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Chaque vendredi, Eugénie Bastié livre son regard sur l'actualité.

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Transcription
00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:02Et place à votre seconde signature du vendredi.
00:04Bonjour Génie Bastier.
00:05Bonjour à tous.
00:06Vous revenez ce matin sur la révolte qui agite les lycées
00:08et qui se traduit par des dégradations et des violences spectaculaires.
00:11Oui, vous savez Dimitri, Marx disait que l'histoire se répétait d'abord en tragédie,
00:15puis en farce.
00:16Il avait oublié un troisième stade, celui de la tendance sur TikTok.
00:20On est habitué à ces révoltes lycéennes qui ponctuent notre histoire
00:23comme l'acné sur un visage d'adolescent.
00:25Mai 68 était une parodie de la révolution et de la résistance.
00:29Septembre 2026 ressemble à une parodie de la parodie
00:32avec des petits connes bandits bobos et de banlieue
00:35dopés aux algorithmes et à Gaza.
00:37Le chahut s'est transformé en chaos.
00:40PISA nous avait prouvé que notre système éducatif était en cendres.
00:43Ils répondent en mettant le feu à leur lycée.
00:46Alors attention, on a quand même entendu des slogans inventifs de la part de ces lycéens.
00:50On manque nos leçons pour vous en faire une.
00:52Notre avenir, nos droits, nos choix.
00:55On se bat pour nos droits, pas pour des droites.
00:57Sans oublier le trait poétique, bouffe ma chatte, pas mon avenir.
01:01Entre violence gratuite et complainte géniarde,
01:04on peine à trouver du sens à cette mutinerie de bac à sable.
01:07Trois revendications semblent émerger quand même.
01:09Le manque d'enseignants, la suppression de parcours sub, des locaux dégradés.
01:13On peut tout de même les prendre en sérieux sur ces points-là.
01:15Alors j'entends bien que certains locaux seraient vétustes
01:17et il serait urgent en effet de climatiser les établissements scolaires
01:20afin que le savoir puisse être transmis dans de bonnes conditions.
01:23Mais enfin, cessons de faire croire que la crise de l'école serait avant tout une crise de moyens.
01:29Dans l'école de la Troisième République,
01:31celle qui hissait des fils de paysans jusqu'à l'école normale supérieure,
01:34on s'entassait parfois à 60 par classe,
01:36tous niveaux confondus,
01:37dans une pièce humide ou des combles surchauffées
01:40pour écouter la parole d'un hussard noir respecté.
01:43L'école était alors une chance,
01:45une opportunité inouïe d'accéder à un savoir jadis réservé à l'élite.
01:49Mais de quoi nous parlent ces lycéens ?
01:51De droit.
01:52Ils n'ont que ce mot à la bouche,
01:54car c'est précisément celui qu'on leur enseigne à longueur de journée.
01:57Résultat, la moindre contrariété,
01:59pas assez de temps à la cantine,
02:00un surveillant qui hausse le ton,
02:02un agenda trop chargé,
02:03devient un objet de plainte et de réclamation.
02:06Ils veulent plus de professeurs,
02:07mais ils les agressent.
02:08Ils veulent de meilleurs locaux,
02:09mais ils les incendient.
02:11Ils s'en prennent à des poubelles,
02:12des bâtiments flambant neufs et même des pianos.
02:14L'alliance de la bêtise et du nihilisme.
02:16Est-ce que cette révolte juvénile n'est pas le symptôme
02:19d'un malaise plus profond concernant notre école ?
02:22Il y a une chose qui est intéressante,
02:23c'est la revendication de la suppression de Parcoursup.
02:26Elle est assez révélatrice,
02:27car c'est bien là le nœud du problème.
02:29Oui, Parcoursup est stressant.
02:31Mais pourquoi ?
02:32Parce qu'il y a une pression extraordinaire sur l'enseignement supérieur
02:35du fait même du nivellement du lycée.
02:37Tout le monde a son bac,
02:39tout le monde veut aller à l'université
02:40sans que les débouchés ne suivent.
02:42Il serait temps d'en finir avec le collège unique
02:45et de réorienter plutôt vers d'autres filières
02:47ceux qui, et cela peut être parfaitement à se comprendre,
02:51n'ont ni le goût ni la motivation
02:53de rester huit heures par jour assis sur une chaise
02:55à suivre un enseignement général.
02:57Ce n'est pas les condamner,
02:58mais c'est cesser de prétendre que la même voie
03:00convient à tout le monde.
03:02Vous savez, je comprends profondément
03:04que les jeunes soient préoccupés par leur avenir,
03:06car il est bien sombre.
03:07Mais plutôt que de manifester
03:08pour avoir moins de cours et la clim,
03:10ils devraient descendre dans la rue
03:12pour demander qu'on prenne au sérieux
03:13quoi ?
03:14La question de la dette publique.
03:16Fardeau qui pèsera sur leur avenir
03:18autrement plus lourdement
03:19qu'un emploi du temps trop chargé.
03:21Signature Europe 1, Eugénie Bastier.
03:22Merci Eugénie.
03:23Je vous souhaite une excellente journée.

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