00:05L'Angléco avec Christophe Jacubizine, comme chaque vendredi directeur de la rédaction des Echos.
00:11Christophe, vous avez donc décortiqué les premières annonces budgétaires que le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait dans le Figaro.
00:17Hier soir, 54 milliards d'euros d'économies, ce n'est pas rien, mais vous avez l'air presque déçu.
00:23Vous lisez dans mes pensées Céline, je suis démasqué une nouvelle fois, je vais avoir le mauvais rôle ce matin.
00:27Mais c'est vrai que sur le papier, 54 milliards d'économies, c'est beaucoup.
00:30Le Premier ministre parle d'un coup de rabot sur l'abattement de 10% dans profit des retraités pour
00:35le calcul de l'impôt sur le revenu,
00:36ou encore d'un gel des pensions, en tout cas pour les plus élevés.
00:39Il évoque aussi d'ailleurs le gel du poing dans la fonction publique.
00:42Tout ça, évidemment, ce n'est pas une bonne nouvelle pour de nombreux Français, mais je suis obligé de le
00:46dire,
00:46ce n'est pas à la hauteur de la situation de notre pays.
00:49D'ailleurs, on ne voit pas vraiment comment Sébastien Lecornu va trouver les 54 milliards d'euros dont il nous
00:54parle.
00:54Ce n'est pas la réduction des indemnités des ministres ou le coup de rabot sur le CPF, le compte
01:00professionnel de formation,
01:01qui va véritablement changer la donne.
01:03Pourtant, notre pays va mal, très mal même.
01:06Et pour connaître la santé d'un pays, il y a un thermomètre, ça s'appelle les taux d'intérêt.
01:10Le taux auquel nos créanciers sont prêts à financer la cigale que nous sommes,
01:15ce taux s'est envolé à 4,5%.
01:18Pour les emprunts d'État, évidemment, tout le reste en découle,
01:21comme les taux de l'immobilier ou les investissements des entreprises.
01:24En fait, vous êtes en train de nous dire que c'est un budget pour rien.
01:27Exactement, Céline, ça me donne l'impression qu'on est en train de reculer pour mieux sauter
01:31après la présidentielle dans une rigueur inévitable.
01:35Sébastien Lecornu, il est vrai, n'a pas de marge de manœuvre politique.
01:37Il n'a pas de majorité.
01:38Il est à la merci d'une censure comme François Bayrou.
01:41Il doit donc donner des gages.
01:43L'an dernier, il l'avait fait avec les socialistes.
01:44Souvenez-vous, en suspendant la réforme des retraites.
01:46Eh bien, cette fois-ci, il le fait avec le Rassemblement national,
01:50avec plusieurs mesures annoncées, comme l'instauration d'un délai de carence
01:53pour les prestations sociales versées aux immigrés,
01:56la volonté de faire baisser la contribution de la France au budget de l'Europe,
02:00ou encore la volonté de raboter la rampe des fournisseurs d'énergie renouvelable
02:04dans l'éolien et le solaire, autant d'exigences de Marine Le Pen.
02:07On verra si ces gestes suffiront à éviter la censure.
02:10Mais ce qui est sûr, c'est que le réveil, après la présidentielle, sera douloureux.
02:16Il y aura d'énormes efforts à faire et des réformes à engager,
02:19quelle que soit le ou la future présidente.
02:22En 2012, souvenez-vous, le slogan de François Hollande, c'était
02:26« Le changement, c'est maintenant ».
02:28Eh bien, en 2027, je pense que s'ils étaient honnêtes,
02:31tous les candidats devraient nous promettre la rigueur, c'est maintenant.
02:35Évidemment, pas sûr que ça donnerait envie aux Français de voter pour eux.
02:38« J'ai donc bien peur qu'ils préfèrent nous raconter des histoires
02:41tout au long de la campagne présidentielle ».
02:43Christophe Jacobizine et ses prévisions sombres.
02:47C'était l'Angle Éco avec vous chaque vendredi.
02:49Christophe, à la semaine prochaine.
02:50Voilà.
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