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  • il y a 8 minutes
Comment l'information est-elle traitée, vérifiée, choisie ?

Le journalisme est en pleine mutation. Réseaux sociaux, défiance, fausses informations, irruption de l’intelligence artificielle dans les rédactions, défis des médias locaux… Autant de bouleversements qui interrogent la façon dont l’information se fabrique, se diffuse et se consomme.

Les Amphis de l’info, c’est une invitation à entrer dans les coulisses. À poser les questions qui dérangent. À comprendre les choix, les contraintes, les doutes de celles et ceux qui font l’information au quotidien.

Découvrez dans cette vidéo l'intervention de Bruce de Galzain (Radio Ici Occitanie) et Nicolas Albrand (France Télévisions / Ici Midi-Pyrénées), lors de la séquence « L’information locale à l’heure de l’IA ».

Une initiative du Monde, en partenariat avec France Télévisions et le réseau des radios Ici.

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Transcription
00:06C'est le Covid qui m'a donné moins envie de faire du journalisme de proximité.
00:12J'étais à Naples, j'avais beaucoup de reportages, et à Naples j'ai compris,
00:18au-delà des difficultés pour les journalistes de manière globale et pour les scientifiques,
00:24de couvrir cette pandémie, et j'ai surtout saisi que c'était le lien social qui avait pris un coup
00:31colossal.
00:32Et à Naples, on a inventé ce qu'on appelle les paniers solidaires.
00:37Parce qu'à Naples, l'État n'est pas là, ou en tout cas à cette époque-là n'était
00:42plus là.
00:43Les Caritas, c'est-à-dire les Restos du Coeur, n'étaient plus en place non plus.
00:47La seule manière de se nourrir, c'était de manger, pour ceux qui n'avaient rien,
00:52dans ce qu'on appelle donc les paniers solidaires.
00:54Les paniers solidaires sont des paniers, même dans les palais napolitains,
00:58qui étaient descendus avec des cordes jusque dans les ruelles.
01:02Ceux qui peuvent mettaient, en italien, ça se disait comme ça,
01:06et ceux qui ne pouvaient pas prenaient.
01:09Donc ceux qui avaient un peu d'argent mettaient des conserves, mettaient de la viande,
01:11et ceux qui ne pouvaient plus manger venaient se servir dans ce qu'on appelle ces paniers solidaires.
01:17Donc moi je me suis rendu compte à ce moment-là que vraiment c'était le lien social qui avait
01:20du sens.
01:20Et c'est pour ça que j'ai voulu faire de l'information de proximité.
01:25Et le lien social, c'est ce qui fait de nous des médias peut-être plus originaux,
01:31en tout cas, que les médias nationaux.
01:33Et c'est ce qui fonctionne dans la population française,
01:37parce qu'on accorde davantage de crédibilité aujourd'hui aux médias locaux qu'aux médias globales.
01:45C'est plus compliqué peut-être de faire confiance à un média pas traditionnel, certes,
01:51mais quand on a un attentat qu'on ne peut pas vérifier en Iran,
01:54alors qu'à côté de chez vous, s'il y a deux morts à la gare Matabio,
01:58on a peut-être plus de facilité à croire à ça.
02:02Je veux insister sur cette notion de crédibilité pour les médias locaux,
02:05avec une étude qui a été publiée il n'y a pas longtemps,
02:08qui fait écho à mon propos, par la Fondation Georges Haurès.
02:11Il y a 10 000 Français qui sont sondés quand même dans cette étude.
02:1487% de ceux qui consomment assidûment les médias locaux,
02:18France Télévisions, France 3, ici, la PQR, la presse quotidienne régionale,
02:2387% votent.
02:25Donc il y a un lien réel entre celui qui consomme du média local
02:29et celui qui s'investit dans la vie citoyenne.
02:33Cette étude qualitative est partie d'un constat,
02:37d'un précédent qui est le précédent américain,
02:40avec là aussi des chiffres hallucinants.
02:41En moins de 20 ans, un quart des journaux américains ont disparu.
02:45Un quart, en moins de 20 ans, des journaux américains.
02:47Aujourd'hui, il y a 20% à l'Américain sur 5
02:50qui vit dans une zone que l'on appelle de sous-information.
02:53Ça veut dire qu'à partir du moment où il y a moins de médias locaux
02:57qui racontent ce qui se passe à côté de chez vous,
02:59il y a plus facilement une propagation des fausses informations.
03:02Il y a ce que l'on connaît tous par cœur,
03:05la polarisation des débats sur les réseaux sociaux,
03:08où c'est compliqué d'être dans la nuance.
03:10Et sans faire aucune politique,
03:14le deuxième mandat de Donald Trump a été marqué assez rapidement
03:20par, pas uniquement des menaces,
03:22mais de réelles baisses de dotations, de financements
03:24sur l'audiovisuel public.
03:26Il y a plusieurs centaines de télévisions et de radio locales
03:30qui ont dû fermer.
03:31Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a un enjeu
03:35clairement défini entre le fait qu'il y ait moins de médias locaux
03:40et le fait qu'il y ait moins de participation électorale.
03:43Le repli vers les réseaux sociaux, je le redis,
03:46on a une information qui est beaucoup plus vite polarisée.
03:52La disparition progressive de ces médias locaux
03:53peut fragiliser le débat public.
03:56Et c'est pour ça que ça a du sens aujourd'hui
03:57d'utiliser les débats locaux.
03:59Je souscris à tout ce que tu dis
04:00parce que l'information de proximité, c'est un choix.
04:03Pour nous, ça a été un choix de carrière,
04:04même si tu as navigué sous d'autres horizons auparavant.
04:07En tout cas, il y a un sondage qui date de fin 2025
04:10qui disait qu'un sondage IFOP, c'est un baromètre.
04:1378% des Français font confiance à l'info régionale
04:16de France Télé pour s'informer.
04:17Ce qui est essentiel sur cette notion de crédibilité
04:21pour nous, c'est qu'on est effectivement
04:22à médias de proximité.
04:23C'est-à-dire qu'en fait, on est là aujourd'hui,
04:25on est là demain et on sera là encore après-demain.
04:28Donc, ça paraît quand même difficile de duper,
04:30de tromper notre public qu'on va croiser tous les jours.
04:33Et ça, c'est quelque chose qui est important.
04:34Alors, comment on fait ?
04:36En fait, ça passe par encore plus de proximité.
04:38Il y a une bonne nouvelle pour France 3 Occitanie
04:41qui date d'il y a un mois,
04:42à l'heure où il y a beaucoup de choses qui ferment.
04:44Nous, on a ouvert un nouveau bureau à Hoche, dans le Gers.
04:47Donc, c'était un vrai choix.
04:48C'est une implantation locale.
04:49Ça peut paraître modeste parce que ce sont deux journalistes,
04:52un JRI, un cameraman pour les non-initiés,
04:55et une journaliste.
04:56Mais c'est très, très important.
04:58Et on continue cette implantation.
04:59Donc, on couvre les 13 départements.
05:01Il y a deux grosses implantations.
05:03Je vous le fais court, Toulouse et Montpellier.
05:04et des infos, des journaux télé, des magazines, du web.
05:10Du web et le numérique, c'est important.
05:13France Télé a priorisé les investissements sur le numérique pour 2026.
05:19On a un public qui est fidèle par rapport à cette notion de crédibilité,
05:22qui est un petit peu vieillissant pour la télé.
05:25Donc, on développe beaucoup, beaucoup, beaucoup le numérique,
05:27c'est-à-dire les réseaux sociaux, le site web.
05:30Mais pas seulement pour un public jeune,
05:32parce qu'il y a aussi des seniors, des moins jeunes,
05:35qui sont très, très connectés là-dessus.
05:37Ça marche très bien.
05:39Le site web de France 3 Occitanie,
05:41pour vous donner deux chiffres,
05:42c'est 11 millions de visiteurs le mois dernier.
05:44Et pour dimanche, pour le premier tour des municipales,
05:49ça a été 1,2 million de visiteurs sur la journée de dimanche,
05:53rien que pour l'Occitanie.
05:54Mes camarades du service de documentation s'étaient amusés
05:57à faire mouliner dans le tchat GPT des infos sur l'affaire Jubilard.
06:01Vous connaissez l'affaire Jubilard ?
06:03Donc, la condamnation de Cédric Jubilard il y a quelques mois ici,
06:06la disparition de sa femme Delphine,
06:07une affaire sans cadavre, etc.
06:09Ils ont tout mis dans le tchat GPT,
06:12des articles de presse, des infos, etc.
06:14Ça a mouliné.
06:14Alors, ça mouline très vite, en quelques secondes, quelques minutes.
06:17Et il en est ressorti que c'était Delphine Jubilard
06:19qui était coupable, qui avait été condamnée
06:22et qui était responsable de la disparition de son mari Cédric.
06:25Donc, voilà.
06:26Bon, prudence, prudence, prudence.
06:28Voilà.
06:30Donc, oui, l'IA, nous, on s'en sert.
06:32Mais je pense qu'on est encore dans le début du commencement.
06:35On s'en sert pour vérifier des informations.
06:38On fait très attention.
06:39On travaille beaucoup sur Perplexity aussi,
06:41qui source davantage peut-être ces informations.
06:44Ce n'est pas forcément un gain de temps
06:46parce qu'il faut quand même recouper.
06:47Il faut quand même repasser derrière.
06:49Mais encore une fois, je pense que la technologie évoluera.
06:54Tout n'est pas forcément adapté à nos métiers
06:56parce que c'est plus conçu comme une sorte d'agrégateur de contenu.
07:00C'est-à-dire que ça peut être intéressant
07:01si on vient synthétiser un rapport pour gagner du temps
07:04et lire les 100 pages en quelques secondes.
07:06Mais ce n'est pas vraiment un moteur de recherche au départ.
07:08Ça n'a pas été forcément conçu pour ça.
07:10En tout cas, il faut vraiment faire énormément de questionnements,
07:14de promptes pour arriver à ce qu'on veut.
07:16Voilà.
07:17Les réseaux sociaux.
07:18Les réseaux sociaux, on y est comme toi,
07:22pour ici Occitanie, pour la radio.
07:23On est sur tous les réseaux.
07:24Ça permet de valoriser nos contenus,
07:26de faire des contenus spécifiques.
07:29Et je finirai en disant qu'on développe beaucoup,
07:31à côté de la télé et du site web,
07:34les vidéos verticales sur tous les sites.
07:37C'est une nouvelle écriture.
07:38Et ça marche aussi très bien.
07:40Par exemple, pour donner un autre chiffre,
07:42une vidéo verticale France-Tro-Occitanie
07:44sur Edon, l'Aude, le département de l'Aude,
07:46après les incendies de l'été,
07:48récemment a fait un million de vues.
07:50Donc, c'est quelque chose avec deux personnes
07:52ou une personne ennemie qui marche aussi très bien
07:55en parallèle de la télévision.
07:57Quel usage de l'IA ?
07:59J'insiste sur la prudence.
08:01On a évoqué les chartes.
08:02On a chacun une charte.
08:03France Télé, une charte.
08:04Radio France, une charte.
08:06Évolutive, bien entendu.
08:09Pourquoi ?
08:09Parce que certains journalistes ont plus de prudence
08:13que d'autres.
08:13Déjà, ça, c'est une certitude.
08:15Et aujourd'hui, on se sert de l'IA pour résumer.
08:17Et notamment en radio,
08:18lorsqu'on a deux heures d'émission de radio,
08:19de 9h à 11h, par exemple,
08:22avec un très bon prompt,
08:23l'IA nous fait un résumé en deux minutes
08:27qu'on ne mettra jamais à l'antenne.
08:29Jamais.
08:31Cinq propositions seront faites.
08:32Cinq titres.
08:33Cinq chapeaux.
08:34C'est des paroles qu'on comprend bien.
08:39Cinq titres, cinq chapeaux.
08:39Cinq contenus.
08:41Et après, c'est au journaliste
08:42ou à l'animateur de réécrire.
08:44Donc, l'IA, elle est comme ça.
08:45Mais je voudrais conclure avec un usage utile
08:48et prometteur, selon moi.
08:52Nous sommes un réseau de 44 radios locales.
08:57Depuis un an, nous avons lancé un concept
08:59qui nous permet de créer,
09:01de partir chaque radio locale
09:03sur un programme précis,
09:05le narcotrafic,
09:06les déserts médicaux,
09:07la désindustrialisation.
09:08Les 44 travaillent uniquement sur cette thématique-là.
09:12Une heure d'émission entière
09:15y est consacrée,
09:16avec du reportage,
09:17des auditeurs qui appellent,
09:18des experts.
09:19Et tout cela passe à la moulinette
09:22de l'intelligence artificielle,
09:24ce que l'on ne serait absolument incapable de faire.
09:26Ou alors, il nous faudrait peut-être deux semaines
09:28ou deux mois
09:29pour comprendre ces 44 heures de contenu.
09:35Et avec un prompt bien fait,
09:37on cartographie, en fait,
09:39les signaux faibles
09:42de cette thématique liée au narcotrafic,
09:44aux déserts médicaux ou autres.
09:46C'est fondamental parce que
09:48c'est la puissance,
09:49ce maillage territorial de France 3
09:51et de Radio France
09:53qui n'a pas d'équivalent.
09:55Quand vous avez 44 rédactions
09:57qui travaillent sur un même sujet,
09:59je prends l'exemple du narcotrafic
10:01en zone rurale,
10:02on peut très bien avoir des bonnes pratiques
10:04à côté de l'île
10:05qui pourraient avoir un impact
10:06sur un système très compliqué
10:09dans l'Aveyron.
10:13Mais il y a une question
10:14de la protection des données
10:15qui peuvent être réutilisées par l'IA.
10:17Est-ce que ça,
10:17vous avez une politique de confidentialité
10:19ou pas du tout ?
10:20L'IA, pour nous,
10:22journalistes de proximité,
10:23journalistes locaux,
10:24au quotidien,
10:25c'est plutôt un outil
10:26qui va pour l'instant
10:27nous servir,
10:29comment dire,
10:29en termes de créativité
10:31ou d'inventivité.
10:32C'est-à-dire que
10:32ça peut parfois résoudre
10:34un petit peu
10:35l'exercice de la page blanche,
10:36aider à trouver un titre accrocheur,
10:38aider à enrichir une interview
10:39et des choses comme ça.
10:41Mais après,
10:42on est plutôt,
10:43au niveau des sources,
10:45sur des citations
10:45de sources plus institutionnelles
10:47et plus anciennes
10:49et plus classiques.
10:50On travaille avec Whisper,
10:52c'est une infrastructure
10:55qui nous permet, nous,
10:57de rester,
10:59de sourcer,
10:59en tout cas,
11:00à chaque fois
11:01ce que l'on est en train
11:01de mettre en place.
11:03Sur Wikipédia,
11:04on arrive à modifier l'histoire
11:05en faisant tourner comme ça
11:07des modifications,
11:08on enlève,
11:09on remet.
11:10Et j'ai quand même
11:11un peu peur
11:12que les générations à venir,
11:13j'ai une nièce
11:14qui a à peine un an,
11:16qu'est-ce qu'elle aura
11:16comme info ?
11:17Qu'est-ce qu'elle pourra
11:19vérifier comme info
11:20dans 15 ou 20 ans ?
11:21Parce que l'IA,
11:22mine de rien,
11:23va enregistrer
11:23tout ce que vous,
11:25journalistes,
11:25mettez sur les réseaux.
11:27Donc il y aura
11:27des synthèses
11:28qui vont se faire,
11:28qui vont s'enrichir.
11:30Qu'est-ce qui empêchera
11:31un jour
11:31un journaliste
11:32qui est un peu feignant,
11:34qui voudra aller vite,
11:35d'utiliser ces éléments
11:36pour sortir une info
11:38qu'on va retrouver
11:39au travers de l'IA ?
11:40Je pense qu'on est peut-être
11:41à une charnière
11:42où on peut encore
11:43défier l'IA,
11:45mais jusqu'à quand ?
11:46Je ramène ça
11:47à nos métiers
11:47de journaliste de proximité.
11:49On peut demander à l'IA
11:50de nous faire un commentaire.
11:51On peut demander à l'IA
11:52en mettant quelques prompts,
11:53comme on dit,
11:53de générer une image.
11:55On peut demander à l'IA
11:56de générer un présentateur,
11:57une présentatrice virtuelle.
11:58On pourrait même demander
12:00à l'IA
12:00de créer un site
12:01d'info locale
12:02en quelques minutes,
12:03y compris piloté
12:04depuis l'étranger.
12:05Après,
12:05effectivement,
12:06il y aura peut-être
12:07toute une agrégation
12:08de contenus,
12:09mais il manquera
12:10sans doute
12:10du qualitatif.
12:12Donc voilà la réponse
12:13que je pourrais vous formuler.
12:14Après,
12:15ce qui va l'emporter,
12:16enfin,
12:17en tout cas,
12:17c'est le vœu
12:17que je formule,
12:18c'est l'humain,
12:19c'est le carnet d'adresse,
12:20c'est le réseau,
12:21c'est l'expertise,
12:22c'est l'implantation locale.
12:25Et voilà,
12:26moi,
12:27je fonde beaucoup
12:27d'espoir là-dessus
12:28et on en revient
12:29à cette question
12:30de crédibilité
12:30qu'on a abordée
12:31au début.
12:32C'est le média traditionnel.
12:34Moi,
12:34j'estime que demain,
12:36en effet,
12:36une grande partie
12:37de notre rôle,
12:38on ne va pas passer
12:39notre vie
12:40à défaire
12:40les fausses informations.
12:42On a des chroniques partout,
12:43chaque média
12:44a sa chronique
12:44anti-fake news.
12:45Mais bien sûr
12:46que le rôle
12:47des journalistes
12:48scientifiques,
12:49bien entendu,
12:50mais tous les journalistes,
12:54on ne pourra
12:55faire confiance
12:55demain
12:56qu'à un média
12:57traditionnel
12:57qui vérifie
12:58ces informations.
12:59Donc pour nous,
13:00en fait,
13:00l'avenir est grandiose.
13:03C'est grâce
13:04à notre travail
13:05qu'on ne se fera pas
13:06avoir.
13:06Et j'y crois
13:08vraiment profondément,
13:09même si l'IA
13:10est en train
13:11de totalement
13:12transformer
13:13nos façons d'avancer.
13:14Mais Nicolas le dit,
13:16nous,
13:16on y va quand même
13:17avec beaucoup,
13:18beaucoup,
13:18beaucoup de prudence.
13:20l'euphorie
13:21autour de l'IA,
13:22oui,
13:22pour faire un peu
13:23de synthèse,
13:23mais sinon,
13:24non,
13:24non,
13:24attention,
13:25la créativité,
13:27ça part quand même
13:27des journalistes
13:29aujourd'hui
13:29qui vérifient,
13:30vérifient,
13:31revérifient
13:31et regroupent.
13:32Moi,
13:33j'avais plutôt
13:33une question
13:34sur les réseaux sociaux.
13:36Et vous,
13:37en tant que journaliste,
13:38comment ça pouvait
13:39changer
13:39votre appréhension
13:42de l'information ?
13:43C'est-à-dire
13:44qu'avec les réseaux sociaux,
13:45le consommateur
13:46de l'information,
13:47il a pu changer
13:48son mode
13:49de consommation
13:50par rapport
13:51aux médias traditionnels,
13:52ça va beaucoup plus vite,
13:53on a besoin
13:53d'être beaucoup plus
13:56parfois aguicheur
13:57et d'avoir un contenu
13:58beaucoup plus dynamique.
13:59Et donc,
14:00comment vous,
14:00en tant que journaliste,
14:02vous arrangez
14:03votre méthode
14:05de travail
14:05pour avoir
14:07ensuite
14:07une présentation
14:09de l'information
14:09qui puisse
14:11garder
14:12l'attention
14:12du destinataire
14:14suffisamment longtemps ?
14:15On va peut-être
14:16parler des vidéos verticales
14:17parce que c'est
14:18ce qui se développe
14:18beaucoup.
14:19Nous,
14:19on forme énormément
14:20en interne,
14:21que ce soit à Toulouse,
14:21à France 3
14:22ou dans les autres
14:23bureaux de France 3,
14:24les journalistes
14:24à ce nouveau mode
14:26d'expression
14:27sont des vidéos,
14:28vous avez tous vu,
14:28sur les réseaux,
14:29qui font une minute
14:30en maximum,
14:31généralement,
14:31des fois moins.
14:33On adapte
14:34en faisant des choix.
14:37Après,
14:39c'est forcément
14:40une information
14:40que je considère
14:42plutôt comme
14:42un média d'alerte
14:43sur une minute.
14:44Ça va être
14:45l'équivalent
14:45en presse écrite
14:46d'un titre,
14:47d'un chapeau
14:47et des toutes
14:47premières lignes
14:48de l'article.
14:49C'est forcément
14:49réducteur.
14:50Si on veut aller
14:50plus loin,
14:51il faut aller
14:51vers un média
14:52écrit ou web.
14:55Mais je trouve
14:57ça intéressant
14:57parce que ça
14:58préfigure,
14:58je pense,
14:59ce qu'on va trouver
15:01en médias audiovisuels
15:02dans les,
15:03je dirais,
15:03à moyen terme.
15:04Peut-être que ça
15:05arrivera plus vite,
15:06c'est-à-dire un média
15:07où on fait son choix
15:08d'infos.
15:09Aujourd'hui,
15:09si on parle,
15:10on intervient
15:10dans les écoles
15:11de journalisme,
15:12si on parle
15:13à la jeune génération,
15:14c'est-à-dire
15:14qu'il y a moins
15:15de 25 ans,
15:16des journaux télé
15:17qui soient 20h,
15:1813h ou les journaux
15:19régionaux,
15:19les nôtres,
15:20midi,
15:2019h,
15:22la jeune génération
15:23ne comprend pas
15:24qu'on attende
15:25l'heure du journal,
15:26la Sacre-Sainte-Messe
15:27pour avoir l'information.
15:29Ça leur paraît
15:29totalement ahurissant,
15:30ils veulent l'information
15:31tout de suite.
15:32Et ces réseaux sociaux
15:33nous permettent
15:34d'avoir une information
15:35immédiate.
15:36mais je pense
15:36qu'on va vers ça,
15:37vers une info à la demande
15:38et c'est là
15:39qu'il y a un travail
15:40que je trouve passionnant
15:41parce qu'on n'en est
15:43qu'au début,
15:44au prémice,
15:45on est en train
15:45de basculer
15:46vers un nouveau modèle.
15:50Je ne sais pas
15:51très sincèrement
15:52à quoi ça va ressembler,
15:53sans doute
15:54à un remix
15:55de télé,
15:55de web,
15:56de radio,
15:56etc.
15:57Mais c'est ça
15:58qui est passionnant.
15:59Mais voilà,
16:00il faut faire des choix
16:02et en tout cas
16:03essayer d'arriver
16:04à une information
16:05qui satisfasse
16:06le plus grand nombre.
16:07Mais on sera vraiment,
16:08je pense,
16:08sur des plateformes
16:10et sur un modèle
16:12d'info à la demande.
16:13Et on fera plusieurs formats.
16:14Il y aura des formats courts,
16:16on a besoin
16:16de faire des formats courts
16:17et le podcast
16:19fonctionne très très bien.
16:20Le podcast de 10,
16:2115,
16:2220,
16:2250 minutes
16:23fonctionne très bien.
16:25Et Radio France
16:25produit la moitié
16:26des podcasts de France
16:27au passage.
16:28Mais je pense que demain,
16:30si certains d'entre vous,
16:31et j'en suis sûr,
16:32écoutent encore
16:32des matinales à radio,
16:34ce seront des matinales
16:36à la demande.
16:37Demain,
16:38on a envie d'écouter
16:39la veille,
16:40on fera son petit menu
16:41qui sera bien fait
16:42et qui se fera
16:43très rapidement
16:44avec la chronique politique
16:45d'Inter,
16:46avec
16:49Mylène Farmer,
16:50je ne sais pas
16:50quelle chanson,
16:51l'interview politique
16:53de France Télévisions
16:54de la veille.
16:55On fera son menu
16:55et on sera réveillé
16:56en fait
16:57par un menu
16:58à la demande
16:58qu'on aura fabriqué
16:59la veille.
16:59ça va se passer
17:00comme ça,
17:00c'est certain.
17:02En tout cas,
17:03c'est ce qui est
17:04en train
17:04de déjà arriver
17:05dans certains pays.
17:07Je pense qu'aujourd'hui,
17:08oui,
17:09il faut la réactivité,
17:10oui,
17:10il faut des formats courts,
17:11oui,
17:11des formats vidéo,
17:12mais ça n'empêche
17:13en rien
17:14d'avoir des podcasts
17:16beaucoup plus longs
17:16et des séries
17:17qu'on a envie de regarder
17:18et qu'on a envie
17:19d'approfondir.
17:20Alors la vérité
17:21d'aujourd'hui
17:22n'est pas celle de demain
17:23et encore moins celle
17:23d'après-demain
17:24sur ces formats numériques.
17:26Sur le web,
17:27on nous disait
17:27faites des articles courts,
17:28faites du Fédive.
17:29Oui,
17:29ça marche le Fédive,
17:31mais récemment,
17:32par exemple,
17:32on s'est aperçu
17:33qu'il y avait des formats longs
17:34effectivement qui pouvaient marcher.
17:35On a l'un de nos articles
17:36qui a cartonné
17:37il y a quelques mois.
17:38Le Fédive fonctionne,
17:39on est d'accord,
17:40mais il n'y a pas que ça.
17:41C'était une interview
17:42d'un CRS en burn-out.
17:45CRS en burn-out,
17:46on s'est dit
17:46oui,
17:46on va le faire,
17:47etc.
17:47C'était une très longue interview.
17:49Ça a marché,
17:50du feu de Dieu,
17:51ça a vraiment cartonné.
17:52Voilà,
17:52donc c'est très open
17:55cette histoire de format.

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