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  • il y a 16 minutes
Alors que Donald Trump est plus engagé que jamais dans le combat pour remporter les élections de mi-mandat le 3 novembre prochain, le président des États-Unis a dû faire face cette semaine à de nombreuses déconvenues: entre la hausse des taux décidée par la FED, le potentiel futur statut de "membre associé" du Canada avec l'UE, ou encore la justice qui ordonne le retrait de son nom de la façade du Kennedy Center.


Pour en parler dans cet épisode du Monde selon Trump, Thierry Arnaud reçoit Stéphan Bureau, consultant États-Unis de BFMTV, et Antoine Heulard, correspondant de BFMTV à Washington.

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Transcription
00:08Je dois dire que vous avez un prix de l'essence un peu plus élevé.
00:12C'est un prix à payer très peu coûteux pour ce que nous avons fait en Iran.
00:16Souvenez-vous-en, c'est un peu plus, même si, franchement, c'était beaucoup plus.
00:24Bon alors d'accord, le prix de l'essence a un peu grimpé,
00:27mais finalement, c'est un prix assez modeste à payer pour l'entrée de l'Amérique dans ce nouvel âge
00:33d'or,
00:33grâce au meilleur président de son histoire, Donald Trump, tel qu'en lui-même,
00:38en meeting cette semaine en Caroline du Nord,
00:41bien sûr dans la perspective de ces très attendues élections à mi-mandat.
00:45Bienvenue dans ce nouvel épisode du Monde selon Trump pour écouter, analyser, décrypter chaque semaine
00:50les paroles, les mots, les actes du 47e président des Etats-Unis.
00:54Bonjour Stéphane Bureau.
00:55Bonjour Thierry.
00:57Journaliste, consultant Etats-Unis de BFM TV, entre autres, bien connu de nos téléspectateurs.
01:02Merci d'être avec nous encore aujourd'hui.
01:04La semaine dernière, il était à Dallas, aujourd'hui il est à Washington,
01:07mais où sera-t-il la semaine prochaine ?
01:09En attendant, on est très heureux de le retrouver, Antoine Lahr, depuis Washington.
01:12Donc salut Antoine.
01:14Salut Thierry, salut Stéphane.
01:16Salut.
01:16Alors Antoine, la Caroline du Nord, un nouveau meeting de campagne de la part de Donald Trump,
01:21tel qu'on lui-même, on le disait.
01:22La semaine dernière, tu t'en souviens, on a démarré l'épisode avec un son de Trump
01:26expliquant qu'il demandait aux électeurs de faire comme s'il était lui Donald Trump
01:31sur chacun des bulletins de vote qu'ils étaient amenés à déposer le 3 novembre.
01:36Évidemment, ce n'est pas un hasard qu'il ait choisi la Caroline du Nord pour ce nouveau meeting.
01:42Non, effectivement.
01:43Alors moi, ce que je voulais d'abord souligner, c'est que dans cette déclaration de Donald Trump
01:46qu'on vient d'entendre, il n'y a absolument rien qui va.
01:49En fait, Trump, d'abord, refuse de voir que les Américains sont préoccupés
01:53par les questions de pouvoir d'achat, les questions d'inflation, les questions du prix de l'essence
01:57qui sont vraiment, tous les sondages du monde, la priorité numéro un ici aux Etats-Unis.
02:01Et en disant que ça n'est finalement pas très grave, Trump apparaît, mais totalement déconnecté
02:06des problèmes du quotidien des Américains.
02:09Et la deuxième chose qui ne va pas, c'est la question de la guerre
02:12qui n'a jamais été populaire aux Etats-Unis, qui est de plus en plus impopulaire
02:15y compris au sein de l'électorat trumpiste.
02:18Et ça, on s'en rend compte quand on parle avec les supporters de Donald Trump.
02:21Il y a vraiment un truc intéressant, c'est que moi, je me souviens au printemps dernier
02:25quand je parlais des trumpistes sur la guerre, il m'expliquait
02:27« Oui, bon, la guerre, ce n'est pas terrible, on n'a pas voté pour ça,
02:30mais on fait confiance à Donald Trump, on sait ce qu'il fait. »
02:33Et ça, c'est quelque chose qu'ils ne disent plus aujourd'hui.
02:34Aujourd'hui, les trumpistes avec qui j'ai pu parler disent que oui,
02:38la guerre, c'est un problème, il faut que ça s'arrête.
02:41Et on ne me dit plus qu'on fait confiance à Donald Trump pour régler ce problème.
02:45Et le prix de l'essence, il faut quand même rappeler les chiffres.
02:48On est à plus de 4 dollars le galon en moyenne nationale,
02:51donc le galon, c'est un peu plus de 3 litres et demi.
02:54On était à moins de 3 avant la guerre, donc ça fait une augmentation de plus de 30%.
02:58Et il suffit d'aller se promener à n'importe quelle station de service aux Etats-Unis,
03:01tout le monde vous dit que c'est un vrai problème et que ça n'est plus tenable.
03:05Est-ce qu'il n'est pas en danger, Stéphane, de se tromper un peu de campagne Donald Trump
03:10en disant finalement que ce prix de l'essence augmente de 30-40%,
03:14même dans certains cas à 50%, c'est pas grave.
03:17La guerre, c'est pas grave.
03:19Tout va bien. Est-ce que c'est le bon message envoyé?
03:22Ce n'est certainement pas le bon message, sinon qu'à ce jour,
03:24Donald Trump a souvent réussi à dire une chose
03:28qui ne correspondait pas à ce que les électeurs sentaient dans leur vie,
03:31dans leur poche, et à les convaincre de ce que c'était dans leur meilleur intérêt.
03:35On parle du prix du pétrole.
03:37Si on parlait du diesel, c'est encore plus accentué, l'augmentation du prix.
03:41Et ça fait très mal à une base électorale importante pour Donald Trump.
03:45Alors, les grands rouleurs, mais aussi les agriculteurs.
03:48Et là, c'est vraiment, vraiment, vraiment un facteur différentiel
03:51par rapport à ce qu'on a connu dans le passé.
03:5330% de plus sur le pétrole, en fait, l'essence à la pompe, c'est une chose,
03:58mais le diesel, ça fait très mal.
04:00Et ça fait mal dans des États où Donald Trump, historiquement, est fort.
04:03Est-ce qu'il se trompe de campagne?
04:04Ce qui est très fort de café dans les circonstances,
04:06c'est de dire à ses électeurs, vous savez,
04:08c'est un petit prix à payer collectivement pour vivre dans un monde en paix,
04:12pour faire en sorte que l'Iran ne soit pas en mesure d'agiter la menace nucléaire.
04:18Jamais, à aucun moment, Trump n'a dit à ses électeurs,
04:21vous aurez à payer un prix pour faire en sorte que l'Iran n'ait pas l'arme nucléaire.
04:25Et il faut rappeler qu'il y a, quoi, 18 mois,
04:28Trump nous disait qu'il n'y avait pas de menace nucléaire.
04:31Et aujourd'hui, en fait, il répète qu'elle est sous contrôle,
04:34mais qu'il y a un prix à payer pour ça.
04:37C'est, pour les électeurs américains, absolument intolérable.
04:41Sinon que la base de M. Trump, on revient toujours à ça,
04:44ses électeurs MAGA, est encore forte.
04:47On est à 30-32 %.
04:48Il y a beaucoup de politiques en France
04:51qui seraient très heureux de savoir qu'ils ont derrière eux 32 % de l'électorat.
04:55Et qu'en face de lui, les démocrates, la marque de commerce,
04:59je ne parle pas des candidatures,
05:01elle est très malmenée, cette marque de commerce.
05:03L'appui aux démocrates, c'est 23, 24, 25 %.
05:07Après ça, il y a des candidats qui font très, très bien dans différentes courses.
05:11Mais sur le fond, l'organisation nationale
05:14n'a pas de réponse concertée à offrir à Donald Trump.
05:19Alors, singulièrement, les démocrates du Congrès, bien sûr.
05:21Alors, je le disais, j'y fais allusion tout à l'heure,
05:23elle est intéressante, cette campagne de Caroline du Nord.
05:26Un de ces États dont dépend la majorité au Sénat après les élections.
05:32Intéressante aussi, parce que c'est la fin d'un mandat d'un républicain
05:36qui s'appelle Tom Tillis, qui était l'un des rares à taper sur Donald Trump,
05:40à qualifier certaines de ses politiques de stupides,
05:45avec une liberté de parole d'autant plus grande qu'il savait
05:47qu'il n'allait pas se représenter, parce que c'est un peu la règle.
05:50Quand on est républicain, si on tape sur Donald Trump,
05:53c'est compliqué d'obtenir l'investiture.
05:55Mais ce qui est intéressant, c'est que si on regarde les derniers sondages
05:58de cette élection qui oppose un ancien gouverneur démocrate, Roy Cooper...
06:02Et populaire comme gouverneur.
06:03Et plutôt populaire comme gouverneur à Michael Whitley,
06:06qui n'est pas n'importe qui, parce que c'est l'ancien président du parti républicain,
06:10au moment où on se parle, Stéphane, c'est, allez,
06:127-8 points d'avance pour le démocrate quand même.
06:14– Oui, les républicains vous diront que c'est au coude à coude,
06:17et c'est très important, parce que si les démocrates veulent reprendre le contrôle du Sénat,
06:21et je pense qu'on n'y est pas mathématiquement,
06:23il faut gagner, arracher, en plus de protéger tous les États qui sont déjà eux,
06:28il faut aller chercher aux républicains 4 sièges de sénateurs.
06:32Donc ça implique peut-être de réussir au Texas,
06:35où M. Trump a placé un homme à lui,
06:38qui est en difficulté, M. Paxton,
06:39à la face d'un jeune démocrate très différent,
06:42atypique, qui fait une très belle campagne,
06:44et qui est surtout capable de lever des sommes considérables.
06:47– Oui, il a levé près de 6-7 fois plus que l'autre.
06:49– Exactement, il est à près de 100 millions de dollars
06:52pour sa seule campagne au Sénat.
06:54C'est fou, c'est évidemment un monde unique et particulier que celui des élections.
06:58– James Salarico, le démocrate.
06:59– Voilà. Alors donc, la Caroline du Nord,
07:01une course très importante,
07:02parce que les républicains ne peuvent pas se permettre de perdre beaucoup d'États.
07:06On surveille aussi le Maine,
07:08où Mme Collins, qui est là depuis 98 de mémoire,
07:12a été un peu malmenée en amont par un démocrate
07:15dont on disait qu'il avait un bel avenir, M. Plattner,
07:18et qui a été sorti du ring avant qu'elle ne commence la campagne électorale,
07:22accusée d'agression à l'endroit de certaines femmes.
07:25Mais à l'époque, on pensait que Mme Collins était très vulnérable.
07:28Aujourd'hui, elle est probablement en meilleure position.
07:31Mais c'est vrai que sur des terrains qui sont habituellement propices aux républicains,
07:36on peut se demander s'ils ne seront pas en difficulté.
07:39En Ohio, c'est le siège qu'occupait le vice-président qui est en jeu.
07:44Je doute que l'Ohio vote démocrate.
07:46Je serais surpris, au sortir de l'exercice,
07:49que le Texas n'élise un sénateur démocrate.
07:52C'est possible.
07:53Mais ce serait la première fois depuis 1988, Lloyd Benson.
07:58Ça nous ramène à très très loin.
08:00Dans un univers où les démocrates, peu avant, étaient les maîtres du Sud.
08:05Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.
08:06Et à côté de ces meetings, il continue de mener campagne, évidemment, Donald Trump, Antoine Lard.
08:13Et mener campagne, pas seulement d'ailleurs sur le terrain, pas seulement vis-à-vis des électeurs,
08:17mais vis-à-vis des institutions aussi.
08:20Et une mauvaise nouvelle pour lui aussi, cette semaine, lui qui lui est venu de la Cour suprême.
08:25Oui, en fait, Donald Trump s'est attaqué au système de vote par correspondance.
08:30Ça fait longtemps que ce système est dans son viseur.
08:33En 2020, il avait accusé, il avait estimé qu'il y avait eu des fraudes à ce niveau.
08:38C'est ça qui lui avait fait perdre l'élection.
08:41Il faut rappeler qu'il y a plus de démocrates, d'ailleurs, qui votent par correspondance que de républicains.
08:45Donc, il a essayé de modifier le système, de restreindre un peu l'accès au vote par correspondance.
08:50Pour faire à peu près simple, il a chargé le service postal des États-Unis et les services de l
08:54'immigration.
08:55d'établir une liste de personnes, qui sont les citoyens américains,
08:59qui ont le droit de voter et de recevoir les bulletins de vote par correspondance.
09:04La Cour suprême a retoqué ce décret de Donald Trump.
09:07Elle ne s'est pas prononcée sur le fond, mais elle a expliqué en gros que cette mesure arrivait bien
09:12trop tard
09:13et qu'elle risquait de perturber le bon déroulement du vote qui a lieu début novembre.
09:17Donc, c'était un laps de temps trop court pour mettre ce nouveau système en place.
09:22Trump s'est pris une claque à la Cour suprême.
09:23C'est sept voix contre deux.
09:26Ça veut dire que même des juges conservateurs ont décidé contre Donald Trump, contre le décret de Donald Trump.
09:32Et ça, évidemment, ça l'a mis en colère.
09:34Donald Trump, c'est un vrai revers pour lui.
09:36Un vrai revers venu de la Cour suprême, où il a pourtant une majorité de juges conservateurs.
09:43Autre revers cette semaine important, dont il faut parler aussi pour le président américain,
09:47la hausse des taux décidée par la réserve fédérale, qui a donc porté son principal taux directeur de 3,75
09:55à 4%,
09:56là où le président américain attendait, réclamait, exigeait une baisse des taux,
10:01avec d'autant plus de vigueur qu'il y a à la tête de cette institution depuis le mois de
10:05mai dernier,
10:06un monsieur qui s'appelle Kevin Walsh, qui a été nommé par Donald Trump,
10:10en l'occurrence pour aller dans la direction de ce qu'était par le président américain.
10:14Sauf que la Fed et son conseil d'administration dans son ensemble a considéré le bord de la Fed
10:19que la principale menace pour l'économie américaine aujourd'hui, c'était l'inflation,
10:24donc relèvement des taux, donc relèvement des taux dont elle nous suggère d'ailleurs
10:28qu'il ne sera peut-être pas le seul de l'année en cours.
10:31Et comme vous l'imaginez, comme vous allez l'entendre,
10:33le président américain n'était pas réellement satisfait de cette décision.
10:38Oui, absolument. Je veux dire, je compte sur Kevin,
10:41mais il a un conseil d'administration très difficile.
10:44Ce conseil a été mis en place par beaucoup d'autres personnes
10:46et les taux d'intérêt sont trop élevés. Ils ne sont pas appropriés.
10:49J'ai parlé avec Kevin et je lui ai dit, autant voter avec le conseil,
10:53parce que ça ne changera rien.
10:55Alors, il y a plusieurs choses assez étonnantes à relever dans ce qu'on vient d'entendre,
10:59évidemment, Stéphane. D'abord, en théorie, même si on sait que le président de la Fed
11:03s'entretient régulièrement avec le président des Etats-Unis,
11:06il est supposé être indépendant.
11:09Là, en gros, Donald Trump, lui, nous explique qu'il a demandé,
11:13qu'il a donné des instructions de vote au président de la réserve fédérale.
11:17Et cette réserve fédérale, avec Kevin Walsh à sa tête,
11:20malgré tout, sur le fond, elle fait quand même de la résistance à sa façon.
11:23Elle fait de la résistance comme son prédécesseur faisait de la résistance,
11:27parce que le président demande, depuis qu'il a été élu,
11:29à ce qu'on abaisse les taux d'intérêt.
11:31Je me permets de revenir sur ce qu'on disait tout à l'heure au sujet de la Cour suprême,
11:34parce que c'est lié, Thierry, vous disiez,
11:37c'est une Cour suprême qui est pour l'essentiel acquise au président.
11:40Or, on a découvert que ce n'était pas toujours vrai.
11:43C'est-à-dire que les juges, même conservateurs,
11:45plusieurs fois ont voté contre le désir du président,
11:50à commencer par les droits douaniers, sur la question des droits douaniers.
11:53Ça a été très fâcheux pour le président,
11:55cette semaine, sur la question du vote par correspondance.
11:58Et là, c'est la Fed,
11:59où il espérait avoir nommé enfin quelqu'un qui l'écouterait.
12:02Et il faut voir l'espèce d'élégance avec laquelle il couvre cette rebuffade,
12:08cette humiliation en disant,
12:09finalement, j'ai demandé à Kevin de voter avec les membres de la Fed,
12:15qui, de toute façon, sont des vendus,
12:17qui ne voient pas ce qui devrait être fait.
12:19Et pour ces raisons, ce n'est pas lui qui ne m'écoute pas,
12:22c'est moi qui lui ai dit, bon, rallie-toi finalement.
12:26Or, c'est vrai qu'aujourd'hui,
12:27et on a commencé en parlant de vie chère,
12:30de l'essence, évidemment, mais aussi du caddie,
12:34c'est une préoccupation pour les électeurs partout.
12:37Et la lutte à la vie chère est essentielle,
12:39d'autant que l'économie américaine est assez résiliente, forte.
12:44C'est ce que disait M. Walsh
12:45quand il s'est prononcé à une grande réunion des banquiers centraux.
12:49En disant, la question de l'emploi, ça va.
12:52Les emplois tiennent la route.
12:54Nous avons une économie qui peut absorber les coûts.
12:57Mais sur l'inflation, on est très loin de nos cibles.
13:00Parce que théoriquement, la cible, c'est 2 %.
13:03Et on est à 3, 4 en ce moment, avec une tendance haussière.
13:07Or, ce n'est pas le fait des derniers mois.
13:10Ça fait 3 ans que l'inflation est au-dessus de la cible.
13:14La question, c'est à partir de quand on s'intéresse à ça
13:16et on commence à poser les gestes qui pourront peut-être faire en sorte
13:19que l'inflation aux États-Unis sera moins sticky, comme ils disent, moins collante.
13:25Évidemment, il y a un facteur essentiel, c'est les prix de l'énergie.
13:29C'est très volatile, comme le panier d'épicerie, le caddie.
13:33Et en général, les banquiers centraux regardent ce qu'on appelle le cœur,
13:37le core de l'inflation, où on élimine de l'équation, et c'est facile,
13:41l'essence, et puis les prix du caddie.
13:45Mais dans les faits, pour la plupart des ménages,
13:47ce qui compte tous les jours et dans des proportions très importantes,
13:50c'est ce qui se joue à l'épicerie et ce qui se joue aux stations-services.
13:55Oui, alors tu rapprochais les deux, et c'est intéressant de le faire,
13:58parce qu'à leur manière, et la Cour suprême et la Réserve fédérale
14:03ont fait de la résistance vis-à-vis des demandes du président américain.
14:09Qu'est-ce que ça nous dit ? Qu'est-ce que ça te dit sur, on va dire,
14:14la capacité de résistance un peu du système et des institutions
14:17face à cette agression, cette marche en avance, en avant permanente de Donald Trump ?
14:23En fait, je pense que ça en dit davantage sur les lieux communs qu'on aime entretenir.
14:27Cette idée, par exemple, que tout est foutu,
14:29que la démocratie américaine ne fonctionne plus, que le système ne fonctionne plus.
14:33C'est une ancienne que j'ai entendue lors de la première administration, Trump 1.0.
14:37On a vu, par exemple, sur les décrets qui visaient certains pays
14:41dont on disait que les ressortissants ne pouvaient plus entrer aux États-Unis.
14:44Et c'est le judiciaire qui s'est levé et a dit, un instant, s'il vous plaît,
14:48il y a une manière de faire des choses.
14:49Et aujourd'hui, même chose, il y a des tribunaux nombreux qui disent non,
14:54ce n'est tout simplement pas légal,
14:55et une Cour suprême dont on disait qu'elle mangeait dans la main du président,
15:00et ce n'est pas vrai.
15:01Et le président, d'ailleurs, est furieux,
15:03parce qu'il estime que ceux qu'il a nommés devraient lui être fidèles.
15:08Or, ils ne le sont pas toujours.
15:10Et c'est la bonne nouvelle.
15:11Et puis, il y a des politiques qui aussi...
15:13Alors, là où c'est lamentable, je dirais que c'est l'opposition politique démocrate
15:16qui, à ce jour, a été malhabile, sans véritable conviction,
15:22et incapable d'articuler une vision, un narratif, alternative à ce que Trump propose.
15:28Mais la démocratie américaine, cette idée qu'elle soit totalement délittée,
15:32il y a des enjeux fondamentaux.
15:34Par exemple, le pouvoir qu'on a aux États-Unis de dépenser sans limite,
15:39qui est constitutionnellement protégé aujourd'hui,
15:41parce qu'on estime que ce pouvoir,
15:45cette capacité à dépenser est une extension de la liberté d'expression.
15:49On conçoit très mal ça chez nous, mais aux États-Unis, c'est comme ça.
15:52Et ce n'est pas le fait de Trump.
15:53Ça le précède largement.
15:55Mais au-delà de ça, c'est un pays qui continue à avancer
15:58et, dans bien des cas, réussit à dire non au président.
16:03Une fois n'est pas coutune, le monde selon Trump va tourner le dos à l'Atlantique
16:06pour vous emmener plutôt à l'est du côté de Strasbourg, figurez-vous.
16:10Et pourquoi Strasbourg ?
16:11Eh bien, parce que depuis deux jours, pendant deux jours, ce mercredi, ce jeudi,
16:15l'invité d'honneur, si l'on peut dire, a été le premier ministre canadien, Marc Carné.
16:20Marc Carné, qui s'est vu proposer, et ce serait une première si ça arrive à son terme,
16:26si ce projet aboutit, un statut pour le Canada de membre associé à l'Union européenne.
16:33Une proposition formulée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
16:38Et voilà comment Marc Carné l'a accueilli.
16:43Nous ne sommes pas des alliés seulement lorsque tout va bien.
16:47Nous ne voulons pas des accords à somme zéro.
16:51Notre engagement pour l'État de droit et notre défense infaillible de la dignité humaine,
16:58des libertés individuelles et de la démocratie ont les mêmes racines profondes
17:04et la même attention infaillible.
17:07Nous partageons des valeurs, nous avons toujours lutté pour les défendre
17:12et nous devons continuer à les défendre en restant vigilants.
17:17Nous estimons qu'une économie forte n'est pas un but en soi,
17:22mais un moyen pour arriver à une société équitable.
17:27Marc Carné, le Premier ministre canadien au Parlement européen de Strasbourg.
17:34Elle est populaire au Canada, cette perspective de devenir un membre associé à l'Union européenne ?
17:40C'est pour l'instant très mystérieux.
17:42Je pense que personne n'a pris la mesure de ce que ça pourrait signifier,
17:45d'autant que personne n'a compris parfaitement ce que c'était, que ce statut...
17:49Parce que ce serait une première et que c'est écrit nulle part,
17:52ce qu'est un membre associé de l'Union européenne.
17:54Ça a été un peu bidouillé dans les derniers mois, je pense,
17:56beaucoup à l'initiative, je le crois, de M. Carné,
17:59qui veut avoir un levier, qui veut aussi symboliquement faire la démonstration
18:03devant Donald Trump, que le Canada n'est pas seul.
18:06Je pense que c'est aussi la réponse que peuvent apporter les Européens à petit prix.
18:11Parce qu'à ce jour, le seul, sauf les Chinois,
18:14à avoir décidé de répondre du tac au tac au droit douanier américain,
18:18c'est le Canada.
18:18Et on le paie le prix, Antoine pourrait nous en parler.
18:21Moi, de mémoire de journaliste,
18:24jamais je n'ai vu les États-Unis et le Canada
18:27sur la place publique aussi présent à Washington,
18:30dans les médias américains.
18:32Normalement, c'est une relation qui ennuie.
18:34On baille en parlant du Canada.
18:36Et là, on est partout.
18:37Alors, une question, parce qu'au fond, ça reste un peu mystérieux
18:40pour nous qui voyons ça depuis Paris, Stéphane.
18:43Pourquoi est-ce que Donald Trump tape tout le temps sur le Canada ?
18:47Qu'est-ce qu'il a contre le Canada ?
18:48La réponse courte, c'est que puisque le Canada a choisi de riposter,
18:53c'est un exemple qui doit être oblitéré,
18:55qui doit être vaporisé.
18:57Il est hors de question que la méthode canadienne
18:59de négociation en ripostant puisse donner des résultats.
19:03Parce que s'il fallait qu'on crée le précédent,
19:05on imagine que tous ceux qui ont les différents commerciaux
19:07avec les États-Unis...
19:08Donc, refuser de courber les Chines
19:10lorsqu'on prend des droits de douane en substance, c'est ça.
19:12En substance, c'est exactement ça.
19:13Et je pense que pour Trump, c'est un précédent
19:16qui est absolument intolérable.
19:18Imaginons que les Sud-Coréens décident de riposter à leur tour.
19:22Imaginons que les Européens,
19:23comme on l'avait d'ailleurs fait en 2018,
19:25décident de dire non.
19:27Il est hors de question qu'on accepte en disant
19:29merci, M. Trump, ces droits douaniers
19:32et que nous ripostions.
19:33Alors, pour cette raison, je pense que oui,
19:36il était, pour la Maison-Blanche,
19:38absolument impossible de laisser faire.
19:41Nous sommes le mauvais exemple.
19:43Et dans cette perspective, je pense que pour les Européens,
19:46c'était une manière de se solidariser,
19:47de montrer qu'il y a une riposte
19:50sans véritablement prendre de risque.
19:52Parce que le risque, c'est de riposter.
19:53C'est la réponse finalement, d'une certaine manière,
19:55que font les Européens à ce discours
19:57de McCartney.
19:58On se souvient à Davos, en début d'année,
20:01où il expliquait que...
20:03Et il reprend ce terme, ce mot de valeur.
20:04C'est intéressant et ça m'a frappé.
20:06Je ne sais pas si ça t'a frappé également,
20:08mais il présente ça comme
20:10une union de valeurs, en quelque sorte.
20:12Une défense de certaines valeurs.
20:14Il citait Goethe, parlait des affinités électives
20:16qui nous unissent, Canadiens et Européens.
20:19Bon, c'est vrai qu'il y a quand même un passé
20:21franco-britannique au Canada,
20:24mais on est géographiquement très, très, très éloigné.
20:27Donc, il faut créer le prétexte.
20:28Et le prétexte, ce sont ses racines communes,
20:30ses affinités électives.
20:32Cette idée que les lois du marché,
20:34oui, mais pour un plus grand bien commun,
20:37pour partager la richesse,
20:38c'est un tacle aussi au capitalisme débridé,
20:41celui de l'intelligence artificielle
20:43qui est au cœur du projet américain en ce moment,
20:47sans pour autant oublier l'intelligence artificielle,
20:49parce que Marc Carné dit
20:50« On peut collaborer, Européens et Canadiens. »
20:53En matière d'intelligence artificielle,
20:54le Canada peut-être aura des idées pour vous,
20:56mais surtout, c'est les ressources naturelles,
20:59les minéraux critiques, les terres rares,
21:02où Marc Carné dit « Parlons ensemble.
21:05Soyons de meilleurs partenaires d'affaires. »
21:07Et pour le Canada, c'est l'idée de pouvoir
21:10contribuer à l'effort de guerre,
21:12d'être accepté comme fournisseur.
21:15En fait, on a le droit maintenant, canadien,
21:17de pouvoir participer à ce programme de réarmement
21:20pour l'industrie militaire canadienne,
21:22alors qui n'est pas complètement inexistante,
21:24mais qui demanderait à être survitaminé.
21:28C'est une très, très bonne nouvelle
21:29que de savoir qu'on peut aujourd'hui
21:31proposer nos services au réarmement en Europe.
21:34Puis, au passage, on a quand même passé, nous,
21:35une commande de 100 milliards de dollars aux Allemands
21:38pour nous vendre des sous-marins et les entretenir.
21:42Et je pense que les Allemands ont beaucoup joué en coulisses
21:45pour faire en sorte qu'on offre ce strapontin
21:47à l'Union européenne, au Canada.
21:49Et je pense que M. Mertz a été un de ceux
21:52qui a été mis à profit par Marc Carné.
21:54Et Antoine, comment est-ce que Donald Trump réagit
21:56à cette perspective de rapprochement
21:58entre le Canada et l'Union européenne ?
22:00Évidemment, il n'est pas content.
22:02En fait, Trump a peut-être le sentiment
22:04qu'il ne fait plus peur, ou plus aussi peur,
22:08qu'auparavant.
22:09C'est vrai que sur les premiers mois de sa présidence,
22:11on se souvient que tous les dirigeants
22:12défilaient dans le bureau ovale, en courbant les chines,
22:14en essayant surtout de ne pas froisser Donald Trump,
22:16de s'attirer à ses bonnes grâces.
22:18Et ça, c'est un petit peu terminé.
22:19Comme vous l'expliquez, il y a une espèce de résistance
22:21qui se met en place et qui est incarnée
22:23par le Premier ministre canadien.
22:26Et donc, Trump, aujourd'hui, juge cette alliance
22:29Canada-Union européenne comme un acte hostile.
22:32Écoutez-le.
22:34Non, je trouve ça ridicule.
22:36Écoutez, toute cette histoire avec le Canada.
22:38Le Canada a été un très mauvais partenaire commercial.
22:41Donc non, je n'y crois pas.
22:42Et s'ils font ça, si j'estime que c'est un acte hostile,
22:45j'imposerais des droits de douane très sévères,
22:48où j'arrêterais beaucoup d'échanges commerciaux
22:49avec l'Europe.
22:50Donc, si l'Europe fait ça avec de mauvaises intentions,
22:52si c'est une bonne intention, très bien.
22:54Mais si c'est une mauvaise intention,
22:56nous imposerons de très lourdes droits de douane à l'Europe.
23:02C'est un peu toujours le même refrain.
23:04Et il sera le juge de ce que sont les intentions
23:06des Européens pour décider si, oui ou non,
23:08il va stopper le commerce, j'en doute, évidemment.
23:11Mais il a fait la même menace à la Fed
23:15en disant, si vous augmentez les taux d'intérêt,
23:18j'arrêterai de commercer avec certains pays
23:21avec lesquels nous avons une balance commerciale déficitaire.
23:24C'est-à-dire essentiellement le reste de la planète.
23:26Il faut chercher l'explication.
23:28Je me suis beaucoup gratté le neurone
23:30et je n'arrive pas à comprendre la logique de cette menace.
23:33Oui, elle n'est pas évidente du tout.
23:35Ça a été un coup de tonnerre cette semaine,
23:38cette enquête publiée par le site ProPublica
23:41qui nous a appris qu'à l'occasion du mariage
23:43du fils de Donald Trump, Donald Trump Jr.
23:46du côté des Bahamas,
23:48eh bien, on avait non seulement constaté
23:50la présence d'un groupe d'amis russes,
23:53mais notamment de l'un d'entre eux
23:55qui s'appelle Umar Kremleff,
23:58Antoine, et qui n'est pas venu là seulement
24:01en tant qu'invité.
24:04Non, il est venu là en tant que généreux mécène
24:07puisque cet oligarque russe,
24:09proche de Vladimir Poutine,
24:11a réglé une partie de la note du mariage.
24:13En fait, c'est une fête qui a eu lieu
24:15au printemps dernier dans les Bahamas
24:17sur une île privée.
24:19Une fête qui, d'ailleurs, était plutôt
24:20en comité restreint.
24:22Il y avait une cinquantaine d'invités seulement,
24:23dont cet oligarque,
24:25qui a donc dépensé plusieurs centaines
24:28de milliers de dollars,
24:29à la fois pour réserver cette île privée
24:31et pour payer un somptueux feu d'artifice
24:34qui a eu lieu le soir.
24:36Ce qui est assez incroyable,
24:37c'est que Don Junior reconnaît effectivement
24:40qu'il a payé une partie de la facture.
24:43Il explique que c'est un ami proche
24:45et qu'à ce titre, il était invité au mariage
24:47et qu'il s'est montré généreux.
24:49La femme de Don Junior explique que cette générosité
24:52n'est pas forcément intéressée,
24:53que c'est un ami et qu'il a voulu
24:55simplement faire plaisir.
24:57Mais évidemment, un oligarque russe
24:59proche de Vladimir Poutine,
25:01qui est au mariage du fils de Donald Trump
25:03et qui règle une partie de la facture,
25:05ça pose évidemment beaucoup de questions.
25:07Il y a une question d'une possible influence étrangère
25:09ou tentative d'influence
25:11auprès des cercles du pouvoir à Washington.
25:14Stéphane, il faut quand même dire en deux mots
25:16qui est cette Umar Kremleff
25:17parce que ce n'est pas seulement un oligarque
25:20proche de Vladimir Poutine.
25:22C'est un personnage sulfureux
25:24qui a fait une longue carrière
25:25dans les milieux de la boxe en particulier.
25:27Il est aujourd'hui à la tête
25:29d'une association internationale de boxe
25:34un peu mêlée dans tous ces milieux de sécurité
25:37et de la sécurité rapprochée de Vladimir Poutine.
25:41Selon les Ukrainiens,
25:42il a même été associé à certaines organisations
25:44qui ont participé à la déportation
25:47des enfants en Ukraine.
25:49Donc ce personnage qui vient effectivement
25:51au mariage du fils du président américain
25:53et dépensait des centaines de milliers de dollars,
25:57il est au cœur du pouvoir russe
26:00et de ce cercle poutinien.
26:02Alors au cœur, je suis incapable de le dire
26:04parce que je ne me définis pas comme kremlinologue,
26:07mais Kremleff déjà c'est son nom,
26:09ça ne s'invente pas,
26:10pour être invité à ce mariage,
26:12comme le disait Antoine, intime.
26:13Il y avait une cinquantaine de personnes présentes.
26:16Alors évidemment, c'est un invité utile
26:18puisqu'il a payé une partie de la note.
26:20Ce qui est intéressant dans ce cas-ci,
26:22c'est qu'on sait que très tôt dans la présidence Trump,
26:25il a demandé au président d'intervenir
26:27dans un contentieux entre le comité international olympique
26:30et son association internationale de boxe.
26:33Donc déjà, il était demandeur sur quelque chose.
26:36Il y a ce qu'on appelle aux États-Unis
26:38le quid pro quo.
26:40Est-ce que c'est...
26:41Tu me grattes un peu le dos
26:42et je gratterai le tien à mon tour.
26:44Et compte tenu de ce qu'avait dit Donald Trump
26:47de Hunter Biden à l'époque où son père était vice-président
26:51et que lui, Hunter,
26:53siégeait sur une entreprise en Ukraine,
26:56et le scandale que ça représentait à ses yeux,
26:59et je pense qu'il n'avait pas tout à fait tort
27:00de poser des questions à ce moment-là,
27:02il est surprenant.
27:05Mais dans l'univers de M. Trump,
27:07on voit de surprise en surprise,
27:09parce qu'il y a d'autres choses.
27:10On pourrait parler des centaines de millions de dollars
27:13que la famille royale saoudienne
27:15a investi dans l'écosystème de la crypto de M. Trump.
27:19Alors, on est dans la même logique.
27:21On est toujours très proche
27:22de conflits d'intérêts potentiels,
27:24sinon avérés.
27:25En tout cas, ce que dit le président américain,
27:26c'est qu'il ne connaît pas M. Kremleff,
27:29même communiqué, d'ailleurs assez intéressant,
27:31publié par la première dame des États-Unis,
27:33qui s'exprime publiquement relativement rarement,
27:36Mélania Trump,
27:37pour dire qu'elle ne le connaît pas,
27:38qu'elle n'a été associée, elle,
27:40en rien à la préparation de ce mariage,
27:42et notamment au financement des cérémonies,
27:46évidemment se pose la question de savoir
27:48s'il y a trafic d'influence,
27:50pour dire les choses clairement,
27:52et la question a été posée
27:53au ministre de la Justice aux États-Unis.
27:55Todd Blanche, voici sa réponse.
27:58Le président ne sait pas qui est cette personne.
28:00Je pense que les autres membres de la famille
28:02ne savent pas non plus qui est cette personne.
28:04Le fils du président a déclaré
28:06que c'était un ami très proche
28:07et qu'il avait accepté un cadeau
28:08le week-end de son mariage.
28:10Je ne le suis pas,
28:10donc je ne suis pas vraiment sûr
28:12de ce que vous voulez dire
28:12lorsque vous me demandez
28:13est-ce que vous enquêtez ?
28:15J'enquête sur quoi exactement ?
28:16Et quand vous dites que cette personne
28:18est un ami de Poutine,
28:19je ne sais même pas si c'est vrai ou non.
28:21Donc je pense que c'est intéressant
28:22de discuter de cette affaire
28:23et de la rhétorique qui l'entoure,
28:24mais je pense que toutes les personnes concernées,
28:26le président et ses enfants
28:28se sont déjà exprimés à ce sujet.
28:29Je n'ai aucune information,
28:31je ne connais pas cette personne non plus,
28:32donc je n'ai rien à ajouter
28:34au-delà de ce qui a déjà été dit.
28:37Un édifiant manque de curiosité
28:39de la part du ministre.
28:39Zik, c'est l'ancien avocat
28:41de M. Trump aussi.
28:43Évidemment, ça pose de sérieuses questions.
28:45Oui, c'est fascinant.
28:46Des questions, il y en a beaucoup aussi
28:48qui se posent sur les milliards du Venezuela.
28:52Où est passé cet argent ?
28:54Puisque les Etats-Unis ont mis la main
28:56et ils s'en sont vantés
28:57sur la manne pétrolière du Venezuela
29:00depuis bientôt un an maintenant.
29:02Il faut remonter au mois de janvier
29:04la capture du président Maduro
29:06qui est toujours en train de croupir
29:08dans une jôle new-yorkaise.
29:10Et j'ai relevé un échange très intéressant
29:13il y a quelques jours au Congrès
29:15à l'occasion d'une audition
29:17entre un représentant de l'Illinois
29:20qui interrogeait le ministre des Finances,
29:23le secrétaire au Trésor, Scott Besson
29:26sur précisément ce que devenait
29:28cette manne pétrolière
29:29et pas que du Venezuela.
29:32Écoutez cet échange.
29:34Le président Trump a déclaré le 27 juillet
29:36« Nous avons payé cette guerre plusieurs fois,
29:38nous recevons beaucoup d'argent,
29:39des milliards et des milliards de dollars
29:41du Venezuela. »
29:42Qui désigne-t-il lorsqu'il dit « nous » ?
29:43Eh bien, je pense que le président Trump
29:45faisait peut-être référence à l'accord pétrolier
29:47que le département de la guerre
29:48a conclu avec le Venezuela.
29:49Mais il semblait laisser entendre
29:51que nous, c'est-à-dire le peuple américain,
29:53recevons de l'argent pour compenser ces coûts.
29:55Cela laisserait-il entendre
29:56que ces fonds sont versés
29:57à des personnes ou des entités américaines ?
29:59Encore une fois, il s'agit
30:00de l'un des actifs les plus importants
30:02à avoir jamais figuré au bilan des États-Unis,
30:04monsieur le membre du Congrès.
30:09Il s'agit de l'un des actifs vénézuéliens.
30:09D'accord.
30:10Les comptes que le Trésor gère
30:11sont-ils uniquement liés à la vente de pétrole
30:13ou prenez-vous également le contrôle
30:14d'autres actifs vénézuéliens ?
30:17Il s'agit de nombreux actifs vénézuéliens.
30:20Donc, vous avez pris le contrôle
30:21d'actifs vénézuéliens.
30:22Je sais que le département de l'Intérieur
30:24a récemment déclaré qu'il prenait
30:25le contrôle des ventes d'or vénézuéliennes.
30:27Nous prenons donc également le contrôle
30:29de ces actifs et de leur redistribution.
30:31Vous ne pouvez pas affirmer,
30:32au moment où nous sommes ici,
30:33si ces fonds sont versés ou non
30:34à des personnes ou des entités américaines ?
30:36Non.
30:37Pouvez-vous identifier dans quelle banque américaine
30:39ou dans quel établissement bancaire américain
30:40ces fonds sont détenus ?
30:42Non.
30:43Le secrétaire Rubio avait indiqué
30:45que ces fonds étaient détenus par Citibank.
30:47Contestez-vous ce qu'a dit le secrétaire Rubio
30:49ou est-ce que vous ne le savez pas ?
30:50Je suis d'accord avec lui.
30:54Je ne sais pas où est l'argent,
30:55mais je sais que Marc Rubio, lui, le sait.
30:58À la Citibank.
30:59Il est fascinant cet échange quand même, Stéphane.
31:00C'est exceptionnel.
31:01C'est exceptionnel parce qu'effectivement,
31:03on savait qu'une partie des réserves pétrolières
31:07du Venezuela était probablement aujourd'hui
31:09contrôlée par les États-Unis.
31:10On ne soupçonnait pas à quel point
31:12les Américains étaient en train de piger dans la caisse.
31:16Mais ce que ça nous dit aussi,
31:17c'est que depuis le tout début,
31:20cette affaire a nécessairement été ourdie,
31:22préparée avec la collaboration
31:23de celle qui est aujourd'hui aux commandes,
31:25Delcy Rodriguez.
31:26C'est-à-dire que c'est une complicité
31:28qui précède largement le rapte de M. Maduro,
31:32avec cette possibilité aujourd'hui
31:34que des actifs vénézuéliens par-delà le pétrole
31:37soient envoyés aux États-Unis.
31:39C'est aussi une des informations
31:40qui est quand même cruciales
31:41dans ce qu'on vient d'entendre,
31:42c'est que l'or du Venezuela
31:44est aussi, entre autres,
31:46désormais aux mains des Américains.
31:48Alors, je pose la question
31:49de manière un peu brutale,
31:50mais est-ce qu'il prend le Congrès
31:54pour des imbéciles
31:55et celui qui l'interroge pour un imbécile
31:57en disant qu'il ne sait pas
31:59où est l'argent,
31:59il ne sait pas où part l'argent ?
32:01Parce qu'on est quand même dans un contexte
32:03qui, institutionnellement, est important.
32:04On a un ministre, un membre de l'exécutif
32:08qui vient rendre compte devant le Parlement.
32:10Il répond devant le Parlement.
32:12Il répond devant le Parlement,
32:13donc devant les citoyens,
32:14pour dire, voilà,
32:16ces ressources qui sont désormais
32:18accaparées par les États-Unis,
32:21où vont-elles ?
32:23Sur quel compte en banque ?
32:24Combien ?
32:26De quelle manière c'est géré ?
32:28Et il ne répond à aucune de ces questions.
32:30Et on sait, d'ailleurs,
32:32c'est assez apparent dans l'échange
32:35qu'une partie de ces fonds
32:36ont transité par des comptes
32:39qui sont logés dans des pays du Golfe.
32:41Au Qatar en particulier.
32:42Au Qatar en particulier,
32:43ceux qui évitent le regard
32:45trop asserré peut-être du Congrès.
32:48Mais on est dans un cas de figure
32:50où les États-Unis sont en train
32:51de se payer à même les dépouilles.
32:53C'est exactement de ça qu'il s'agit.
32:55Alors, les Américains diront
32:55qu'ils ont été expropriés,
32:57que les grandes compagnies pétrolières
32:58ont été expropriées
32:59et qu'ils doivent être remboursés
33:02pour ce qu'ils ont perdu à l'époque
33:04et aussi pour l'opération militaire.
33:06Parce que c'est la logique de M. Trump.
33:08Nous sommes allés chercher Nicolas Maduro.
33:11Ça nous a coûté cher.
33:12C'est une opération
33:13qui se calcule en milliards de dollars.
33:15Et c'est aujourd'hui les Vénézuéliens
33:17qui doivent payer pour cette opération
33:21qui, disons-le, au moment où elle a eu lieu,
33:23faisait la fierté de M. Trump.
33:25C'était avant l'Iran.
33:26Mais à ce moment-là, on disait
33:27la machine militaire américaine est incroyable
33:30parce qu'aussi dans la séquence,
33:31il faut voir que deux mois plus tard,
33:33il créait les circonstances
33:34pour faire la démonstration
33:36de l'extraordinaire fragilité des États-Unis.
33:38En attendant de savoir
33:39où sont passés les milliards du Venezuela,
33:41je voulais vous livrer un autre chiffre de la semaine.
33:44C'est une enquête de l'agence Bloomberg
33:46qui nous a appris que depuis son retour
33:48à la Maison-Blanche,
33:50Donald Trump avait réalisé
33:51à peu près 29 000 transactions
33:53sur les marchés financiers,
33:55de l'achat et la vente
33:56de titres divers
33:58et notamment d'actions.
34:00Et c'est-à-dire qu'il a été plus présent
34:02sur les marchés financiers
34:03à lui tout seul
34:04que l'ensemble des membres
34:06du Congrès
34:06est réuni
34:07sur la même période
34:08puisque si on additionne
34:09les 435 représentants
34:11et la centaine de sénateurs
34:12et toutes les transactions financières
34:14qu'ils ont réalisées
34:15sur les marchés,
34:15on arrive à peu près
34:16à 22 000,
34:17si je compte bien,
34:18c'est-à-dire
34:18beaucoup moins que le président américain.
34:20Moins que le président américain
34:21avait cette ambition
34:22qu'avait un politique
34:24d'interdire aux représentants
34:26et sénateurs
34:27de pouvoir transiger
34:29compte tenu
34:30de ce qu'ils ont toujours,
34:31non pas potentiellement,
34:32mais réellement
34:33de l'information privilégiée
34:35parce qu'il y a
34:35beaucoup de fortunes
34:36qui se sont construites
34:38dans la vie politique
34:39ou sur la base
34:40d'un salaire de quoi,
34:41150, 200 000 $
34:42au bout de 10 ou 12 ans
34:44d'une carrière politique.
34:45On constate qu'en banque,
34:46ils ont des dizaines
34:48de millions de dollars.
34:49Donc, la question se posait
34:50pour tout le monde
34:51dans le cas de Trump.
34:52Encore une fois,
34:52il y a un sans-gêne
34:53extraordinaire
34:54et c'est la démonstration
34:55que, bien,
34:56pourquoi se cacher
34:57quand après tout,
34:58il sera peut-être applaudi
34:59par ceux de ses fans
35:01qui diront,
35:02bien, il fait très ouvertement
35:04ce que tout le monde
35:05a toujours fait.
35:05Il s'en met plein les poches.
35:06Il s'en met plein les poches
35:07et c'est un bon investisseur.
35:09Il continue,
35:11s'il est discret
35:12sur ses placements financiers,
35:13le président américain
35:15a parlé très publiquement
35:17d'un autre sujet
35:17cette semaine,
35:19Antoine,
35:19qui est proche de toi,
35:21si j'ose dire,
35:22géographiquement
35:23et qui a de nouveau
35:24défrayé la chronique
35:25cette semaine.
35:25C'est le Kennedy Center
35:26à Washington.
35:28Oui, effectivement,
35:29c'est une grande salle
35:29culturelle et de spectacle
35:31à Washington,
35:31le Kennedy Center
35:33sur lequel Trump
35:35a essayé de faire main basse.
35:36Il a d'abord mis en place
35:39un conseil d'administration
35:39qui est entièrement à sa botte.
35:40Ce conseil d'administration
35:41a décidé de renommer
35:43le Kennedy Center
35:44en Trump,
35:45Kennedy Center,
35:45avec les lettres de Trump
35:46bien visibles sur la façade.
35:48Ça a été contesté en justice.
35:50Trump a perdu.
35:50On lui a ordonné
35:51de retirer son nom
35:53de la façade,
35:54ce qui a été fait.
35:56Et du coup,
35:56Trump,
35:57qui est furieux,
35:58menace aujourd'hui
35:59de tout simplement
36:00raser le bâtiment.
36:01Alors,
36:01il explique que le bâtiment
36:03est en mauvais état,
36:04qu'il faut absolument
36:05le rénover,
36:06etc.
36:07Et que comme on ne lui laisse
36:08pas faire ce qu'il veut,
36:09il préfère finalement
36:11le réduire en miettes.
36:12Donc,
36:13c'est vraiment le caprice
36:14de Donald Trump,
36:14l'enfant qui est privé
36:15de son jouet
36:16et qui préfère le casser
36:17plutôt que d'autres
36:18l'utilisent à sa place.
36:20C'est assez incroyable.
36:22Donc,
36:22on va voir ce qu'il va faire,
36:23mais il a l'air assez bien décidé
36:24à aller jusqu'au bout.
36:25Il y a d'ailleurs
36:26un journaliste de l'AFP
36:26qui a pris une photo
36:27hier soir
36:28quand Trump était dans son avion,
36:29photo assez incroyable,
36:30où on voit à travers le hublot
36:31Trump en train de lire
36:33une sorte de document
36:34sur lequel est écrit
36:35en gros
36:36Kennedy Center Demolition,
36:38donc la démolition
36:38du Kennedy Center.
36:39Ça a l'air d'être un projet
36:40qui a l'air
36:42assez bien lancé
36:44et qui montre encore
36:45à quel point
36:45Donald Trump
36:47veut mettre sa marque partout.
36:49Tu sais,
36:49il a lancé plein de travaux
36:50à Washington
36:50où il met son nom,
36:52où il veut laisser un peu
36:53sa trace
36:54dans la capitale américaine.
36:55Le Kennedy Center
36:56en fait partie
36:57et donc,
36:58comme on l'empêche
36:58d'aller jusqu'au bout,
36:59il préfère détruire
37:00manifestement le bâtiment.
37:01Et il faut expliquer
37:03ce que c'est
37:03ce Kennedy Center
37:04parce que ce n'est pas
37:05un centre culturel
37:06comme un autre
37:06toi qui as vécu
37:07à Washington, Stéphane.
37:08Mais c'est l'orgueil de l'Amérique.
37:09C'est un lieu
37:10vraiment emblématique.
37:11Tout à fait.
37:12C'est l'orgueil de l'Amérique.
37:14C'est là où on rend hommage
37:16aux grands personnages
37:17de la culture américaine.
37:18C'est un orchestre,
37:20c'est des spectacles,
37:22c'est l'espèce
37:23de point de rendez-vous
37:24de l'élite culturelle
37:25dans la capitale américaine.
37:27C'est là aussi
37:28où on reçoit
37:29plusieurs événements d'État
37:30ont eu lieu au Kennedy Center.
37:32Donc, cette idée
37:34que ça puisse devenir
37:35le truc,
37:36le jouet d'un président,
37:38mais c'est aussi
37:39beaucoup,
37:40et on le voit,
37:41un concours
37:43entre lui
37:44et ses prédécesseurs.
37:46Entre John Kennedy,
37:48qui évidemment
37:48a pris une place particulière
37:50dans l'histoire américaine,
37:51et Donald Trump.
37:53Serons-nous côte à côte?
37:54Est-ce que je pourrais faire
37:55de l'ombre à John Kennedy?
37:57Je suis désolé,
37:58mais c'est un concours
37:59de quéquettes.
37:59Et c'est pitoyant.
38:00Et c'est l'obsession
38:02de Donald Trump
38:02de laisser effectivement
38:04sa trace dans l'histoire
38:05aussi spectaculaire
38:06que possible.
38:07Il s'agit du Kennedy Center,
38:08qu'il s'agisse évidemment
38:09de cette salle de balle
38:10toujours en construction
38:11du côté de la Maison Blanche,
38:13cet arc de triomphe.
38:14Effectivement,
38:15on sait qu'il s'imagine
38:16assez bien aussi
38:17avec son visage culté
38:19du côté du Mont Rochemort.
38:21Tout ça pour lui
38:22sont des symboles
38:23qui sont très importants.
38:23Avec un redoutable paradoxe,
38:25un arc de triomphe
38:27pour célébrer
38:28quelle victoire.
38:29Parce que pour l'instant,
38:31il est celui
38:32qui va le mieux
38:33incarner
38:33le cul-de-sac
38:35des États-Unis.
38:36Alors,
38:36ce n'est pas lui
38:37qui a commencé
38:38à s'enliser
38:39dans des guerres
38:39qui ne se terminent plus.
38:41Il avait promis
38:41de jamais jouer
38:42dans ce film.
38:42Mais la démonstration
38:44qu'il fait
38:44aux yeux de la planète,
38:45c'est que la puissance
38:47militaire américaine
38:48n'est pas celle
38:50que l'on redoutait.
38:51C'est-à-dire que
38:51d'une certaine façon,
38:53les adversaires
38:54des États-Unis
38:55savent aujourd'hui
38:56qu'ils sont vulnérables.
38:58On l'avait un peu compris
38:59à la sortie
38:59de l'Afghanistan.
39:01Mais là,
39:01c'est humiliant.
39:02C'est un pays
39:04que l'on disait
39:04faible,
39:06petit,
39:07l'Iran,
39:08qui tient tête
39:09un peu comme
39:10le Vietnam
39:10l'avait fait.
39:11En fait,
39:11il y a un cycle
39:12qui a commencé
39:13avec la guerre du Vietnam
39:14et qui se termine ici
39:16et où on constate
39:18que ce géant
39:19est un peu comme
39:20Gulliver,
39:21attaché à la plage.
39:23Alors,
39:23je ne dirais pas
39:23parler l'héliputien,
39:24mais c'est un peu ça.
39:25Ce sera le mot de la fin.
39:27Merci beaucoup,
39:27Stéphane Bureau,
39:28d'avoir été l'invité
39:29du Monde selon Trump.
39:30Merci à toi,
39:30Antoine,
39:31depuis Washington.
39:33Merci à Agathe Vonout,
39:34à Alexandre Foucault
39:35pour la préparation
39:35et la réalisation
39:36de cet épisode
39:37Le Monde selon Trump,
39:39un podcast à retrouver
39:39sur le site,
39:40sur l'application BFM,
39:42sur toutes vos plateformes
39:43d'écoute
39:44et sur YouTube.
39:45Abonnez-vous
39:45pour ne rater aucun épisode.
39:47Salut à tous,
39:48à toutes
39:49et à très bientôt.
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