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00:0315 heures 16 heures variété variété c'est votre rendez vous avec augustin trapnard sur rtl
00:11bonjour à tous je suis ravi de vous retrouver dans ce nouvel épisode de variété aujourd'hui
00:16j'ai invité une voix c'est comme ça que je me le figure qu'on discute de livres de
00:20théâtre ou de
00:21cinéma ensemble c'est une voix une voix grave qui détache les mots qui joue sur les silences
00:25qui est imprégnée de sourire aussi ça s'entend le sourire dans une voix vous entendez le
00:31mien là par exemple il est en train de s'installer dans notre petit studio et j'ai beau faire
00:35le
00:35malin je sais qu'il va plier le jeu dès qu'il prononcera ses premiers mots regardez le avec
00:38sa veste grise et son t-shirt ses lunettes qui pendent autour du cou ses cheveux blancs sa
00:44petite barbe de trois jours et son air malicieux bonjour pierre arditi bonjour mon cher trapnard
00:49ça y est ça commence comment ça va ne commençons pas par la question la plus difficile on va
00:55dire que ça va comme ça on gagne du temps c'est à dire que vous travaillez là en ce
00:58moment vous
00:58répétez non vous répétez la pièce de florian zeller le père dont on va parler aujourd'hui
01:03oui pour une fois je ne fais qu'une seule chose à la fois alors c'est très reposant finalement
01:08on
01:08brise l'omerta vous travaillez tout le temps pierre je travaille beaucoup mais maintenant un peu moins
01:13tout de même parce que vous prenez des vacances parfois j'ai pris là j'ai pris deux mois pour
01:16apprendre mon texte donc je me suis réfugié en normandie ça m'est pas arrivé depuis trente
01:20ans de partir comme ça à ce point là deux mois et comment vous l'apprenez votre texte tiens moi
01:24ça
01:24m'intéresse tout seul avec une sorte de petites feuilles de papier comme ça qui masque mon texte
01:31et alors je descends de cette feuille de papier je lis le texte des partenaires et suis censé
01:36et normalement leur répondre et savoir ce que j'ai à leur dire quelle relation est ce que vous
01:39entretenez au travail vous c'est une drogue c'est pas une drogue c'est la vie enfin c'est
01:45la mienne en
01:46tout cas celle que j'ai choisi donc je sais bien que la culture de la plainte est très à
01:50la mode
01:50actuellement moi je ne j'en ai j'en ai besoin à fortiori dans la mesure où je veux dire
01:56je parle tout le
01:57temps de ça c'est vrai d'ailleurs maintenant mais à fortiori dans la mesure où quand on avance dans
02:01le temps c'est à dire quand on vieillit il faut en faire beaucoup parce que sinon on commence à
02:06devenir une sorte de d'arbre mort qui n'aurait pas d'intérêt tous les gens qui vous disent que
02:11c'est formidable de vieillir parce qu'ils aient l'expérience et des trucs comme ça sont de mauvais
02:16amis ou des cons voilà c'est un choix on choisit c'est ce que vous voulez vous avez encore
02:20des
02:20belles feuilles quand même oui j'ai encore des belles j'ai des belles feuilles oui pour un arbre
02:25je vous laisse lancer l'émission pierre arditi variété c'est parti
02:33bon je vais vous faire une confidence une confidence de rentrer je me suis rendu compte très tard de
02:39l'amour que j'avais pour mon père et du sien aussi il y a quelque chose qui m'empêchait
02:43d'y
02:43penser c'est pas très original vous me direz sorte de conspiration du silence qui parcourt les familles
02:48on n'en parle pas on dit pas ses sentiments et sûrement pas d'homme à homme vous pensez bien
02:53ce serait très gênant et au bout d'un moment à force de rien dire les gestes et les actes
02:58d'amour
02:58ben on les voit plus il passe complètement inaperçu on a une vie on a un travail on a des
03:02amis on n'y pense même plus on peut même se perdre un peu de vue puis un jour moi
03:07c'est ce qui s'est
03:07passé j'ai pas comment vous dire pour moi ça vaut 15 ans de psychanalyse un jour il n'y
03:11a pas si
03:11longtemps j'allume mon téléphone et dans les messages que j'avais sur les réseaux sociaux
03:16messages que je regarde jamais il y avait un message de mon père et je l'ai ouvert et c
03:20'était
03:20une invitation je suis ému pour jouer au solitaire il devait jouer à ce jeu tout seul c'est le
03:25principe
03:26du solitaire on avait dû lui proposer d'inviter des amis pour continuer à jouer ou pour payer moins
03:30cher au solitaire on n'en a jamais parlé mais ce jour-là je l'ai appelé ça a tout
03:34changé à quoi ça tient au fond
03:36un solitaire avec mon père augustin trappnard variété sur rtl
03:45pensez à quoi vous quand vous pensez à votre père pierre arditi quelle image vous vient tout de
03:49suite à l'esprit à l'enfant c'est la la continuité de ma vie avec lui et avec ma
03:56mère bien sûr ça
03:57a toujours été un de mes héros enfin mon héros d'ailleurs mon père quand j'étais tout jeune je
04:02le trouvais beau il a toujours été beau il était très très intelligent très très comme j'ai envie de
04:08rencontrer les gens et j'ai passé ma vie à rencontrer mon père comme être humain ma mère aussi en
04:14plus j'ai
04:14toujours dit que mon père avait fait l'acteur ma mère avait fait l'homme ils sont très bien complété
04:18l'un et l'autre d'ailleurs je ne cesse pas de leur penser en particulier en ce moment puisque
04:23je tripote
04:23si j'ose ainsi m'exprimer ce matériau là ce qui est très beau dans ce que vous dites c
04:28'est que vous
04:28choisissez de vous souvenir d'un père jeune artiste plutôt que du père de la faim oui le père de
04:35la
04:35faim n'existe pas pour moi je l'ai vu mais je n'ai pas fixé moi même dans ma
04:40mémoire c'est à dire
04:41dans mon âme pour employer un mot je ne devrais pas employer parce que je suis athée le bisage de
04:46cet
04:47homme mort si je vous emmène sur ce terrain là pierre arditi c'est effectivement parce que il est au
04:52coeur de votre
04:52nouveau rôle au théâtre on vous verra très bientôt sur scène dans la peau du père personnage éponyme de
04:57la pièce de florian zeller un père âgé touché par la maladie d'alzheimer qui comme embrouillé qui
05:02confond les visages autour de lui qui a oublié aussi qu'il a été et ça c'est une maladie
05:08que votre
05:08père a eu également oui assez tard il a commencé à voir ça à 89 ans il est mort à
05:1497 j'ai assez vite
05:16compris qu'il était entré dans un monde qui n'était pas le mien ou pas notre qui ne pouvait
05:21plus vivre dans ce monde là il est vivait dans un monde qu'il avait fabriqué qui était très très
05:25différent d'ailleurs bon une fois il m'a il m'a dit que je peux pas rester longtemps parce
05:30qu'il
05:30était dans une maison la maison des artistes qui est un endroit magnifique et il m'a dit je peux
05:34pas
05:35rester parce que j'ai la reine elisabeth qui m'attend avec la rôle c'est parce qu'elle veut
05:38acheter un
05:39tableau il était peintre alors j'ai du coup de papa quand même franchement arrête c'est il n'est
05:45pas
05:45voilà j'ai donc j'ai vu qui il fronçait les yeux comme ça et la directrice de la maison
05:51m'a appelé en
05:52me disant monsieur arditi vous ne devez pas contredire votre père parce qu'il a inventé ce
05:58monde qui est maintenant le sien qui n'est plus le vôtre et si vous le contredisez vous allez le
06:04détruire voilà et donc j'ai je me suis foutu des gifs et chaque fois j'allais voir je lui
06:09demandais des
06:09nouvelles d'élisabeth 2 ce qui est fou pierre arditi florian zeller le raconte c'est que cette pièce
06:14le père en fait elle est née en partie d'une rencontre avec votre père alors je n'y ai
06:18pas
06:19assisté mais il était venu voir sa grand-mère qui était dans la même maison de retraite appelons
06:25ça comme ça il est venu voir sa grand-mère il a entendu mais monsieur arditi donc il on se
06:30connaissait déjà donc il est allé voir mon père qui n'a pas bien compris qui était florian qui
06:35l'a regardé un peu comme un personnage étranger à la fois après tout familier cette rencontre là
06:42la poussée à écrire ce qu'il a écrit avec ça mais quand florian zeller vous raconte ça vous êtes
06:47dans quel état vous ça m'émeut ça m'émeut j'aurais bien enfin j'imagine cette rencontre que je
06:52n'ai
06:52pas vu mais mais au fond c'est pratiquement comme si je l'avais vu je me suis un prédateur
06:58moi je me
06:58nourris tout je mets tout dans ma poche et puis à un moment donné ça me sert je le sors
07:03où ça me
07:03sert simplement à ne pas être malheureux parce que je me dis que ça existe toujours d'ailleurs je parle
07:07sous
07:07votre contrôle vous avez promis à florian zeller qu'un jour peut-être vous jouiez ce rôle c'est
07:12pas je lui ai promis c'est que j'ai vu la pièce jouée par l'admirable robert hirsch qui
07:17est un
07:18autre de mes héros mon père aimait beaucoup le théâtre d'ailleurs il a fait un certain nombre de
07:22décors de théâtre comme beaucoup de peintres de sa génération et alors il nous emmenait à la
07:26comédie française on était au poulailler parce qu'on n'avait pas beaucoup de fric et nous avec ma
07:30soeur on l'adorait robert hirsch c'est un farfadet c'est un marlequin il se tordait dans tous les
07:36sens
07:37on voulait voir que robert hirsch on l'avait vu dans sosie d'amphitryon de molière et son corps
07:44tremblait comme une gélatine mais c'était le personnage puis le temps de temps en temps ne
07:48fait pas trop mal les choses un jour je suis je rêvais de ça je suis devenu son partenaire en
07:55attendant
07:55godot en quoi vous lui ressemblez le plus à votre père à votre avis dans mes exaspérations il était
08:02c'était un homme impatient j'entends le son de ma voix râler ou gratter ce qui m'entoure parce
08:09que ça
08:09m'énerve ça me bat pas et là je suis venu en taxi tout à l'heure pour venir vous
08:13vous retrouver je
08:13voyais l'heure tournée j'ai pourtant j'ai pris 50 minutes et je voyais les gens qui conduisent comme
08:20des cons n'ayant pas peur de dire moi j'ai déjà appris à conduire pas tellement loin là on
08:25m'a expliqué
08:26quand on arrive dans un carrefour il faut contourner faire plutôt passer par la droite parce que sinon on bouche
08:31merci merci voilà et ces crétins passent leur vie à faire ça ils mettent pas leur clignotant mais
08:37me lancez pas sur le sujet le clignotant ils peuvent pas m'en ont envie de descendre de la voiture
08:40pour
08:40leur dire vous savez il y a un truc formidable qui vient de sortir ah bon le clignotant je vous
08:44le
08:45recommande ça peut servir et vous pierre arditi quel père est ce que vous avez été un père un père
08:51moyen
08:52voilà on m'a dit pour être aimable avec moi même mais mon fils les chéris je le chéris toujours
08:58mais on
09:00était acteur on commençait à se fabriquer ma première femme florence georgetti et moi même
09:04c'est difficile d'être présent au point où sont présents des parents modèles et choses comme
09:10ça donc on était là on adorait mais il ya des moments où partait on était en tournée un truc
09:14comme
09:14ça donc il en a beaucoup souffert vous regrettez vous mais je regrette pas de m'être consacré
09:19violemment à ce que j'ai eu envie de faire et je regrette d'avoir perdu un temps avec lui
09:24que
09:25j'aurais dû lui consacrer j'ai consacré beaucoup plus tard des années et des années plus tard c'est
09:29son grand-père qui a influencé violemment mon fils puisqu'il est devenu peintre lui aussi mon
09:36père quand on était dans l'atelier qu'on lui demandait mais pourquoi tu fais ça pourquoi tu
09:40pourquoi tu peins comme ça pourquoi tu mets ça là il disait écoutez si je pouvais vous dire
09:45pourquoi je peins comme ça je peindrai pas ce qui est une très belle phrase qu'il avait emprunté
09:49d'ailleurs au peintre delvaux j'ai pas eu besoin en réalité de pousser moi même parce que d'abord
09:54son grand-père l'a fait pour moi et puis un bon père c'est quoi c'est de prendre
09:58l'enfant dans
09:59les bras et de l'emmener là où il veut aller lui et pas où où le père lui-même
10:04voudrait l'emmener
10:04c'est si émouvant de vous entendre parler aujourd'hui je dois dire pierre arditi on reste
10:09ensemble jusqu'à 16 heures variété fesses à rentrer avec dans son cartable cartonné son questionnaire
10:15toujours aussi coquin et indiscret sa capsule ou carte blanche de fin d'émission sans compter les
10:20surprises restez avec nous on revient dans un instant augustin trappenard sur rtl variété
10:27variété avec l'un des plus grands acteurs français autant le dire tout de suite pierre arditi qui
10:31revient sur scène sur les planches du théâtre edouard 7 à partir du 24 septembre pour un rôle
10:36bouleversant le rôle titre de la pièce de florian zeller le père aux côtés d'isabelle carré notamment un
10:42rôle qu'a tenu au cinéma jean rochefort d'une certaine façon et puis anthony hopkins c'est pas
10:47pour vous mettre la pression pierre arditi mais bon on y pense vous y pensez aussi je suppose oui
10:51bien sûr j'ai pensé à quoi ça tient un grand acteur pour vous je sais pas je sais pas
10:57chacun fait
10:59fait ce métier avec ce qu'il veut dans ce métier il n'y a pas de règles mais il
11:03faut les connaître
11:05contacteur d'abord c'est pas à moi de le dire c'est à ceux qui viennent et qui regardent
11:08parle aussi
11:09aux spectateurs que vous êtes oui heureusement il ya un certain nombre de grands acteurs qui m'ont
11:14nourri moi je suis un acteur stanislavskien comme on dit c'est à dire la méthode stanislavskienne de
11:20contentin stanislavski qui était le metteur en scène de tchekhov d'ailleurs c'est de l'ancêtre
11:24du de l'acteur studio use it serre toi de toi vous convoquer des souvenirs des émotions vous avez
11:30vécu elles accompagnent en tout cas le danger c'est d'entrer en scène et de faire un psychodrame
11:36dans ces cas là on n'est plus un acteur un acteur c'est quelqu'un qui s'empare de
11:40quelque chose qui
11:41même qui lui appartient mais que quand il s'en empare qu'il le sculpte d'une manière différente pour
11:46que ça puisse devenir une pièce un film mais lui-même et pas lui même vous souvenez quand
11:51vous êtes monté sur scène pour la première fois très bien oui qu'est ce qui s'est passé vous
11:55pensiez
11:55j'avais la trouille je mes jambes tremblaient comme des feuilles je me suis dit tout le monde va voir
11:59je tremble ça va être une horreur et personne ne l'a vu bien sûr c'est moi qui tremblais
12:03mais
12:03intérieurement et c'était une pièce qui s'appelait tambour et trompette où j'étais
12:08adapté de ça d'une pièce de brecht mais je jouais pas un très grand rôle mais mon père était
12:13dans la
12:13salle oui parce qu'en fait c'est bien votre père et votre petite soeur catherine qui vous initie au
12:18théâtre qu'est ce qui les passionnait dans cet art là c'est l'art tout simplement l'art alors
12:22chacun voit l'art où il veut notre père adorer le théâtre donc ça lui a plu quand on l
12:28'a dit ma soeur a été
12:29plus vite que moi d'ailleurs à 15 ans elle a commencé à jouer elle catherine arditi oui elle
12:33elle savait déjà qui elle était ce qu'elle voulait continuer d'être moi je ne savais pas
12:39c'est le travail de toute une vie ça peut aller plus vite qu'on ne croit on peut creuser
12:44les choses
12:45mais c'est bien tout de même de savoir de quoi on s'empare est ce qu'on en fera
12:48quitte à ce que ce
12:49soit quelques années plus tard entre nous faut être un peu taré pour faire ce métier sans doute oui mais
12:55taré
12:56pas un bon mot il faut être gonflé surtout faut être gonflé pour penser que on serait suffisamment
13:02intéressant soi même pour intéresser les autres mais c'est que c'est le but dans quel état ça vous
13:06met de jouer parfois des états extrêmes oui bah oui puisqu'on tripote des matériaux qui sont
13:13parfois étrangers et le plus souvent familier qu'on sculpte qu'on tripote mais c'est quand même des
13:18choses qui viennent de plus profondes soi même moi j'imagine pas la vie autrement même aujourd'hui
13:24quand même j'en ai traversé un gros morceau de ma vie j'imagine pas la vie sans ça quoi
13:29je pourrais
13:30pas ce qui me frappe aujourd'hui plus que toutes les fois où je vous ai interviewé c'est votre
13:34fragilité c'est quelque chose que vous avez en vous depuis depuis toujours oui ça se travaille aussi
13:39la fragilité oui comme tous les gens fragiles je suis aussi extrêmement fort ça n'est pas contradictoire
13:46c'est complémentaire il faudrait une émission tout entière pour retracer votre carrière au théâtre au
13:52cinéma à la télévision sur scène vous avez joué shakespeare tchekov hugo anouille fedo ditry
13:58beckett marivaux molière je me suis demandé vous avez un regret vous avez un rôle dont vous auriez
14:05rêvé et que vous n'avez jamais fait c'est marrant oui c'est drôle que vous je crois pas
14:11non j'ai pu avoir
14:12des regrets quand j'étais plus jeune sur des rôles j'aurais voulu jouer je peux pas moi roméo il
14:19ya un rôle
14:20qu'on m'a proposé 25 fois que j'ennuie le roi lire donc ça j'ai l'âge de
14:23jouer et je j'ai honte de le
14:25dire dans un lieu comme celui là mais ça m'ennuie le roi lire les gens tuent comme maman mais
14:30non
14:32chacun fait comme il veut je ne regrette pas de ne pas l'avoir joué j'ai joué des gens
14:37et des choses
14:38que je n'imaginais pas jouer évidemment zeller mais yasmina reza par exemple très grand auteur et qui
14:45est resté gravé là aussi et quelques fois il ya des rôles qu'on ne peut pas faire ou des
14:49rôles
14:49qu'on ne veut pas faire et c'est pas plus mal je me souviens d'avoir interviewé une comédienne
14:52qui
14:52me disait en fait un grand acteur c'est aussi celui qui sait dire non tout simplement un projet parce
14:57qu'il est capable de le faire alors il est capable de juger pas capable c'est son droit il
15:01peut avoir
15:02cette raison là mais il me semble que la première des qualités à avoir quand on fait ce métier là
15:07c'est
15:07la lucidité c'est ça on peut dire non quand on n'a pas envie parce que ça vous intéresse
15:11pas mais
15:12quelquefois on peut douter on peut dire peut-être je pourrais me coller à ça si on dit non c
15:16'est que
15:16c'est non enfin quelquefois la lucidité elle nous aveugle pierre ardite et vous par exemple il
15:20paraît que vous n'aimez pas votre corps je trouve ça ce qu'on a le jeu mais il n
15:23'y a pas que mon
15:24corps que j'aime pas mais c'est même pas de la coquetterie de la fausse monestie je n'ai
15:27jamais aimé
15:28ni ma gueule ni ma voix ni le reste votre voix non je déteste ma voix avec l'âge elle
15:33devient un peu
15:33moins mal parce qu'elle commence à devenir rauque alors ça me ça me ça me plaît mieux mais si
15:38on a une voix
15:39elle était très aiguë en plus c'est vraiment une voix de de naze c'est naze on est naze
15:44quoi mais
15:45c'est pas grave alors vous détestez vous regardez vous écoutez je me regarde pas non non alors je
15:50me suis jamais beaucoup regardé mais là je me regarde plus du tout c'est fini ça cela dit la
15:54voix
15:54c'est intéressant pour vous parce que vous avez fait beaucoup de doublages vous avez notamment été
15:57la doublure voix de robert de niro de christopher reeve alias superman de maître chifu dans kung fu panda
16:03non mais moi j'ai pas oublié pierre c'est un je vois bien oui moi bien je suis tombé
16:09dans les
16:09pattes du loup c'est ça exact mais parmi tous les acteurs et les actrices avec qui vous avez
16:14partagé la scène ou l'écran je me demande quelle voix vous a le plus marqué la voix qui m
16:20'a le plus
16:21marqué mais avec lequel je n'ai pas joué malheureusement c'est serge radiani je l'ai vu extraordinairement
16:27joué c'est un très grand acteur qu'est ce qu'elle avait sa voix une voix d'extraterrestre il
16:31venait d'ailleurs lui d'ailleurs il venait d'ailleurs et c'est marrant parce que que ce
16:37soirée janie ou bouquet d'ailleurs qui avait eu aussi une des inflexions extraterrestres on aurait
16:43rêvé d'avoir ces voix là bon ils les ont eu pour nous le problème est régulé on va pas
16:46les imiter
16:47ça n'a pas de sens à la rennais tiens par exemple avec lequel vous avez tourné dix films smoking
16:52no
16:52smoking et mélo pour lesquels vous remportez un césar mais aussi mon oncle d'amérique la vie est un
16:56roman on connaît la chanson quelle voix il avait à la rennais très douce très calme je n'ai jamais
17:03vu énervé à la rennais et pourtant il ya des choses qui devaient le contrarier sur son travail
17:09beaucoup sur son travail d'ailleurs il était pas si je peux dire ça mais on avait toujours l'impression
17:14qu'il se noyait dans les acteurs qu'il avait décidé d'employer noyer au sens au beau sens du
17:19terme
17:20c'est à dire nager avec c'est resté gravé dans ma dans ma mémoire quand il il donnait des
17:26coups de
17:26téléphone en disant alors voilà pierre avec sa voix douche comme ça comme s'il voulait se présenter à
17:33moi alors qu'on avait déjà travaillé cinq ou six fois il aurait dit voilà je m'appelle à alain
17:38rennet je
17:38suis réalisateur de réalisateur de films alors qu'on voit un monument c'est un galopin d'abord il mangeait
17:46énormément très lentement mais il mangeait énormément et avec ma copine à zemac taquelles
17:51nous avons beaucoup tourné et en particulier avec rennais on avait fini une journée on allait au
17:56restaurant la cagouille je me souviens on allait bouffer des coques et machin comme ça et comme
18:01lui il vérifiait toujours son travail comme ça donc nous on bouffait parce qu'on n'en pouvait plus donc
18:06et lui il arrivait une heure après il mettait deux heures pour manger donc à nous on est absolument fous
18:12et
18:12les souvenirs d'enfantin j'adore vous entendre parler de lui et de toutes les fois où vous avez
18:17parlé de lui j'ai un souvenir en 1994 peut-être que vous aussi vous en souvenez moi j'ai
18:22eu la
18:22chance de croiser le regard d'alain rennet il ya une dizaine d'années alain rennet m'a toujours
18:27regardé comme un objet qui lui semblait précieux et j'ai eu l'impression que je devenais cet objet
18:33précieux cher alain le bonheur de ce soir je vous le dois mais je vous dois quelque chose de beaucoup
18:38plus important dans ma vie c'est qu'à intervalles réguliers dans cette vie vous êtes venu avec votre
18:43longue silhouette et à des périodes où probablement je m'égarais moi même où je savais plus trop bien
18:50qui j'étais vous êtes venu me rappeler j'étais cet objet précieux vous êtes vraiment ému pierre
18:55arditi bah oui c'est accès je me souviens très bien de ça très bien j'ai reçu deux deux
19:02témoignages
19:04comme ça l'un de rennet et rennet toujours tombé à des moments où je m'égarais de moi même
19:12ça veut
19:12dire quoi s'égarer de soi même ça veut dire qu'on est on se bourre la gueule avec des
19:16choses dont on
19:17découvre qu'elles n'ont pas d'intérêt et il faut un temps fou pour trier ça et l'autre
19:22c'est celle de
19:22mon père il ya une lettre de mon père qui est punaisée sur mon bureau où il m'écrit une
19:27lettre
19:27d'amour en me disant qu'il faut que je fasse attention de ne pas me perdre c'est si
19:32beau
19:33cette idée que quelqu'un vous rappelle à quel point vous êtes précieux j'ai cru quand j'ai entendu
19:38fin
19:38oui ils me regardaient comme un objet précieux ils m'ont tous les deux regarder comme un objet
19:42précieux qu'est ce qui est plus précieux en vous ma mère m'a dit un jour un homme qui
19:46ne pleure pas
19:46être un homme il n'est pas un homme puisqu'il ne s'attache à rien et je crois ça
19:50profondément donc
19:51ce qui est le plus précieux en moi c'est que je m'attache à tout on reste ensemble pierre
19:56arditi jusqu'à 16 heures là vous m'avez lancé je veux tout savoir j'ai mille questions à vous
20:00poser votre animal totem votre plus grand défaut votre plus grand crime c'est le curieux cocasse
20:06coquin questionnaire de variété réponse dans quelques instants sur rtl augustin trapnard sur rtl
20:14variété avec pierre arditi surtout de retour au théâtre à la fin du mois de septembre pour la pièce
20:19magnifique de florian zeller le père et c'est l'heure du questionnaire de variété qui est redouté par les
20:25artistes et à juste titre il ya eu des dérapages pierre vous répondez en une phrase une anecdote un
20:30mot est ce que vous êtes prêt toujours quels sont vos surnoms je n'ai pas toujours non c'est
20:35pas
20:35vrai on je suis les mensonges je commence on vous appelle forcément pierrot pierrot puis voilà
20:40déjà ça fait un surnom tout à fait un prénom à part j'en ai un pierre arditi comme d
20:45'ailleurs
20:45les jours mais c'est comme ça quel est votre livre de chevet le rouge et le noir de stendhal
20:50que
20:51j'ai lu à 15 ans ce que je désespérais mon père si je ne disais pas comme beaucoup d
20:55'adolescent donc
20:55je lisais tintin je lisais tout ça donc un jour il m'a dit mais lis stendhal au moins j
21:00'ai pris le rouge
21:01et le noir il a bien fait parce que j'ai lu stendhal au plus c'est là que j
21:04'ai déboré stendhal je me suis
21:06en était à cannes je laissais la famille aller se baigner puis moi je mettais dans un jardin avec le
21:11soleil parce qu'il fallait bronzer un stage là et alors comme j'aimais pas mon corps j'étais en
21:16t-shirt comme ça avec des manches courtes et à la fin des vacances je suis rentré à paris j
21:20'étais
21:20bronzé comme un cycliste un cycliste stendhalien quel est le parfum ou la saveur de votre enfance
21:27que vous n'oublierez jamais l'odeur de la présence de mes parents de mon père et de ma mère
21:33c'en est
21:33une c'est une odeur morale métaphysique artistique avec qui est ce qu'on vous confond parfois dans la
21:40rue alors on m'a confondu avec jean claude brialli jacques weber et essentiellement avec moi
21:47qu'est votre mot préféré vivant qu'est la plus belle chose que vous ayez vu dans votre vie la
21:54naissance de mon fils que j'ai d'ailleurs en partie accouché parce qu'à l'époque oui à longtemps
21:58il
21:59a été accouché à la clinique des métallos là où le ce médecin dont le nom ne me reviendra pas
22:06d'ailleurs à inventer l'accouchement sans douleur qui n'était en fait pas un accouchement réellement
22:11sans douleur c'est simplement c'est un médecin qui a appris aux femmes ce qui se passait à l
22:17'intérieur
22:17d'elle même quand elles accouchaient et le fait de savoir ce que ces douleurs représentaient d'une
22:23certaine manière ça leur enlevait cette appréhension et donc même cette douleur pratiquement n'existait
22:28plus et donc à l'époque il y avait des cours pour que le mari ou l'homme qui avait
22:33vous avez suivi les
22:33cours pierre j'ai suivi évidemment les cours j'ai guidé ma femme en lui disant là ça va être
22:38fort
22:39là ça va la reproche toi elle a fait ceci tout ça et la sage femme qui était là me
22:42dit mais si vous
22:43voulez on vous embauche pas embaucher mais c'était c'était magnifique quel défaut est ce que vous
22:50supportez pas chez les autres l'avarice quel était votre rêve d'enfant il n'est pas fini qui est
22:56votre
22:56héros alors on a parlé de robert riche tintin et votre héroïne ma mère qu'est ce qui faisait
23:03d'elle une héroïne est ce que je peux répondre à ça le regard qu'elle portait sur le monde
23:10et sur
23:11moi évidemment je suppose qu'un certain nombre de mères font ça avec leurs enfants je peux rien
23:17en dire je ne peux que pleurer sur ce souvenir qui n'est pas mort d'ailleurs au contraire enfin
23:24c'est une héroïne ma mère d'ailleurs pour être la femme de george randy qui fait l'être un
23:27héros quel
23:28est votre plat préféré la poule sauce suprême la poule au riz on appelait ça comme ça ma mère
23:33faisait ça extrêmement bien quelle est votre réplique de films favorite c'est c'est une
23:37boisson d'hommes parce que c'est dans les tontons flingueurs et c'est l'inno ventura qui dit ça
23:43c'est absolument génial mais parce qu'ils boivent une espèce de tord boyau quand ils sont autour de la
23:47table avec francis blanche avec les dialogues d'audiard qui était absolument géniaux et ils boivent le truc et puis
23:54ventura qui se retourne vers francis blanche et il fait c'est une boisson d'hommes c'est
24:00l'intonation de ventura qui était un acteur merveilleux merveilleux quel est votre animal
24:05totem le chat ça peut paraître banal mais le chat parce que c'est un roi c'est un roi
24:13pervers c'est
24:14lui qui décide s'il a envie de venir vous voir c'est lui qui vous fait la gueule c
24:20'est lui qui dort sur
24:21vous parce que comme ça il fait bouillotte il est le contraire absolu d'un chien les chiens j'adore
24:27ça mais lui il faut m'en dit un petit bisou parce qu'il a décidé qu'il n'en
24:31aurait pas il n'y en
24:32aura pas c'est le plus bel autoportrait de charard dittier qu'est ce que vous détestez chez vous
24:36bah vous je voulais dit à le corps la voix ce que je suis physiquement ce que je suis physiquement
24:41le
24:41reste on parlait de l'humilité j'en ai une mais elle n'est pas complète il ya des moments
24:47
24:48je me reconnais certaines vertus en partie dans mon métier après bon je n'ai pas la grosse tête je
24:54l'espère en tout cas non mais les moments où je me dis quand même que j'ai pas si
24:58mal ce que je
24:59fais j'ai répondu ça un jour quoi j'ai dit écoutez je m'aime bien comme ça c'est
25:04plus pratique ça
25:06me rappelle le jour où j'intervivais cette grande danseuse et chorégraphe qui me répondait oui
25:09j'ai réinventé la danse c'était c'était assez magnifique comment est ce que vous aimeriez mourir
25:15pierre arditi et qui aimerait mourir pas moi en tout cas je peux pas aimer mourir c'est une
25:21question qui est à laquelle je ne je ne supporte pas de répondre je ne mourrai pas quel a été
25:27votre
25:27plus gros mensonge bien eu beaucoup beaucoup mais des mensonges de d'agrément si je veux ainsi
25:33m'exprimer c'est à dire sur des choses au fond assez banal alors quelquefois je suis allé voir
25:37des collègues dont j'avais pas forcément aimé la prestation vous dites quoi dans ce cas là tiens je mens
25:42c'est à dire bah je fais pas de peine aux gens que j'aime mais je fais comme jules
25:46renard je crois
25:48qu'il disait ça allons complimentir voilà je vais donc complimentir c'est mieux parce que ça veut dire
25:53quoi écoute j'aime pas ce que tu fais non moi je vous le dis j'ai une technique je
25:57devrais pas le dire à la
25:57radio mais j'ai une technique c'est à dire que je regarde la personne dans les yeux et je
26:00lui dis
26:01après un silence tu dois être tellement content
26:06c'est horrible non c'est pas horrible c'est vrai qu'est ce qui vous brise le coeur pierre
26:12arditi les
26:13pleurs d'un petit enfant mais d'un tout petit enfant quelle est la promesse que vous n'avez jamais
26:18brisé je l'ai brisé mais en même temps c'est la seule qui m'intéresse c'est la fidélité
26:22et enfin
26:23pierre arditi quel est le plus grand crime que vous ayez commis je crois j'ai dû en faire pas
26:28mal un jour
26:29oui est ce que c'est le plus grand j'en sais rien j'ai quitté une femme qui ne
26:33m'avait fait que du
26:33bien dans ma vie un jour parce que j'en ai rencontré une autre avec laquelle je vis
26:37d'ailleurs actuellement ça s'est passé au palais royal devant la comédie française j'ai pour la
26:42première fois de ma vie je suis devenu un homme puisque j'ai cessé d'être lâche et je lui
26:47avoue
26:47que j'avais rencontré quelqu'un d'autre donc je l'ai assassiné il n'y a pas d'autre
26:51mot et donc je
26:53suis l'assassin du palais royal voilà c'est resté gravé pour toujours d'ailleurs lorsque notre relation est
26:58devenue de nouveaux fréquentables parce qu'elle a beaucoup souffert moi aussi d'ailleurs quand on
27:03est quitté on souffre beaucoup mais celui qui quitte souffre aussi une culpabilité comme ça elle
27:08m'a offert une perle blanche et une perle noire m'a dit ça c'est ce que tendance à
27:13être pour le
27:14moment mais tu peux être perle blanche donc j'ai gardé n'en dites pas plus attention d'ailleurs je
27:19m'adresse à tous les invités de variété attention à ce que vous dites je propose d'écouter pour la
27:23peine
27:23ginsbourg serge ginsbourg où que vous soyez dans votre lit dans le métro dans votre cuisine sur la
27:29route monter le son parce que vous la connaissez je suis venu te dire que je m'en vais que
27:33vous
27:33chantiez pierre arditi en playback à une sabine azema dans un état épouvantable on parlait de rupture en
27:39larmes dans le film d'alain rennet on connaît la chanson comment on fait un bon playback pierre s'il
27:43y a une personne à qui on peut demander c'est bien vous très difficile à c'est vrai oui
27:46très difficile
27:47parce que quand on a commencé dans le film à passer au playback je suis le premier à être passé
27:52à la
27:53boulinette alors je remuais les lèvres je connais le texte par coeur il a revu et rennais la séquence
28:00ça marchait pas parce qu'en réalité ça marchait pas parce que je ne chantais pas il a fallu que
28:04je
28:05chante mal parce que je chante mal mais avec la voix ou le son de la voix sort vraiment parce
28:11que sinon
28:11il y avait là les battements de la gorge comme ça n'existaient pas et donc on croyait à rien
28:17c'est une expérience de tournage incroyable on connaît la chanson ce que le film est devenu
28:20quand même culte il est resté oui tous les films de rennet ont été des expériences incroyables
28:25parce que smoking no smoking par exemple c'est un truc qu'on pourrait plus faire aujourd'hui mais
28:28c'est vrai deux films il m'avait été venu en me disant écoutez voilà je vais vous envoyer un
28:34scénario c'est une chose que vous n'avez jamais fait et que sans doute vous ne referez plus
28:40jamais vous auriez tort de le refuser et je n'ai évidemment pas refusé de quel
28:46oeil est ce que vous regardez les réseaux sociaux aujourd'hui c'est vrai vous n'êtes pas sur tiktok
28:50parce qu'il ya beaucoup de play back sur tiktok c'est bien possible mais je ne j'ai une
28:54petite
28:54danse comme ça pas besoin non pas besoin non non je ne je ne fréquente pas les réseaux sociaux sont
29:01les marécages des autres et ceux qui seraient les miens ne m'intéressent pas c'est que vous êtes
29:06délicieux ou pas je suis délicieux tant mieux tant mieux alors on reste ensemble jusqu'à 16 heures variété
29:12revient dans quelques instants je vous tiens je ne vous lâche pas 15 heures 16 heures variété sur
29:20rtl avec augustin trapnard variété avec pierre arditi dont on a appris qu'il n'avait pas de surnom et
29:28puis dont on a compris qu'en fait il était l'assassin du palais royal dont on sait désormais que
29:33son
29:33animal totem c'est le chat et qu'ils font devant les enfants qui ont un petit cartable si vous
29:38nous
29:39rejoignez maintenant sachez que vous pouvez rattraper le début de cette émission qui vaut son pesant de
29:42cacahuètes en podcast sur le site et l'application rtl ainsi que sur toutes les plateformes mais pour
29:47l'instant restez avec nous jusqu'à 16 heures et quand je dis nous je parle surtout de l'assassin
29:50du
29:51palais royal pierre arditi qu'on aura la chance de voir dans quelques semaines sur scène au théâtre
29:56édouard 7 dans la peau du père c'est le titre de la pièce de florian zeller un père embrouillé
30:01par
30:01l'âge et par la maladie comment on fait pour jouer ça comme vous l'avez trouvé bah je vais
30:05répondre comme
30:06mon père si je pouvais vous dire comment je fais je ferais pas je cherche un peu partout des choses
30:12que j'ai vu des choses que je connais des choses qui à certains moments ont envahi ma vie quelques
30:17fois d'ailleurs qu'ils ont contrarié les acteurs enfin certains acteurs en tout cas dont je fais
30:22partie on des valises c'est leur instrument de travail dans ces valises ils ont ce qu'ils ont vécu
30:29peut-être ce qu'ils vivront il ya toujours de la place dans la fameuse valise et quand on a
30:34besoin de
30:34quelque chose on ouvre la valise et on cherche à l'intérieur un objet un matériau un souvenir une
30:39odeur bien qu'il ya très peu d'odeur dans ma vie et on la sort et on s'en
30:44sert c'est à dire
30:45qu'il ya quelques souvenirs que vous convoquez régulièrement oui le même par exemple quel
30:49souvenir qui revient tout le temps les souvenirs qui reviennent tout le temps c'est c'est mon père
30:53et ma mère et d'ailleurs il n'y a pas tellement longtemps je avant que je joue le père
30:58et je jouais
30:59une pièce qui s'appelait je me souviendrai de presque tout qui est emblématique chez moi alors un
31:05jour je rentre en scène puis les trois premiers rangs au théâtre et contrairement à ce qu'on pourrait
31:10croire on les voit après au bout du quatrième du cinquième ça vient des ombres et au troisième
31:16rang il y avait mon père alors comment ça m'a beaucoup perturbé et j'ai continué de jouer de
31:22temps en temps je
31:23jetais des regards c'était lui il regardait ça et à la fin du spectacle le rideau est tombé et
31:31il
31:32s'est relevé j'ai regardé le rang et ça n'était pas lui mais c'était lui ça veut
31:37dire qu'il est
31:38ça veut dire qu'il est venu me dire bonjour j'ai toujours rêvé que mon père et ma mère
31:42d'un
31:42coin de rue me frais signe pour me faire savoir qu'ils sont vivants mais ils sont vivants la vie
31:46avec eux
31:48ne s'arrêtera que lorsque j'espère j'irai les rejoindre si tant est que ça existe ça veut dire
31:52qu'ils
31:53sera là votre père à la première du père de florian zeller oui peut-être dans l'ombre peut-être
31:57ses silhouettes qui s'est fait dans l'ombre pas dans l'ombre il est il est là déjà pendant
32:00que je
32:00répète dans cette pièce pierre arditi la vieillesse elle est vécue comme une perte une perte de capacité
32:05de repères petit à petit une perte de sens qu'est ce que vous perdez je commence à perdre un
32:12certain
32:12nombre de choses mécaniques d'ailleurs par exemple qui m'emmerde pas plus courir comme je courais
32:18avant je dis ça quand j'étais rue des martyrs mon père avait son atelier là j'avais j'avais
32:247 8 ans donc je cavaler je montais les escaliers 4 à 4 et alors cette époque là il y
32:29avait une
32:30dame plus âgée évidemment qu'ils aient ah ah là là tu vas vite toi dans l'escalier tu vas
32:34vite
32:34oui oui je continuais et puis maintenant quand je monte encore les escaliers à pied pour me dire
32:41que je fais quelque chose il ya des enfants qui me ressemblent qui montent et auxquels je dis bah tu
32:46vas
32:46vite toi et la mémoire vous la perdez la mémoire j'ai toujours une mémoire d'acier et là elle
32:54s'émouche
32:55alors bon c'est pas du tout dramatique je suis pas mais elle va moins vite alors ce qui m
32:59'intéresse
33:00c'est qu'est ce qu'on fait avec ces manques là justement comment on fait avec si ça se
33:04trouve ça
33:04ça vous aide ça vous fait progresser en fait en tant qu'acteur c'est donc une contrainte ça peut
33:09permettre d'inventer des nouvelles choses non gens qui vous disent c'est bien l'expérience il faut
33:15il faut pas les fréquenter faut se barrer en courant parce que c'est pas bien du tout voilà pour
33:20autant est ce que vous diriez que vous avez progressé en tant qu'acteur avec le temps oui
33:25j'ai progressé c'est à dire que j'ai viré l'escori jamais arrivé moi d'imiter claudry j
33:30'imiter
33:30pierre brasseur très mal après au bout d'un moment on se dit que celui qu'il faut imiter c
33:36'est soi
33:36c'est à dire pour s'imiter faut se trouver déjà c'est un boulot énorme j'avais vu un
33:41jour à la
33:42télévision jouer arthur rubinstein au piano il avait une grande crinière blanche comme ça alors quand
33:48j'ai vu à 40 ans il était là les mains volées la tête et à 80 ballets il y
33:55avait absolument plus ça
33:56du tout c'était plus la peine il était la musique bon alors je suis pas arthur rubinstein mais je
34:02pense qu'il ya toute une série de de tic de choses qu'on s'aperçoit qu'au fond elles
34:06sont inutiles et
34:07qu'il faut les enlever quelle chance vous avez j'y pense en vous écoutant parler aujourd'hui de
34:12faire ce métier d'artiste où mine de rien on se réinvente à chaque à chaque rôle à chaque
34:17partition vous parliez d'un pianiste ça c'est quand même une chance inouïe dans la vie non c'est
34:22une belle
34:23vie plein de belles vies en fait oui l'avantage elles sont des vies où on ne meurt pas et
34:27quand
34:28par hasard on a l'air de mourir on se relève et le public applaudit ce personnage que vous
34:32incarnez sur scène le père il s'en mêle je le disais dans ses propres souvenirs et un passage
34:36très beau au début de la pièce qui est pas encore tragique en fait c'est lorsque son infirmière lui
34:40demande ce qu'il a fait dans sa vie au lieu de répondre ingénieur son vrai métier il dit qu
34:45'il a
34:45été danseur de claquettes en fait il se réinvente mais c'est à dire qu'il est encore une fois
34:49il se
34:50promène il se balade dans ce monde qu'il a fabriqué et auquel il croit on a l'impression
34:55qu'il choisit certains souvenirs qu'il choisit d'en oublier d'autres oui ce qui est très étonnant
35:00j'avais vu ça chez mon père il se souvenait pas de l'immédiat il se souvenait très bien de
35:06ce qui
35:06lui était arrivé quand il avait cinq ans par exemple et quand il est parti un peu avant qu'il
35:10ne parte
35:11c'était beau d'ailleurs il chantait des comptines d'enfants il était retombé plutôt il s'était réélevé au
35:17rang
35:17d'enfants il y avait des choses comme ça qui était absolument délicieuse et déchirante mais
35:22après tout si quand on en arrive là on arrive à se réinventer une enfance allons-y de quoi vous
35:29choisirez de vous souvenir vous de tout mon père là aussi m'avait dit tu verras avec le temps même
35:35les choses que tu n'as pas aimé le deviendront attendrissante c'est vrai vous n'oubliez rien non
35:41j'oublie rien je crois que je vais oublie rien j'oublie les noms les noms propres vous avez
35:46souvent parlé de votre angoisse de mourir une angoisse née d'une phrase de votre mère quand
35:52vous l'avez interrogé enfant sur ce que c'était que la mort et elle m'avait répondu cette femme
35:57magnifique pensant que ça me rassurerait la mort c'est rien mon chéri c'est juste comme quand tu
36:02dors mais que tu rêves plus donc non seulement ça ne m'a pas rassuré mais ça m'a terrorisé
36:06pour le
36:07restant de mes jours même encore aujourd'hui donc pendant très longtemps j'ai décidé de ne pas
36:11dormir et dans la vie puis alors dit-il aujourd'hui vous rêvez de quoi est ce que je rêve
36:17encore là
36:17dessus je me désole surtout sur un certain nombre de choses qui me semblent être à la fois majeur et
36:24en même temps dérisoire par exemple le fait que qu'un certain nombre de gens qui sont responsables de
36:30nous d'une certaine manière de nos vies ne parviennent pas à s'entendre au moins sur des
36:36sujets vitaux ça me désole j'ai il me semble avoir connu une société plus solidaire et là
36:44on ne voit qu'une une cour de récréation qui n'en est pas une d'ailleurs c'est une
36:48cour de pas
36:48comment il faudrait appeler ça mais une cour ont fait un bruit qui ne sert à rien dans une cour
36:53de
36:53musique d'ascenseur rtl variété avec pierre arditi on veut pas que ça s'arrête alors on reste ensemble
36:58encore un tout petit peu jusqu'à 16 heures pour votre capsule votre carte blanche rien voulu me dire
37:04alors je vais la découvrir comme les auditeurs dans quelques instants augustin trappenard sur rtl variété
37:12variété sur rtl encore quelques minutes avec pierre arditi on va lui laisser le micro parce que c'est la
37:17tradition dans cette émission un texte une chanson un numéro de claquette tout est possible c'est la
37:22capsule temporelle de variété c'est un moment d'écoute d'ouverture de rêve pierre c'est à vous mon
37:27père est mort
37:28dans mes bras vingt minutes après le début de la nuit de l'avant debout comme un chêne foudroyé
37:36qui frappé par le destin l'aurait accepté mais tout en refusant de tomber je l'ai pris dans mes
37:42bras
37:43déraciné de la terre qu'il avait soudainement quitté porté comme aîné porta son père en quittant trois
37:49ensuite je l'ai assis le long d'un mur et puis quand il fut clair qu'il ne reviendrait
37:53pas je l'ai allongé de
37:54toute sa longueur sur le sol comme pour l'alité dans le néant qu'il semble avoir rejoint sans s
38:00'en apercevoir
38:01en quelques secondes j'avais perdu mon père ce que j'avais si souvent craint était arrivé en ma présence
38:09il mourait là avec moi dans mes bras seul à seul
38:13il profitait de ma présence pour quitter le monde en me le laissant
38:18longtemps vieux garçon mon père le fut tardivement à l'âge de 38 ans quand j'avais 10 ans
38:23il en avait donc 48 58 quand j'en avais 20 autant dire dans le regard des enfants et des
38:28adolescents de mon âge
38:30un vieux monsieur qu'en pension mes congénères prenaient parfois pour mon grand-père
38:35souscrire à ce regard des autres qui en faisaient mon grand-père et non mon père c'était le trahir
38:40ni pas souscrire c'était être un fils de vieux comme le disent les enfants
38:44qui évoluent dans la cruauté tel un piranha dans l'eau
38:48avoir un père âgé oblige jeune à faire face à la méchanceté de ses semblables
38:52plus tard on comprend que ce fut une chance un cadeau
38:56on découvre alors qu'on a un père sage posé calme serein
39:00débarrassé des affaîteries des jeunes années
39:02ayant assez vécu pour n'être plus dupes des miroirs aux alouettes
39:06clignotant partout dans la société
39:09c'est un texte de Michel Onfray
39:11oui qui est la préface d'un de ses bouquins magnifiques qui s'appelle Cosmos
39:16malheureusement je ne sais pas écrire comme ça
39:18si j'avais pu j'aurais écrit comme ça sur mon père
39:20donc c'est resté
39:21de temps en temps je le lis en public parce que ça me plaît
39:25vous n'avez pas écrit mais vous le dites bien
39:27je voudrais vous remercier Pierre Arditi pour vos mots
39:30pour votre présence si émouvante aujourd'hui
39:32je rappelle aux auditeurs qu'on pourra vous voir au théâtre Édouard VII
39:35jouer le père pièce magistrale écrite et mise en scène par Florian Zeller
39:40avec Isabelle Carré notamment
39:41ce sera à partir du 24 septembre et jusqu'au 3 janvier
39:45merci à ma productrice Marie-Caroline Mandon
39:47à Nicolas Godet au son et Yann Lemarchand au montage
39:51ainsi qu'à Manon Grandière pour la préparation de cette émission
39:53et merci à vous chers auditeurs de nous avoir écoutés
39:56je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Variété
39:59un podcast disponible sur l'application RTL
40:01sur rtl.fr et toutes nos plateformes partenaires
40:05et merci à vous
40:09merci à vous
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