Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Bruno Gaïa est un écrivain et un artiste originaire de la banlieue parisienne. Il a enseigné plus de vingt ans au collège, en zone d'éducation prioritaire dans ce qu’on appelle poliment les établissements "difficiles". Il publie "Blanc cassé", un roman paru aux éditions de la Nouvelle Librairie, qui suit le destin croisé de Nicolas, 12 ans, harcelé parce qu'il est un "petit blanc" minoritaire dans son collège, et de Benoît, professeur confronté chaque jour au communautarisme et à l'impuissance de l'institution. Une fiction... mais l'auteur vous aura prévenu : tout est vrai !

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00– Et pour le Zoom du jour, j'ai le plaisir de recevoir Bruno Gaillat.
00:10Bonjour, monsieur. – Bonjour.
00:12– Alors, vous avez écrit Blancassé, c'est un roman qui est paru
00:15dans la collection Livre Noir de La Nouvelle Librairie.
00:18Il est vendu à 21,90, comme ça vous saurez tout.
00:21Bruno Gaillat, vous êtes poète également, musicien aussi,
00:25vous venez de la banlieue parisienne.
00:27Et ce roman, alors certains disent que c'est un roman,
00:30on départagera ensuite la part de fiction et d'autofiction éventuellement.
00:35Et ce roman, il parle d'un personnage, c'est Benoît,
00:38qui enseigne depuis une vingtaine d'années dans le collège Jean Jaurès,
00:43un collège difficile, comme on dit, un collège en ZEP,
00:47un collège en banlieue parisienne, pour être tout à fait précise.
00:50Alors, la rentrée scolaire, pardonnez-moi, c'est encore en ce moment même.
00:54Est-ce que vous enseignez, parce que, voilà, je le disais,
00:57il y a une part d'autofiction, est-ce que vous enseignez aujourd'hui en corps,
01:02en Bruno Gaillat ?
01:04Alors déjà, je constate votre lapsus, la rentrée colère.
01:08Oui.
01:09Beau lapsus.
01:10Sur la question de ma situation administrative précise à date,
01:16je préfère ne pas me prononcer, puisqu'elle est en partie judiciarisée,
01:20que mon conseil juridique me dit de ne pas communiquer sur cette partie-là.
01:25Je suis officiellement enseignant au moment où je vous parle.
01:29Alors, vous insistez sur le fait, effectivement, que c'est un roman,
01:32et non un essai ou un témoignage.
01:34Pourquoi avoir fait ce choix de la fiction ?
01:37On rappelle que c'est une fiction qui s'inscrit dans le cadre de la collection
01:40Livre noir de la Nouvelle Livrerie.
01:43Alors, ce choix de la forme romanesque, tout d'abord parce que c'est ce que j'ai l'habitude
01:48de lire
01:48et aussi ce que j'ai l'habitude d'écrire.
01:50C'est mon second roman.
01:51Je n'avais écrit un il y a une dizaine d'années, déjà.
01:54La forme romanesque, pour moi, me permettait de mieux maîtriser, disons,
01:59la quantité de poétique et puis la trame narrative.
02:02Toutefois, il est évident, et c'est assez clair dans le pré-propos,
02:09que ce roman, s'il reste un roman,
02:13ce qui aussi protège à la fois moi et puis les différents protagonistes
02:17qui pourraient se rencontrer, se retrouver, se reconnaître, bien entendu, dans le roman.
02:23Ça protège aussi cela.
02:25Mais c'est issu à 98%, disons, effectivement, de mon expérience personnelle
02:31au sein de l'éducation nationale.
02:33Donc, 23 ans essentiellement dans des établissements en réseau d'éducation prioritaire ou assimilé.
02:38Oui, et pourtant, c'est ce qui est signifié à la fin du résumé.
02:42Ce serait déjà terrifiant si seulement la moitié de ce livre était vrai.
02:45Et pourtant, tout est vrai.
02:49Le multiculturalisme, la violence.
02:52Racontez-nous un peu le quotidien d'une classe dans un collège de banlieue en ZEP.
02:57Comment est-ce qu'on tient, une classe ?
02:59Ça va être long.
03:01Déjà, on la tient quand on peut la tenir.
03:03C'est-à-dire, quand les conditions matérielles y sont
03:09et qu'il est possible de la tenir,
03:11beaucoup d'enseignants, surtout jeunes,
03:14ne tiennent pas du tout leur classe.
03:15C'est malheureusement un...
03:18Voilà, on le sait.
03:19Et c'est vrai, j'ai pu le constater.
03:22Pour donner un exemple standard,
03:25pendant plusieurs années, j'avais une salle, c'était ma salle.
03:27Et la salle qui était juste à côté,
03:29où j'avais une porte de transition entre ma salle et la salle d'à côté,
03:35la salle d'à côté, on était souvent une petite, en général, jeune,
03:39parce que forcément, dans les langues, c'est beaucoup de femmes.
03:43Et on comptait un petit peu sur moi pour faire la sécurité, si vous voulez.
03:46Donc je me suis retrouvé parfois à désarmer des situations d'une très, très grande violence
03:49parce qu'effectivement, la personne, elle venait d'être lancée dans le grand bain,
03:53dans un établissement extrêmement difficile.
03:55Et la salle, la classe, ça ne la tenait pas.
03:57Après, le quotidien, si vous voulez, c'est le quotidien d'un professeur tout à fait classique,
04:05normal, enfin en tout cas en 2020 ou en 2010, en fonction,
04:08parce que c'est sur 20 ans.
04:10Donc là, on est sur un professeur de langue,
04:13un professeur d'anglais dans le livre,
04:14et puis un professeur d'anglais dans la réalité aussi.
04:17Comment on tient une classe ?
04:20Au bout de trois ans dans le même établissement,
04:22souvent, on tient une classe par sa pédagogie, bien sûr,
04:26mais aussi par sa réputation.
04:28Mais bien sûr, la légende qu'on s'est faite.
04:30Voilà, la légende qui se fait.
04:31Vous dites que c'est beaucoup le bruit et les odeurs.
04:33Alors vous faites évidemment référence à l'adolescence et aux odeurs de transpiration.
04:39Et au bruit, on sait que les enfants sont très bruyants.
04:43Il y a aussi beaucoup de novlangues, finalement, dans l'éducation nationale.
04:47Vous en assassinez certaines au passage dans votre roman,
04:52notamment quand on parle de jardin, pour parler des cités.
04:58Enfin, voilà, l'enseignement est très friand de ça.
05:00Est-ce que vous avez d'autres exemples amusants, peut-être, à nous signifier maintenant ?
05:05De neuf langues ?
05:06Oui.
05:06Oh, les exemples de neuf langues, je pense que tout le monde les connaît.
05:08Récemment, je crois que le ministre de l'éducation nationale lui-même,
05:12M. Geoffrey, en un seul mot,
05:17a utilisé le geste scripteur pour parler d'écriture.
05:19Le geste scripteur, on connaît tous le référentiel bandissant.
05:22Le référentiel bandissant.
05:23Ça, on les connaît tous.
05:24Après, la question de la neuf langues, je…
05:26Le geste scripteur.
05:27Le geste scripteur, oui, ça, c'était pas mal.
05:29Je l'avais loupé.
05:29Non, oui, oui, non, non, mais si.
05:32Et la neuf langues, finalement, n'est peut-être pas aussi délétère.
05:37Elle est terrible, hein.
05:38C'est pérubu, évidemment.
05:40Mais elle n'est pas forcément aussi délétère que la neuf pensée.
05:42C'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier que la neuf langues…
05:45Moi, forcément, en tant que professeur de langue et en tant que passionné de littérature
05:50depuis mon plus jeune âge, je m'intéresse, bien entendu, à la relation entre le signe et le signifié.
05:57La neuf langues, elle n'est que la partie immergée de l'isberg.
06:03Émergée, pardon, de l'isberg.
06:04C'est-à-dire qu'en dessous de la neuf langues, c'est-à-dire en dessous de cette expression
06:08qui paraît effectivement totalement délirante pour les gens qui l'entendent,
06:12les gens du commun, les gens du bon sens.
06:14Quand ils entendent le geste scripteur, le référentiel montant et tous les autres,
06:17il y en a des tonnes.
06:18Pour trouver des tonnes d'exemples, ils ne se rendent pas compte que ça,
06:21c'est juste la manière d'exprimer la pensée qui est en dessous
06:24et c'est elle qui détruit l'éducation pour une grande partie.
06:28Ce qui détruit l'éducation aussi actuellement et qui fait beaucoup la une de l'actualité,
06:33ce sont les harcèlements scolaires, les situations de harcèlement scolaire.
06:37D'ailleurs, c'est assez clair dans le roman et vous permettez au lecteur de s'en rendre compte.
06:43C'est un harcèlement qui est durable aujourd'hui à cause des portables
06:47qui font durer le supplice d'une certaine façon.
06:50Est-ce que vous avez réellement les clés finalement pour faire quelque chose,
06:54vous, en tant que professeur, est-ce que vous arrivez à vous en rendre compte tout d'abord ?
07:00Alors effectivement, Blancassé, c'est les destins croisés de deux personnages principaux,
07:06donc le personnage de Benoît qui est le professeur et le personnage de Nico
07:10qui est un élève qui, bien entendu, est une construction de différentes anecdotes,
07:16de différents enfants.
07:18Est-ce qu'on a les moyens de s'en rendre compte ?
07:20Oui et non.
07:22Parce qu'avoir les moyens de se rendre compte qu'un enfant est en souffrance,
07:25la plupart du temps, comme je le décris dans le roman par exemple,
07:28un exemple tangible, c'est le moment où moi, et là c'est moi, pas Benoît,
07:33moi je réalise effectivement que dans certaines de mes classes,
07:36certains enfants passent toute leur journée à regarder droit devant eux
07:41parce que si jamais ils tournent la tête, il va y avoir un...
07:44Vous savez, ce petit son qui fait...
07:46Et ensuite, il va y avoir... Tu me regardes ?
07:48Un petit voisin chipper.
07:50Voilà, le chipper arrête de chipper, malheureusement.
07:53J'essaie de rendre le propos un petit peu léger,
07:54mais comprenons bien que pour cet enfant,
07:57c'est la quasi-assurance d'un châtiment corporel à la sortie de son cours.
08:01Voilà.
08:02Donc, j'ai réalisé à un moment que, effectivement, j'étais face à certains enfants,
08:08en particulier ceux qui sont mis en minorité ethnique dans leur classe,
08:11et en particulier ceux qui sont, dans le cas d'espèces, effectivement, blancs, autochtones,
08:16d'où le titre blanc cassé, sont vraiment face au tableau,
08:22comme tout le monde devrait l'être,
08:23mais eux, singulièrement, ne peuvent pas bouger la tête
08:25parce que s'ils bougent la tête, ils prennent un risque.
08:27Donc, soit ils regardent leur table, soit ils sont effondrés sur leur table,
08:30soit ils regardent le tableau, mais ils essayent de ne pas trop bouger la tête.
08:33Parce que trop bouger la tête, c'est vraiment prendre un risque,
08:35dans certains cas, pour leur santé et pour leur intégrité physique.
08:38Donc, ça, on s'en rend compte.
08:39La question, là, je réponds à votre question,
08:41on s'en rend compte, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait derrière ?
08:43Voilà.
08:44Qu'est-ce qu'on fait derrière quand on sait que la règle, ce n'est pas de vague ?
08:46La règle, c'est l'omerta.
08:48La règle, c'est si tu parles, si tu parles en particulier de ça,
08:51si tu parles de Nico, quel que soit son vrai prénom,
08:54ou de Nicolette, quel que soit son vrai prénom,
08:56si tu dis qu'elle ne peut pas bouger la tête,
08:57parce que sinon, on va te chipper et derrière, on va la taper dans le couloir,
09:01peut-être que finalement, tu n'es pas dans notre camp.
09:03Peut-être que tu ne comprends pas la richesse multiculturelle
09:06que tu as face à toi.
09:07Peut-être que c'est toi qui surinterprète la douleur de Nico
09:11que tu vois pourtant dans son regard,
09:13quand il arrive devant nous le matin,
09:16avec les yeux rougis déjà par les larmes à 8h.
09:19Oui, vous mentionnez pas mal de scènes de pichitage
09:23à grands coups de parfum, mais parfois aussi aux gaz lacrymogènes.
09:27En fait, finalement, ce que vous soulevez dans ce roman,
09:30dans Blancassé, c'est un peu la question de l'impuissance,
09:34sans oublier le rôle de tous les adultes
09:37qui sont chacun dans leur strat impuissant,
09:41que ce soit les parents de Nicolas,
09:44mais aussi le couple formé par Benoît,
09:47c'est-à-dire sa compagne, sa femme qui est un peu impuissante
09:50vis-à-vis de sa situation de prof,
09:53qui vit mal cette situation.
09:56Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour changer ça ?
10:00Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour redonner le pouvoir
10:01aux adultes, finalement ?
10:03Alors, c'est une très bonne question.
10:06J'ai deux réponses à ça.
10:07La première, si j'avais une réponse de but en blanc
10:09qui semble évidente à tous les téléspectateurs
10:12qui vont regarder cet entretien,
10:15de toute évidence,
10:16j'en aurais déjà lu, j'en aurais déjà vendu un million.
10:19Je n'ai pas de baguette magique,
10:21comme ils disent tous.
10:22Je n'ai pas de baguette magique.
10:23À la fin du livre...
10:24En fait, il y a le dernier chapitre.
10:25À la fin du livre, voilà.
10:26Qui est une forme de baguette magique.
10:27J'allais y venir.
10:29À la fin du livre, je ne vais pas spoiler.
10:33Divulgacher.
10:34Je ne veux plus jamais utiliser Divulgacher.
10:36Je l'ai utilisé une fois, je ne le referai plus jamais.
10:38Sur les doigts par les téléspectateurs,
10:40mais ce n'est pas grave.
10:41C'est très laid, c'est très laid, Divulgacher.
10:42C'est à votre responsabilité.
10:43Alors, je ne veux pas Divulgacher.
10:44Allez, je fais l'effort pour vous.
10:46Encore une fois.
10:47Voilà.
10:47Donc, à la fin, effectivement,
10:49il y a une ouverture sur une note d'espoir.
10:52Et cette note d'espoir,
10:53elle est la reprise en main du bon sens
10:58par la mère qui redresse la tête.
11:00Mais bon, comme je viens de le dire,
11:02je ne veux pas spoiler.
11:02Mais effectivement, je n'ai pas de baguette magique.
11:05Alors, vous venez de le dire,
11:06et j'en suis fort aise et vraiment très heureux.
11:10Si la fin de ce roman Blancassé
11:12pouvait être une forme de baguette magique.
11:14Sans doute.
11:15Pour cette question-là,
11:16si ça pouvait l'être,
11:16c'est comme ça que je l'écris.
11:19Donc, je vous remercie de l'avoir compris comme ça.
11:21C'est comme ça que je l'écris.
11:22Si on prend tous la tête à notre niveau,
11:23sans doute que les choses se passeraient mieux.
11:25Alors, vous parlez finalement dans votre roman
11:27de beaucoup de petits mensonges institutionnels,
11:30de petites lâchetés ordinaires.
11:33Est-ce que vous avez des exemples particuliers
11:36à nous citer ?
11:38Que ce soit dans les salles de profs
11:40ou avec les DAZN,
11:42c'est les super directeurs d'établissements,
11:46et les CPE,
11:48et tous ces strates administratives décisionnaires.
11:51Tout à fait.
11:52Alors, je vais vous faire une réponse
11:54un petit peu post-moderne.
11:55Je ne vais pas vous répondre à un exemple,
11:57parce que sinon, j'espère qu'on a deux heures devant nous.
11:59Je vais vous dire, en fait,
12:01la question, c'est que c'est extrêmement diffus, en fait.
12:04Quasiment, à un moment, effectivement,
12:06comme vous parliez tout à l'heure de la neuve langue,
12:07et moi, je vous répondais à la neuve pensée,
12:09c'est tellement diffus que par moments,
12:11on a l'impression que la totalité de la réalité
12:13devient un mensonge, en fait.
12:17Dans certains cas,
12:18j'aurais plus vite fait de vous donner des exemples
12:20de choses qui sont des paroles de vérité,
12:22des actes de vérité,
12:24que de vous trouver des exemples
12:25de choses qui sont des mensonges.
12:27J'aurais beaucoup plus vite fait
12:28de vous trouver les quelques exemples
12:29que j'ai pu voir, en particulier,
12:30singulièrement, au cours des dix dernières années,
12:32de choses qui se sont passées normalement.
12:34Comme on s'imagine que ça devrait se passer
12:36dans un monde normal,
12:38j'aurais beaucoup plus de facilité
12:39à vous trouver les exemples de normalité
12:40que les exemples de mensonges
12:42qui mènent à des situations
12:43qui sont totalement catastrophiques et anormales.
12:46C'est inquiétant, en effet.
12:48Alors, vous citez pas mal dans votre livre
12:50un personnage,
12:51c'est le personnage de Daniel
12:53qui nous tient en haleine
12:55tout au long du roman.
12:57C'est un ancien collègue de Benoît,
13:00d'après ce qu'on comprend.
13:01Est-ce que vous pouvez nous en dire
13:02un petit peu plus,
13:04parce qu'il a quitté le collège,
13:06en tout cas ?
13:07Oui, il a quitté le collège.
13:09Voilà.
13:10En faisant un petit dégâchage,
13:11on comprend très vite...
13:12C'est peut-être plus tragique que ça.
13:13Voilà.
13:13On comprend très vite
13:14que Daniel a perdu la vie.
13:17Et Daniel,
13:19pas sous ce prénom-là,
13:20pas sous cette forme-là,
13:20mais Daniel a existé dans ma vie,
13:22oui, tout à fait.
13:24Et d'autres.
13:25Pas que Daniel.
13:26J'ai eu aussi quelques responsabilités syndicales
13:28qui m'ont permis
13:29d'avoir un regard plus élargi
13:33sur tout un département,
13:34sur deux départements,
13:36en banlieue parisienne,
13:37et de voir qu'effectivement,
13:38Daniel,
13:39bon, ça ne se finit pas toujours
13:40de la manière la plus tragique,
13:42bien entendu.
13:42Mais ça se finit plus souvent
13:43de manière tragique
13:44qu'on ne le sait.
13:46Et il y a une couche
13:47en dessous de la tragédie
13:48qui pourrait devenir visible,
13:50qui est extrêmement dévastatrice
13:52pour la vie des professionnels
13:54et de leur famille.
13:55Et celle-là,
13:56alors bien entendu,
13:57pas de vague.
13:58Vous vous appelez,
13:59dans le roman,
14:01mais j'imagine que c'est sans doute
14:02une expression
14:02que vous avez employée vous-même,
14:05les derniers des Mohicans,
14:07entre profs,
14:08entre certains profs,
14:09en tout cas.
14:10Que se passera-t-il justement
14:11s'il n'en restait plus
14:13en sol de Mohicans,
14:15de professeurs
14:15qui gardent sa tête droite ?
14:18Ah ben,
14:18en un seul mot,
14:18la décivilisation.
14:20C'est-à-dire que si...
14:21Vous aurez effectivement
14:23une civilisation
14:23à deux étages.
14:26Vous aurez
14:26l'école publique,
14:28donc voilà,
14:29l'éducation nationale publique,
14:31dans laquelle,
14:32s'il n'en reste plus
14:32de ces derniers Mohicans,
14:33vous aurez la décivilisation
14:35la plus totale,
14:35et puis vous aurez
14:36effectivement un système
14:38à deux étateurs
14:38qui sont en train
14:39de se mettre en place,
14:39on le sait tous,
14:40un système véritable,
14:41mais là,
14:42véritablement à deux vitesses,
14:43vous aurez des gens
14:44qui auront encore,
14:45et on sait que ça se dégrade
14:46aussi énormément
14:46dans le privé sous contrat,
14:48mais vous aurez des personnes
14:48qui auront encore accès
14:49à,
14:51dans l'enfance,
14:52à un rapport
14:52à la civilisation
14:53tel qu'on l'entend,
14:54puis d'autres
14:54qui n'en auront pas du tout,
14:55ou très peu,
14:56ou si peu,
14:57de toute manière,
14:57on ne pourra pas
14:58les appeler autre chose
14:59que des semi-barbares,
15:00de toute évidence.
15:01– D'ailleurs,
15:02vous avez un constat
15:03assez terrible
15:05en discutant,
15:06en faisant discuter
15:07Benoît,
15:07qui est prof de collège,
15:08je le rappelle,
15:09avec une autre collègue
15:10qui est prof de lycée,
15:11qui dit,
15:12mais moi,
15:12c'est plus facile
15:12parce qu'en fait,
15:13le tri a déjà été fait
15:14grâce aux filières professionnelles.
15:16Est-ce que c'est réellement
15:17comme ça que ça se passe ?
15:18– Oui,
15:18le terme n'est pas de moi,
15:20le terme n'est pas de moi,
15:21mais je l'ai entendu
15:21à de nombreuses reprises,
15:22oui, tout à fait.
15:23– Le tri.
15:23– Le tri a été fait.
15:24– C'est cynique, hein ?
15:25– Oui, c'est très cynique,
15:26mais c'est, vous savez,
15:27j'ai eu des amis
15:29dans le domaine hospitalier
15:31et on dit souvent
15:31que les gens
15:31dans le domaine hospitalier
15:32sont très cyniques,
15:34ont un humour très noir,
15:35etc.,
15:35pour arriver à trouver
15:37une distanciation
15:39avec la proximité
15:40qu'ils ont
15:40avec l'horreur et la mort,
15:42mais c'est un petit peu
15:43la même chose
15:43dans l'éducation nationale
15:44et comme je le dis
15:45singulièrement,
15:46ces dernières décennies
15:48que je date
15:49à partir à peu près
15:49de 2013,
15:50en tout cas dans mon roman,
15:51ce que j'appelle
15:51la décennie de la chute,
15:53pour arriver à tenir
15:53dans ces circonstances-là,
15:54il faut effectivement
15:55être cynique
15:56et à l'inverse,
15:57vous allez avoir
15:58de jeunes collègues
15:59qui arrivent
15:59extrêmement formatés
16:00idéologiquement
16:01qui font l'excès inverse,
16:04c'est-à-dire que
16:04pour survivre,
16:06ils vont remplacer
16:07le cynisme
16:07par une espèce
16:08de fable,
16:09de conte
16:10dans lequel la réalité
16:11n'existe plus du tout
16:12et tout est vu
16:13au travers
16:14des lunettes déformantes
16:16de leur spectre idéologique.
16:18C'est-à-dire
16:19c'est vraiment
16:19les lunettes
16:20du magicien d'Oz,
16:21il voit tout en vert
16:22comme un fond vert
16:23et voilà,
16:25ils ne voient plus
16:26que comme ça.
16:27Alors,
16:27ça marche un temps,
16:29pour beaucoup,
16:30ils sont quand même
16:30assez relativement
16:33échaudés,
16:33ils se mettent
16:33à craindre d'eau froide,
16:34mais oui,
16:38une certaine forme
16:39de distanciation
16:40est nécessaire.
16:40Le niveau de souffrance
16:41qu'on a devant nous
16:42par moment,
16:43pas tout le temps,
16:44jamais tout le temps,
16:44jamais tout le monde,
16:45jamais personne,
16:46toujours,
16:46pas de généralisation absolue,
16:48c'est toujours ridicule
16:49les généralisations.
16:50Mais ce qui est sûr,
16:51c'est que le niveau de souffrance
16:52qu'on a quand même
16:52très régulièrement devant nous,
16:53il nécessite de créer
16:54une distanciation
16:55par rapport à ça
16:55parce que sinon,
16:57le pire est à prévoir
16:59malheureusement.
16:59De la distance
17:00avec les élèves
17:01mais aussi avec les parents
17:02d'élèves,
17:02vous parlez beaucoup
17:03dans ce roman
17:05de dénonciation,
17:06de racisme à tout va,
17:08ça monsieur,
17:08c'est racisme,
17:09c'est raciste,
17:10c'est raciste,
17:11mais aussi de la gestion
17:12de la laïcité
17:14qu'on vous impose,
17:15c'est un nouveau rôle,
17:16une espèce de nouvelle robe
17:17qu'on vous fait enfiler,
17:20alors il faut lutter
17:20contre les abayas,
17:22il faut proposer
17:23les minutes de silence
17:25pour Dominique Bernard
17:26et Samuel Paty,
17:28c'est pas forcément évident
17:30tout ça
17:30quand on n'est pas soutenu,
17:31quand on revient
17:33sur le début
17:33de notre entretien
17:34et qu'on se dit
17:35ah oui mais avec tout ça
17:36comment est-ce qu'on fait ?
17:38L'image que vous avez utilisée,
17:40on nous met une robe,
17:41le problème c'est
17:42qu'on nous met une robe
17:42mais il n'y a pas de tailleur en fait.
17:44Déjà on nous met une robe
17:45elle est la même pour tous,
17:47partout, pareil,
17:48ce qui n'a pas de sens,
17:49c'est imaginer,
17:51voilà,
17:51vous êtes une grande,
17:55belle jeune femme
17:56et je vais vous mettre
17:58une robe qui est destinée
17:59à une femme d'un mètre cinquante,
18:00ça ne va pas vous y aller très bien.
18:02Mais en fait de ça,
18:03le système tel qu'il est fait,
18:05il est quand même,
18:06voilà,
18:07c'est un petit peu ça,
18:07c'est tout le monde
18:08met un petit peu le même uniforme,
18:09en tout cas dans l'éducation
18:10nationale publique,
18:12tout le monde est censé mettre
18:12un petit peu le même uniforme
18:14et le tailleur en plus de ça
18:15n'a pas véritablement fait l'effort
18:16de réfléchir
18:17comment l'uniforme,
18:18quand il s'agit de la laïcité
18:20ou de la lutte
18:20contre le communautarisme,
18:22comment l'uniforme
18:22allait s'adapter
18:23à la situation précise
18:24parce que déjà
18:25ce n'est pas forcément sûr
18:27qu'il aille
18:28tout simplement
18:30les marqueurs statistiques
18:31qui lui permettent
18:32de réellement
18:33s'adapter
18:34à une situation
18:35sous sa forme réelle
18:36telle qu'elle est
18:37vécue par les gens
18:38de la base.
18:39– Oui, on aimerait bien
18:40parfois envoyer
18:41certains ministres
18:42de l'éducation
18:43en stage intensif
18:44d'une semaine
18:45dans certains établissements.
18:46– C'est clair.
18:47– Vous dites que
18:48le collège
18:49c'est un lieu de vie
18:51où l'on reçoit
18:53des leçons de vie
18:54ou alors
18:54dans certains cas
18:55des leçons de survie.
18:57Est-ce que c'est un peu fort
18:59ou c'est réellement ça ?
19:00– Non, c'est réellement ça.
19:01Non, je n'enlève pas
19:02un mot à ça.
19:04Dans le roman,
19:05dans la forme romanesque
19:06je n'enlève pas
19:06un mot à ça
19:07parce que pour s'imaginer
19:09juste il est content
19:10sa phrase est jolie
19:11non, pas du tout
19:11non, je n'enlève pas
19:12un mot à ça
19:12non, absolument pas.
19:13J'ai vu vraiment
19:14pendant 20 ans
19:15pas que pendant
19:16la décennie de la chute
19:17j'ai vu pendant 20 ans
19:18des enfants
19:18qui parce qu'ils étaient
19:20effectivement
19:23alors pas que
19:23mais quand même beaucoup
19:24parce qu'ils étaient
19:25en minorité
19:26ethniquement
19:27dans leur classe
19:28et dans leur collège
19:30ne tiraient
19:31de leurs 4 ans
19:31ou de leurs 5 ans
19:32de collège
19:32si elles doublaient
19:33que des leçons de survie
19:34et c'est vraiment terrible
19:35et c'est vraiment terrible
19:37et comme je le disais
19:38récemment
19:39il faut s'imaginer aussi
19:40la souffrance vicariante
19:41ce qu'on appelle
19:42la souffrance vicariante
19:43c'est-à-dire
19:43la manière
19:44dont le prof souffre
19:45quand il voit un gamin
19:46et qu'il sait très bien
19:47d'ailleurs je le décris
19:48dans le livre
19:48parce que ça m'est arrivé
19:49très souvent
19:49il sait très bien
19:50que s'il prend la défense
19:51de ce gamin
19:51ça sera pire pour ce gamin
19:53il faut vous imaginer
19:55ça s'accumule
19:56les 5 premières années
19:57c'est facile
19:58les 10 premières années
19:59ça devient dur
20:00au bout de 23 ans
20:01c'est très très dur
20:02bien sûr
20:03bien sûr
20:03alors vous dites que
20:04dans les élèves
20:05qui s'en sortent le mieux
20:06finalement ce sont ceux
20:07qui ont une forme
20:07de virilité
20:08ou de féminité
20:10exacerbée
20:12respectivement
20:13finalement
20:14est-ce que vous pensez
20:14qu'être des mini-adultes
20:16c'est ce qui protège
20:16le mieux
20:17de la méchanceté
20:18des enfants ?
20:20alors ça
20:20je vous répondrai
20:21en plus de ça
20:22que effectivement
20:23mes différentes expériences
20:24que j'ai quand même fait
20:247 collèges en tout
20:26juste pour les collèges
20:27me permettent de voir
20:28qu'effectivement
20:28dans certains quartiers
20:29la maturité arrive bien plus tôt
20:31là vous parlez de néothénie
20:33dans les quartiers difficiles
20:35la maturité
20:36à tout point de vue
20:37arrive bien plus tôt
20:37la maturité de la violence
20:39de la compréhension de la violence
20:40de la compréhension des règles
20:41pour les détourner
20:42arrive bien plus tôt
20:43et quand on est dans
20:44de la sexualité
20:45arrive bien plus tôt
20:46et beaucoup trop tôt
20:47dans certains cas
20:49la virilité
20:49oui évidemment
20:50alors ce qui est très très amusant
20:51c'est que vous êtes
20:53en salle des profs
20:54en salle de pause
20:55avec un petit café
20:55on essaie de se détendre
20:56avant le prochain cours
20:57et puis on est avec des collègues
20:59qui de manière extrêmement militante
21:00vont vous expliquer effectivement
21:01que ces horribles mascus
21:03ces virilistes
21:04ces terribles personnes
21:05cis, genre, hétéro, normé
21:07blanche, occidentale
21:08ah horrible
21:09et puis en fait
21:11vous
21:12vous voyez
21:14minute par minute
21:15heure par heure
21:16un rapport
21:17à un masculinisme
21:19à une virilité
21:20qui est
21:21absolument hallucinant
21:23qui n'a absolument rien de commun
21:25avec ce que l'on attend
21:26d'un enfant
21:28de sixième
21:29ou de cinquième
21:29et qui est
21:30vraiment totalement
21:31assumé
21:32et qui va être expliqué
21:35tout à coup
21:35ça va devenir normal
21:36ah oui
21:37le petit
21:38un tel
21:38ah oui c'est vrai
21:39qu'il est un peu
21:41un peu de testostérone
21:42voilà
21:43mais c'est pas grave
21:43alors c'est comme ça
21:45chez lui
21:46oui
21:46il y a une vraie forme
21:47de dichotomie
21:48finalement
21:48entre la bienveillance
21:49qu'on vous demande
21:50de transmettre
21:51c'est ce mot très à la mode
21:52la bienveillance
21:54et la réalité
21:55du multiculturalisme
21:56parce qu'en réalité
21:57c'est de ça
21:58dont il s'agit
21:59la bienveillance
22:00déjà j'aurais tendance
22:01à dire
22:01comme vous venez de le dire
22:02c'est un mot à la mode
22:02c'est un mot qu'on répète beaucoup
22:03j'ai tendance à dire
22:04que quand on répète beaucoup
22:05quelque chose
22:05c'est que quelque part
22:07il y a un manque
22:08il y a un angle mort
22:09dans la vision
22:11quand on répète trop
22:12quelque chose
22:13à un moment
22:13je pense qu'il faut
22:14se poser la question
22:15du pourquoi cette chose là
22:16est devenue
22:17une pourrissure rhétorique
22:18une moisissure rhétorique
22:19la bienveillance
22:20je l'attends toujours
22:22dans certains cas
22:23l'éducation positive
22:25l'éducation positive
22:27pour le coup
22:27ça marche très bien
22:28au niveau canin
22:28j'ai un chien
22:29et Dieu sait
22:29que l'éducation positive
22:31est très bien
22:32et je pense que ça marche
22:32très bien aussi
22:33avec les enfants
22:33c'est parce que
22:34vous avez un chien
22:35oui tout à fait
22:36j'en ai pas 27
22:36si j'en avais 27
22:37ce ne serait pas la même
22:38mais toujours est-il
22:39que
22:39ou 27 ou 28
22:40toujours est-il
22:41que l'éducation positive
22:42sans aucun doute
22:43en soi de toute manière
22:44c'est le problème
22:45ce que j'appelle
22:46dans un autre écrit
22:48le problème des termes
22:49positifs absolus
22:50l'éducation positive
22:51la bienveillance
22:51l'inverse de la bienveillance
22:53c'est la malveillance
22:53l'inverse de l'inclusion
22:55c'est l'exclusion
22:55donc forcément
22:56on dit
22:56on aime l'inclusion
22:58mais l'inclusion
22:59forceps
22:59je le décris dans le livre
23:00c'est une machine
23:01à casser les enfants
23:02qui ont des difficultés spécifiques
23:04mais on ne peut pas
23:05les exclure
23:06l'exclusion c'est affreux
23:07et puis la bienveillance
23:08évidemment
23:08tout le monde aime la bienveillance
23:10puisque l'inverse
23:10c'est la malveillance
23:11j'aurais bien aimé
23:12en recevoir un petit peu
23:12de bienveillance
23:13moi ces dernières années
23:14quand j'ai commencé
23:14à être harcelé professionnellement
23:15et par contre
23:16j'ai bien vu qu'effectivement
23:17derrière ce mot répété
23:18bienveillance
23:19il y a eu une certaine malveillance
23:20envers certaines personnes
23:21sinon c'est une bienveillance
23:23très sélective
23:25finalement Bruno Gaillard
23:26si je résume
23:26votre ouvrage
23:27c'est un peu
23:28un manuel
23:29un mode d'emploi
23:30pour être
23:31le petit blanc minoritaire
23:33dans un collège de banlieue
23:34on n'espère pas
23:35je pense que ce livre
23:36je pense que ce livre
23:37il s'adresse
23:38à tous les parents d'élèves
23:41ou que leurs enfants
23:42soient scolarisés
23:44et d'une certaine manière
23:45il s'adresse aussi
23:46à tous les citoyens
23:47qui ont à cœur
23:48de se dire
23:49il n'y a pas de raison
23:50que pour une raison
23:54des hasards
23:55de la naissance
23:55certains soient
23:56des martyrs
23:57des victimes
23:58sacrifiées
23:59sur l'autel
23:59d'une idéologie
24:00ou d'une autre
24:00il n'y a pas de raison
24:03quelle que soit
24:04leur origine
24:05quelle que soit
24:05leur couleur
24:06ou quelle que soit
24:06leur confession
24:07il n'y a pas de raison
24:07que des enfants
24:08deviennent les martyrs
24:09d'une institution
24:11qui n'est pas capable
24:12de les protéger
24:13et de leur offrir
24:14un cadre satisfaisant
24:15comme vous le dites
24:18comme tout le monde le dit
24:18bienveillant
24:19mais en tout cas
24:20à tout le moins
24:21suffisamment sécurisé
24:22pour que les parents
24:22ne se disent pas
24:23mais qu'est-ce qui lui arrive
24:24quand il passe les grilles
24:26Bruno Gaillat
24:26un dernier point
24:27je crois que vous avez
24:28un deuxième ouvrage
24:29en préparation
24:30ce sera la suite
24:31de Blancassé
24:32oui on en a parlé
24:34oui je suis en train
24:35d'écrire
24:35Blancassé 0
24:36voilà donc Blancassé 0
24:37qui se situe
24:39donc juste avant
24:40Blancassé
24:40où je décris
24:42effectivement
24:43les événements
24:44qui ont conduit
24:44au soir tragique
24:45de Daniel
24:46et donc qui nous permettront
24:47de voir la relation
24:48de Daniel
24:49de Benoît
24:50et puis d'autres élèves
24:51l'année avant
24:52Blancassé
24:53l'année scolaire
24:54précédente Blancassé
24:55Merci beaucoup Bruno Gaillat
24:57pour cet entretien
24:58C'est moi qui vous remercie
24:59Merci d'être venu
25:00sur les plateaux
25:01de TV Liberté
25:02Merci à tous
25:03de nous avoir suivis
25:04chers téléspectateurs
25:05je vous le rappelle
25:06pour assurer le succès
25:07de cet entretien
25:07il est nécessaire
25:08de cliquer sur le pouce en l'air
25:10vous pouvez également
25:11laisser un commentaire
25:11juste en dessous
25:12ça aide à booster
25:13un petit peu
25:14la vidéo
25:15et l'algorithme de Youtube
25:16qui vous le savez
25:17ne nous est pas toujours favorable
25:19je rappelle
25:20votre ouvrage
25:21Blancassé
25:22de Bruno Gaillat
25:23collection Livres Noirs
25:24de la Nouvelle Librairie
25:25c'est disponible
25:26sur la boutique officielle
25:27de TVL
25:28sur le site
25:29tvl.fr
25:30je vous dis
25:31à très vite
25:32et on se retrouve très bientôt
25:33sur TVL
Commentaires

Recommandations