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00:00Europe 1, 11h-13h, Eliott de Valais-Vous.
00:05Eliott de Valais-Vous se met à l'heure de la présidentielle.
00:09A 7 mois et 5 jours du premier tour, le 18 avril prochain,
00:14les candidats sont déjà en train de battre campagne.
00:17Ce samedi, Marine Le Pen est attendue au Touquet.
00:20En région parisienne, c'est Gabriel Attal, rendez-vous démocrate et progressiste.
00:26À la fête de l'humanité, c'est la Grand-Messe à l'extrême-gauche.
00:30Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel ou encore Olivier Faure.
00:36Quant à François Hollande, il n'est pas à la fête de l'Huma, mais à la fête de la
00:40Rose.
00:41Et puis, dans l'Est du pays, Bruno Retailleau est, lui, beau compus de rentrer les Républicains.
00:47Et je parlais de l'Est du pays, puisque Édouard Philippe est en terre de gym.
00:52Voilà pour le programme de tous les candidats à la présidentielle.
00:57Et au cœur du week-end présidentiel, de cette campagne présidentielle,
01:02vient se poser la question du pouvoir d'achat et de la hausse des carburants.
01:06Pour beaucoup de Français, ça devient de plus en plus compliqué de faire le plein d'essence.
01:11Le samplomb 95 est à 2,17 euros le litre en moyenne.
01:16Le gazole dépasse désormais 2,30 euros le litre.
01:19C'est quasiment du jamais vu. Reportage avec des automobilistes.
01:24Écoutez ce reportage très intéressant.
01:26Et puis ensuite, on viendra sur les propositions que veulent faire les responsables politiques à court terme
01:33pour aider les Français en difficulté.
01:35Et puis, on se posera la question du retour au nom des Gilets jaunes.
01:38Parce que fleurissent sur les réseaux sociaux bon nombre d'appels à la mobilisation,
01:43notamment mi-octobre.
01:44Midi 5 sur Europe 1, on parle du carburant. Écoutez.
01:47Pour cet automobiliste, mieux vaut détourner le regard du prix qui défile sur le compteur.
01:53Je préfère ne pas savoir comment je vais le faire à voir.
01:56À la pompe, les prix s'envolent.
01:58En moyenne, comptez 2,30 euros le litre de gazole,
02:022,17 euros le litre de samplomb 95,
02:05ou encore 2,22 euros le litre de samplomb 98.
02:09Et pour économiser, certains ont leurs astuces.
02:13On fait attention même aux accélérations, on accélère moins.
02:17On va essayer de prendre les transports en fait, un peu plus,
02:19et s'occuper uniquement des trajets longs.
02:22D'autres préfèrent fractionner leurs pleins pour préserver leur budget au quotidien.
02:27On met par-ci, par-là 10 euros, 20 euros.
02:30Mais ce qu'on peut, ça dépend des semaines.
02:32Alors que le conflit au Moyen-Orient continue de s'intensifier,
02:36le prix du baril de Brent ne cesse de progresser.
02:39Dans l'hexagone, les grands rouleurs bénéficient d'une indemnité carburant.
02:43Mais le gouvernement reste pour le moment défavorable à élargir cette mesure
02:47à d'autres catégories d'automobilistes.
02:50Et justement, alors que le gouvernement a de nouveau exclu cette semaine
02:53une généralisation des aides pour contrer la hausse des prix à la pompe,
02:57Jordan Bardella estime qu'il s'agit d'un bras d'honneur aux millions de Français
03:01qui travaillent et qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer.
03:04Le président du Rassemblement National était en déplacement hier
03:07à la foire de Beaucroissant, en Isère,
03:10où il a renouvelé son appel à baisser les taxes sur les prix de l'essence.
03:15Alexandre Chauveau.
03:16Jordan Bardella, on est convaincu.
03:17Le pouvoir d'achat va être la grande priorité
03:20et le grand enjeu de cette campagne présidentielle.
03:22Le président du RN se veut solidaire des Français,
03:25touché par la hausse des prix de l'essence.
03:26Il faut mesurer le ras-le-bol des Français qui n'arrivent plus à se déplacer,
03:30qui restreignent les petits plaisirs de la vie,
03:33qui restreignent les déplacements chez la famille le week-end.
03:35Une hausse qu'il attribue en partie aux différents gouvernements d'Emmanuel Macron.
03:39Je rappelle qu'Edouard Philippe et Gabriel Attal ont augmenté en 2018
03:43la fiscalité sur l'essence, sur le carburant.
03:46Lui rappelle l'une des mesures phares du programme du RN,
03:48la baisse de la TVA sur les prix à la pompe.
03:51La question qu'on doit se poser, c'est pourquoi est-ce que les pays européens autour de nous
03:54ont baissé la fiscalité sur les carburants ?
03:56Et pourquoi est-ce que la France s'y refuse ?
04:00Une question rhétorique en forme de nouvelle charge contre les adversaires du RN,
04:03principalement au sein du bloc central.
04:05Et vous pouvez réagir au 0-1-80-20-39-21,
04:10on sera dans un instant avec Rémi qui nous appelle du poids tout charente.
04:13Mais d'ailleurs, d'abord nos éditorialistes,
04:15avec Sébastien Ligny et Alexandre Devecchio,
04:17le pouvoir d'achat, la hausse des prix du carburant
04:20et le gouvernement qui dit qu'on n'a plus les moyens d'aider,
04:23donc on ne peut pas généraliser aujourd'hui les aides.
04:27En quelque sorte, nos poches sont vides, on n'a plus un rond.
04:30– Oui, mais je ne suis pas d'accord avec cette analyse.
04:35Bon, d'abord, on a de l'argent pour faire dans les dépenses sociales,
04:39pour continuer la bureaucratie folle.
04:42Alors c'est vrai qu'on ne réformera pas là,
04:44à quelques mois de la présidentielle,
04:46avec un parlement sans majorité claire.
04:49Mais je pense que ça risque de coûter plus cher à l'État
04:52de ne pas baisser les taxes que de les baisser.
04:55Je m'explique, la situation est devenue critique.
04:58Ça a duré longtemps, on va avoir des faillites d'entreprises,
05:02on va avoir la consommation en berne,
05:05et à la fin, ce sera des rentrées de TVA,
05:07des rentrées de taxes, des rentrées d'impôts en moins,
05:09et des dépenses sociales, pour le coup,
05:11pour réparer la casse qui va être faite en matière d'emploi.
05:15Donc je pense qu'il serait plus censé de baisser ses taxes.
05:18Je rappelle en plus qu'on est une exception en Europe.
05:21Vous allez en Espagne, vous allez en Italie,
05:23vous allez où vous voulez,
05:25vous ne payez pas laissant ce prix-là.
05:26Certes, les prix du carburant ont augmenté,
05:28mais en France, il y a 80% de taxes.
05:30Donc sur ces 80% de taxes,
05:31je pense que l'État peut en baisser quelques-unes,
05:33et en réalité, ça lui coûtera moins cher
05:36que d'avoir des faillites en cascade,
05:39du chômage en cascade,
05:40et une forme de décroissance.
05:43Vous êtes un peu hécatiste, parfois.
05:46Vous pouvez l'être.
05:46– Mais moi, je pense qu'il ne faut pas confondre.
05:48C'est l'étatisme, j'allais dire.
05:50Voilà l'ennemi, on s'en prend à Marine Le Pen,
05:53est-ce qu'elle est étatiste ?
05:54L'étatisme, ce n'est pas forcément une mauvaise chose.
05:56De Gaulle était étatiste, il était pour l'état stratège.
05:58Par contre, il était contre la bureaucratie,
06:00la technocratie.
06:01Ne parlons même pas de ceux qui sont à Bruxelles.
06:04Je ne sais pas également très bien quel est leur travail,
06:06à part mettre des normes à tout le monde.
06:08Donc voilà, il y a moi, oui, je suis un peu étatiste,
06:11mais ce n'est pas la même chose que d'être pour les bureaucrates.
06:14– Et Emmanuel Macron, il n'est pas étatiste,
06:17il n'a pas de stratégie, mais c'est un grand technocrat.
06:19– Je ne vous insultez pas.
06:21– Non, mais c'est bien, ça m'a permis d'expliquer
06:23un certain nombre de choses.
06:23C'est un vrai débat à droite,
06:25et moi, je ne suis pas toujours d'accord avec…
06:27– Et même à gauche.
06:27– Oui, c'est vrai, même à gauche.
06:29– Sébastien Ligné.
06:31– Mais on voit bien qu'il y a un problème même philosophique
06:33entre l'élite parisienne et le reste de la population
06:37sur ce que représente la voiture.
06:39Parce qu'en effet, derrière cette idée
06:41qu'il n'y a plus d'argent pour baisser les taxes
06:44sur le carburant, il y a cette idée que finalement
06:46la voiture ne serait qu'un accessoire,
06:48aucun moyen de locomotion comme un autre.
06:50Le problème, ce qu'ils ne comprennent pas,
06:51c'est que la voiture, c'est un outil économique
06:54extrêmement important dans 80% du pays.
06:58La voiture, c'est en effet ce qui permet
07:00d'aller faire ses courses,
07:01c'est ce qui permet d'aller travailler,
07:02c'est ce qui permet d'aller chercher ses enfants,
07:05de les ramener, c'est ce qui permet le week-end
07:07de sortir, d'aller au cinéma,
07:08de faire des activités.
07:09Donc sans la voiture, en effet,
07:11vous perdez de la richesse,
07:13vous perdez en consommation
07:15et vous ralentissez l'activité économique du pays.
07:18Sauf que ça, quand on vit à Paris,
07:19on ne le comprend pas.
07:20Parce qu'à Paris, on considère que
07:22s'il n'y a pas la voiture,
07:23vous avez le métro, vous avez le vélo,
07:25vous avez la trottinette.
07:26Exactement.
07:27Le vélo électrique.
07:28Pour un ministre, on peut vivre sans la voiture.
07:31Sébastien Ligné, vous aviez eu une formule l'année dernière,
07:34parce que malheureusement, c'est l'histoire sans fin.
07:36Vous aviez dit, vous voyez, je vous écoute parfois
07:39et même souvent.
07:41Vous aviez dit, la voiture est le deuxième bureau
07:45d'un entrepreneur ou de quelqu'un
07:48qui est contraint d'aller à droite, à gauche
07:50pour exercer son activité.
07:53Et ça tombe bien, on est avec un artisan.
07:55Rémi, qui nous appelle du Poitou-Charentes.
07:57Bonjour Rémi.
07:59Bonjour Eliott, bonjour à tous.
08:00Merci de nous appeler.
08:02Vous êtes un auditeur régulier
08:03et vous êtes un auditeur
08:05qui réagit assez souvent dans notre émission.
08:08Donc, c'est un plaisir de vous avoir
08:09pour cette nouvelle saison, cher Rémi.
08:11Le plaisir est partagé.
08:13L'artisan que vous êtes,
08:15quand il voit l'explosion des prix du carburant,
08:18il fait comment ?
08:20Il percute autant que possible
08:25la hausse du carburant
08:27sur mes frais de déplacement, on va dire.
08:30Mais c'est un cercle vicieux
08:32parce que ça fait des factures plus chères.
08:34Moi, je travaille en plus dans le milieu agricole.
08:36Donc, le GNR aussi chez les agriculteurs
08:41augmente de façon extravagante.
08:44Et ce qui fait que c'est toujours...
08:46À la fin, c'est que plus personne ne peut payer.
08:50Donc, moi, les factures,
08:52pour qu'elles soient payées,
08:54en ce moment, c'est très compliqué aussi
08:55dû au phénomène qu'il y a eu cet été
08:58et puis tout le reste.
08:59C'est un cercle vicieux.
09:01Donc, je pense qu'au bout d'un moment,
09:03c'est carrément toute l'économie française.
09:06Dans le bâtiment, dans le travaux public,
09:07ça doit être une catastrophe aussi
09:09parce que c'est des gens qui signent des contrats
09:10peut-être un an à l'avance
09:11et que maintenant, au final,
09:13ils perdent de l'argent sur les chantiers
09:14parce qu'ils ne peuvent pas revenir
09:15sur les contrats signés
09:16ou alors ils annulent tout.
09:18Je pense qu'à ce rythme-là,
09:20si on suit le rythme de l'État,
09:22surtout de ceux qui gouvernent,
09:25il n'y aura plus rien qui va se faire en France,
09:26à part du social.
09:27C'est peut-être ce qu'ils veulent,
09:29que la France tourne sur du social
09:31et que l'État soit gérant
09:35de toutes les grosses entreprises,
09:37de tout ce qui se fait en France.
09:39Mais après, je pense que ça arrive
09:41comme le système soviétique,
09:42où plus personne n'a les moyens
09:44de faire quoi que ce soit.
09:46Donc c'est l'État qui prend en charge
09:48et puis on arrive à une grosse catastrophe
09:52parce qu'on est gouverné par des gens
09:54pour la plupart qui n'ont jamais rien fait,
09:57qui n'ont jamais créé de richesse dans ce pays.
10:00Qui n'ont jamais été entrepreneurs,
10:02créateurs, bien sûr.
10:04Oui, parce qu'au final,
10:06on a beau tout faire
10:07pour essayer de créer de la richesse pour le pays,
10:09alors soit par la gauche,
10:11voire l'extrême-gauche,
10:13dès qu'on est entrepreneur,
10:15on est quasiment un bandit.
10:16Dès qu'on est propriétaire,
10:18on est quasiment un bandit.
10:20Dès qu'on crée quelque chose dans ce pays,
10:22on est quasiment des bandits.
10:24Donc au final,
10:25soit les gens vont finir,
10:27les entrepreneurs,
10:28par fermer leur société
10:29et partir à l'étranger,
10:31ou malheureusement,
10:32ça finira qu'un de ces jours,
10:34des entrepreneurs qui vont devoir licencier,
10:37ça va devenir après des problèmes
10:38au niveau mental aussi.
10:39Donc ça va finir comme les agriculteurs
10:42où il y aura des suicides réguliers.
10:43Et je pense qu'on arrive dans ce rythme-là.
10:45Et sinon,
10:46vous avez une population
10:47qui peut se soulever et se mobiliser
10:49et les appels à la mobilisation,
10:52le retour des gilets jaunes,
10:53et ces appels-là sont en train de fleurir
10:55sur les réseaux sociaux.
10:56Vous avez dit quelque chose ?
10:57– Les gilets jaunes,
10:59si c'était comme la dernière fois,
11:01alors au début,
11:02c'était, comment dire,
11:03une manifestation,
11:04on va dire,
11:05– Citoyenne.
11:05– On va dire,
11:05sur quelque chose.
11:06– Oui, mais citoyenne,
11:07mais sur le prix du carburant
11:09et c'est ceux qui travaillaient
11:10qui, comment dire,
11:12qui allaient manifester
11:12parce qu'en gros,
11:13ils ne pouvaient plus vivre.
11:14Mais à partir du moment
11:15où ça a été récupéré
11:16par la France insoumise,
11:17c'est devenu,
11:18excusez-moi l'expression,
11:19mais un bordel phénoménal
11:20où ce n'étaient plus du tout
11:21les mêmes personnes
11:22qui allaient dans les rues
11:23pour manifester.
11:24C'est des gens qui allaient là-bas
11:25juste pour bordéliser le pays.
11:27– Ça va être l'objet
11:28de notre sujet.
11:29Juste après une courte pause,
11:31vous avez dit quelque chose
11:32de très important
11:32sur notre classe politique
11:34qui n'a jamais ou trop peu
11:36créé, innové,
11:38et qui n'a pas forcément
11:39travaillé dans le secteur privé.
11:42Je rappelle que sur les cinq
11:44dernières années,
11:46seulement un tiers des députés
11:48avaient récemment travaillé
11:50dans le secteur privé.
11:52C'est un signe.
11:53Et concernant la France insoumise,
11:56du moins Jean-Luc Mélenchon,
11:57il n'était pas le bienvenu
11:58dans les manifestations
12:00des Gilets jaunes.
12:01Ce qui est vrai,
12:01c'est qu'après les semaines
12:03quand elles se sont succédées,
12:06se sont agrégées aux Gilets jaunes
12:08des groupuscules radicaux,
12:11violents,
12:12et tuant malheureusement
12:14ce mouvement
12:15qui était d'abord
12:16un mouvement citoyen.
12:17Le retour des Gilets jaunes,
12:19est-ce bien sérieux ?
12:20On en parle dans quelques instants
12:22après la pub.
12:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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