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Il y a un an, Édouard Philippe appelait Emmanuel Macron à organiser une élection présidentielle anticipée. Un conseil balayé à l'époque, mais que le chef de l'État aurait mieux fait de suivre. Face au chaos politique, social et financier actuel, cette sortie honorable lui aurait évité une fin de règne crépusculaire. En précipitant le scrutin en 2025, le président aurait pu préserver son bilan, sauver la réforme des retraites et partir sur un succès diplomatique avec la coalition pour l'Ukraine. Aujourd'hui, un départ sous la pression des émeutes et des marchés frôlerait la crise de régime.

Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi.

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Transcription
00:01Avec vous Étienne Gernel, directeur du Point, le 7 octobre 2025, il y a un an donc,
00:07Edouard Philippe prononçait ses mots, c'était sur RTL.
00:09Aujourd'hui, l'État n'est plus tenu et il me semble qu'il s'honorerait si par exemple
00:14il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, c'est une façon de faire.
00:19Il doit aujourd'hui prendre la décision qui est à la hauteur de sa fonction.
00:23L'ex-premier ministre d'Emmanuel Macron appelait le chef de l'État à quitter l'Élysée
00:28après l'adoption d'un budget pour organiser une présidentielle anticipée, sortir de la crise.
00:32Et vous nous dites ce matin, Étienne, qu'Emmanuel Macron aurait mieux fait de l'écouter.
00:37Oui, alors le président et son entourage ne l'ont pas bien pris à l'époque,
00:41mais le chaos actuel montre que ça n'était pas absurde et que c'était peut-être même dans son
00:48intérêt à lui.
00:49Et d'abord, premier bénéfice pour Emmanuel Macron, il se serait épargné le calvaire des six mois
00:55qui nous séparent de la présidentielle et qui s'annonce pénible pour tout le monde, dont lui.
00:59Le président devient une sorte de boule de flipper aujourd'hui,
01:02un balotté entre les crises sociales, sécuritaires et financières.
01:06Des crises d'ailleurs qui s'entretiennent les unes les autres.
01:09Regardez l'effet des émeutes.
01:10Le taux des emprunts de l'État français à 10 ans ont franchi le seuil psychologique des 5% hier.
01:15C'est catastrophique.
01:16Et on voit mal comment ça va s'arranger avec un budget politiquement introuvable.
01:21C'est une fin de règne quasi crépusculaire qui se profile pour le président.
01:25Et par ailleurs, par ailleurs, anticiper son départ lui aurait peut-être permis de préserver mieux son bilan.
01:31C'est le deuxième avantage pour lui.
01:32En quoi cela aurait préservé son bilan, Étienne ?
01:34Il aurait pu éviter de sacrifier la seule réforme d'ampleur de son deuxième mandat, la réforme des retraites.
01:41Si cette réforme a été suspendue, souvenez-vous, c'est pour obtenir des socialistes
01:45qu'il ne censure pas le gouvernement, donc pour mettre fin à l'instabilité gouvernementale,
01:51ce qui lui est offert à lui aussi un petit peu de répit.
01:55L'organisation l'an dernier d'une présidentielle anticipée aurait pu éviter ce sacrifice
01:59puisqu'au fond, la question des retraites aurait été tranchée par l'élection elle-même.
02:04Et puis, c'est mon troisième point, c'était rétrospectivement, on peut le dire, le dernier moment pour le faire.
02:10Donc ça veut dire que maintenant, il ne faudrait plus avancer l'élection, c'est trop tard ?
02:13Surtout pas, surtout pas. Aujourd'hui, avec les émeutes, avec le chaos,
02:17ce serait non seulement une désertion, pour reprendre une formule de Benoît Payan, le maire de Marseille,
02:22mais ce serait peut-être même une crise de régime.
02:24Alors, on entend certaines voix, comme par exemple David Lissnard,
02:27qui n'exclut pas l'hypothèse d'une présidentielle anticipée,
02:30mais franchement, une éviction sous la pression, aujourd'hui, ce serait catastrophique.
02:34En septembre 2025, Emmanuel Macron pouvait encore partir, proprement,
02:39dans un geste presque gaullien, et partir, par ailleurs, sur un vrai succès,
02:44une vraie réussite, la coalition des volontaires pour aider l'Ukraine,
02:47qui est quand même apportée à son crédit.
02:50Mais, à sa décharge, Emmanuel Macron, disons-le, cette décision,
02:53qu'elle est difficile à prendre, on pense à ces vers sublimes d'un poème fameux,
02:58le voyage de Charles Baudelaire, que je vous cite,
03:00« Faut-il partir ? Rester ! Si tu peux rester, reste !
03:04Pars ! S'il le faut ! L'un court, et l'autre se tapit ! »
03:09C'est beau Baudelaire !
03:10C'est magnifique, c'est sublime !
03:11C'est presque aussi beau que du Édouard Philippe !
03:14Je vous la laisse...
03:15...

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