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  • il y a 7 semaines
Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, était l'invitée du Face-à-face sur RMC et BFMTV ce jeudi 17 septembre.

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Transcription
00:01Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alice Ruffeau.
00:05Bonjour.
00:06Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et
00:10des anciens combattants.
00:11De très nombreuses questions à vous poser ce matin parce que la situation est de plus en plus tendue après
00:16des multiples provocations.
00:18Lorsque l'on regarde ici en France le prix du carburant, les blocages, les images que vous allez pouvoir voir
00:25en direct sur BFM TV de Frontignan
00:28où le blocage s'intensifie à Nice. A 7, ce sont des blocages de bateaux.
00:33Tout cela, c'est aussi la conséquence de ce qu'il se passe à la fois en Iran mais aussi
00:38en Ukraine.
00:39Quelle réponse de la part de la France, de l'OTAN et de l'Union Européenne ?
00:43Je voudrais simplement, Alice Ruffeau, reprendre le calendrier des tout derniers jours.
00:47Le 13 septembre, un drone russe qui frappe une locomotive de train de voyageurs à Kiev.
00:52Le 14 septembre, au Danemark, un incident naval, une frégate russe qui tire deux fusées éclairantes en direction d'un
01:01hélicoptère militaire danois.
01:02Le 14 septembre, en Lituanie, un drone abattu.
01:05Un avion de chasse italien de l'OTAN qui abat ce drone, entré dans l'espace aérien lituanien.
01:10Le 14 septembre également, en Pologne, un drone retrouvé, un drone de type Gerbera soupçonné d'être russe.
01:16Le 9 septembre, un peu plus tôt, en Roumanie, c'était une violation de l'espace aérien.
01:20Ça s'arrête quand et quelles réponses ?
01:23Alors ça dure et ça s'intensifie.
01:25C'est-à-dire que la Russie teste les limites et teste l'OTAN comme l'Union Européenne avec un
01:31objectif double
01:32qui est de limiter notre soutien à l'Ukraine et puis d'impressionner pour diviser, au fond, l'OTAN et
01:40l'Union Européenne.
01:40Ça ne va pas s'arrêter, ça va continuer, ça va même probablement s'intensifier.
01:44Je pense qu'on doit la vérité là-dessus.
01:47C'est sérieux, la guerre hybride engagée par la Russie, mais il faut répondre avec méthode et calme.
01:54C'est sérieux et on doit répondre. On doit répondre comment ?
01:59Alors d'abord en défendant la posture de l'OTAN.
02:02C'est-à-dire, vous citiez par exemple des drones, ils sont abattus ou en tout cas neutralisés par la
02:07police du ciel
02:08et par la posture est robuste, honnêtement, à l'est de l'Europe.
02:11Et puis il faut aussi, en fait, répondre en ne lâchant pas le soutien à l'Ukraine.
02:16Parce que vous citiez, j'étais à Kif la semaine dernière.
02:19Vous étiez dans un des trains, on va y revenir, qui a précédé le train qui a été touché.
02:24Oui, mais en fait, les attaques en Ukraine sont beaucoup plus fréquentes, y compris sur les infrastructures civiles.
02:33Et c'est tout à fait impressionnant.
02:34La dernière fois que j'étais allée, c'était en janvier.
02:35Et effectivement, tout le monde sait que l'hiver sera très difficile.
02:38Donc d'abord, il faut saluer la résistance des Ukrainiens qui est tout à fait exceptionnelle.
02:42Mais je crois qu'il faut dire la vérité.
02:44Il y a aussi un test hybride sur l'Union européenne et sur les pays européens de l'OTAN.
02:49Et il faut y répondre.
02:50C'est-à-dire qu'il faut augmenter le soutien à l'Ukraine.
02:52Il ne faut pas lâcher parce que l'objectif de la Russie, c'est bien de nous faire lâcher.
02:56C'est de nous faire lâcher.
02:57À quoi joue-t-il ? De nous faire lâcher l'Ukraine ou de nous faire basculer dans la guerre
03:02?
03:02Est-ce qu'il y a cette idée-là à un moment ?
03:05Et est-ce que nous pourrions, nous devrions, à un moment ou à un autre, véritablement riposter ?
03:10Non, il n'y a pas de confrontation avec la Russie à ce stade.
03:14Et d'ailleurs, tout ce que nous faisons en termes de renforcement de la posture de l'Europe,
03:19en termes d'augmentation du soutien à l'Ukraine,
03:21c'est précisément pour éviter cette confrontation
03:23et se mettre en situation de faire comprendre à la Russie
03:27qu'elle doit revenir à la table des négociations sérieusement, de bonne foi,
03:31et qu'il puisse, comme le souhaite d'ailleurs l'Ukraine, être mis fin à cette guerre,
03:35qui, comme vous l'avez dit justement au début, pèse sur nous.
03:39Elle pèse sur nous, elle pèse aussi sur nos finances, on y reviendra,
03:42puisque désormais, et dans ce début d'élection présidentielle,
03:45un certain nombre de candidats, je recevais hier matin Fabien Roussel,
03:49disent qu'ils ne veulent plus payer pour l'Ukraine, on y reviendra.
03:53Mais je voudrais vraiment m'assurer de ce qu'il se passe au front.
03:57Quand vous dites, ce sont des provocations, ils testent.
04:02Est-ce qu'ils testent ou est-ce qu'ils souhaitent la guerre ?
04:04Je pense qu'ils testent.
04:06Je pense qu'ils testent et en tout cas, ils souhaitent une guerre d'annexion en Ukraine
04:11et ils n'ont rien abandonné à ce stade de leur objectif initial qui est de soumettre l'Ukraine.
04:17Est-ce qu'il y arrive des moments où, avec les autres ministres des armées européennes,
04:21vous vous dites, il pourrait, il suffirait d'une forme d'étincelle,
04:26de la provocation de trop, du drone qui irait un peu plus loin que les autres,
04:30qui ferait des victimes, pour qu'en effet ça bascule ?
04:34Oui, c'est pour ça qu'il faut répondre, je le disais, avec méthode et avec calme,
04:37et surtout dans une forte unité, qui a quand même été notre force
04:42au sein de l'OTAN et de l'Union européenne depuis le début.
04:44C'est pris très au sérieux par tous les ministères de la Défense européen,
04:48c'est pris très au sérieux à l'OTAN et nous, nous souhaitons une réponse coordonnée
04:52et en tout cas de la consultation systématique, justement, pour éviter toute forme de malentendus.
04:58Et nous avons, comme vous le savez, des canaux qui sont toujours restés ouverts avec la Russie.
05:02Cependant, je ne veux pas à aucun moment laisser penser que la Russie n'est pas extrêmement agressive
05:06à notre égard sur le plan hybride et la France est tout à fait concernée aussi.
05:10A notre égard européen ou à notre égard français ?
05:13Les deux. La France a été tout à fait en pointe sur le soutien à l'Ukraine depuis le départ.
05:19Et puis, on a bien vu ce qui s'est passé en Allemagne.
05:22Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a déclaré hier, je le cite,
05:27« Si l'Europe, qui parle quotidiennement de se préparer à la guerre contre la Russie,
05:31venait à attaquer la Fédération de Russie,
05:33ce serait une toute autre guerre et elle serait très courte. »
05:38Comment vous expliquez, comment vous comprenez cette déclaration ?
05:40Comme d'habitude, avec les Russes, c'est-à-dire qu'ils inversent l'ordre des responsabilités.
05:44Jamais nous n'avons eu une posture agressive à l'égard de la Russie.
05:48Par contre, la Russie a envahi un pays souverain en Europe et teste nos limites en matière d'hybridité.
05:55Donc, les Russes ont cette tactique habituelle qui consiste à inverser les responsabilités.
06:01Je regrette que parfois, cette inversion trouve des échos dans le débat politique français
06:05parce que je pense qu'on doit la vérité à nos concitoyens
06:08qui subissent effectivement les conséquences de la conflictualité dans le monde.
06:12Qui les subissent à la pompe, je le disais.
06:14Qui les subissent aussi dans, en effet, parfois les difficultés du budget.
06:17C'est en tout cas la lecture que font un certain nombre de partis,
06:20à la fois d'ailleurs du côté de la gauche ou de l'extrême gauche et du côté de l
06:24'extrême droite.
06:25Un mot encore sur une expression qui a été utilisée par le ministre polonais des Affaires étrangères lundi
06:30et qui m'a frappé.
06:31Il dit si la Russie nous attaquait et que nous décidions de ne plus nous retenir,
06:36nous les vaincrions assez rapidement.
06:38Si nous décidions de ne plus nous retenir, ça veut dire qu'aujourd'hui on se retient ?
06:43Non, ça veut dire qu'aujourd'hui on n'est pas en confrontation avec la Russie
06:47mais qu'on soutient l'Ukraine.
06:49Et je ne veux pas commenter ce que dit le ministre des Affaires étrangères polonais
06:53qui d'ailleurs était à kiffa aussi la semaine dernière.
06:56Je pense que les paramètres de notre réponse à cette agression russe sont les bons.
07:02Avec cette question effectivement des conséquences en France,
07:05je voudrais d'abord parler des conséquences politiques.
07:08Parce qu'effectivement, désormais, un certain nombre de candidats,
07:11et c'était le cas de Fabien Roussel, je voudrais qu'on puisse l'écouter.
07:13C'est Fabien Roussel qui hier matin disait qu'il fallait cesser cet effort de guerre.
07:19Écoutez, il est trop pesant sur notre économie.
07:22Et justement, moi je dis qu'il faut aujourd'hui mettre un stop sur l'économie de guerre,
07:27mettre un stop sur le surarmement de la France et de l'Union Européenne.
07:32Si la France continue de préparer les esprits à une guerre à haute intocité,
07:37si la France continue à se surarmer et à faire peser le prix de ce surarmement
07:42sur le pouvoir d'achat des Français,
07:43je préfère moi qu'on investisse dans les hôpitaux et les écoles pour nos agriculteurs
07:48plutôt que de construire des bombes.
07:50Je préfère qu'on s'occupe des hôpitaux plutôt que de l'Ukraine.
07:53En gros, des hôpitaux français plutôt que de donner des sous à l'Ukraine.
07:56Là, il parle de la défense de la France.
07:58Il ne parle pas simplement de l'Ukraine.
08:00La défense du pays est la condition de notre liberté, de notre souveraineté.
08:04Donc je m'inscris en faux contre ce qui vient d'être dit.
08:06Le doublement du budget de la défense non seulement permet de préserver
08:10nos insérêts de sécurité, mais en plus a des conséquences positives
08:12sur les territoires en matière d'industrie de défense.
08:15Maintenant, s'agissant du soutien à l'Ukraine,
08:17je voudrais quand même rappeler les faits, la vérité.
08:20Aujourd'hui, le soutien à l'Ukraine, il est très largement financé
08:23par un prêt européen gagé sur les intérêts d'avoir gelé russes.
08:28Et il bénéficie aussi, au fond, à nos industries,
08:31puisque, par exemple, pour ce qui concerne les matériels antibalistiques
08:35ou les Rafales, on a une vraie coopération avec l'Ukraine
08:38sur la base de ce prêt.
08:40Donc je crois que là, il faut remettre les choses là où elles sont.
08:43Le soutien à l'Ukraine est une condition de notre sécurité collective en Europe.
08:47Et non, il n'explique pas la situation sur le pouvoir d'achat.
08:51En revanche, les responsabilités de la Russie sont très importantes
08:55en matière de pouvoir d'achat en France.
08:57– Pardon, mais ce que laisse entendre Fabien Roussel hier,
09:01c'est qu'en renforçant notre propre défense,
09:03nous créons les conditions d'une guerre.
09:05C'est-à-dire qu'au fond, dit-il, nous sommes des vattes en guerre.
09:09– Non, je ne suis pas d'accord, ça n'est pas vrai.
09:12Nous renforcer sa défense, c'est être en mesure de faire face
09:15à la réalité du monde.
09:16Quelle est l'alternative ?
09:18Nous montrer faibles face à des pays qui sont agressifs vis-à-vis de nous,
09:22qui nous testent en permanence,
09:23et expliquer qu'au fond, on est tellement embêtés
09:29par la situation internationale qu'on va se désarmer.
09:32Je pense que c'est une erreur,
09:33parce qu'il est probable que c'est ce que cherchent nos adversaires.
09:37– Marine Le Pen, hier soir, disait, je cite,
09:40« à proportion de ce que nous faisons jusqu'à présent,
09:42qui est considérable, dit-elle,
09:44nous disons que nous ne pouvons pas le faire. »
09:46Elle parle de l'aide à l'Ukraine.
09:47Ce n'est pas un acte d'hostilité à l'égard de l'Ukraine.
09:49On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées,
09:52on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre,
09:55mais financièrement, nous ne pouvons plus, nous ne pouvons plus.
09:59– Oui, c'est une manière de faire porter sur l'Ukraine la responsabilité.
10:03J'aimerais bien savoir comment, du coup, faire,
10:08face à une situation de guerre menée par la Russie,
10:11contre l'Ukraine qui, elle, souhaite la paix.
10:14Comment faire, alors, pour en sortir ?
10:17Est-ce qu'il faut répondre aux conditions du Kremlin ?
10:19– Et en même temps, jusqu'à quand ?
10:21Est-ce que ça pourrait durer des années ?
10:24Est-ce que cette guerre qui s'est installée désormais ?
10:26– L'hiver en Ukraine va être difficile.
10:28Tout le monde le sait.
10:29Mais ce que je sais, et ça, c'est le président Zelensky qui le dit,
10:33c'est qu'il souhaite la paix, il souhaite des négociations,
10:36et il l'a dit à plusieurs reprises.
10:37Il souhaite aussi un cessez-le-feu, il l'a dit aussi à plusieurs reprises.
10:40Pour l'instant, et je suis désolée pour ceux qui n'arrivent manifestement
10:44pas à bien nommer les responsabilités,
10:46à ce stade, le Kremlin refuse.
10:48– Le Kremlin refuse, et le Kremlin est responsable de la situation
10:51dans laquelle on est, dites-vous, et dans laquelle, évidemment, l'Ukraine est.
10:54Mais jusqu'où devons-nous aller ?
10:55À la fois dans le soutien financier, mais aussi, y compris,
10:59dans l'engagement, peut-être même, de nos soldats.
11:01Un journaliste, reporter de guerre russe, Cyril Amoursky,
11:06qui est régulièrement invité, d'ailleurs, dans les médias,
11:10il est ukrainien, pardon, il évoque le soutien de Raphaël Glucksmann
11:14à un projet qu'il mène, qui est le projet Sky Shield, qu'il porte.
11:18Ce projet Sky Shield, dit-il, permettrait de protéger le ciel ukrainien,
11:24et il invite à ce que des pilotes français soient engagés dans ce projet.
11:29Ce à quoi, dit-il, Raphaël Glucksmann a apporté son soutien ?
11:32Est-ce que ça, en termes, justement, de limites sur notre rôle, à nous, français,
11:38de soutien ou de co-belligérant, où est la limite ?
11:41Et est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à ce projet Sky Shield ?
11:43– C'est une très bonne manière de formuler les choses, la question de la limite.
11:47En fait, jusqu'à maintenant, au début de la guerre,
11:50pas la France qui a plutôt été leader, on s'en est mis beaucoup,
11:53puisque la Russie n'arrêtait pas de mettre des lignes rouges,
11:55en expliquant, à l'époque, que si on livrait des casques, c'était une ligne rouge,
11:58et qu'on allait déjà être considérés comme co-belligérant.
12:01– Voilà, bon, on a changé les choses en la matière,
12:04et on a été plus loin dans le soutien à l'Ukraine, et c'est très bien.
12:08Maintenant, sur ce projet, et ce débat que je connais, et qui existe,
12:12je pense qu'on n'en est pas là.
12:14Aujourd'hui, par contre, il y a une urgence tout à fait importante,
12:17c'est qu'effectivement, la menace en Ukraine vient du ciel,
12:20des drones à réaction et des missiles balistiques.
12:22Et donc, l'urgence, là, tant que, en tout cas, nous pouvons agir,
12:27je peux, à ma place, agir,
12:28c'est de renforcer la protection du ciel de l'Ukraine,
12:31par de la défense aérienne et anti-missiles,
12:34et par de la coopération,
12:37pour permettre à l'Ukraine d'avoir une armée de l'air solide,
12:40d'où aussi le travail que nous menons sur les racines.
12:42– Vous choisissez évidemment chacun de vos mots, et je le comprends bien,
12:44parce que précisément, ils sont scrutés.
12:48Je vous pose la question des pilotes,
12:50puisqu'ils sont évoqués pour ce projet Sky Shield.
12:53Est-ce qu'il pourrait y avoir des pilotes français dans le sol ukrainien ?
12:57– Non, il y a de la formation des pilotes ukrainiens.
13:00– On n'ira pas plus loin.
13:01À ce stade, on ne va pas plus loin.
13:03– Et le fait que Raphaël Luxman soutienne ce projet,
13:06est-ce que ça vous paraît périlleux ?
13:08– Je trouve qu'il est bon que dans le débat démocratique qui est devant nous,
13:13il y ait des discussions là-dessus.
13:15Ce que je dis simplement, c'est que j'étais à Kif la semaine dernière
13:18et que nous, on a toujours répondu aux demandes que nous faisaient les Ukrainiens
13:23qui aujourd'hui, pardon de me concentrer sur l'hiver qui va être rude,
13:28leur demande et la protection de leur ciel par des livraisons d'équipements
13:33et par l'acquisition de systèmes de défense antimissiles.
13:36– Alice Ruffo, vous êtes ministre déléguée aux armées.
13:39Les mots d'Emmanuel Macron hier, qui dit
13:41« La priorité, c'est de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz,
13:44artère vitale pour le passage du pétrole. »
13:46Au moment où l'on se parle, quelle est la situation ?
13:49Elle est confuse, est-ce que vous pouvez nous dire un peu plus précisément
13:52le détroit d'Hormuz est-il ouvert ou fermé ?
13:55Le détroit de Bab-el-Mandem est-il périlleux ?
13:57– Alors, la situation de blocage dans le détroit d'Hormuz
14:00liée à la guerre entre l'Iran et les États-Unis est toujours très difficile.
14:05Il y a quelques bateaux qui passent,
14:06mais ce n'est pas du tout le même niveau de flux, si vous voulez, qu'avant la guerre.
14:10Et pour ce qui concerne Bab-el-Mandem,
14:12il y a effectivement une évolution qui est liée
14:15à la situation qui s'est passée avec les outils.
14:18Cela dit, nous, nous sommes présents.
14:21Pour ce qui concerne l'opération Aspides,
14:23il y a deux frégates françaises qui exercent la liberté de navigation
14:26et qui le font dans des conditions valables de sécurité.
14:30Premièrement, ça c'est pour ce qui concerne Bab-el-Mandem.
14:32Deuxièmement, pour ce qui concerne Hormuz,
14:34vous savez qu'on est disponible, on l'a dit et redit,
14:37et on a travaillé avec nos partenaires régionaux.
14:40Le président de la République, d'ailleurs, continue de le faire aujourd'hui.
14:42Il a eu beaucoup d'appels téléphoniques
14:44avec ses homologues de la région ces derniers jours
14:47pour essayer de rétablir cette liberté de navigation
14:50dans le détroit d'Hormuz
14:52et de sécuriser les flux à Bab-el-Mandem.
14:55Il est où, le Charles de Gaulle ?
14:57Ah, il n'est plus dans la région.
14:58Mais nous travaillons avec des moyens
15:01dans le cadre de l'opération Aspides
15:02pour avoir une appréciation de situation.
15:04Encore une fois, la posture de la France
15:07n'est pas celle des États-Unis dans la région
15:09et nous voulons une solution politique
15:11à cette crise au Moyen-Orient
15:13qui pèse très lourdement sur nous
15:15et sur les prix à la pompe
15:17et vous venez de le montrer.
15:19En tout cas, chacun, je crois, doit agir à sa place.
15:22Et pour ce qui concerne notre posture,
15:24nous sommes prêts
15:25et d'ailleurs, nous agissons
15:26pour faire en sorte que la liberté de circulation maritime
15:29permette le rétablissement des flux.
15:31Jusqu'où et quelles sont les perspectives ?
15:34C'est-à-dire, il y avait, il y a quelques mois maintenant,
15:38ce grand moment où le président Trump
15:42a signé à Versailles
15:44ce qui était censé être le début d'un accord de paix
15:47ou d'une sécession, en tout cas, de la guerre.
15:50Au moment où l'on se parle,
15:51il est caduque, ce document ?
15:53Je ne crois pas, enfin, je ne peux pas me prononcer
15:55sur un document qui a été négocié par les Etats-Unis.
15:57Mais qui a été signé sur notre zone.
15:58Je constate simplement que la situation,
16:00je constate simplement, effectivement,
16:02que la situation n'est pas réglée au Moyen-Orient.
16:04Donc, il faut y travailler
16:05parce que nous, on a un sujet,
16:07pour parler des intérêts de la France,
16:09de sécurisation des approvisionnements.
16:12On a un sujet de rétablissement des flux.
16:15Et c'est ça, c'est pour les intérêts de la France
16:17et de l'Europe qu'on agit.
16:19Donc, maintenant, pour ce qui concerne
16:22la négociation entre les partenaires de la région,
16:24on l'a toujours soutenue.
16:25Et on a toujours dit,
16:26depuis le premier jour de ce conflit,
16:28qu'il n'y avait pas de solution militaire
16:30et ni offensive à ce qu'il se passe au Moyen-Orient.
16:33Donc, on continue nos efforts en ce sens.
16:35Et je comprends que ce soit long.
16:38C'est long.
16:38Et c'est long, effectivement, pour nos compatriotes.
16:40C'est long parce que les prix au bout de la chaîne,
16:43c'est-à-dire à la pompe,
16:45s'installent durablement désormais très haut.
16:47Et si je vous écoute,
16:49je ne vois pas de perspective à court terme.
16:51C'est-à-dire, je ne vois pas de perspective
16:52dans les jours ou les semaines qui viennent.
16:53On travaille, on avance.
16:55Mais encore une fois,
16:55quand je vous disais,
16:56la situation au Moyen-Orient,
16:57comme d'ailleurs la situation en Ukraine,
16:59elle a des conséquences militaires pour nous.
17:02Elle a des conséquences économiques.
17:04Et donc, en fait,
17:05il faut agir sur les différents volets.
17:07Le gouvernement agit pour soutenir,
17:09j'ai écouté votre antenne jusqu'à présent,
17:11les professions les plus en difficulté.
17:14Il agit aussi à l'échelle européenne
17:16sur la sécurisation des flux,
17:17sur les prix.
17:18Donc, chacun à sa place
17:20fait tout ce qu'il peut
17:21pour faire en sorte
17:22que les conséquences
17:23des crises géopolitiques
17:25que nous subissons,
17:25effectivement,
17:26soient modérées
17:27pour les Français.
17:29Alice Ruffeau,
17:29un mot encore sur la dissuasion
17:31dite avancée,
17:32la dissuasion nucléaire intégrée.
17:35C'est l'idée que la France
17:37puisse faire profiter
17:39ses alliés
17:40de sa dissuasion nucléaire.
17:43Cette proposition,
17:44elle vient effectivement
17:45d'Emmanuel Macron.
17:46La Finlande
17:46dit rejoindre le club.
17:48L'Estonie
17:48dit y réfléchir.
17:50Quelle est l'avancée
17:51des négociations
17:52avec les uns et les autres ?
17:52Des discussions ?
17:53Là, en tout cas,
17:54elles sont bilatérales.
17:55Les discussions
17:56avec chacun des pays.
17:57C'est une bonne nouvelle
17:58que la Finlande,
17:59après la Norvège,
18:00ait rejoint cette proposition
18:01de la France.
18:03Je le redis,
18:04non pas de partager
18:05la dissuasion nucléaire française
18:07qui reste entièrement souveraine.
18:08On décidera seul.
18:10Oui.
18:11Ce n'est pas parce que,
18:12à un moment,
18:12si l'Estonie,
18:13par exemple,
18:14faisait partie de ce groupe
18:16de pays dans la dissuasion
18:17nucléaire intégrée,
18:17à un moment,
18:18disait, écoutez,
18:18on a vraiment besoin
18:19de gouttes à pied.
18:20Non, ça n'existe pas.
18:21Non, ça n'existe pas.
18:23La dissuasion française
18:25n'est pas partagée
18:26en l'espèce.
18:27En revanche,
18:28on matérialise
18:29sa dimension européenne.
18:30Mais la décision reste
18:30entièrement dans les mains
18:32du président
18:32de la République française.
18:33La discussion avance.
18:36À la fin,
18:36vous espérez être
18:37combien dans ce groupe
18:39qui serait protégé
18:40par notre propre nucléaire ?
18:44L'idée n'est pas
18:45de faire du volume,
18:47si vous voulez.
18:47L'idée,
18:47c'est d'engager
18:48un dialogue bilatéral
18:49qui porte vraiment
18:50pays par pays,
18:52non seulement,
18:52effectivement,
18:52sur la dimension européenne
18:54de la dissuasion nucléaire,
18:55mais aussi,
18:56pardon,
18:57conventionnelle.
18:58C'est-à-dire,
18:58comment on renforce,
18:59au fond,
18:59la posture de l'Europe ensemble.
19:01Il est ouvert,
19:02ce dialogue,
19:03il est proposé
19:04à nos amis européens,
19:06au-delà même
19:06de l'Union européenne,
19:07puisque la Norvège
19:08a rejoint
19:09cette discussion.
19:10Nous sommes coordonnés
19:11avec les Britanniques,
19:12s'est ouvert
19:13et on fait
19:13pays par pays.
19:15Un dernier mot,
19:16Alice Ruffeau,
19:16sur, effectivement,
19:17les blocages.
19:18On voit, d'ailleurs,
19:19pour ceux qui nous regardent
19:20sur BFM TV,
19:20et je le décris,
19:21pour ceux qui nous écoutent
19:22sur RMC,
19:23les images
19:24de ces blocages,
19:25là, c'est frontignant.
19:26Hier, c'était
19:27fausse sur mer.
19:28Dans le même temps,
19:29les ports de Nice,
19:31notamment,
19:32et de Sète,
19:32sont, semble-t-il,
19:34bloqués,
19:34sans qu'aucun bateau
19:35ne puisse ni rentrer
19:35ni sortir.
19:36Est-ce qu'à un moment,
19:37il a été envisagé
19:39ou une réquisition
19:40de l'armée ?
19:41On sait que,
19:42par le passé,
19:43lorsque des raffineries,
19:44par exemple,
19:45avaient pu être bloquées,
19:46l'armée,
19:46est-ce que l'armée
19:47se tient prête ?
19:48Est-ce que vous savez
19:49si ces discussions
19:50ont déjà été évoquées ?
19:52Non, pas à ma connaissance.
19:53Vous savez que les forces armées
19:54françaises sont venues
19:55à l'appui de beaucoup
19:56de choses ces derniers temps,
19:57notamment cet été
19:59avec les feux de forêt.
20:00Mais là,
20:01je crois qu'il faut
20:01que chacun agisse à sa place.
20:03Et en tout cas,
20:03pour ce qui concerne
20:04les armées,
20:05elles sont dans une posture
20:06qui permet de venir
20:07à l'appui
20:08des discussions diplomatiques
20:09en cours
20:10qui, nous l'espérons,
20:11pourront aboutir.
20:11Donc vous avez suffisamment
20:12à faire à l'extérieur
20:13de la France.
20:14Merci Alice Ruffeau
20:15d'avoir répondu
20:16à mes questions.
20:16Je rappelle que vous êtes
20:18ministre déléguée
20:18aux armées.
20:19Vous êtes bien sur RMC
20:20et BFM TV.
20:21Il est 8h49.
20:22de la France.

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