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Olivier Faure, candidat à la primaire socialiste, député et Premier secrétaire du PS, était l'invité de BFMTV ce mercredi. Il a notamment été interrogé sur sa proposition de régulariser les travailleurs sans-papiers.
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00:00Olivier Faure, bonjour.
00:01Bonjour Alain Marchal.
00:02Merci d'être avec nous ici dans un lieu particulier.
00:04Vous êtes premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:06Vous êtes candidat à la primaire socialiste.
00:09Bien sûr, sur cette primaire, on va parler de l'affaire Philippe Brun.
00:12C'est le dernier événement en date.
00:13Mais je disais, on est dans un endroit particulier parce que vous êtes élu de Seine-et-Marne.
00:17On est ici à Fontainebleau, dans un environnement qui a brûlé.
00:21Donc si vous devenez président, qu'est-ce que vous faites comme première mesure ?
00:25Quelles mesures immédiates vous prenez pour éviter que ça ne se reproduise ?
00:29Ces incendies comme l'a connu la France cet été ?
00:31Moi, je plaide pour un socialisme écologique.
00:34La réalité du monde dans lequel nous sommes entrés,
00:36c'est un monde dans lequel le dérèglement climatique devient notre réalité.
00:40Elle va durer.
00:41Et donc, il faut maintenant s'occuper de la possibilité de continuer à habiter le monde dans lequel nous vivons.
00:48Et donc, quand vous regardez autour de vous, vous voyez beaucoup de pain.
00:50Par exemple, ici, il y a un problème d'essence des forêts.
00:55Il faut replanter ou mettre d'autres arbres.
00:57Il faut replanter, il faut multiplier les essences.
00:59Il faut créer des pare-feux.
01:00J'étais, il y a quelques semaines, au Porges, qui a aussi...
01:03En Gironde.
01:04En Gironde, qui a aussi été le théâtre de méga-feux.
01:08Et nous avons besoin de repenser complètement, y compris notre aménagement du territoire.
01:13Et ça va coûter beaucoup d'argent.
01:15Ça va être aussi de vrais changements.
01:17Vous savez déjà que ce sera plusieurs milliards, alors ?
01:19Bien sûr.
01:20Vous l'avez chiffré ou pas ?
01:21Bien sûr, mais ce n'est pas moi qui l'ai chiffré.
01:22Ce sont même les experts du gouvernement qui l'ont chiffré à plus de 30 milliards par an pendant les
01:27prochaines décennies.
01:28Et donc, effectivement, il y a un immense investissement réalisé.
01:31Et si nous ne le réalisons pas, eh bien tout simplement, en fait, il y a des endroits qui sont
01:35notre patrimoine.
01:36Cette forêt, vous vous rendez compte, elle a 40 000 ans.
01:39Et c'était même Victor Hugo qui était l'un de ses protecteurs.
01:42Et donc, si nous ne voulons pas connaître des méga-feux, être dans une situation où nous voyons notre patrimoine
01:49partir en fumée,
01:50eh bien nous devons effectivement prendre les devants.
01:52Vous, à l'Élysée, vous, Président, il y aura un plan, un plan forêt, un plan anti-incendie, quoi, en
01:57fait, sur un quinquennat.
01:58Bien sûr, mais vous vous rendez compte que, par exemple, ce gouvernement qui avait pourtant...
02:02Donc vous rachèterez des canadaires, vous recommanderez des canadaires, des nouveaux moyens pour les pompiers ?
02:06Absolument. Quand j'étais hier avec les pompiers qui expliquaient, en fait, la difficulté qu'ils avaient eue ici,
02:13vous vous rendez compte qu'il manquait même, là, ça vous rappellera quelque chose, on manquait de masques,
02:17on manquait tout simplement du nécessaire pour pouvoir faire face au feu.
02:21Et donc, je reviens à ce que disait Emmanuel Macron.
02:24Il avait dit, vous vous souvenez, je veux notre planète great again.
02:28Et ensuite, il a dit, mon deuxième quinquennat sera écologique ou ne sera pas.
02:32Donc il ne l'a pas été écologique ?
02:34Malheureusement, il ne l'a pas été.
02:35Vous parlez de canadaires, vous parlez d'or.
02:37Quand Emmanuel Macron promet une base à Mont-de-Marsan, donc dans les Landes,
02:41pour éviter qu'il faille 4 heures pour les canadaires pour arriver en Gironde,
02:46eh bien, malheureusement, cette base à Mont-de-Marsan n'a jamais vu le jour.
02:49Et donc, il est temps, effectivement, d'anticiper parce que ça coûte cher.
02:53Mais enfin, vous savez aussi que, et c'est les chiffres du gouvernement,
02:56ces méga-feux ont coûté 15 milliards au pays.
02:59Donc, qu'est-ce qu'on veut ?
03:00Est-ce qu'on veut prévenir et éviter d'avoir des dépenses ensuite inconsidérées
03:03ou est-ce qu'au contraire, on veut anticiper ?
03:05Dans votre livre, vous dites « moi, je veux une règle d'or écologique ».
03:08C'est quoi la règle d'or écologique ?
03:10La règle d'or écologique, c'est de dire que, par exemple, quand on vote le budget,
03:14on ne peut pas avoir un budget qui demande, par les subventions,
03:18par les contributions, par les engagements de politique publique que l'on prend,
03:22qu'on exige de la planète plus que ce qu'elle peut donner.
03:25Et donc, c'est une façon de dire qu'il faut qu'il y ait une trajectoire,
03:28qui soit une trajectoire conforme à un développement durable
03:31et qui permette, effectivement, de ne pas simplement considérer le produit intérieur brut
03:35ou considérer uniquement la question de la dette.
03:38Il y a aussi une dette écologique.
03:39Celle-là, elle est irréversible.
03:41Personne ne pourra jamais la rembourser.
03:43Et ce que nous devons aux générations futures, c'est précisément une planète habitable.
03:48Olivier Faure, vous êtes candidat à la primaire socialiste.
03:50Vous débattrez avec Ségolène Royal, avec Emmanuel Morel, avec Raphaël Glucksmann.
03:55Mais il y a un prétendant en moins avec Jérôme Gage.
03:58C'est Philippe Brun.
04:00Philippe Brun qui a été suspendu du Parti Socialiste, qui est exclu de la primaire.
04:04Alors, il y a eu une dénonciation pour violence hier au soir à 23h50,
04:08une exclusion à 10h ce matin.
04:10Est-ce que vous avez des éléments supplémentaires ?
04:12Écoutez, je n'étais pas dans ce pluronational,
04:15mais il y a eu une décision prise à l'unanimité, moins une voix.
04:19Et maintenant, c'est à la justice de dire ce qu'est cette vérité.
04:24Moi, ce que je veux simplement vous dire à vous,
04:26mais aussi dire à toutes les femmes qui ont été un jour victimes...
04:30Mais j'y viens !
04:32Victimes de violences sexistes ou sexuelles.
04:35Les accusations portent là-dessus.
04:37Eh bien, je veux dire à toutes ces femmes quelque chose de très simple.
04:41Je vous crois.
04:42Voilà le principe.
04:44Après, la justice décidera, ce sera le temps judiciaire.
04:46Mais pour l'instant, la décision conservatoire qui a été prise était la seule possible.
04:50C'est-à-dire qu'ils ne pouvaient pas concourir à la primaire avec ces accusations.
04:53Nous ne pouvons pas être demain incarnés dans une présidentielle
04:56par quelqu'un qui serait accusé d'avoir été violent avec...
05:01Et ce sont des violences sexuelles contre Philippe Brun ?
05:04C'est des accusations de violences sexuelles ?
05:05Là, je ne veux pas, moi, davantage épiloguer sur le sujet.
05:08Si vous l'avez dit, les accusations sont suffisamment graves.
05:11Ce n'est pas moi qui étais directement appelé par l'intéressé.
05:15Je sais qu'il y a des faits qui relèvent du domaine pénal
05:18et qui donc supposent qu'il y ait une mesure conservatoire qui soit prise.
05:21Point.
05:22Ça veut dire qu'on ne verra plus dans les jours et les semaines qui viennent
05:25Philippe Brun au Parti Socialiste ou parler au nom du Parti Socialiste ?
05:29Je viens de vous dire, il a été suspendu à la fois du Parti Socialiste et du groupe parlementaire.
05:33D'accord.
05:33Donc, on ne verra plus du tout.
05:34Cette primaire, dans quel état d'esprit l'abordez-vous ?
05:38Tiens, je vais reprendre une vacherie qui vient du Parti Socialiste.
05:41C'est Olivier Faure ou Olivier Faible ?
05:44Le jeu de mots est puissant.
05:46Mais la réalité, c'est qu'en fait, depuis huit ans, je crois avoir fait la démonstration d'une cohérence.
05:53Ma volonté de rassembler, d'unir la gauche et les écologistes.
05:57Faire en sorte que nous puissions avancer ensemble.
05:59Faire en sorte que nous puissions éviter que l'année prochaine se solde par l'arrivée de l'extrême droite
06:03au pouvoir.
06:03Et donc, oui, je suis parfaitement légitime en cette campagne.
06:07Et j'entends faire la démonstration que je suis aussi plus que le premier secrétaire que vous connaissez.
06:12Parce que pendant des années, j'ai été chargé...
06:14Vous êtes légitime, mais vous n'êtes pas le favori quand même.
06:17Dans une campagne, il y a toujours des favoris et des challengers.
06:21Je ne suis pas le favori, mais j'entends bien vous montrer que ce que j'ai à dire peut
06:25rencontrer une majorité.
06:26Ça va être un tous contre Glucksmann ? Parce que c'est le favori, c'est finalement le candidat à
06:31abattre ?
06:32Mais moi, je ne fais pas un tous contre qui que ce soit.
06:35Je suis là pour affirmer des convictions.
06:37Ce que j'ai fait dans le livre que vous avez entre les mains, qui s'appelle « La loi
06:40du plus juste »,
06:41c'est que dans un moment qui est celui que nous connaissons,
06:44où c'est la loi du plus fort qui tend à s'imposer à tous les niveaux,
06:47au niveau international comme au niveau gouvernemental,
06:50eh bien moi, j'entends que la gauche défend la loi du plus juste, celle qui est sa vocation.
06:54Ce que nous avons fait depuis un siècle, quand nous avons conquis ces grands droits,
06:59ces grandes libertés publiques qui ont permis d'être le pays que nous sommes.
07:03Et donc notre identité, elle se confond aujourd'hui avec l'état social que j'entends défendre.
07:08L'objectif, c'est de parvenir à un second tour, c'est ça ?
07:12Parce que quand on regarde ce qui se dit sur Raphaël Glucksmann,
07:16on le dit « Non, il va largement y arriver au premier tour, il va leur faire la leçon ».
07:20L'objectif, c'est ça ? C'est d'essayer de le mettre en charpie et de faire un second
07:23tour ?
07:23Je reprends l'expression en charpie parce que je l'ai lue aussi de la part de bonnes âmes qui
07:28viennent de chez vous.
07:30Selon une source bien informée au Parti Socialiste.
07:32Sans doute toujours anonyme.
07:33Mais moi, ce que je vous dis, c'est que je ne suis là pour mettre en charpie personne,
07:37je suis là pour abîmer quelque chose.
07:39Votre différence avec Raphaël Glucksmann, elle est sur quoi par exemple ?
07:42Mais vous allez dans les débats, vous en rendre compte très vite,
07:45nous n'avons pas tout à fait les mêmes options.
07:47Moi, je considère que la gauche doit être rassemblée pour pouvoir avancer.
07:52Et donc les écologistes, les communistes, les ex-insoumis,
07:56j'ai souhaité même faire une primaire avec eux parce que j'entendais rassembler tout le monde
08:01et faire en sorte que nous puissions avancer en commun.
08:03Et que nous puissions être dans une certaine mesure capables d'aborder le premier tour dans les meilleures conditions
08:09et ensuite, dans le cadre d'un front républicain de second tour, de pouvoir battre l'extrême droite.
08:14Je n'ai pas changé d'avis.
08:15Je considère que notre vocation est de rassembler largement la gauche et les écologistes pour pouvoir avancer.
08:21Justement, cette primaire, vous savez combien il y a d'inscrits là, à l'heure où on se parle ou
08:24pas ?
08:25Non, je ne sais pas combien il y a d'inscrits mais...
08:27Ce sera 100 000, 150 000 personnes qui vont voter ?
08:30Écoutez, ça dépend...
08:31C'est combien ? 4, 5 candidats, 150 000 personnes ?
08:33Ça dépend de la publicité qui en sera faite.
08:34Je lance un appel à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans nos combats.
08:39qui considèrent que c'est important d'avoir un choix et ce choix-là, nous sommes les seuls à leur
08:43proposer.
08:44Et donc, ils peuvent venir et s'inscrivent sur le site du PS et tous ceux-là pourront participer à
08:48ce choix.
08:4815 euros avec les temps...
08:5015 ou 10, oui.
08:51Ce n'est pas le tarif que je voulais mais enfin c'est comme ça.
08:53Qu'est-ce que vous vouliez comme tarif ?
08:54Moi je voulais 2 euros mais enfin, n'y revenons pas.
08:56Il y a un tarif qui a été fixé, il est maintenant à ce niveau-là.
09:00C'est compliqué du pouvoir d'achat qui a envie de venir payer 15 euros pour départager les candidats socialistes
09:05?
09:05Écoutez, moi je ne veux pas parler plus longtemps de cela.
09:08Je sais qu'il y a maintenant en fait une situation où tout le monde peut venir voter.
09:14Et j'espère que nombreux sont ceux qui justement chercheront à comprendre ce que nous pouvons porter.
09:19Qu'ils ne sont pas condamnés à un match entre d'un côté la gauche radicale, de l'autre l
09:25'extrême droite.
09:25Qu'il y a la possibilité d'avancer.
09:27Et ce que j'écris dans ce livre sur la loi du plus juste, c'est effectivement un chemin sur
09:32tous les grands sujets.
09:33Quels sont les grands défis qui sont devant nous ?
09:35Quelles sont les grandes audiciennes du chef qu'on doit conduire ?
09:38Encore une question sur cette primaire.
09:40Si vous ne passez pas le premier tour, si vous n'êtes pas gagnant, est-ce que vous restez premier
09:45secrétaire du PS ?
09:47Je sais bien, mais vous l'avez en tête, ça fait partie des scénarios.
09:50Vous verrez bien à ce moment-là.
09:52Moi je ne veux pas commencer à être uniquement dans la politique aérie.
09:55Je suis là pour défendre une conception de la gauche, une conception de la France aussi, une vision de la
10:02France et du monde.
10:03Et donc c'est ce que je vais faire dans cette campagne.
10:05Alors ce livre, c'est celui-ci, la loi du plus juste chez Robert Laffont.
10:09Quand on le regarde, quand on lit tout à l'heure, on a parlé de la règle d'or écologiste.
10:12Vous parlez, parmi les propositions que vous appliqueriez si vous allez à l'Élysée, la régularisation des sans-papiers, la
10:20taxe Zuckman, l'augmentation de la CSG pour les revenus du capital.
10:24Quoi de neuf ? C'était même le programme de la NUPES où ça reprend quelques propositions des insoumis.
10:30En quoi vous vous distinguez ?
10:31D'abord, il n'y a aucun point, enfin j'aime bien qu'on rétablisse la vérité, mais la taxe
10:36Zuckman, ça n'est pas dans le programme de la NUPES, elle n'existait pas encore.
10:40La régularisation des sans-papiers, ça lorne du côté de Jean-Luc Mélenchon ?
10:43Mais pas du tout, c'est Sanchez en Espagne, c'est la régularisation des travailleurs sans-papiers.
10:48Je ne parle pas de tous les sans-papiers, il y a des gens qui n'ont évidemment pas leur
10:51place sur notre territoire, qui doivent être reconduits.
10:53Mais pour les autres...
10:54Il y a personne pour les sans-papiers ?
10:55Moi je ne suis pas au gouvernement, je ne sais pas exactement quel est le nombre précis.
11:00Autour de 400 000...
11:01400 000, comme en Espagne quoi en fait, c'est ça ?
11:03Oui, comme en Italie, parce que même en Italie, ils se sont rendus compte à un moment que le pays
11:09ne tournait pas sans toutes celles et ceux qui aujourd'hui,
11:11dans le bâtiment, dans la restauration, dans la livraison, il y a tout un secteur dans l'aide à domicile.
11:17Il fallait créer un appel d'air, et puis la France n'a pas les moyens d'absorber 400 000
11:22ou 500 000 régularisations.
11:24Vous avez peut-être des vieux-parents.
11:26Peut-être qu'aujourd'hui, ils sont avec une aide à domicile qui est sans-papiers.
11:31Peut-être que quand ils sont à l'EHPAD, ils ont des gens qui sont sans-papiers.
11:35Peut-être que quand vous faites livrer votre...
11:37Dans les EHPAD ou à domicile ?
11:39Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que partout dans tous les domaines de la vie collective,
11:44il y a aujourd'hui des gens qui sont sans-papiers et qui travaillent.
11:47Et c'est de cela dont je parle.
11:49Quand vous faites livrer votre pizza parce que vous regardez un match,
11:52vous croyez que le livreur qui est en bas de chez vous, il a tous les papiers ?
11:54Mais ce n'est pas toujours le cas.
11:56Est-ce que vous croyez que le chauffeur qui vous accompagne quand vous êtes dans un Uber,
12:00il est toujours en situation régulière ?
12:03Et est-ce que vous avez conscience du fait qu'aujourd'hui, c'est l'État lui-même qui fabrique
12:07des sans-papiers ?
12:08Parce que dans les préfectures, il y a un goulot d'étranglement,
12:10et des gens qui étaient avec des titres de séjour ne peuvent pas les renouveler.
12:13Donc c'est à cela que je fais référence.
12:15Tout ceci, c'est des points communs qui, à un moment,
12:18feront peut-être que si jamais Marine Le Pen est au deuxième tour,
12:21vous pourriez vous retrouver avec la France insoumise.
12:26Peut-être que la France insoumise se retrouvera avec moi, si c'est ce que vous voulez dire.
12:29Donc moi, ce que je dis, je porte des convictions.
12:31Et ces convictions-là, je n'ai pas besoin de me référer à tel ou tel, je n'ai pas
12:35de tuteur.
12:36Je suis là pour vous dire ce que je porte comme du plus profond de moi-même.
12:40Je suis moi-même eurasien.
12:41Ma mère est née à quelques milliers de kilomètres d'ici, puisqu'elle est née à Saigon.
12:46Eh bien, plus exactement, en fait, à côté de Saigon.
12:50Peu importe.
12:50Mais tout ça pour vous dire quoi ?
12:52Pour vous dire que la France, ça n'est pas exclusivement, en fait,
12:55des gens qui sont gaulois depuis Clovis ou vers Saint-Génie-de-Ris.
12:59Bien sûr que ça existe.
13:01Les Français ne sont pas si nombreux.
13:02Ça existe.
13:03Il en existe, oui.
13:05Marshall, c'est de quelle origine, en fait ?
13:07Ça doit être de l'Est de la France.
13:08Oui, Marshall, on pourrait même croire que vous avez des origines outre-Atlantique.
13:13Mais peut-être que vous n'êtes pas...
13:15Peut-être pas anglo-saxon, oui, effectivement.
13:17Vous n'avez pas une vocation d'un shérif.
13:18Mais en tout cas, ce que je veux dire par là, c'est que nous avons toutes et tous des
13:22origines que nous puisons très loin.
13:23Et même notre langue, notre culture, notre cuisine, tout est profondément...
13:29C'est un brassage.
13:31Et moi, ce que je défends, c'est l'idée non pas d'une France éternelle, comme le défend l
13:35'extrême droite.
13:35Ce n'est pas non plus une nouvelle France, comme le défend Jean-Luc Mélenchon,
13:39parce que je considère que c'est maladroit, parce que ça oppose deux Frances.
13:42Une ancienne qu'il faudrait révoquer et une nouvelle qui serait appelée à régner.
13:46Moi, je défends l'idée d'une France vivante.
13:49Une France qui, c'est, au cours des siècles, qui a su évoluer, qui a su avancer,
13:53et qui a une identité qui est faite...
13:55Vous avez dit une France vivante, vous n'avez pas dit une nouvelle France.
13:58Vous n'êtes pas sur la nouvelle France, de façon à Jean-Luc Mélenchon.
14:00J'ai dit une France vivante, une France qui...
14:03Ni la France tranquille de Ségolène Royal.
14:06Je parle de moi, je ne parle pas...
14:08Je sais bien que vous voulez me faire parler des autres,
14:09mais moi, je vais vous parler de ce que je crois, moi.
14:11Et ce que je crois, moi, c'est qu'effectivement, ce pays...
14:14C'est une compétition.
14:16C'est une compétition.
14:17Ça commence par la primaire socialiste.
14:18Bien sûr.
14:19Et puis ensuite, il va falloir vous battre avec les autres.
14:22Mais je suis prêt.
14:23Quand vous voulez, on organise le débat avec Marine Le Pen.
14:25Quand vous voulez, on organise avec Retailleau.
14:27Quand vous voulez avec...
14:27Avec Jean-Luc Mélenchon.
14:28Avec...
14:29Vous êtes de ventilateur, cet été, et de girouette.
14:33Écoutez...
14:33C'est pour ça, je veux dire, à un moment, si vous voulez vous retrouver,
14:37ça va être compliqué, quand même.
14:38Vous voyez qu'en fait, s'il a la dent aussi dure avec moi,
14:42c'est sans doute qu'il considère que je ne suis pas un allié.
14:44Et donc, plutôt que de chercher en permanence à rapprocher les uns,
14:48à éloigner les autres, moi, ce que je dis,
14:49c'est que je veux rassembler tous les électrices et les électeurs
14:53de gauche et de l'écologie.
14:54Je veux leur parler à toutes et tous.
14:56Qu'ils comprennent qu'il y a quelqu'un qui ne cherche pas à fragmenter,
14:59mais à unir, y compris sur la question de l'identité nationale.
15:02Parce qu'on a beaucoup glosé sur la question,
15:05mais vous avez remarqué quand même que depuis maintenant,
15:08Nicolas Sarkozy, cette question, elle revient,
15:10mais pour fracturer le pays.
15:12Moi, je pense que la question, ce n'est pas de savoir
15:14qui on veut exclure.
15:16La question, c'est comment est-ce qu'on peut unir.
15:19Et un président de la République, ça sert à ça.
15:21Ça sert à fédérer un pays, pas à le diviser.
15:23– D'accord, mais c'est des gens qui ne veulent pas être unis avec d'autres
15:25ou qui ne veulent pas être assemblés avec d'autres.
15:27– Sans doute.
15:28– Ça les regarde, c'est vrai.
15:29– Oui, enfin, la réalité d'un président de la République,
15:31c'est qu'il n'est pas là pour lui-même allumer le feu.
15:33Il est là pour faire en sorte que les gens puissent vivre ensemble,
15:37comprendre ce qu'ils peuvent partager.
15:39Donc c'est à la fois une histoire, des valeurs, aussi des comportements.
15:42Et donc, effectivement, tout cela,
15:44il faut qu'un président puisse à un moment l'initier et le porter.
15:48– Vous faites des propositions dans ce livre, notamment,
15:51on vous dit qu'il faut inverser le calendrier présidentiel et législatif,
15:54et vous donneriez même un pouvoir supplémentaire au Premier ministre
15:56qui serait de pouvoir dissoudre l'Assemblée nationale.
15:59Ça, c'est original, c'est la prérogative du chef de l'État.
16:02Pourquoi la donner au Premier ministre ?
16:04– Mais on a aujourd'hui un problème avec Jupiter.
16:07Jupiter est élu par les Français, mais il n'est responsable devant personne.
16:13Il ne peut pas être dissous, alors que lui peut dissoudre le Parlement.
16:16Et donc, dans ce rapport qu'entretiennent exécutifs et législatifs,
16:20il m'apparaît beaucoup plus évident que,
16:23puisque le Premier ministre peut être censuré,
16:25c'est lui aussi qui peut dissoudre un équilibre des pouvoirs
16:28et un président qui n'est plus le maître absolu des horloges
16:31et le maître de tout.
16:32On a vécu une dissolution.
16:34Je ne crois pas que ça ait été une grande réussite.
16:36Je pense que le Premier ministre aurait certainement agi différemment.
16:40Et je crois que nous avons intérêt à modifier sensiblement
16:44l'équilibre de nos institutions,
16:46parce qu'aujourd'hui, la cinquième République,
16:48elle a quand même beaucoup vécu.
16:49– Si vous êtes élu président de la République,
16:52vous prendrez quelques jours d'assimilation,
16:54comme Édouard Philippe ou pas ?
16:55– Parce que vous l'avez aidé après la polémique,
16:57quand il a commencé à être traité d'Édouard Leflémard.
17:00Vous prendriez quelques jours aussi ou pas ?
17:02– Je crois que c'est un choc de préparer ou pas ?
17:04– Pour vous dire, je me prépare à cette compétition,
17:06mais je veux qu'elle se passe sur des bases qui sont celles des idées.
17:09Et dire qu'Édouard Philippe est un flémard,
17:11c'est un peu facile.
17:12La réalité, c'est que chacun le sait bien.
17:14Il a ses idées, je les conteste,
17:16mais en même temps, je ne le considère pas comme un flémard.
17:18– D'accord, parce que le surnom, c'était Édouard Leflémard,
17:23mais vous voulez revenir à la retraite à 62 ans,
17:25passer la semaine de 4 jours,
17:27légaliser le cannabis.
17:28Donc c'est quoi ?
17:29C'est Olivier sur le canapé ?
17:31C'est ça ?
17:33– Oui, j'aimerais être sur un canapé.
17:35– Vous risquez de la prendre, celle-là aussi, comme flèche.
17:39Olivier sur le canapé avec son pétard,
17:41la semaine de 4 jours, on ne bosse pas avec Olivier,
17:44avec Olivier Faure.
17:45– D'abord, je ne dis pas exactement ça.
17:47Je dis d'abord qu'effectivement,
17:49nous avons pris un engagement devant les Français
17:51lors des grandes manifestations
17:53au moment de l'adoption de la réforme de bornes.
17:54– Vous voulez des débats sur ces questions ?
17:56– Mais je veux surtout que nous soyons fiables.
17:58Je veux que les gens comprennent que
18:00quand on dit quelque chose en année 1, en année 4,
18:03– Mais justement, il faut être clair.
18:05Cannabis, est-ce que vous l'égaliseriez ?
18:06– Je pense que la question doit être posée aujourd'hui,
18:09parce que vous avez aujourd'hui
18:12des millions de Français qui consomment du cannabis.
18:15je n'en fais pas la promotion ni la publicité,
18:17je ne fume pas de cannabis.
18:18– Vous n'avez jamais fumé un joint ?
18:20– J'ai eu l'occasion de le faire
18:22quand j'avais 15 ans, une fois,
18:25et je n'y ai jamais retouché.
18:27Et donc, mais enfin,
18:28ce n'est pas le problème de mon exemple,
18:30je dis simplement qu'il y a des millions de gens
18:32qui sont aujourd'hui des fumeurs de cannabis,
18:33que la police ne peut pas passer son temps
18:35à traquer le petit dealer de quartier, etc.
18:39– Donc vous seriez plutôt sur la voie de la légalisation.
18:42– Et qu'il faut se battre, mais attendez,
18:44je ne suis pas en train de dire que c'est en fait,
18:46embrassons-nous Folleville,
18:47je dis qu'il y a une bataille,
18:50un défi immense face au narcotrafic.
18:54Et avec eux, il faut être sans pitié,
18:56sans pitié aucune.
18:57Et ce combat-là, il mobilisera toute notre énergie.
19:00Parce que cela,
19:02ce n'est pas simplement le petit pétard, etc.
19:05Vous savez très bien que c'est aujourd'hui
19:07le danger qui nous menace.
19:08– C'est pétard et cocaïne aujourd'hui.
19:09On livre les ministères, paraît-il,
19:11selon le livre d'un journaliste qui est avec un dealer.
19:13– Voilà, il paraît que la cocaïne circule dans les ministères.
19:15Je n'en sais rien.
19:16En tout cas, ce que je sais…
19:16– Vous n'avez jamais vu ?
19:17– Moi, je ne suis pas dans les ministères,
19:19au cas où ça vous aurait échappé.
19:20– Ni à l'Assemblée ?
19:21– Pas plus, je sais qu'il y a eu un député
19:23qui s'est fait pour deux députés,
19:25un est Renaissance et un est LFI qui se sont faits.
19:27Voilà, mais enfin, ce que je sais,
19:29c'est que la pieuvre que constitue le narcotrafic
19:33est une pieuvre dont il faut arracher chaque tentacule
19:36l'une après l'autre.
19:38Et donc, ça suppose mettre tous les moyens là-dessus,
19:40les attaquer au portefeuille,
19:41faire en sorte que ces gens-là comprennent
19:43qu'ils n'ont pas leur place sur notre territoire.
19:46– Vous nous avez parlé des propositions
19:48qu'il y a dans ce livre,
19:48la loi du plus juste aux éditions Robert Laffont.
19:50Sarah Knafo vient de sortir le ciel,
19:52elle en a vendu 100 000 en même pas 10 jours.
19:54Vous voulez battre le record ?
19:56100 000 aussi ?
19:57Faire mieux que Sarah Knafo ?
19:59– Si Bolloré fait la même promo pour mon livre
20:01que pour Sarah Knafo,
20:02je pense que je vais la battre.
20:03Je crains que ce ne soit pas le cas.
20:05Mais c'est un défi que je peux essayer de relever.
20:09– Merci Olivier Faure,
20:10merci d'avoir été avec nous sur BFM TV.
20:12Ici à Fontainebleau,
20:13on a parlé des incendies et d'écologie.
20:15– Voilà, Olivier.
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