00:00Avec Anthony Morel. Alors Anthony, à l'occasion d'Octobre Rose, on s'intéresse aux innovations pour mieux lutter contre
00:05le cancer du sein.
00:06Et dans ce domaine, les progrès scientifiques et technologiques sont absolument remarquables, même porteurs de promesses.
00:12La France est en pointe dans ce domaine.
00:15Oui, absolument. Et il faut rappeler que le cancer du sein, c'est une maladie qui se soigne relativement bien,
00:21évidemment, si elle est prise suffisamment tôt, à la condition qu'elle soit prise suffisamment tôt,
00:259 cas sur 10 de guérison dans ces cas-là.
00:26Alors évidemment, pour ça, il faut faire du dépistage, il faut faire de la prévention.
00:30On a les mammographies qui, d'après ce que j'entends, n'est pas l'examen le plus agréable du
00:34monde.
00:35Et il y a des alternatives ou plutôt des compléments qui commencent à arriver ou qui vont commencer parce qu
00:40'on est en phase expérimentale.
00:41On va notamment travailler sur des nez électroniques capables de détecter le cancer du sein.
00:46Un nez électronique qui reproduit en fait la truffe des chiens.
00:50Je ne sais pas si vous savez, mais depuis quelques années, on utilise maintenant dans les hôpitaux des chiens
00:54qui viennent renifler des compresses qui sont portées par les patientes.
00:57En fait, on s'est rendu compte que les tumeurs avaient une odeur.
01:00Quand je dis une odeur, c'est un composé organique volatile qui sont une sorte de signature olfactive du cancer.
01:06Et à partir de ça, on va pouvoir déterminer qu'une personne est malade ou pas.
01:10Donc aujourd'hui, on fait renifler par des chiens.
01:11Il y a des tests qui ont été réalisés, notamment une étude qui s'appelle K-Dog par l'Institut
01:15Curie.
01:15Le problème, c'est que ce n'est pas complètement fiable, que les chiens, il faut les entraîner.
01:19C'est compliqué.
01:20Et donc l'idée, ce serait de reproduire ça sous forme électronique.
01:23C'est-à-dire de reproduire toutes les capacités extraordinaires de la truffe d'un chien
01:27qui est beaucoup plus efficace que le nez humain, de coupler ça avec de l'intelligence artificielle
01:32et d'être capable, à partir de ça, d'avoir un petit dispositif qui pourrait renifler, si l'on peut
01:37dire,
01:37les patientes pour pouvoir détecter la présence de la maladie extraordinaire.
01:41Ça permettrait d'avoir des dépistages de masse qui seraient beaucoup moins invasifs, probablement beaucoup moins coûteux également.
01:47Et une technologie d'ailleurs qui pourrait se décliner sous plein d'autres formes.
01:49On pourrait s'en servir également dans les aéroports pour détecter la présence d'explosifs.
01:53Par exemple, il y a plein de cas d'usage pour ces nez électroniques.
01:57Et puis une fois détecté, il y a la phase de soins, là la radiothérapie notamment.
02:02Et là encore des révolutions qui sont en cours.
02:04Oui, alors pas seulement pour le cancer du sein d'ailleurs.
02:06Il faut savoir qu'il y a deux patients sur trois atteints d'un cancer qui vont subir de la
02:10radiothérapie.
02:11Donc on délivre des rayonnements ionisants qui vont venir détruire les cellules cancéreuses.
02:15Là, jusqu'ici, la radiothérapie, c'est assez compliqué.
02:19C'est-à-dire qu'il faut faire plusieurs séances, voire plusieurs dizaines de séances.
02:22C'est fastidieux, c'est fatigant.
02:24On a inventé en France, en 2014, l'effet flash.
02:28L'effet flash, c'est quoi ?
02:29C'est le fait d'utiliser le même principe que la radiothérapie, mais de manière beaucoup plus intense.
02:34En gros, on va délivrer des rayons qui ont une quantité de radiation 1000 à 10 000 fois supérieure.
02:40Mais sur une durée de quelques millisecondes.
02:42Ça dure vraiment très peu de temps.
02:44C'est extrêmement concentré.
02:46Et ça, c'est un énorme avantage.
02:48C'est-à-dire que c'est aussi efficace, visiblement, que les séances de radiothérapie longues.
02:52Sauf que là, on le fait vraiment en une fraction de seconde.
02:54La deuxième chose, c'est que ça permet d'épargner les tissus sains qui, d'habitude, avec la radiothérapie classique,
02:59vont être abîmés.
03:01Là encore, on est en phase expérimentale.
03:03Ça va commencer à être testé à partir de l'année prochaine.
03:05C'est des Français qui travaillent sur le sujet.
03:08L'Institut Curie, qui s'est allié au groupe Thalès, qui travaille sur ce sujet-là.
03:11Mais ça pourrait permettre de révolutionner le soin des patients en ayant des séances de radiothérapie qui durent infiniment moins
03:18longtemps que celles qu'on connaît aujourd'hui.
03:19Qui pourraient peut-être moins brûler aussi les patients.
03:23Alors après le dépistage et le traitement, il y a une troisième étape qui est essentielle pour certaines patients.
03:27C'est la reconstruction mammaire.
03:29Alors là aussi, il y a des nouvelles technologies qui pourraient complètement changer la donne.
03:33Oui, c'est un sujet qui est toujours très délicat.
03:35C'est-à-dire repasser sur la table d'opération.
03:36Il y a un effet psychologique aussi qui est très compliqué.
03:38Là aussi, innovation française d'une entreprise qui s'appelle Lattice Medical, startup lilloise, qui travaille sur des bioprothèses mammaires.
03:46En gros, on va utiliser un implant imprimé en 3D qui ressemble à une sorte de grille qu'on va
03:50venir implanter sous la peau.
03:51Et qui va servir de support.
03:53On va y installer les propres tissus de la patiente qui vont venir se régénérer autour de cette grille.
03:59Et à la fin, l'appelant va se résorber naturellement.
04:02En gros, les tissus vont repousser autour de cet implant de manière complètement naturelle.
04:06Là encore, on est en phase d'expérimentation.
04:08Mais ce serait une promesse extraordinaire pour toutes les patientes qui doivent se faire reconstruire le sein après la maladie.
04:15On évacue le risque de rejet aussi.
04:17Exactement.
04:18Par rapport aux prothèses de crise.
04:19De ce genre.
04:21Merci beaucoup Anthony Morel.
04:23Merci.
04:23Merci.