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À l'occasion de l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, CGTN Français a invité M. Issoufou Saré, directeur général de la télévision BF1, à donner son point de vue sur le rôle de la coopération médiatique entre l'Afrique et la Chine dans la compréhension mutuelle entre les peuples, le rôle des médias africains et chinois pour porter la voix du Sud global dans un monde multipolaire, l'importance des échanges culturels pour promouvoir les liens entre les peuples africains et chinois, les domaines dans lesquels la robotique peut être utile pour l'Afrique ainsi que la plus-value des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 pour le continent.
#AmitiéChineAfrique #ÉchangesCulturelsSinoAfricains #CgtnFDigital
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00:00Bonjour M. le directeur général de BFN.
00:02Bonjour M. Badolo, comment vous allez ?
00:04Je vais bien, merci de nous avoir accordé cette interview.
00:08C'est un plaisir.
00:09Je rappelle que vous séjournez présentement en Chine dans le cadre d'un séminaire réunissant des hommes de médias africains.
00:16Et à l'occasion, vous avez participé au 7e forum de la coopération entre les médias africains et chinois
00:24qui s'est tenu à Beijing du 19 au 21 août.
00:29Quels ont été les enseignements de ce grand rendez-vous entre les médias chinois et africains ?
00:35Les grands enseignements à l'occasion de ce 7e forum seraient que le secteur des médias est en pleine mutation.
00:44D'autant plus qu'aujourd'hui, nous n'êtes pas sans savoir que les nouvelles technologies,
00:48notamment l'intelligence artificielle, sont de plus en plus intégrées dans le processus de création de contenu.
00:56Cela contribue non seulement à accélérer la production, à avoir des productions en quantité et en qualité,
01:03mais également cela impose un nouveau paradigme, d'autant plus que si vous n'êtes pas suffisamment équipé des équipements
01:10et de la logistique qu'il faut,
01:12vous allez prendre le train en retard.
01:15Donc, à cette occasion, nous avons pu constater quand même les évolutions qu'il y a ici en Chine,
01:22lesquelles évolutions peuvent nous inspirer.
01:25La Chine, sur le plan du développement de façon générale des médias en particulier,
01:30nous pouvons dire que la Chine et l'Afrique ont eu un peu ou un peu les mêmes parcours,
01:34d'autant plus qu'il y a peut-être 40-50 ans,
01:38la Chine était à un stade où elle n'était pas forcément évoluée
01:41et si en si peu de temps, ils ont pu faire ce bond,
01:46cela est également possible pour les pays africains,
01:48qui de plus en plus nourrissent également les ambitions de pouvoir se hisser au du pavé
01:54quand on ne raconte plus leur histoire, mais qu'ils aient la possibilité de raconter leur histoire.
01:58Aujourd'hui, raconter son histoire à travers ces médias,
02:00il faut avoir le matériel et les équipements nécessaires pour pouvoir donner de la voix.
02:04Et cette rencontre, à ce septième forum, ces différentes rencontres et communications
02:08ont permis justement de toucher du doigt cette réalité.
02:12Comment la coopération médiatique entre l'Afrique et la Chine peut être dynamisée
02:16pour mieux favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples ?
02:20Vous savez, le mal de l'être humain, c'est l'ignorance.
02:24Lorsque nous ne savons pas grand-chose de l'autre,
02:27il nous est très difficile de pouvoir nous rapprocher de lui à fortiori de l'aimer.
02:32Parce que tout ce qui nous est demandé en tant qu'être humain, c'est de pouvoir aimer l'autre.
02:36Et pour aimer l'autre, il faut pouvoir le connaître.
02:38Alors, les médias sont aujourd'hui le vecteur qui permet aux populations
02:43de savoir ce qui se passe non seulement chez elles,
02:46mais au-delà de leurs frontières, qu'est-ce qui s'y passe,
02:50quelles sont les personnes qui y vivent.
02:52Des navires ont peut-être quitté ici pour accoster sur les bords des mers des pays africains
02:58pour découvrir, pour faire les premières rencontres avec des africains et des chinois.
03:03Aujourd'hui, à travers les médias, notamment les médias digitaux aujourd'hui,
03:08un jeune Burkinabé du côté de Ouagadougou peut voir ce qui se passe en Chine.
03:13Donc, les médias ont l'impérieuse mission de mettre du contenu à même de rapprocher les peuples,
03:20à même de dépouiller les aspects noirs, quand je dis les aspects noirs,
03:28les aspects inconnus de chaque peuple, pour que les uns et les autres sachent
03:32qu'au-delà de tout ce qu'on peut avoir comme culture,
03:35au-delà de tout ce qu'on peut avoir comme manière de vivre, il n'y a que l'humain.
03:38Et ça, c'est la mission des médias.
03:40Et à ce niveau, les médias africains, notamment Burkinabé,
03:45et les médias chinois devraient travailler main dans la main pour produire du contenu,
03:48parfois même coproduit du contenu, à même de faire connaître leurs cultures respectives,
03:56que les médias Burkinabés puissent produire suffisamment de contenu
03:59qui mettent en avant en valeur la culture Burkinabé,
04:03mais au-delà aussi, pouvoir montrer aux Burkinas des Chinois qui y vivent,
04:07en parfaite harmonie, en parfaite symbiose avec les Burkinabés.
04:11Avoir également le retour ici, où nous aurons des images des Burkinabés qui vivent en Chine,
04:16au-delà des Burkinabés qui vivent en Chine, connaître la culture chinoise,
04:20connaître les évolutions technologiques chinoises,
04:22et aussi savoir les opportunités qui se présentent pour les Africains ici en Chine.
04:27Donc vice-versa, je pense que ce sont les médias qui peuvent vraiment faire ce trait d'union,
04:32ou du moins être ces fenêtres qui s'ouvrent sur ces différents pays,
04:37et permettre aux uns aux autres de faire tomber toutes les barrières
04:41qui auraient pu les éloigner les uns des autres.
04:43Les pays du Sud global plaident de plus en plus pour un monde multipolaire,
04:48pour une coopération mondiale plus inclusive.
04:52Quel rôle peuvent jouer les médias africains et chinois dans ce chemin,
04:57afin de véritablement porter la voix du Sud global sur la scène mondiale ?
05:02Je pense qu'à ce niveau, la coopération entre les pays africains et la Chine,
05:10pour faire connaître un certain homme de réalité.
05:12Chez nous, il y a un auteur qui disait que la beauté d'un tapis réside dans la variété de
05:19ses couleurs.
05:20Un tapis, il est beau quand il a une diversité de couleurs.
05:25Je pense que le divin qui nous a créé, s'il a créé autant de diversité,
05:31c'est justement parce qu'il y a un intérêt à ce que cette diversité existe.
05:36Et nous ne devons pas l'éteindre.
05:38Nous devons travailler à préserver non seulement cette diversité, mais à la renforcer.
05:42Et la diversité n'est pas forcément une opposition des cultures.
05:46Non, c'est une mise en association des cultures.
05:49Parce que moi, je suis venu en Chine, ça fait pratiquement 20 jours que je suis là.
05:53Je découvre des Chinois dans leur culture, dans leur vécu.
05:56Ça fait un plus pour moi. Ça m'ouvre l'esprit.
05:58Ça va être pareil pour mes enfants quand ils viendront ici.
06:01Ça va être pareil pour les Chinois lorsqu'ils iront au niveau du Burkina ou d'autres pays africains.
06:06Mais à supposer que cette culture chinoise ne soit pas là, j'aurais manqué de quelque chose.
06:10Aujourd'hui, lorsque je regarde certains films documentaires,
06:12quand on me présente certaines cultures d'il y a 1000 ans, d'il y a 200 ans, 100 ans,
06:18je suis quand même curieux de savoir que ces cultures existaient.
06:21J'aurais bien aimé pouvoir faire le tour du monde pour savoir toutes ces cultures qui existent,
06:26tous ces humains qui existent sous différentes formes.
06:28La preuve, lorsque vous regardez sur notre table à manger,
06:33plus il y a de diversité de fruits, de légumes, plus le plat est riche.
06:38Donc c'est pareil pour les humains.
06:40Nous devons travailler à préserver cette diversité.
06:44Cette pensée hégémonique qui a prévalu à un moment donné,
06:48de vouloir standardiser les cultures, de vouloir imposer une culture unique à tout un chacun,
06:54je pense que nous voyons aujourd'hui les limites.
06:56Voilà, cela a ses limites aujourd'hui, d'autant plus qu'il n'y a pas de plus grande façon
07:02de s'appauvrir humainement
07:03que de vouloir n'avoir qu'une seule culture, une seule identité,
07:08alors que la possibilité nous est offerte d'en avoir plusieurs.
07:11Le Chinois s'enrichira quand il découvrira les différentes cultures africaines.
07:14L'Africain s'enrichira quand il découvrira les différentes cultures,
07:18et chinoises, et asiatiques, et mondiales.
07:21Donc véritablement, c'est une l'autre mission pour les médias du Sud global
07:25de travailler à préserver cette diversité culturelle.
07:302026 est l'année des échanges humains et culturels Chine-Afrique.
07:34Cette initiative est le fruit d'une décision commune prise par les chefs d'État africains
07:39et leurs homologues chinois à l'occasion du sommet sur la coopération chino-africaine de 2024 à Beijing.
07:46Quelle appréciation en faites-vous ?
07:49Comment les échanges humains et culturels peuvent-ils renforcer les liens culturels entre la Chine et l'Afrique ?
07:57C'est également une question qui pose un enjeu très important.
08:03Justement, les échanges humains et culturels.
08:06Humains et culturels.
08:08On n'a pas d'économiques, on n'a pas de technologiques.
08:10Parce qu'à la base de tout, il y a l'humain et le culturel.
08:15Je disais tout à l'heure qu'il y a une certaine hégémonie qui a prévalu de par le passé,
08:22qui a voulu imposer une culture à chacun, on s'est rendu compte des limites.
08:27Je pense que le Sud global, à travers cet axe notamment, en mettant en avant l'humain et le culturel,
08:35c'est la voie royale pour reconstruire notre humanité qui est en perte de vitesse aujourd'hui.
08:42Lorsque vous regardez autour de nous aujourd'hui, nous n'entendons que des bruits de guerre.
08:46Nous n'entendons que des informations sur des crises.
08:52Alors que jamais l'humanité n'a été autant pourvue de savoirs, de connaissances.
08:58Nous avons aujourd'hui les plus grandes universités, nous avons les plus grands chercheurs,
09:03nous avons les plus grands intellectuels, mais jamais l'humanité ne s'est autant mal portée.
09:08Cela voudrait dire quoi ? Que nous n'avons pas mis l'essentiel en avant.
09:13Et l'essentiel c'est l'humain, l'essentiel c'est le culturel.
09:16L'essentiel c'est notre capacité à nous accepter et de vivre ensemble.
09:21Tant que l'un se croira suffisamment fort pour écraser l'autre,
09:24il crée un déséquilibre, une insécurité qui tôt ou tard va lui péter la figure,
09:31va lui tomber également là-dessus.
09:35Raison pour laquelle, au niveau du sud global, sur les pays africains et la Chine,
09:41qui tous deux sont passés par des situations très difficiles,
09:44qui ont eu des parcours très difficiles, qui savent l'intérêt de la paix.
09:50Parce que lorsque je vois un peu la politique chinoise,
09:52ils essaient de créer quand même un développement harmonieux.
09:55J'aime bien ce que je vois autour de moi, quand on accorde une place importante à la nature,
09:59parce que lorsqu'on dit humain, vous savez chez les africains,
10:02lorsqu'on disait un humain se portait bien,
10:05ce n'était pas que l'humain pris individuellement,
10:08c'était l'humain dans son environnement.
10:09Et son environnement, ça supposait tout ce qui était habitat,
10:13tout ce qui était plantes, tout ce qui était animaux tout autour de lui.
10:17Donc l'humain, c'est de revenir à cette base-là
10:20et considérer l'humain dans son environnement,
10:23comment est-ce qu'on crée ce déséquilibre.
10:24Aujourd'hui, par moments, l'économie qui a semblé prendre le dessus,
10:29où les êtres humains ont été parfois disposés
10:32de par leur volonté de vouloir accumuler,
10:35à détruire tout ce qu'il y avait autour de nous,
10:38en oubliant qu'un feu de brousse ici,
10:42ou une forêt détruite abusivement ici,
10:44crée un déséquilibre qui va impacter sur la santé de l'humain.
10:47Et lorsque cela impacte sur la santé de l'humain,
10:49on crée un déséquilibre qui va plus ou moins faire du tort
10:53à tout un chacun des habitants de la Terre.
10:55L'industrie de la robotique chinoise se développe
10:57à un rythme accéléré ces dernières années.
11:00L'IA et la robotique sont en train de transformer nos sociétés.
11:04Selon vous, dans quel domaine la robotique peut-elle être utile à l'Afrique ?
11:09Effectivement, la Chine fait des prouesses énormes
11:13en matière de développement technologique.
11:15Nous sommes arrivés à un stade où des robots
11:18qui ont été conçus et fabriqués par l'humain
11:21sont à même de remplacer l'être humain
11:23dans pas mal d'activités, dans pas mal de tâches.
11:26Et cela peut constituer effectivement
11:28une opportunité intéressante pour un pays
11:30comme le Burkina Faso et pas tant l'Afrique tout entière.
11:33D'autant plus qu'en termes de capacité de production
11:37pour des pays comme les nôtres,
11:40qui voudraient aussi pouvoir se industrialiser,
11:43qui voudraient pouvoir accélérer
11:45certaines procédures de fabrication,
11:47la robotique peut beaucoup aider.
11:50Quand je prends les industries qui produisent en série,
11:54plutôt que d'avoir des hommes qui fassent des actes automatisés,
12:00qui soient amenés à produire la Chine du matin au soir
12:04en ayant le même comportement,
12:06qui va déboucher parfois sur des malformations et des maladies,
12:10la robotique peut véritablement être utilisée dans ce domaine.
12:16Aussi, au niveau même de nos médias aujourd'hui,
12:20en termes de production,
12:22nous voyons que la Chine a déjà fait appel à la robotique
12:25dans certains pans de son processus de création
12:29pour utiliser la robotique.
12:31Cela peut être une idée.
12:32Mais de façon globale,
12:34je dirais que c'est beaucoup plus au niveau des industries,
12:38des entreprises de production de masques,
12:41la robotique peut jouer un rôle important.
12:43En octobre prochain,
12:44le Sénégal accueille les Jeux Olympiques de la Genèse de Dakar 2026.
12:50C'est la toute première fois que l'Afrique accueille
12:53un tel événement olympique.
12:56Quelle peut être la plus-value pour le continent
12:59en accueillant un tel événement d'envergure ?
13:02C'est d'abord une plus-value en termes d'images.
13:06Lorsqu'un pays africain doit recevoir
13:09ou accueillir, organiser une compétition
13:12qui regroupe les différents pays du monde,
13:16c'est déjà montrer la capacité de l'Afrique
13:18à recevoir ce beau monde,
13:21à bien organiser cette compétition.
13:24D'autant plus que, comme je disais tout à l'heure,
13:28si les images qu'on a de l'Afrique,
13:31du Sénégal, qui parviennent à la Chine,
13:35qui parviennent aux États-Unis,
13:38ce sont des images où c'est l'humain
13:39qui vivrait dans la brousse, dans la cabane,
13:42on serait tenté de se poser des questions
13:44sur leur capacité à l'organiser.
13:45Mais à travers ces JO, les images qui seront relayées,
13:48on verra que nous avons les mêmes voies bitumées,
13:52les mêmes immeubles, les mêmes grattes-ciels.
13:54Nous avons sensiblement un certain nombre d'infrastructures
13:59en termes de développement
14:00qui, parfois, on serait tenté de se demander
14:03où est-ce qu'on se trouve,
14:05si c'est vraiment un pays africain.
14:07Et cela va contribuer à repousser les limites
14:12de l'ignorance que certaines civilisations
14:15auraient pu avoir de l'Afrique.
14:16Donc c'est vraiment une vitrine
14:18qui a offerte au Sénégal
14:20et partant à l'Afrique toute entière
14:22de montrer, de casser ces préjugés-là,
14:26souvent, qui perdent sur elles,
14:27en termes de capacité d'organisation,
14:30en termes de rigueur, en termes de sérieux.
14:32Et aussi, montrer la particularité africaine
14:35qui est la chaleur humaine,
14:36permettre à toutes ces personnes qui viendront
14:37de découvrir l'Afrique
14:39qui véritablement mêle l'humain
14:40au cœur de tout ce qu'ils font.
14:44Et tous ceux qui en repartiront,
14:45ce n'est non seulement les témoins,
14:46mais également tous ces médias
14:48qui seront présents dans ce pays
14:50vont relayer un pays africain
14:54à même de recevoir une compétition
14:58d'envergure internationale
14:59et de pouvoir le réussir.
15:00Donc c'est véritablement une opportunité
15:02pour gagner des points
15:03en termes d'images pour l'Afrique.
15:06Merci, monsieur le directeur général du BF1.
15:08Ça a été un plaisir pour nous d'échanger avec vous.
15:11Nous espérons poursuivre les échanges
15:13à d'autres occasions.
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