00:00Le Bataclan est venu dans l'actualité hier et il est venu doublement avec une coïncidence assez surprenante
00:07puisque l'avocate de Abdeslam a pris la parole pour regretter les conditions de vie de M. Abdeslam.
00:16Je rappelle qu'il est condamné à la perpétuité incompressible après les attentats de Paris et de Saint-Denis.
00:21Il conteste pour la cinquième fois son régime de détention à l'isolement à la prison de Vendin-le-Vieille
00:26et la présence d'un hijiaphone lors de ses visites au Parloir.
00:28Je vous propose d'écouter son avocate Olivier Ronin.
00:34Je ne sais pas si c'est choquant ou pas.
00:38Je me mets à la place, comme M. Desnouveaux qui est avec nous et qui participe à ce débat,
00:43je me mets à la place des partis civils, je comprends l'émotion que ça peut susciter.
00:47Je comprends que ça suscite de l'émotion même dans la société civile entière.
00:51Je comprends ça.
00:52Par contre, là où j'ai une difficulté, c'est que la peine, elle est là et elle ne bougera
00:58plus.
00:58C'est la perpétuité réelle, c'est-à-dire la perpétuité avec le fait de mourir en détention.
01:03On n'aura aucune possibilité, probablement, de solliciter un aménagement ou quoi que ce soit.
01:09C'est dit d'avance.
01:12Or, là, ce qui se passe, c'est qu'en plus d'avoir cette peine-là,
01:16sur laquelle j'ai évidemment un avis, mais ce n'est même pas le sujet,
01:19en plus d'avoir cette peine-là, on a des conditions de détention qui sont complètement extraordinaires.
01:24C'est-à-dire, on a normalement une vie carcérale.
01:28Dans la vie carcérale, généralement...
01:29Ce n'est pas un des lieux extraordinaires ?
01:32À un moment donné, lorsque le procès a eu lieu,
01:36lorsque l'on considère que la justice est passée,
01:40il faudrait normalement pouvoir accéder à des conditions carcérales,
01:44peut-être pas ordinaires, mais en tout cas plus ordinaires que celles qu'il n'a jusqu'à présent.
01:48En fait, ce qu'on demande, ce n'est même pas de l'empathie,
01:50c'est juste l'application du droit.
01:52Mais ce n'est pas illégal, ce qui lui arrive, là ?
01:54Je pense que la question peut se poser,
01:56étant donné que ça fait dix années qu'il a l'isolement,
01:59que normalement, notre droit prévoit que c'est une période qui s'ensite limitée dans le temps,
02:04que si ce n'est pas notre droit national, c'est le droit européen qui nous dit
02:07qu'il ne faut pas que ça s'étende trop dans le temps,
02:10parce que ça peut rendre cinglé.
02:11Là, on n'est même plus sur un espoir de sortie,
02:12on est sur simplement de quoi meubler ces journées.
02:16Là, Salah Abdeslam, vous m'avez demandé sa journée type,
02:19« Il attend que les journées passent. »
02:21« Il attend que les journées passent. »
02:22Et je me demande bien, en fait, ce qu'on attend de lui
02:25et ce qu'on espère de lui, qu'est-ce qu'on veut, en fait.
02:28Je rappelle qu'Abdeslam est le loueur de la voiture
02:31utilisée par les assaillants de la salle du Bataclan.
02:33Il dépose les trois kamikazes devant le Stade de France
02:35qui se feront exploser.
02:37Son frère participe aux fusillades des terrasses parisiennes
02:40et se fait à son tour exploser.
02:42Il convoie la quasi-totalité du commando
02:44qui commettra ses attentats ainsi que ceux de Bruxelles le 22 mars 2016
02:48et qui ont fait 39 morts et 340 blessés.
02:51Est-ce que ce que dit Abdeslam,
02:54qui a déclaré ceci ces dernières heures,
02:58et vous allez peut-être découvrir ce qu'il a dit,
03:02« Mes journées ne ressemblent à rien.
03:03Je n'ai aucune perspective d'avenir.
03:04J'ai peur de perdre la dernière chose qui me reste.
03:06Ma famille qui vient de moins en moins à cause de l'hégiaphone.
03:09Ma vie n'a plus aucun sens. »
03:10C'est assez curieux de dire ça,
03:11parce que je rappelle qu'il avait fait des attentats
03:14au nom de sa religion.
03:16Donc tu pourrais imaginer que sa religion soit précisément un secours
03:20et l'aide dans cette période-là.
03:22Et il dit, « Ma vie n'a plus de sens. »
03:23Mais je referme la parenthèse.
03:24Mais est-ce que ce que dit son avocat est audible ?
03:27Oui, c'est audible.
03:29Elle fait son travail.
03:30L'avocat fait son travail.
03:32Son client lui a indiqué que ses conditions de détention étaient excessives.
03:37Elle a vérifié les textes qui lui permettent de contester sa détention.
03:43Point barre.
03:43Bon, ça chocke.
03:44Vous convenez que ça chocke.
03:45Ça, vous me demandez par rapport à l'avocat.
03:47Il fait son travail.
03:48En revanche, ensuite, M. Abdeslam,
03:53ils sont assez rares les détenus qui ont été condamnés
03:56à la peine de prison incompressible,
03:59à la réclusion criminelle à perpétuité réelle.
04:01Donc c'est parce qu'il a commis des faits très très très clairs.
04:04Donc là, il n'y a aucune possibilité,
04:06après un jugement de ce type, qu'il soit remis en cause.
04:09Donc il ne sortira jamais de prison.
04:11Et là, il y a combien de condamnés en France à cette peine-là ?
04:15Je ne savais même pas qu'elle existait.
04:18Je ne sais même pas s'ils sont cinq.
04:19Oui.
04:22Donc, pour que les magistrats aient décidé cette peine,
04:25c'est que les faits ont été gravissimes.
04:27Voilà, point.
04:28Et tout le monde en est conscient.
04:30Donc à partir de ce moment-là,
04:31c'est une sorte d'adéquation.
04:33Tu as commis ces faits graves, tu es reconnu coupable,
04:36tu as une condition de détention qui est extraordinaire.
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