00:00Écoutez, vu mon parcours, moi je trouve qu'on a de la chance d'avoir des grandes entreprises en France.
00:06Je trouve qu'on a de la chance d'avoir des leaders.
00:08Et quand on regarde, on a des leaders dans beaucoup de secteurs.
00:11On a des leaders dans le nucléaire, on a des leaders dans l'énergie, on a des leaders dans le
00:15transport,
00:16on a des leaders dans la cosmétique, on a des leaders dans l'agroalimentaire.
00:21On couvre quasiment tous les secteurs.
00:24Donc je pense qu'on est un des rares pays à ne pas se réjouir de ça.
00:28À ne pas se réjouir.
00:29Donc moi je me réjouis d'avoir des entreprises et des entrepreneurs extraordinaires.
00:35Voilà, parce que c'est eux qui font l'emploi, c'est eux qui font l'innovation.
00:40Et aujourd'hui c'est crucial pour notre pays.
00:43Sauf que ce sont eux aussi qui font les dividendes.
00:44Et le chiffre avait été donné tout à l'heure par Kevin.
00:46Quand on arrive à 11 milliards de dividendes sur 6 mois parce qu'il y a cette crise et on
00:50voit les marges qui exposent, etc.
00:52Est-ce que vous dites, bah oui, mais c'est le jeu, c'est normal, c'est le business ?
00:55Alors je ne dis pas c'est le jeu, je ne dis pas c'est le business.
00:57Parce que je comprends aussi qu'il y a des moments où, encore une fois, je parlais de la vraie
01:00vie.
01:01Moi quand je vous écoute tous, je voyais aussi des émissions, vous parliez des infirmiers, des infirmières.
01:07Il y a des personnes qui ont 300, 400 patients, qui font 18 heures par jour pour rester au service
01:14des citoyens et des citoyennes françaises et des patients.
01:16Donc non, il faut apporter de l'intelligence, il faut apporter du bon sens.
01:21Voilà.
01:22En revanche, la vérité aussi, c'est que quand on est entrepreneur, on prend énormément de risques.
01:30Aujourd'hui, dans mon entreprise, on est deux cofondateurs, on est les moins bien payés de la boîte.
01:35Parce qu'on donne la priorité à nos collaborateurs.
01:38On aimerait, et puis dernier point, on aimerait payer plus nos collaborateurs.
01:41Le seul problème aujourd'hui, c'est que moi, ma concurrence, elle est mondiale.
01:45D'accord ?
01:45Donc soit je crève, bon ben je meurs, merci, au revoir.
01:49Vous direz, bon ben Stéphanie, tu as essayé, tu es morte.
01:51Sauf que moi aujourd'hui, j'ai quasiment 30 collaborateurs.
01:54Des entreprises en France qui ont 30 collaborateurs en CDI, il n'y en a pas beaucoup.
01:58Il faut se rappeler ça aussi.
02:02Et donc, nous, notre problème à nous aujourd'hui en tant que chef d'entreprise, d'abord un, on est
02:08auprès de nos salariés, de notre famille, etc.
02:11Et effectivement, cette colère, elle est légitime et puis c'est intenable aujourd'hui.
02:15Même moi, je fais mes courses chez Lidl, chez Action, je regarde au centime près parce que j'ai été
02:22éduquée comme ça.
02:25Mais nous, notre problème en tant que chef d'entreprise, c'est qu'en fait, on part avec un sac
02:29à dos qui est rempli de pierres et qu'on doit être en compétition avec des entreprises mondiales.
02:35Et nous, pour le coup, pardonnez-moi, mais on n'a pas les mêmes règles du jeu.
02:38Comme les Français aujourd'hui sur le prix de l'essence, ils disent, ben moi, je n'ai pas les
02:40mêmes règles.
02:41Je reviens, je reviens.