous faisons.
25:25Et 2024 a été une très belle expérience.
25:29Effectivement, aucune entreprise ne peut vivre sans contrôler ses coûts.
25:37Qu'est-ce que j'ai envie de dire ?
25:40Ce que j'ai envie de dire, c'est que c'est si il était nécessaire, et il sera toujours
25:47nécessaire, parce que la seule chose qui est permanente dans une entreprise, c'est le changement.
25:52Il est toujours nécessaire pour une entreprise de s'adapter.
25:57Et ce que nous cultivons, c'est notre capacité à nous adapter rapidement.
26:03Nous travaillons sur l'agilité de nos process, mais pour travailler sur l'agilité de nos process, nous comptons sur
26:11la participation et sur les idées de nos talents.
26:18Je n'aime plus trop parler du personnel ou des ressources humaines, mais réellement de nos talents.
26:24Et aujourd'hui, au sortir de l'année 2025, la courbe s'est renversée et nous sommes fiers de ce
26:31que nous avons pu réaliser.
26:33Et je pense que tous nos clients également sont satisfaits parce qu'ils ont un meilleur service.
26:39Très bien. Alors, on va dire que les nouvelles autorités ont quand même, je veux dire, j'étais en gros
26:49pavé dans la mare.
26:50Pour ceux qui confèrent le secteur minier, parce qu'ils souhaitent désormais que le premier minéré que nous exportons, notamment
26:59le manganais, soit transformé localement dans quelques années.
27:02OMP est-il prêt au Gabon minier de demain ? C'est l'objet de notre troisième partie.
27:08Donc, le Gabon veut progressivement sortir d'un modèle reposant essentiellement sur l'extraction et l'exportation des matières premières
27:16pour aller davantage vers la transformation locale.
27:20Mais OMP a été historiquement construite pour transporter le minéré de la mine au navire.
27:30Alors, la transformation locale oblige-t-elle aujourd'hui OMP à repenser son modèle économique et logistique ?
27:39Je pense qu'on va le redire autrement. OMP va s'adapter aux besoins de transport. Et le besoin de
27:46transport, c'est qu'est-ce qu'il faut transporter, à quelle échelle, et dans combien de temps, et sous
27:52quel conditionnement.
27:53Il faut quand même dire, je pense qu'on peut rappeler plusieurs choses en ce qui concerne la transformation du
28:01manganèse.
28:02Il ne s'agit pas de transformer pour transformer. On doit transformer et s'assurer que le produit soit compétitif
28:09sur le marché.
28:11Or, qu'est-ce qui peut faire la différence entre un produit qui est transformé ici et un autre qui
28:17est transformé là-bas ?
28:18Ce qui peut faire la différence, ce sont les coûts logistiques. En général, dans des grands pays miniers, vous allez
28:25voir que les grandes usines de transformation sont à côté des ports.
28:31Et donc, si vous faites le même produit, celui qui est au port et vous qui êtes à l'intérieur
28:37à 600 km, votre produit, même s'il est bon, vous allez subir des coûts logistiques qui vont faire qu
28:43'ils ne soient pas compétitifs.
28:44C'est la première chose. Donc, a priori, on pourra penser, et c'est ce que ça montre, que la
28:49transformation ne va pas affecter OMP, premièrement, si les usines étaient construites près de Libreville.
28:56Ça veut dire qu'on continuera à descendre du manganèse. Deuxième hypothèse. La transformation se fait à l'intérieur. Ce
29:06qu'il faut savoir, c'est que, j'espère que je ne dis pas de bêtises,
29:11une tonne transformée, c'est entre 700 000 et 800 000 kilos d'intrants. Donc, on va dire une tonne
29:21pour une tonne, si vous voulez.
29:23Sensiblement, une tonne pour une tonne. Et donc, ça veut dire que si la transformation se fait plutôt à l
29:30'intérieur, il y a des intrants qui vont venir et qu'il va falloir acheminer là-bas.
29:38Donc, de ce point de vue non plus, on n'a pas... Mais, comme je l'ai dit tout à
29:44l'heure, nous discutons avec les industriels, les miniers,
29:48pour connaître quel type de produit va sortir de leur transformation, quel conditionnement est nécessaire pour pouvoir nous ajuster et
30:02investir, finalement,
30:04dans des actifs qui seront compatibles pour pouvoir transporter ces produits.
30:09Il y a une dernière chose que j'ajouterais, parce que les Japonais, il faut qu'ils... Quand on parle
30:17de ces choses-là, il leur faut beaucoup plus d'éléments.
30:19C'est que lorsque vous produisez à l'intérieur et que vous devez transporter, en dehors du coût logistique, il
30:27y a quand même des risques d'accident.
30:30Si vous perdez, je n'invente rien. On a souvent assisté à des déraillements de traîne manganèse.
30:38Donc, c'est du manganèse brut. Je veux dire, les pertes sont limitées.
30:43Mais perdre un produit qui a été transformé et une fois il est tombé à terre, il devient inutilisable.
30:49Donc, il y a quand même toute une réflexion que les miniers mènent également en prenant en compte l'ensemble
30:57des risques
30:58liés pas seulement à la production, mais également à le risque logistique qui pourrait leur faire perdre des biens.
31:08Donc, aujourd'hui, nous sommes en discussion, je vais le répéter, avec nos clients.
31:15Et nous allons faire les investissements qui seront requis pour pouvoir les satisfaire.
31:22D'accord. Alors, il y a une constatation qui est établie.
31:28C'est qu'il y a l'arrivée de nouveaux opérateurs, l'exploitation de nouveaux gisements et les ambitions industrielles
31:36affichées par l'État.
31:37Les volumes pourraient naturellement augmenter dans les prochaines années.
31:43que, finalement, le minerai soit transformé, semi-transformé ou pas du tout transformé.
31:49Est-ce qu'il existe des risques réels de saturation de la chaîne logistique minière ?
31:54Et si les investissements ferroviaires et portuaires ne suivent pas le même rythme ?
32:00Est-ce qu'on s'inquiète de ce que, finalement, le système se congestionne ?
32:07Est-ce qu'il n'y a pas tous les investissements nécessaires pour fluidifier la chaîne logistique ?
32:14Je pense que cette inquiétude n'est pas justifiée parce que si on suit bien ce que font les autorités
32:20gabonaises aujourd'hui,
32:21les autorités gabonaises sont conscientes de ce problème et c'est pour ça qu'il a été décidé.
32:26Je pense que c'est une annonce qui a été faite ou qui va être faite de construire un nouveau
32:30chemin de fer
32:31justement pour décongestionner le chemin de fer actuel.
32:38Je pense que ce développement minier est une opportunité, et je vois que les autorités l'ont saisi comme ça,
32:45comme une opportunité pour eux d'étendre le développement à l'intérieur du pays par l'extension du chemin de
32:53fer.
32:53Ce qui va désenclaver davantage le pays et va donner de la respiration, vous étiez en train de parler du
33:03chemin de fer transgabonais,
33:04va donner de la respiration au chemin de fer transgabonais.
33:09Je pense que les 1, 2, 3 chemins de fer vont cohabiter, chacun ayant son propre trafic.
33:18Donc, pour moi, il n'y a pas d'inquiétude de congestion du chemin de fer
33:25dès lors que la feuille de route du gouvernement est claire.
33:28Développer les mines, mais développer aussi des infrastructures ferroviaires alternatives ou complémentaires,
33:37on va plutôt dire comme ça.
33:38D'accord. Alors, lorsqu'une infrastructure concentre une partie importante des flux miniers d'un pays,
33:46elle devient nécessairement stratégique.
33:48Comment concilier les intérêts des investisseurs, ceux des opérateurs miniers
33:53et les exigences de souveraineté économique du Gabon sur les infrastructures et les ressources ?
34:00Alors, si vous pouviez me reformuler la question pour que je la comprenne bien.
34:05comment va-t-on réussir à concilier les intérêts des investisseurs, ceux des opérateurs miniers et les exigences de souveraineté
34:16économique du Gabon sur ces infrastructures et ces ressources ?
34:20Mais les investisseurs, ce sont les mêmes, quand vous parlez des investisseurs,
34:26des opérateurs miniers, tous sont les investisseurs.
34:30Il y en a qui ont investi dans la logistique ferroviaire, il y en a qui ont investi dans la
34:35mine.
34:36Et ils sont condamnés à travailler ensemble parce qu'en fait, tout le système se construit autour de ces entités.
34:48Et donc, c'est ce que nous faisons déjà, nous en tant qu'opérateurs logistiques, nous sommes à l'écoute
34:59des opérateurs miniers pour connaître les besoins.
35:04Et nous sommes également à l'écoute de la dynamique industrielle du Gabon et de, comment on peut dire, des
35:15incidences de cette dynamique sur notre propre activité.
35:21Et nous sommes prêts à nous ajuster pour pouvoir répondre aux besoins du Gabon.
35:30D'accord. Les dix dernières années ont permis d'installer OMP dans le paysage minier gabonais.
35:37Les dix prochaines années devront probablement répondre à des besoins beaucoup plus importants.
35:44Quelle est votre vision d'OMP à l'horizon 2036 en matière de capacité, de performance, de compétitivité et de
35:55durabilité ?
35:56Et de durabilité.
35:57Merci. Bien. La vision, elle est simple. Répondre aux besoins du client.
36:05Parce que ce sont nos clients qui nous font vivre et nous ne sommes là que pour les servir.
36:12Et donc la vision, elle est claire. Elle se construit avec les besoins de nos clients.
36:21Et elle va se matérialiser par une adaptation de nos infrastructures et de nos process pour pouvoir rationaliser et optimiser
36:35tout ce qui est notre contribution logistique.
36:42Donc OMP, je vais le redire autrement, OMP ne va pas rester garder le modèle qu'il a aujourd'hui
36:54si les impératifs de développement commandent de changer de modèle.
36:59Première chose. Mais OMP ne va pas changer de modèle si les impératifs de développement ne commandent pas de changer
37:10de modèle.
37:11Donc on va choisir une solution de sagesse et c'est pour cela que nous devons être à l'écoute
37:18de nos parties prenantes les plus intéressées, à savoir l'État.
37:22Qu'est-ce que l'État attend de nous ? Nos clients, qu'est-ce qu'ils attendent de nous
37:26?
37:27Voilà. Et notre infrastructure va forcément évoluer, mais dans quelle direction ? Dans la direction qui lui permette de satisfaire
37:37pleinement la demande de transport de nos clients.
37:40Voilà. Donc au final, satisfaire ces moyens, enfin, il faut que ces moyens de production soient capables de…
37:49De répondre à la demande des clients.
37:53D'accord. Alors, M. le directeur général, le Gabon ambitionne désormais de produire davantage, de diversifier son industrie minière,
38:03mais surtout de transformer une plus grande partie de ses ressources locales.
38:10Dans cette logique de transformation du modèle minier gabonais, quels défis logistiques devront donc être révélés au risque de vous
38:19répéter
38:19pour continuer finalement, je veux dire, à l'essor de ce secteur minier-là ?
38:26Quelles contributions OMP, au final, va apporter ?
38:32Alors, déjà, quand on… Oui, on a dit qu'on va transformer. Il y a une dynamique qui est là,
38:40c'est une dynamique de transformation
38:42qui nous impose de nous adapter. Ça, c'est la première chose. Aujourd'hui, nous ne sommes pas capables de
38:48vous dire avec précision
38:49quelle est la nature des investissements, puisqu'il faut savoir qu'il y a plusieurs produits qui peuvent être issus
39:01de la transformation du manganese.
39:03Donc, quand on dit que la transformation n'est pas monoproduit, elle peut avoir une variété de produits,
39:12et cette variété de produits présente des caractéristiques et des besoins de transport et de conditionnement spécifiques à chaque type
39:21de produit.
39:23Et donc, toute la discussion que nous avons aujourd'hui…
39:26On va passer du wagon minier au conteneur, par exemple, pour être plus clair, pour être plus imagé,
39:35pour permettre à ceux qui nous écoutent et nous regardent de comprendre ce qu'on entend par transformation, au final.
39:44Oui, mais il y a des produits transformés qui sont déjà transportés dans les wagons minéraliers.
39:53Vous savez que, pour ne pas le citer, vous savez qu'on a quand même une usine de transformation du
40:01manganese à Mouanda,
40:02depuis des années, qui fait de la transformation, et ce produit est transporté par les wagons minéraliers.
40:10Je veux dire qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre la transformation et l'utilisation.
40:15Tout dépend de la structure de transformation. Quel est le pourcentage ?
40:20Et cette structure de transformation elle-même, elle va dépendre des besoins du marché international.
40:26Parce que ces produits qui seront issus de nos usines,
40:31elles sont appelées à être utilisées ailleurs, dans la construction, dans la fabrication,
40:38dans l'aéronautique, dans plusieurs domaines.
40:41Et donc, c'est aussi la demande du marché international qui va structurer, comment dire,
40:50le modèle où les produits, soit en termes de qualité de produit, soit en termes de répartition,
40:58quel pourcentage de tel produit et quel autre pourcentage de tel produit.
41:03Tout ça, encore à l'étude, il est prématuré, aujourd'hui, de se prononcer de façon définitive sur ces questions.
41:11Parce que vous avez parlé, on ne va pas passer du wagon au conteneur,
41:19mais un wagon minéralier peut peut-être transporter aussi du produit en big bag.
41:23C'est un exemple.
41:26Mais nos industries minières sont suffisamment intelligentes pour ne pas mettre en route des produits
41:35qui ne trouveront pas preneurs sur le marché.
41:37C'est pour ça que je dis que tout cela est encore un peu trop tôt.
41:42La dynamique est salutaire.
41:44La mise en œuvre demande de dialoguer avec les besoins futurs des industries
41:50qui, eux, vont utiliser le produit transformé.
41:54Et c'est là que tout cela sera beaucoup plus clair.
41:57Et c'est pour ça que nous discutons, comme vous l'avez dit, pour ne pas me répéter,
42:01avec nos clients.
42:03En ce moment-là, nous saurons comment adapter nos actifs,
42:09à la fois ferroviaires et portuaires,
42:11pour pouvoir donner le service qui convient au type de produit qui nous seront confiés.
42:18M. Elanze, nous arrivons au terme de ce canapé rouge.
42:22Est-ce que vous avez un mot de fin à l'endroit de celles et ceux qui nous ont regardés
42:28?
42:29Le premier mot, ce sera d'abord à l'endroit de mes collègues,
42:34tous les travailleurs de OMP.
42:39Parce qu'aujourd'hui, si nous sommes mis en lumière, c'est grâce à leur travail.
42:44Donc, je voudrais les féliciter et les remercier pour le travail qu'ils font au quotidien
42:48pour le développement de notre pays.
42:50Et à l'endroit de, plus généralement, de ceux qui nous regardent aujourd'hui,
42:58qu'est-ce que je peux dire que vous découvrez peut-être pour la première fois OMP,
43:03OVINDO Minéral Port.
43:06OVINDO Minéral Port est un contributeur essentiel de l'économie gabonaise
43:11qui s'engage à soutenir nos clients et à s'inscrire dans la dynamique.
43:17Ce sera impulsé par les autorités en ce qui concerne le développement minier,
43:24qui est une société qui se veut citoyenne
43:28et qui va, de ce fait, continuer à mettre la mise en œuvre
43:33et à adapter sa feuille de route RSE
43:37pour pouvoir impacter les communautés qui interagissent avec nous.
43:44Et je voudrais les remercier pour avoir pris le temps de nous regarder
43:47en espérant qu'on ne les aura pas trop déçus par nos réponses.
43:50Merci Jean-Télésor et Lanzé.
43:53Merci d'avoir accepté notre invitation
43:56et d'avoir répondu aux questions de Gabon Media Time sur le canapé rouge.
44:01Nous avons discuté des dix premières années d'OVINDO Minéral Port,
44:05mais surtout des enjeux qui dépassent largement votre entreprise,
44:10la capacité logistique du Gabon à soutenir ses ambitions minières et industrielles.
44:15Car extraire davantage ne suffit pas.
44:17transformer localement ne pourra pas davantage rester une simple ambition.
44:23Il faudra transporter, stocker, traiter, achéminer
44:26dans des conditions suffisamment compétitives
44:29pour permettre à toute l'industrie de se développer.
44:32C'est probablement là que se jouera
44:35la partie de la prochaine décennie minière gabonaise.
44:39Merci à celles et ceux qui nous ont regardés.
44:43Cette émission est une discussion,
44:46un échange cordial avec nos invités.
44:48A bientôt pour un nouveau numéro
44:51du canapé rouge de Gabon Media Time.
44:55Sous-titrage Société Radio-Canada
44:58Sous-titrage Société Radio-Canada
45:06Sous-titrage Société Radio-Canada
45:09Sous-titrage Société Radio-Canada
45:12Sous-titrage Société Radio-Canada