00:00Au-delà du plateau, ça a fait beaucoup réagir, parce que de fait, l'école réactionnaire en France, ça n
00:04'avait pas sauté aux yeux de tout le monde.
00:07Alors c'est donc une affirmation lapidaire, qui a été formulée, on l'a vu, par un universitaire éminent,
00:13qui a son rond de serviette durait sur tous les médias du service public.
00:16Donc il nous explique que l'école française serait incroyablement réactionnaire, pas seulement réactionnaire, incroyablement réactionnaire,
00:23et les responsables en seraient les parents.
00:25Depuis le temps qu'à gauche, on dit qu'il faut retirer les enfants des griffes de leurs affreux parents.
00:32Et si la France, finalement, est aussi mauvaise dans le classement PISA, parce qu'en fond, il y a l
00:36'ombre du classement PISA,
00:37c'est aussi parce qu'elle est incroyablement réactionnaire, qui l'eût cru ?
00:42Donc on a compris le raisonnement, c'est-à-dire que les parents ont une scolarité qui a réussi avec
00:48certaines méthodes,
00:49dont on l'a dictée, alors ils se disent pourquoi, ou la poésie, pourquoi on ne le refait pas avec
00:55nos enfants.
00:56Donc vous avez entendu, je ne vais pas le répéter, pour lui ça ne sert à rien, c'est un
00:59délire français, etc.
01:01Alors il dit que c'est la faute des parents, ce n'est pas les professeurs, et on s'en
01:04doute,
01:05parce que les professeurs, eux, sont en règle générale plutôt de gauche.
01:08Et c'est fou parce que vous savez, le progressisme, c'est comme le communisme.
01:11Quand ça fait l'épreuve de son échec, au lieu de faire son mea culpa, ça dit non, on n
01:17'en a pas mis assez,
01:18il faut remettre plus de progressisme, c'est encore trop réactionnaire.
01:22Donc on accélère encore plus vers le mur, on n'a pas dû aller assez loin.
01:27Donc on poursuit cette folle course en avant, je pense que la courbe du classement PISA,
01:31à force de plonger dans les abysses, elle va finir par trouver du pétrole,
01:35et je crois que c'est vrai qu'en ce moment, ce ne serait pas inintéressant.
01:38Alors on a cassé des bataillons de thermomètres,
01:41le bac, les notes, le classement, tout a été mis à la casse,
01:45mais plus que les vieilles recettes jugées trop difficiles.
01:48Mais l'orthographe, par exemple, a déjà été simplifié par le passé ?
01:51Ah oui, ça a déjà été simplifié, l'Académie avait réformé l'orthographe en 1990,
01:56mais en fait, ça a été réellement mis en œuvre en 2016.
01:59Alors il paraît que le français serait trop subtil.
02:02Certains accents circonflexes ont été supprimés,
02:05pas partout, pas sur les E et les A,
02:07et heureusement parce que pêcher, le pape est là,
02:10ce n'est pas pareil que pêcher des petits poissons,
02:12sauf si on n'est pas gentil avec les petits poissons.
02:15Et puis, on était dans une logique utilitaire,
02:19on disait que ça ne portait rien sur les I et les U,
02:21mais vous voyez, moi je me dis que les académiciens
02:23ne lisent plus Cyrano de Bergerac,
02:24qui disaient que c'était encore plus beau quand c'est inutile,
02:27mais si on n'apprend plus de fable, on n'apprend plus non plus
02:29les tirades de Rostand.
02:31Les trémas ont été déplacés,
02:33alors moi ça aussi, ça m'inquiète,
02:34parce que quand on déplace, on finit par faire disparaître,
02:36et sans tréma, les jolies Adélaïdes, par exemple,
02:39deviennent de tristes Adélèdes, vous voyez.
02:44Et certains réclament,
02:46et le sujet est revenu sur la table cet été,
02:49la suppression de l'accord du participe passé,
02:51source de fautes, mais c'est vrai,
02:53y compris chez les journalistes d'ailleurs,
02:55à croire que tout s'était chez maman,
02:57avec la varicelle le jour de la leçon en CM2, vous voyez.
03:00Alors on nous dit donc que le français serait trop subtil,
03:03mais peut-être que si la langue française,
03:04si le français est subtil,
03:06c'est pour cela que les français avec un grand F sont subtils.
03:10Si le français devient moins subtil,
03:13peut-être les français avec un grand F le seront un peu moins.
03:18Alors il y a des traits d'union qui ont été enlevés,
03:212400 mots ont été simplifiés,
03:23donc vous voyez, il y a déjà eu du boulot,
03:24l'école réactionnaire, on la cherche.
03:26Donc l'idée, c'est de supprimer les difficultés des écoliers.
03:31Si tu ne viens pas à l'orthographe, l'orthographe viendra à toi,
03:33mais pour connaître la référence, là aussi,
03:35il faut connaître la Gardère, le Bossu, le duc de Nevers.
03:38Bon, ça, ce n'est pas le porté de tout le monde.
03:41Mais le raisonnement est complètement absurde.
03:43C'est un peu comme si, pour ne pas pénaliser
03:45ceux qui ne savent pas nager à l'épreuve du bac,
03:47on décidait de l'organiser désormais dans le pédiluve.
03:51Alors, à vouloir supprimer les exceptions du français,
03:55on va créer des Français d'exception,
03:58c'est-à-dire des petites élites qui, elles, auront reçu cet héritage
04:03de leur famille quand les autres, finalement,
04:05auront été discriminés et écriront un sous-français.
04:09Alors, il explique ce monsieur qu'une poésie,
04:12ce n'est pas un exercice de mémoire.
04:14Alors, je vous renvoie à une émission sur une autre chaîne,
04:17une chaîne du service public, intéressante, ça arrive.
04:20C'est un jeune qui s'appelle Naël,
04:22c'était au mois d'août, ça s'appelait
04:23« Mon stage, c'est les vieux ».
04:26Vous savez ce qu'il faisait ?
04:27Il proposait de lire « Le corbeau et le renard »
04:29aux résidents d'un EHPAD.
04:30Et il s'était rendu compte que toute l'assistance
04:34récitait la fable par cœur.
04:36Et lui, il avouait que c'était un classique pour eux
04:38qui ne l'était pas pour lui.
04:40Donc, c'était vraiment un héritage
04:41dont on l'avait spolié.
04:44Et puis, disons-le, tiré sur les fables,
04:45c'est un peu tiré sur les ambulances,
04:47parce qu'à part quelques écoles un peu élitistes,
04:51l'apprentissage régulier de fables a disparu
04:54de beaucoup d'écoles.
04:57Mais vous comprenez bien qu'en réalité,
04:59c'est notre identité, notre langue.
05:01Roland Barthes, déjà en 1977,
05:03disait que la langue est fasciste.
05:04C'est resté ancré dans tous les esprits de gauche.
05:07Albert Camus disait qu'elle était sa patrie.
05:10Boilem Sansal l'appelle « notre langue ».
05:11On comprend que ça défrise certains.
05:14Ce n'est pas l'élève que l'on doit corriger
05:16parce qu'il massacre l'orthographe.
05:18C'est l'orthographe que l'on doit massacrer
05:21pour le mettre à la portée de l'élève.
05:25C'est un peu comme pour les délinquants.
05:27Le problème, c'est le policier,
05:28ce n'est pas le délinquant.
05:29Si l'on supprime le code pénal et le Becherel,
05:32il n'y a plus de problème.
05:33Ça règle tous ces sujets-là.
05:38C'est évidemment, la langue française,
05:40un élément d'unité, d'identité,
05:42de rayonnement de la nation.
05:43C'est d'ailleurs pour cela que l'Algérie souhaite
05:45le faire reculer le français dans son pays
05:47au profit de l'anglais et de l'arabe.
05:49C'est bien pour ça que lorsque les Allemands ont pris
05:51l'Alsace et la Moselle,
05:53ils ont imposé l'usage de l'allemand.
05:54Et c'est pour ça que certains,
05:56parmi les plus âgés de nos téléspectateurs,
05:58se souviennent que quand ils étaient petits,
05:59on leur interdisait de parler le patois
06:01qu'ils parlaient à la maison.
06:03Aujourd'hui, notre langue est abîmée.
06:05Ça va avec la disparition de tout le pays,
06:09tout entier.
06:09Ah oui, ça fait de tout, pardon.
06:11Et certains voudraient encore aggraver la situation.