00:00Oh, oh, là on rit, mais il y a, enfin, c'est, voilà, il y avait beaucoup de colère la
00:05semaine dernière,
00:06on essaie de voir, la première question c'est de savoir si la colère était un peu retombée
00:10avec l'aide qui a été accordée hier par le gouvernement à la nouvelle aide,
00:12on a l'impression que ce n'est pas totalement le cas,
00:15comment vous réagissez notamment à ce que disait Julia à l'instant ?
00:17Je dirais que c'est la goutte de gasoil qui fait déborder le vase de la colère,
00:21donc derrière il y a les salaires, derrière il y a, je veux dire, dans la France de Macron,
00:26on a une infirmière qui trie ses patients selon l'éloignement.
00:30Dans la France de Macron, on a un gardien d'immeuble qui dit, moi je me prive de ma voiture.
00:34Dans la France de Macron, on a une retraitée qui dit, j'ai bossé 50 ans et je n'arrive
00:39pas à vivre.
00:40Voilà dans quel pays on est désormais dans la France de Macron.
00:44Et ça fait maintenant 10 ans que ça dure.
00:48Et là, ce qui est proposé, tout le monde l'a dit, mais je veux dire,
00:53Gainsbourg chantait le poincelleur de Lila, je fais des trous, des petits trous, des petits trous partout.
00:57Là c'est je fais des chèques, des petits chèques, des petits chèques partout.
00:59Mais on voit très bien que ce n'est pas ça qui va résoudre les problèmes du pays
01:03face à la crise et une inflation qui est installée dans la durée.
01:07Moi je l'ai dit depuis longtemps, la crise climatique produit une baisse des rendements agricoles.
01:12Ça veut dire inflation des dernières alimentaires.
01:14On a des crises géopolitiques en série.
01:16Ça veut dire inflation sur l'énergie et qui est là dans la durée.
01:19Et donc, on ne peut pas avoir des réponses au jour le jour face à des problèmes qui sont installés
01:24dans la durée.
01:25Et pour moi, il y a un mot qui n'est pas un mot, c'est le mot régulation.
01:29Vous savez, je suis venu avec un décret de 1990.
01:33Michel Rocard, ce n'est pas un grand révolutionnaire, c'est la guerre du Golfe.
01:37Qu'est-ce qu'il fait ? Il dit, ben voilà, c'est l'État qui va fixer le prix
01:40des carburants.
01:41Pourquoi ? Pour qu'on n'ait pas les raffineurs Total, Exxon et compagnie qui se gavent là-dessus.
01:46Là, ils ont multiplié leur marge par 7.
01:49C'est passé de 40 euros la tonne à 280 euros.
01:52On avait déjà eu les profiteurs de la crise Covid.
01:54Ça avait été les assureurs, ça avait été les GAFAM, ça avait été les hypermarchés.
01:58On n'a rien fait, on les a laissés faire du gras sur le dos des Français.
02:01On a eu les profiteurs de la guerre en Ukraine.
02:03C'était les pétroliers, les armateurs, les portes-conteneurs.
02:07On n'a rien fait, on les a laissés faire du gras.
02:08Et là, c'est pareil, on est en train de les laisser faire du gras.
02:11Donc première chose, on bloque les marges des pétroliers et des raffineurs.
02:16Deuxième chose, moi je suis pour qu'on ait une taxe qui soit flottante.
02:20Que quand le prix du pétrole, il augmente, on baisse les taxes.
02:24Quand le prix du pétrole redescend, on remonte les taxes.
02:27Et je dis, les deux mesures que je propose là, elles sont indolores pour le budget de la nation.
02:32Parce que là, avec la taxe qui est flottante, ça se récupère derrière.
02:36Et là, avec la fixation, le blocage des marges, c'est les pétroliers qui se font moins de gras dessus.
02:43Et je pose une troisième règle pour moi.
02:45C'est l'indexation des salaires sur l'inflation.
02:48Le gel du point d'indice des fonctionnaires.
02:51L'indexation de tous les salaires sur l'inflation ?
02:53De tous les salaires sur l'inflation.
02:54Là, depuis maintenant 10 ans, les Français ont perdu.
02:58Ils travaillent, on les entend, ils bossent.
02:59Ils bossent dans les usines, ils bossent dans les hôpitaux.
03:01Moi, je remercie toutes les personnes qui sont sur le plateau.
03:04Vous savez, je sais à quel point notre pays aujourd'hui, il tient debout.
03:06Ce n'est pas par le haut, ce n'est pas par l'Assemblée, ce n'est pas par l
03:09'Elysée, c'est par le bas.
03:10C'est par les salariés, c'est par les bénévoles des assos, c'est par les élus locaux.
03:14Et donc, ces gens qui bossent du matin au soir et qui bossent dur,
03:18et qui finalement gagnent moins d'argent aujourd'hui qu'en 2019.
03:21Alors, attendez, parce que vous faites plusieurs propositions.