00:00 [musique]
00:04 Hello Dailymotion, je suis Gaël Emond, je suis écrivain pour la jeunesse
00:08 et je vais vous parler de mes romans "Ma réputation est Silent Boy".
00:12 Je suis Gaël Emond, je suis écrivain pour la jeunesse,
00:15 alors j'ai tendance à dire "et adulte consentant"
00:18 et j'écris pour les jeunes depuis 2010.
00:22 Alors pourquoi me spécialiser dans l'écriture jeunesse et pour ados ?
00:27 Parce qu'il s'est trouvé que les premières histoires que j'avais en tête
00:31 ressemblaient à des contes et que je me suis retrouvé embarqué dans un milieu
00:35 que j'ignorais. En fait, maintenant, je pense que l'idée ne me serait pas venue
00:38 d'écrire pour les adultes. J'ai tendance à répondre,
00:42 parce que c'est une question qui revient très souvent quand on écrit pour la jeunesse,
00:44 j'ai tendance à répondre qu'on questionne beaucoup moins la vocation d'un pédiatre.
00:48 On ne lui demande pas pourquoi il ne veut pas soigner des vraies malades,
00:51 intéressant avec des vraies maladies.
00:55 Et c'est vrai qu'en jeunesse, on nous demande facilement "mais pourquoi ?"
00:58 comme si c'était à défaut. Et non, ce n'est pas à défaut.
01:01 Moi, je n'ai pas envie du tout d'écrire pour les adultes, ça ne m'intéresse pas.
01:04 Pourquoi écrire sur le harcèlement des ados et entre ados ?
01:07 Alors, "Ma réputation" c'est mon premier roman ado.
01:11 Ce n'était pas le premier que j'écrivais, c'était le deuxième.
01:15 Donc j'avais déjà écrit un roman qui s'appelle "Oubliez Camille" qui est sorti juste après.
01:19 Et je voulais avoir une héroïne,
01:23 j'avais parlé d'un garçon dans le roman précédent.
01:27 Et j'ai juste repensé à une jeune fille qui était en 6e et en 5e dans le même collège que moi,
01:33 qui avait passé ces deux années-là toute seule.
01:36 Et je dis souvent que mon travail, c'est de faire l'inverse des adultes en général.
01:40 C'est-à-dire que quand on est adulte, la première chose qu'on fait en quittant l'adolescence,
01:44 c'est de mettre son adolescence sous le tapis et de surtout plus y penser parce que c'est vraiment trop la honte.
01:49 Moi, je dois faire le contraire. Je soulève le tapis, je regarde bien dedans.
01:52 La question de cette fille qui était toute seule et qui m'avait travaillé pendant plusieurs années est revenue.
01:58 Et après, pour parler de "Silent Boy" concernant le harcèlement,
02:04 là, moi, j'avais comme idée de parler des garçons en fait,
02:07 et de la construction de ce que c'est que d'être un garçon aujourd'hui,
02:10 et de beaucoup de garçons que je rencontre toute l'année dans les collèges et lycées,
02:14 à qui on va reprocher de ne pas lire alors qu'en fait on n'écrit pas pour eux.
02:17 Donc quelque part, ça se mord un peu la queue.
02:20 Et je me suis dit qu'ils ne sont pas très représentés,
02:25 j'aimerais bien parler de ces garçons-là, et pas un garçon qui va être un garçon modèle fait pour plaire à la lectrice type.
02:31 Donc un garçon qui pourra déplaire, qui pourra se dire "ah, j'ai pas grand-chose en commun".
02:36 Moi, ce qui m'intéresse, c'est que dans la littérature, on peut trouver les similitudes au-delà des différences,
02:42 puisqu'on est à l'intérieur du personnage.
02:45 Et donc, étant donné que je voulais parler de testostérone et de masculinité un peu toxique parfois,
02:52 ou en tout cas compliquée, j'ai placé mon personnage principal dans un internat de lycée difficile de campagne,
03:00 et à partir de là, je ne voulais pas traiter du harcèlement en tant que tel,
03:05 mais il ne pouvait ne pas y en avoir en fait un tout petit peu.
03:09 Est-ce que c'est compliqué d'écrire en langage ado ?
03:12 Non, parce que déjà c'est mon métier, justement, et que mon métier n'est pas d'écrire comme au XIXe siècle.
03:17 Il est fait de plein de types d'écriture et d'expression possibles.
03:21 Si on n'écrivait que dans un langage correct, il n'y aurait pas Voyage au bout de la nuit,
03:25 il n'y aurait pas plein de best-seller ultra-connus.
03:29 Moi, je trouve que c'est important justement que la littérature contemporaine soit faite par des auteurs contemporains,
03:36 pour des lecteurs contemporains, et donc qu'on leur parle d'eux aussi, et pas uniquement d'un monde fantasmé.
03:41 Il y a 13 ans, quand j'ai commencé dans ce métier, on m'a beaucoup dit
03:45 « il faut arrêter de se dire humaniste, parce que c'est une manière de ne pas mettre en lumière le féminisme,
03:50 de continuer à dire qu'il est démodé, et que c'est un faux problème,
03:56 et que finalement il suffit de penser au bonheur de tout le monde pour résoudre les ennuis qu'il y a. »
04:03 Moi, je me méfie beaucoup maintenant de… j'ai tendance à dire
04:07 que je partage un maximum de valeurs avec un maximum de gens,
04:12 et j'essaye d'avoir d'abord le focus sur les valeurs que je partage avec les gens,
04:20 avant de m'étiqueter et de me séparer de ceux qui n'ont pas la même étiquette.
04:27 Merci Dailymotion, merci de m'avoir écouté, vous pouvez retrouver tous mes livres dans les bonnes librairies.
04:32 [Musique]
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