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  • il y a 18 minutes
Pascale Baussant est l'invitée de SMART IMPACT. Fondatrice de Baussant Conseil, un cabinet de gestion de patrimoine engagé sur l’investissement responsable, publie un livre témoignage sur la mort de son fils, atteint d’une maladie dégénérative incurable.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact c'est Pascale Bossan, bonjour, bienvenue, vous êtes la fondatrice de Bossan Conseil, c
00:12'est un cabinet de gestion de patrimoine engagé sur l'investissement responsable, vous avez également été la présidente de 1
00:17% Force de Planète France et vous publiez Y croire, livre publié aux éditions EMS, c'est un livre témoignage
00:24sur la mort de votre fils Benjamin,
00:26et il était atteint d'une maladie dégénérative incurable, de quoi il souffrait Benjamin ?
00:31En fait, il y a 12 ans, alors nous on a eu 3 garçons, Benjamin c'était le petit dernier,
00:36il y a 12 ans on a appris, on a compris qu'il était effectivement atteint d'une locodystrophie,
00:41donc une locodystrophie c'est une maladie grave, relativement rare, qui est bien dégénérative et évolutive, c'est-à-dire
00:49qu'en fait toutes les fonctions se coupent au fur et à mesure,
00:51donc Benjamin a perdu la marche, la propreté, la parole, donc ça a été un chemin de croix pendant 10
00:57ans, et Benjamin est décédé il y a 2 ans,
01:01et j'ai eu envie de raconter notre chemin pour lui rendre hommage et aussi pour parler de résilience.
01:09Effectivement, c'est le cœur de ce livre, y croire, croire en quoi ? Précisément quand tout vacille, quand la
01:16perte d'un enfant c'est pas réparable, donc croire en quoi ?
01:20Oui, alors en fait ce titre c'est ma devise depuis longtemps, je raconte dans le livre qu'elle est
01:26accrochée derrière mon lit,
01:27parce que c'est vrai que moi j'ai eu souvent l'occasion, même à titre professionnel, des occasions de
01:33devoir être résiliente,
01:37notamment au moment de la création de mon entreprise, où mon cabinet précédent avait déposé le bilan,
01:42et donc au moment par exemple de la création de mon cabinet, personne n'y croyait sauf moi,
01:48et donc y croire c'est vraiment le fait de ne pas lâcher, de s'accrocher, quoi qu'il arrive,
01:54et surtout de continuer son chemin, après on peut le prendre au second degré aussi,
01:58qu'est-ce qu'il y a après la mort, l'au-delà, je pose ces questions peut-être de
02:03manière un peu naïve,
02:04mais en tout cas avec beaucoup d'humilité.
02:06Est-ce que cette épreuve a changé votre rapport, je sais pas, à l'incertitude, à la prise de décision,
02:14au risque peut-être ?
02:16En fait, c'est une bonne question, c'est vrai qu'on nous a souvent dit finalement,
02:22cette maladie grave fait que vous allez sans doute tout relativiser,
02:25et en fait non, je pense qu'au contraire il ne faut pas lâcher,
02:29il faut au contraire tenir bon sur des sujets importants, sinon plus rien n'a d'importance,
02:36donc c'est au contraire important de continuer de s'accrocher,
02:42et donc par rapport au risque, je pense que j'ai continué de prendre des risques,
02:45et ça fait peut-être partie de mon ADN aussi,
02:48mais je pense que c'est important de se mettre un peu en danger régulièrement,
02:52de se challenger, de se pousser aussi, et pour continuer d'avancer.
02:55Et à continuer à avancer, même lorsqu'on n'a pas, ou peu, ou plus de certitude.
03:00Est-ce que ce n'est pas de certitude, est-ce que ce n'est pas une définition de l
03:02'entreprenariat ça ?
03:07Certainement, je crois que l'entreprenariat c'est aussi l'envie de se bousculer un peu,
03:13et d'aller vers l'inconnu, et puis de se donner du mal.
03:18Le travail, c'est une question très perso, mais est-ce que le travail a été une béquille aussi pour
03:23vous ?
03:23Absolument, ça a clairement été une bouée de sauvetage.
03:27D'ailleurs, je le raconte dans le livre, c'est vraiment la première chose qu'on nous a proposée
03:30lorsqu'on nous a annoncé la maladie de Benjamin, de notre fils,
03:33on nous a proposé de nous arrêter de travailler en tant qu'aidant,
03:37ou de moins travailler, parce qu'on aurait pu bénéficier d'aide.
03:41Mon mari aussi, on a absolument refusé, et heureusement d'abord parce qu'on voulait montrer l'exemple,
03:46pour le travail c'est important, on voulait montrer l'exemple pour nos deux grands garçons,
03:52et aussi parce qu'on s'est dit que c'est un moyen de s'accrocher, de continuer,
03:55parce qu'en fait, il fallait tenir sur le temps long,
03:58et heureusement, on a continué notre travail en s'adaptant lorsque c'était nécessaire,
04:03en prenant le temps, en allégeant nos agendas lorsqu'il le fallait,
04:06mais en tout cas, on n'a jamais lâché notre travail, et on continue avec beaucoup de plaisir.
04:10Alors justement, ce cabinet de gestion de patrimoine que vous avez créé,
04:15qui porte votre nom, avec un engagement dans l'investissement responsable,
04:23depuis le début, ou alors c'est une découverte récente ?
04:26Alors, en fait, moi j'ai créé mon cabinet il y a à peu près 25 ans,
04:30c'est vrai qu'il porte mon nom, c'était le conseil d'un client au départ,
04:33clairement on annonce que c'est un cabinet finalement avec un ADN familial,
04:37et c'est vrai qu'aujourd'hui j'ai ouvert une fille à la Lille avec mon beau-frère,
04:40mon fils aîné se dirige vers ce métier, donc l'ADN familial, moi c'est vrai que c'est quelque
04:44chose
04:44que peut-être je pressentais en tout cas qui me plaît,
04:47et puis ensuite le sujet de l'investissement responsable,
04:52clairement il est arrivé avec la maladie de Benjamin, avec la maladie de notre fils en fait,
04:57donc c'était il y a 12 ans, finalement lorsqu'on nous a appris cette maladie qui était incurable,
05:01on s'est dit, enfin je me suis dit, bon ben là de ce côté-là je ne peux rien
05:05faire,
05:05et donc qu'est-ce que je peux faire, où est-ce que je peux me rendre utile,
05:07et je n'étais pas forcément consciente au début, mais avec le recul,
05:12clairement ça a été le déclencheur de deux choses,
05:15à la fois finalement de la transformation de notre offre,
05:19finalement qu'est-ce que l'investissement responsable,
05:21est-ce qu'on peut diffuser cette catégorie d'investissement auprès de nos clients,
05:25on a publié des livres blancs, on a beaucoup pris la parole sur ces sujets-là,
05:30et puis aussi une démarche RSE en interne,
05:33c'est-à-dire qu'est-ce qu'on peut faire aussi pour faire notre part,
05:35et c'est là où on s'est beaucoup engagé, notamment avec le collectif 1% pour la planète.
05:40Effectivement, vous avez été président de 9% pour la planète France,
05:43à quel moment vous vous êtes dit, on ne peut plus dissocier performance financière et impact,
05:48et surtout vos clients se le sont dit,
05:50ou est-ce qu'il faut encore les convaincre, un peu évangéliser ?
05:53Oui, je crois qu'il y a encore beaucoup de pédagogie à faire,
05:56il y a vraiment une confusion entre investissement responsable et philanthropie,
06:00déjà, ce n'est pas la même chose,
06:01l'investissement responsable on cherche quand même à avoir une performance,
06:04alors peut-être pas autant que l'investissement traditionnel,
06:06mais on recherche quand même à avoir une certaine rentabilité,
06:13et puis...
06:13Donc il faut les convaincre encore ?
06:15Il faut tendre la perche,
06:16oui, oui, oui, il faut tendre la perche,
06:18montrer que ça existe,
06:19montrer que finalement ça peut être des solutions d'investissement
06:21destinées au grand public et pas réservées à une minorité,
06:25donc oui, il y a encore beaucoup de travail de pédagogie,
06:28c'est vrai que clairement on est dans un contexte où on a un retour de balancier,
06:32l'investissement responsable intéresse moins,
06:34les défis climatiques et environnementaux,
06:37bon, comment dire, oui,
06:40passent au second plan aujourd'hui.
06:42Le mouvement de backlash, de retour en arrière.
06:44C'est ça, et d'où l'importance de garder ses engagements dans ces périodes-là.
06:50C'est un peu plus difficile, donc, si je vous entends bien.
06:51C'est un peu plus difficile, effectivement,
06:53mais je crois que c'est important de garder ses convictions.
06:56Et vous, celles et ceux qui travaillent avec vous,
06:59est-ce que ça change, est-ce que ça donne un sens un peu différent à leur job ?
07:01Je pense, je l'espère.
07:03Vous le disent ?
07:04Écoutez, je le ressens, je le ressens.
07:08Par exemple, les Rencontres pour la Planète,
07:09qui est le grand rendez-vous de la philanthropie environnementale,
07:12qui ont lieu d'ailleurs chaque année en octobre,
07:15eh bien, voilà, ils viennent avec moi,
07:18on choisit les associations qu'on va soutenir.
07:21Oui, je pense que c'est vraiment un supplément d'âme qui compte.
07:24Un dernier mot concernant votre livre « Y croire »,
07:27publié aux éditions EMS,
07:29avec l'idée d'aider une association, c'est ça aussi, en achetant ce livre ?
07:34Oui, absolument.
07:35Alors, merci déjà à l'éditeur qui a choisi de porter ce projet,
07:41qui a fait en sorte que le livre ne coûte pas très cher,
07:44il coûte 12 euros.
07:45La totalité de mes droits d'auteur vont être reversés à ELA.
07:48ELA, c'est l'association européenne contre les leco-dystrophies,
07:51qui a deux missions.
07:52La première mission, c'est d'aider les familles,
07:54et la deuxième mission, eh bien, c'est d'accompagner,
07:56de financer la recherche qui en a bien besoin.
08:00Et donc, en achetant ce livre, eh bien, on fait une bonne action,
08:04on soutient l'association ELA.
08:05Ça permet de connaître, de faire connaître cette maladie
08:09et de soutenir cette association qui fait un travail formidable
08:11depuis plus de 30 ans.
08:12Merci beaucoup, Pascal Bossan.
08:14Y croire, donc, publié aux éditions EMS,
08:17un moyen de soutenir l'association.
08:20Et là, je vous dis à bientôt sur l'antenne de Bsmart for Change.
08:23On passe à notre débat,
08:24comment accélérer l'industrialisation,
08:27l'électrification de notre industrie.
08:28Sous-titrage Société Radio-Canada

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