00:00Et il y a, en quelque sorte, une conjonction des colères, une mutualisation des colères.
00:07C'est-à-dire que vous avez tous les secteurs aujourd'hui qui se mobilisent,
00:13et notamment le monde agricole.
00:15Les pêcheurs se sont mobilisés cette semaine,
00:17mais attention, les agriculteurs pourraient une nouvelle fois se mobiliser.
00:22C'est ce que nous dit Patrick Legras, qui est le porte-parole de la coordination rurale.
00:27Écoutez.
00:27Aujourd'hui, sans aucune animosité, on a une certaine dictature souriante de l'État
00:34qui donne en fonction des manifestations, en fonction des revendications.
00:39Donc nous, on a 15 centimes, les pêcheurs ont 35.
00:42Aujourd'hui, le surcoût, grosso modo, de notre exploitation, le prix du GNR a doublé.
00:48Donc c'est, par exemple, sur 70 litres qu'on utilise à peu près à l'hectare,
00:52le surcoût aujourd'hui, c'est à peu près 50 euros.
00:54Et le plan de réarmement agricole, si on compte ce qui nous est partagé aujourd'hui,
00:59il est de 15 euros.
01:00Ça vous montre la dérision des solutions de l'État.
01:03Et c'est pour ça qu'on va se mobiliser dans les jours à venir,
01:05s'il n'y a rien qui est fait.
01:06Parce que nous, dépenser des dizaines de milliers d'euros sur nos exploitations,
01:10en nous expliquant que c'est la guerre, on ne peut pas continuer comme ça.
01:14Les banques, c'est normal, ne peuvent pas nous suivre.
01:16Et on est en train de crever, mais avec le sourire des politiques.
01:19Et c'est ça qu'on n'accepte pas.
01:21Et Benoît nous appelle, un agriculteur justement.
01:24Bonjour Benoît.
01:26Bonjour Eliott.
01:27Et bravo pour votre émission.
01:28Enfin, des gens qui disent la vérité.
01:30Merci Benoît.
01:32Merci.
01:32Et merci d'être toujours plus nombreux à nous écouter.
01:36Et relayer le message Benoît.
01:37Il faut écouter Europe 1 entre 11h et 13h.
01:40Eliott Deval et vous.
01:41J'espère qu'il y a du monde en plus dans le monde agricole.
01:44Et sur les tracteurs, vous pouvez mettre la radio.
01:47Oui, oui, oui.
01:48Mais il y a de moins en moins de monde.
01:49Parce qu'on est de plus en plus en difficulté.
01:51Et il y a de plus en plus d'exploitations qui vont mettre la clé sous la porte.
01:55On ne peut pas continuer comme ça.
01:57Ce n'est pas possible.
01:58Justement, c'est ça qui m'intéresse.
01:59Aujourd'hui, comment vous faites ?
02:02Est-ce que cette explosion des prix des carburants, et notamment très récente, vous impacte directement ?
02:09Ou est-ce que vous bénéficiez d'aides suffisantes aujourd'hui ?
02:13Non, les aides, comme vient de le dire Patrick Legras, 15 centimes du litre.
02:19Aujourd'hui, les charges du carburant, c'est près de 60 à 70% sur l'exploitation.
02:25Alors qu'on était à 30% avant cette fameuse crise.
02:29On nous offre 15 centimes, ok ?
02:31On nous offre des aides sur les engrais.
02:33Alors là, c'est une usine à gaz.
02:35Parce que déjà, il faut avoir payé les engrais.
02:37Ça veut dire qu'il faut déjà avoir eu la trésorerie pour pouvoir les avoir obtenus.
02:42Quand bien même on serait rentré en négociation avec nos fournisseurs,
02:46qui parfois, effectivement, nous octroient des étalements de paiement, etc.
02:51Eh bien là, vous n'avez pas le droit à l'aide.
02:52Il faut que l'engrais soit payé, acheté et sous votre hangar
02:56pour éventuellement ensuite pouvoir bénéficier de ces aides.
03:00C'est une usine à gaz.
03:02On n'en peut plus parce que nous, ce qu'on veut, c'est travailler.
03:05Alors aujourd'hui, quand on met le tracteur en route le matin,
03:08on se dit, est-ce que ça va être rentable ?
03:11Eh bien, parfois, ça ne l'est pas.
03:12Donc, on réduit notre façon de travailler.
03:15On adapte notre façon de travailler.
03:16On ne rend pas service à la terre aussi
03:18parce que pendant très longtemps,
03:20on nous a incité à faire du travail mécanique plutôt que du chimique.
03:24Ok, on est tous partis.
03:27Mais aujourd'hui, de sortir un tracteur à faire du travail mécanique
03:30revient plus cher que de sortir un tracteur pour faire du travail chimique.
03:34Et c'est complètement une aberration.
03:36Moi, je ne sais pas.
03:37Poser la question à n'importe quel professeur de matique
03:40ou n'importe quel instituteur,
03:423 fois 40, c'est quand même mieux que 2 fois 50.
03:45Quand on met des taxes à outrance,
03:47eh bien, qu'est-ce qui se passe ?
03:48Les gens consomment moins, on paye moins,
03:51on sort moins, on consomme moins
03:53et tout le monde en subit les conséquences.
03:55Nous, dans nos exploitations,
03:56l'outil qui travaille le plus en ce moment,
03:58c'est le poste à souder et la visqueuse.
04:00Ça veut dire quoi ?
04:01C'est qu'on répare au maximum nos matériels,
04:04on fait un maximum de choses nous-mêmes
04:06et les conséquences, c'est que les concessionnaires
04:10travaillent de moins en moins.
04:11Là, un agriculteur fait travailler environ une cinquantaine de personnes
04:15et dès aujourd'hui, il va en faire travailler de moins en moins.
04:17Et c'est toute la chaîne qui est impactée.
04:20De réduire les taxes, ça permettrait de relancer la consommation.
04:23Et il ne faut pas nous dire que l'État va gagner moins d'argent.
04:27L'État gagnerait peut-être même plus
04:29que ce qu'il gagne actuellement
04:31puisque les gens ne consomment plus.
04:33Les gens ne consomment plus 3 fois 40,
04:363 fois 40, ça fait quand même plus que 2 fois 50.
04:40Mais merci Benoît d'apporter cette parole de terrain
04:43et cette parole de bon sens.
Commentaires