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  • il y a 3 minutes
«Si Sébastien Lecornu descend les Champs-Élysées, pas sûr qu'on le reconnaisse», ironise Pascal Praud

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud reçoit Thierry Saussez pour parler de la campagne présidentielle.

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Transcription
00:00qui est un homme de communication.
00:02Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à un homme de droite, pas de gauche d'ailleurs,
00:05un homme de droite, à Bruno Retailleau, par exemple, si vous devez le conseiller,
00:07vous lui dites tape sur le RN ou au contraire ne tape pas sur le RN
00:12et essaye d'avoir les électeurs du centre ?
00:16D'abord je lui dirais tape pas sur tes concurrents de la droite et du centre.
00:20Ce qu'ils sont quand même plutôt en train de faire.
00:22C'est-à-dire la vérité c'est qu'ils se prennent des points entre eux
00:24mais ils ne les prennent ni à Marine Le Pen ni de l'autre côté de l'échiquier politique.
00:31Et donc ils sont coincés, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle aujourd'hui
00:34les choses n'avancent pas et que personne ne plie le match.
00:37Non, ce que je suggérais c'est de se distinguer par les projets.
00:41Oui, d'ailleurs Retailleau qui est le sérieux de la bande,
00:45qui essaie de le faire mais qui est totalement coincé entre un électorat RN
00:50qui est très fidèle et puis la droite et le centre qui se partagent
00:53entre les deux autres a du mal.
00:56Édouard Philippe joue un peu mieux.
00:58Qu'est-ce que vous avez pensé ?
00:58Cette carte-là quand il dit maintenant le RN c'est en même temps.
01:01C'est-à-dire en gros entre Bardella et Marine Le Pen
01:05on ne sait plus très bien si on libéralise ou pas.
01:07Qu'est-ce que vous avez pensé de la sortie d'Édouard Philippe
01:09qui explique qu'il ne veut pas gouverner la France quand il est élu,
01:11il veut se reposer pendant trois mois ?
01:13Je trouve ça génial sur le fond mais très catastrophique sur la forme de le dire.
01:18Maintenant c'est intéressant de dire pourquoi voulez-vous faire un gouvernement du jour ?
01:22Et pourquoi il dit ça ?
01:23Il dit ça parce qu'il a envie d'être singulier.
01:26Ils sont tous en train de chercher.
01:28Vous ne pensez pas qu'il dit ça parce que ça traduit sa personnalité au fond,
01:32qu'il n'a pas vraiment envie ?
01:34Le syndrome Juppé.
01:35Il n'a pas vraiment envie d'y aller.
01:36Le syndrome Juppé.
01:37Juppé il n'avait pas envie ?
01:38Non, cette idée, on ne donne pas tout, on ne va pas jusqu'au bout.
01:43Nicolas Sarkozy disait toujours que c'est celui qui en a le plus envie qu'il va gagner.
01:47D'ailleurs Macron a repris la formule.
01:50Et donc lui il garde cette espèce de distance, il en sort un peu.
01:53Je vous dis quand il fait un meeting, il appelle ça accélérer vivement.
01:56Enfin dans la campagne électorale, organiser un meeting, c'est quand même la moindre des choses.
02:01Et alors comme il domine la situation, vous vous dites aujourd'hui sur le plan électoral,
02:07parce que Gabriel Attal est coincé, lui c'est le vrai bébé Macron,
02:12et il n'arrive pas à se sortir de cette étiquette-là.
02:15Mais par exemple vous trouvez que c'est bien ce qu'il a fait ?
02:17Les bistrots, moi j'ai trouvé ça pas mal, l'initiative de Gabriel Attal.
02:20Écoutez oui, mais ça n'imprime pas.
02:22Pourquoi vous dites que ça n'imprime pas ?
02:23Parce que vous n'avez pas d'air sur le plan électoral.
02:26Le problème de Gabriel Attal c'est qu'il n'a pas de capacité de se développer.
02:30Et Philippe les a en prenant du LR et du Renaissance.
02:35Mais Gabriel Attal est coincé dans son image de bébé Macron.
02:39Et je ne sais plus qui a dit, d'ailleurs je le cite dans le bouquin, vous connaissez ça par
02:42cœur,
02:43quand Marine Le Pen est revenue, on a dit deux morts.
02:45On a dit évidemment Bardella.
02:48C'est pas comme disait Jean-Marie Le Pen, le destin des dauphins c'est parfois de s'échouer.
02:54Et puis Attal qui rêvait d'un combat de génération et qui n'a pas.
03:00Et donc Édouard Philippe lui gère tranquillement son avance.
03:03Est-ce qu'il peut y arriver ?
03:05Ou est-ce que ça va se terminer par la guerre ?
03:07Parce qu'Attal va chercher à aller le plus loin possible.
03:10Je n'exclus même pas que Retailleau reste candidat de toute façon.
03:13C'est ce qu'il dit Bruno Retailleau.
03:15Vous n'exclupez pas.
03:16Franchement Bruno Retailleau, je ne vois pas comment il peut se rallier avec Édouard Philippe.
03:19À président de parti, normalement ça ne fait pas perdre son camp.
03:23Il y a quand même une attente de l'électorat de la droite et du centre
03:26qui est d'aller vers le vote utile pour éviter le deuxième tour Le Pen-Mélenchon.
03:33Lui dit clairement depuis le début de la campagne que son camp précisément n'est pas celui d'Édouard Philippe.
03:37Évidemment il ne va pas dire je suis prêt à me retirer.
03:40Attendez, il est en train d'essayer de créer une dynamique.
03:43En politique, me dit Catherine Nes, ce qui prime c'est l'énergie plus que l'intelligence.
03:47Peut-être qu'Édouard Philippe ne se sent pas armé pour mener une campagne extenuante.
03:51C'est celui qui a le plus d'énergie.
03:53Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
03:55Oui, c'est la question de libérer de l'énergie du leadership.
03:58Il y a la question de l'incarnation, il y a la question de la légitimité.
04:01Moi j'explique ça dans mon livre.
04:04Et donc il y a un certain nombre de critères auxquels il faut répondre.
04:07Mais le Cornu, vous trouvez qu'il a une incarnation le Cornu ?
04:11Parce qu'il fait vraiment un moine soldat comme vous l'avez dit.
04:16Alors vous dites, l'étonnant M. Le Cornu n'est évidemment pas candidat.
04:18Le moine soldat est voué à sa mission sacrificielle, durée et endurée comme un Premier ministre sans majorité.
04:23Là où ses deux prédécesseurs ont jeté l'éponge en quelques mois.
04:26Aujourd'hui, ceux qui considèrent que les candidats de socle commun vont droit à la catastrophe,
04:30chuchotent son nom dans la course avec les encouragements possibles d'Emmanuel Macron
04:33sans que l'on sache bien ce que cela coûte et rapporte.
04:36Mais quel est le scénario dans lequel le Cornu, alors ça voudrait dire qu'Édouard Philippe renonce ?
04:41Alors il y a une révélation d'abord.
04:43Il y a une révélation, c'est qu'il a créé un style.
04:45Il a créé un style, Sébastien Le Cornu ?
04:47Mais oui, il a créé un style.
04:49Le type qui bosse, qui connaît ses dossiers par cœur, qui gère les crises, qui tient la boutique.
04:55C'est vraiment de la com que vous me faites.
04:57Je demandais aux Français ce qu'ils pensent de Sébastien Le Cornu.
05:00Je pense qu'il peut tranquillement descendre les champs d'idées.
05:02Je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:04Je vais vous dire une chose qui va...
05:04Non mais je vous assure, je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:07Je vais vous dire une chose qui va vous stupéfier.
05:09Il y a eu un sondage l'année dernière dont personne n'a parlé.
05:12Et majoritairement, les Français, majoritairement, décrivent Sébastien Le Cornu comme humble, clair et sincère.
05:20Majoritairement.
05:22Un portrait, attendez, à faire rêver tout présidentiable.
05:25Et donc, ce style-là, il a installé le type, encore une fois, qui gère la boutique, qui gère les
05:30crises pendant que les autres papillotent.
05:32Or, ça n'imprime pas.
05:33Vous avez 29% des Français qui trouvent que les candidats, aujourd'hui, leur donnent de l'espoir.
05:39Maintenant, on ne classe même plus les candidats pour leur bonne opinion auprès des Français.
05:44Vous avez vu dans le Parisien, on les classe pour ceux qui inquiètent le moins.
05:48Vous avez vu dans le Parisien.
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