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Transcription
00:00Quelqu'un qui ne sait pas applaudir mérite-t-il des applaudissements ?
00:03Dans le doute, je vous demande quand même d'acclamer la nouvelle co-présentatrice de Quotidien,
00:08Manon Mariani.
00:09Manon, c'est l'heure de votre célèbre veille sanitaire,
00:13fine analyse quotidienne des réseaux sociaux.
00:14Aujourd'hui, direction la Chine, où en 2026, les femmes vivent toujours sous l'oppression du régime communiste.
00:18Ce week-end, une figure du féminisme chinois a été libérée de prison.
00:22Elle s'appelle Sophia Wang Xuekin.
00:24Elle est journaliste et elle a contribué à faire connaître MeToo en Chine,
00:28en relayant notamment des témoignages de femmes victimes de harcèlement sexuel.
00:32Un militantisme qui n'avait pas plu évidemment au régime.
00:35Elle avait été condamnée en 2021 pour incitation à la subversion du pouvoir de l'État.
00:41Elle a donc passé cinq ans en prison dans des conditions, je cite, déplorables.
00:46Voilà comment en 2026, la Chine traite les femmes féministes.
00:50Et quand l'une sort de prison ou presque,
00:51les autres sont encore obligés de se cacher par peur d'être repérées et punies pour leur engagement.
00:56Dans un article du Guardian, elles décrivent une course permanente sur les réseaux sociaux chinois
01:01où toute forme de mots qui se rapportent au féminisme est censurée.
01:05Elles sont obligées d'inventer de nouveaux mots pour parler des VSS, pour parler de leurs droits.
01:09Et elles expliquent que c'est le jeu du chat et de la souris avec les autorités.
01:13Quand les censeurs repèrent ces mots, ils les ajoutent à leur liste.
01:16Et elles, elles en trouvent de nouveaux et ainsi de suite.
01:19Résultat, les grandes campagnes publiques de témoignages sont devenues beaucoup plus difficiles à lancer.
01:23Je suppose que MeToo n'existe pas sur leur réseau ?
01:25Eh bien évidemment que non.
01:26Le hashtag MeToo avait été bloqué sur le réseau social chinois Weibo dès 2020.
01:31Les militantes chinoises l'avaient remplacé par deux émojis,
01:34un bol de riz et un lapin, j'en avais parlé.
01:36En chinois, riz lapin se prononce à peu près MeToo.
01:39C'était une manière de dire moi aussi, sans l'écrire et surtout sans se faire repérer.
01:43Mais depuis, le gouvernement a évidemment eu écho de cette manière de faire
01:47et le riz lapin a dû être abandonné.
01:49C'est pour ça qu'aujourd'hui, les militantes féministes restent discrètes sur les mots
01:53qu'elles emploient sur les réseaux pour se parler de VSS.
01:57Du coup, certaines arrivent à organiser des rassemblements,
01:59mais cette fois-ci, dans la vraie vie et en toute discrétion.
02:03À Pékin, une militante raconte qu'elle présente parfois une rencontre comme un événement artistique.
02:08Elle évite de l'annoncer publiquement comme une réunion dite féministe,
02:11de peur qu'elle soit interdite.
02:12Puis une fois que les participants sont réunis,
02:14elles peuvent parler des violences qu'elles ont subies et surtout de la façon de s'entraider.
02:18Dans le sud-ouest du pays, une libraire organise aussi des groupes de lecture entre femmes.
02:23D'autres ont créé un bar réservé aux femmes
02:25ou encore un organisme qui propose des séances, d'escalades, des films, des ateliers.
02:30Ça peut sembler éloigné d'une manifestation,
02:32mais ces lieux permettent de se rencontrer sans passer par un hashtag
02:35qui peut les mettre en danger.
02:36Une forme de résistance féministe alors qu'elles sont très scrutées par le gouvernement.
02:41Est-ce qu'elles sont plus surlées qu'avant ?
02:42Depuis février, le régulateur chinois d'Internet a demandé aux réseaux sociaux
02:46de retirer les publications qui, évidemment selon ces termes,
02:50exagèrent sur la peur du mariage ou l'angoisse d'avoir des enfants.
02:54Ils visent aussi les contenus accusés d'attiser l'oppression entre les hommes et les femmes.
02:58En fait, le gouvernement a peur car les naissances dans le pays sont en baisse.
03:02Elles sont tombées à environ 7 millions en 2025 contre 9 millions l'année précédente.
03:06Les jeunes femmes disent qu'elles veulent décider elles-mêmes si elles se marient
03:09ou si elles deviennent mères. Certaines refusent même le mariage qui est rare en Chine.
03:13D'autres ne veulent pas d'enfants.
03:14Et dans un courant féministe plus radical,
03:16certaines choisissent aussi de ne plus sortir avec des hommes.
03:19Alors, c'est évidemment pas le choix de toutes les Chinoises,
03:22mais ce sont des paroles qui dérangent encore dans un pays
03:24qui les presse aujourd'hui de fonder une famille.
03:27En Chine, le féministe est donc un acte de résistance.
03:30Merci Manon de leur avorter votre soutien.
03:32Et Manon qu'on peut, ne serait-ce que dans un but pédagogique,
03:34applaudir tous ensemble pour lui montrer comment on fait une main sur l'autre,
03:38comme ça, en rythme, tout simplement.
03:39Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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