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Réaction d'Emmanuel Macron aux accusations de Mediapart : «Il a déjà 2032 à l'esprit», assure Aziliz Le Corre

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud revient sur la prise de parole d'Emmanuel Macron après les accusations de Mediapart contre Jordan Bardella.

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Transcription
00:00Évidemment le président Macron qui est un chef de parti finalement, le président Macron.
00:04Il ne doit jamais parler de politique intérieure en dehors de France.
00:10Non seulement il parle de politique intérieure, mais il se conduit comme un chef de parti et il dit ce
00:13qu'il faut penser.
00:15Il s'est mis dans la campagne très clairement, alors qu'il avait promis il y a quelques jours à
00:19peine qu'il ne le ferait pas.
00:21Écoutez, la parole d'Emmanuel Macron, souvent Emmanuel Macron varie.
00:26Voilà, on est habitué à cela.
00:29Donc écoutez ce qu'il a dit, parce qu'il a pris comme argent comptant finalement les propos attribués à
00:35Jordan Bardella par Mediapart.
00:37Et lui, il demande une clarification. Écoutons le président de la République.
00:41La lutte contre l'antisémitisme est une des priorités de la République. Je l'ai constamment rappelé.
00:47Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables.
00:52Et ils ne souffrent pas quelques commentaires que ce soit. Ils appellent à la condamnation la plus extrême.
00:57Ce n'est pas la République. Et la deuxième chose, ils impliquent que les responsables clarifient.
01:04Voilà. C'est le rôle des responsables politiques.
01:07Qu'ils clarifient la ligne, les mots et les gens qui sont dans leur parti peuvent prononcer telle chose.
01:15Il y a eu une réponse assez longue d'ailleurs de Jordan Bardella, mais il y a eu une réponse
01:18également assez courte.
01:20Après le 7 octobre 2023, j'ai marché dans les rues de Paris et me suis rendu en Israël.
01:25Pas lui a répondu Jordan Bardella directement à Emmanuel Macron.
01:30Et c'est vrai qu'on est étonné de la prise de parole d'Emmanuel Macron.
01:35D'abord dans la forme, puisque c'est à l'étranger, c'est en Espagne.
01:38Alors qu'a priori, il dit toujours « je n'ai pas l'habitude de commenter la politique étrange française
01:42en dehors de Paris ».
01:43Là, il déroge à cette... Et puis sur le fond également.
01:47Et puis sur le fond, parce que là, il s'exprime par rapport à un article de Mediapart où il
01:53n'y a aucune preuve apportée.
01:55Et pour le moins, en termes de communication, c'est très étonnant.
01:57Et ce matin même, vous parliez de l'ambassadeur d'Israël, Joshua Jarka, qui était sur ce plateau.
02:02Il est interrogé par Romain Desarbres par rapport à cette polémique.
02:06Quelle est la réaction de l'ambassadeur d'Israël ?
02:09C'est-à-dire aucune, pas de réaction, tant qu'il n'y a pas de preuves, pas de faits,
02:13avancés, ce n'est pas à moi de commenter, il n'y a pas de commenter.
02:17Et pour le coup, ça aurait pu être d'autant plus à l'étranger, la réaction d'Emmanuel Macron,
02:22et il ne l'a pas fait, et on comprend bien pourquoi.
02:25Ce qui est paradoxal dans cette affaire, c'est que Bardella est défendu par les Juifs,
02:30le ministre israélien contre l'antisémitisme.
02:35Et il est défendu également plutôt par les Français juifs, et il est attaqué.
02:40Alors le CRIF a une position quand même différente.
02:42Le CRIF, mais bon, traditionnellement, le CRIF peut avoir sur ces sujets-là des positions différentes.
02:48Mais en revanche, il est fortement attaqué par tout l'établissement français.
02:52Oui, ce qui est intéressant, c'est que de quelle clarification le président souhaite-t-il ?
02:59Parce que la clarification, M. Bardella, il l'a donnée.
03:02Son avocat a déposé plainte pour diffamation.
03:04Il n'y a aucun élément, il n'y a aucune preuve.
03:06D'abord, il est présumé innocent, ça c'est le premier point.
03:09Deuxièmement, ils ont porté atteinte à l'honneur et à la considération de M. Bardella,
03:14en lui imputant des faits précis.
03:17C'est la définition de la diffamation.
03:19Et celui-ci a immédiatement clarifié, puisqu'il a dit c'est faux, et je porte plainte.
03:23Donc il ne peut pas quitter votre...
03:24Donc dans ces cas-là, si par exemple, Mediapart n'apporte pas les preuves de ce qu'est le média
03:32avance,
03:33Mediapart est condamné pour diffamation ?
03:36Mediapart va tenter de dire qu'il l'a fait dans l'intérêt général,
03:40qu'il n'y avait pas une intention de nier, que c'était dans son rôle.
03:44Mais le tribunal va quand même demander des éléments,
03:46parce qu'on ne peut pas se contenter de faire un écrit, un article,
03:51en mettant en italique des propos qui auraient été rapportés par une source,
03:55et en disant, moi je veux protéger ma source, donc je ne donne pas d'éléments de preuve,
04:00ce n'est pas suffisant.
04:01Il faut quand même, à un moment donné, apporter l'écrit de ce que l'on prétend.
04:05Donc là, il y a une jurisprudence très claire sur ces sujets-là.
04:08Oui, oui.
04:09Ce qui me semble intéressant, c'est d'essayer de comprendre pourquoi Emmanuel Macron réagit,
04:14parce qu'après tout, il n'a aucun intérêt à le faire, puisqu'il ne se représente pas,
04:17donc il n'est même pas en campagne.
04:19On sait qu'Emmanuel Macron a à l'esprit, déjà en 2032,
04:22il se murmure auprès de ses conseillers, qu'il cherche à exister dans les années qui viennent.
04:26Et pour ce faire, non seulement il ne faut pas qu'il ait d'héritier,
04:29aujourd'hui il n'en a pas, parce qu'on sait bien qu'il a désavoué Gabriel Attal,
04:33Édouard Philippe, et cela s'effondre dans les sondages.
04:37Pour l'instant, en tout cas, il n'augmente pas, il stagne.
04:40Gabriel Attal monte légèrement et Édouard Philippe baisse encore.
04:45Non, pas dans le sondage de ce matin.
04:47On peine à voir ce qu'ils ont à proposer,
04:49et ils ne sont pas les héritiers directs d'Emmanuel Macron,
04:52eux aussi veulent assumer une rupture.
04:54Ce qui est intéressant, en revanche, c'est qu'Emmanuel Macron sait
04:56que le Rassemblement national risque de gagner,
04:58et là ce serait un désaveu pour lui,
05:00parce qu'il a depuis toujours dit que c'était son premier ennemi,
05:02et ce serait beaucoup plus difficile pour lui de revenir après.
05:05Écoutons Édouard Philippe, justement.
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