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  • il y a 3 minutes
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud reçoit Thierry Saussez pour parler de la campagne présidentielle.

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00:00qui est un homme de communication.
00:02Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à un homme de droite, pas de gauche d'ailleurs,
00:05un homme de droite, à Bruno Retailleau, par exemple, si vous devez le conseiller,
00:07vous lui dites tape sur le RN ou au contraire ne tape pas sur le RN
00:12et essaye d'avoir les électeurs du centre ?
00:16D'abord je lui dirais tape pas sur tes concurrents de la droite et du centre.
00:20Ce qu'ils sont quand même plutôt en train de faire.
00:22C'est-à-dire la vérité c'est qu'ils se prennent des points entre eux
00:24mais ils ne les prennent ni à Marine Le Pen ni de l'autre côté de l'échiquier politique.
00:31Et donc ils sont coincés, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle aujourd'hui
00:34les choses n'avancent pas et que personne ne plie le match.
00:37Non, ce que je suggérais c'est de se distinguer par les projets.
00:41Oui, d'ailleurs Retailleau qui est le sérieux de la bande,
00:45qui essaie de le faire mais qui est totalement coincé entre un électorat RN
00:50qui est très fidèle et puis la droite et le centre qui se partagent
00:53entre les deux autres a du mal.
00:56Édouard Philippe joue un peu mieux.
00:58Qu'est-ce que vous avez pensé ?
00:58Cette carte-là quand il dit maintenant le RN c'est en même temps.
01:01C'est-à-dire en gros entre Bardella et Marine Le Pen
01:05on ne sait plus très bien si on libéralise ou pas.
01:07Qu'est-ce que vous avez pensé de la sortie d'Édouard Philippe
01:09qui explique qu'il ne veut pas gouverner la France quand il est élu,
01:11il veut se reposer pendant trois mois ?
01:13Je trouve ça génial sur le fond mais très catastrophique sur la forme de le dire.
01:18Maintenant c'est intéressant de dire pourquoi voulez-vous faire un gouvernement du jour ?
01:22Et pourquoi il dit ça ?
01:23Il dit ça parce qu'il a envie d'être singulier.
01:26Ils sont tous en train de chercher.
01:28Vous ne pensez pas qu'il dit ça parce que ça traduit sa personnalité au fond,
01:32qu'il n'a pas vraiment envie ?
01:34Le syndrome Juppé.
01:35Il n'a pas vraiment envie d'y aller.
01:36Le syndrome Juppé.
01:37Juppé il n'avait pas envie ?
01:38Non, cette idée, on ne donne pas tout, on ne va pas jusqu'au bout.
01:43Nicolas Sarkozy disait toujours que c'est celui qui en a le plus envie qu'il va gagner.
01:47D'ailleurs Macron a repris la formule.
01:50Et donc lui il garde cette espèce de distance, il en sort un peu.
01:53Je vous dis quand il fait un meeting, il appelle ça accélérer vivement.
01:56Enfin dans la campagne électorale, organiser un meeting, c'est quand même la moindre des choses.
02:01Et alors comme il domine la situation, vous vous dites aujourd'hui sur le plan électoral,
02:07parce que Gabriel Attal est coincé, lui c'est le vrai bébé Macron,
02:12et il n'arrive pas à se sortir de cette étiquette-là.
02:15Mais par exemple vous trouvez que c'est bien ce qu'il a fait ?
02:17Les bistrots, moi j'ai trouvé ça pas mal, l'initiative de Gabriel Attal.
02:20Écoutez oui, mais ça n'imprime pas.
02:22Pourquoi vous dites que ça n'imprime pas ?
02:23Parce que vous n'avez pas d'air sur le plan électoral.
02:26Le problème de Gabriel Attal c'est qu'il n'a pas de capacité de se développer.
02:30Et Philippe les a en prenant du LR et du Renaissance.
02:35Mais Gabriel Attal est coincé dans son image de bébé Macron.
02:39Et je ne sais plus qui a dit, d'ailleurs je le cite dans le bouquin, vous connaissez ça par
02:42cœur,
02:43quand Marine Le Pen est revenue, on a dit deux morts.
02:45On a dit évidemment Bardella.
02:48C'est pas comme disait Jean-Marie Le Pen, le destin des dauphins c'est parfois de s'échouer.
02:54Et puis Attal qui rêvait d'un combat de génération et qui n'a pas.
03:00Et donc Édouard Philippe lui gère tranquillement son avance.
03:03Est-ce qu'il peut y arriver ?
03:05Ou est-ce que ça va se terminer par la guerre ?
03:07Parce qu'Attal va chercher à aller le plus loin possible.
03:10Je n'exclus même pas que Retailleau reste candidat de toute façon.
03:13C'est ce qu'il dit Bruno Retailleau.
03:15Vous n'exclupez pas.
03:16Franchement Bruno Retailleau, je ne vois pas comment il peut se rallier avec Édouard Philippe.
03:19À président de parti, normalement ça ne fait pas perdre son camp.
03:23Il y a quand même une attente de l'électorat de la droite et du centre
03:26qui est d'aller vers le vote utile pour éviter le deuxième tour Le Pen-Mélenchon.
03:33Lui dit clairement depuis le début de la campagne que son camp précisément n'est pas celui d'Édouard Philippe.
03:37Évidemment il ne va pas dire je suis prêt à me retirer.
03:40Attendez, il est en train d'essayer de créer une dynamique.
03:43En politique, me dit Catherine Nes, ce qui prime c'est l'énergie plus que l'intelligence.
03:47Peut-être qu'Édouard Philippe ne se sent pas armé pour mener une campagne extenuante.
03:51C'est celui qui a le plus d'énergie.
03:53Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
03:55Oui, c'est la question de libérer de l'énergie du leadership.
03:58Il y a la question de l'incarnation, il y a la question de la légitimité.
04:01Moi j'explique ça dans mon livre.
04:04Et donc il y a un certain nombre de critères auxquels il faut répondre.
04:07Mais le Cornu, vous trouvez qu'il a une incarnation le Cornu ?
04:11Parce qu'il fait vraiment un moine soldat comme vous l'avez dit.
04:16Alors vous dites, l'étonnant M. Le Cornu n'est évidemment pas candidat.
04:18Le moine soldat est voué à sa mission sacrificielle, durée et endurée comme un Premier ministre sans majorité.
04:23Là où ses deux prédécesseurs ont jeté l'éponge en quelques mois.
04:26Aujourd'hui, ceux qui considèrent que les candidats de socle commun vont droit à la catastrophe,
04:30chuchotent son nom dans la course avec les encouragements possibles d'Emmanuel Macron
04:33sans que l'on sache bien ce que cela coûte et rapporte.
04:36Mais quel est le scénario dans lequel le Cornu, alors ça voudrait dire qu'Édouard Philippe renonce ?
04:41Alors il y a une révélation d'abord.
04:43Il y a une révélation, c'est qu'il a créé un style.
04:45Il a créé un style, Sébastien Le Cornu ?
04:47Mais oui, il a créé un style.
04:49Le type qui bosse, qui connaît ses dossiers par cœur, qui gère les crises, qui tient la boutique.
04:55C'est vraiment de la com que vous me faites.
04:57Je demandais aux Français ce qu'ils pensent de Sébastien Le Cornu.
05:00Je pense qu'il peut tranquillement descendre les champs d'idées.
05:02Je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:04Je vais vous dire une chose qui va...
05:04Non mais je vous assure, je ne suis même pas sûr qu'on le reconnaisse.
05:07Je vais vous dire une chose qui va vous stupéfier.
05:09Il y a eu un sondage l'année dernière dont personne n'a parlé.
05:12Et majoritairement, les Français, majoritairement, décrivent Sébastien Le Cornu comme humble, clair et sincère.
05:20Majoritairement.
05:22Un portrait, attendez, à faire rêver tout présidentiable.
05:25Et donc, ce style-là, il a installé le type, encore une fois, qui gère la boutique, qui gère les
05:30crises pendant que les autres papillotent.
05:32Or, ça n'imprime pas.
05:33Vous avez 29% des Français qui trouvent que les candidats, aujourd'hui, leur donnent de l'espoir.
05:39Maintenant, on ne classe même plus les candidats pour leur bonne opinion auprès des Français.
05:44Vous avez vu dans le Parisien, on les classe pour ceux qui inquiètent le moins.
05:48Et c'est Marine Le Pen qui inquiète le moins.
05:51À 60% quand même, elle inquiète.
05:53Et Zemmour et Mélenchon qui terminent à 80%.
05:56Et donc, ça n'imprime pas.
05:58Et donc, si ça tourne cauchemar pour la droite et pour le centre à la fin de l'année,
06:03il faudra bien que quelqu'un arrive, soit avec l'autorité de mettre un peu d'ordre dans les circuits,
06:08soit pour y aller lui-même.
06:09Et pourquoi pas ? Moi, je trouve que tout est possible.
06:11Il n'a pas de parti ni d'argent.
06:12Vous écrivez ?
06:13Il n'a pas de parti ni d'argent.
06:14Ça se trouve.
06:15Le président a toujours agi à contre-temps.
06:17Vous parlez d'Emmanuel Macron plutôt que de nommer Elisabeth Borne.
06:20Il aurait dû garder Jean Castex qui aurait au moins bien animé la campagne législative.
06:23On ne nomme pas un Premier ministre pour remercier les électeurs de gauche qui ont voté pour vous,
06:27mais pour s'assurer une majorité aux législatives qui suivent.
06:29Bon.
06:31Moi, je passe mon temps à dire que je ne comprends rien à Emmanuel Macron.
06:34Que je ne comprends pas cet homme.
06:36Je ne comprends pas comment on peut se tromper autant et faire autant d'erreurs.
06:39Et paraît-il être aussi intelligent.
06:41Écoutez, moi, je le raconte.
06:42Je l'ai aidé dans sa première campagne.
06:43Comme Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, nous n'avions pas confiance en François Fillon.
06:48Nous le connaissions trop.
06:50Nous savions trop quelque part.
06:51Mais oui, c'est une question comme ça.
06:53Vous auriez, franchement, vous vous avez manqué de faire.
06:56Oui, il y avait des snipers à Matignon qui récoltaient tout ce qu'il pouvait.
07:01Vous nous dites que Nicolas Sarkozy a aidé Emmanuel Macron contre François Fillon en 2017 ?
07:06Et en tout cas, il l'a vu.
07:07C'est ce que vous venez de dire.
07:08Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy soit d'accord avec vous.
07:11Et il ne faisait pas plus confiance à François Fillon que moi.
07:13En tout cas, ça, c'est une certitude.
07:16Il l'a eu comme Premier ministre pendant cinq ans ?
07:18Oui, deux ans de trop.
07:20Deux ans de trop et ça lui a probablement coûté cher.
07:24Mais on ne comprend pas Emmanuel Macron.
07:27Quelque part, il est arrivé.
07:29Ça s'est bien passé.
07:30Il avait un style, lui, personnel.
07:32La politique a plutôt la flat tax, les apprentis, tout ça.
07:37Et puis, à un moment, ça dérape.
07:38Et vous savez pourquoi ?
07:39Parce que c'est un joueur.
07:41En fait, Emmanuel Macron, c'est un joueur.
07:43C'est-à-dire, d'ailleurs, sa phrase fétiche, c'est « je prends mes risques ».
07:47Et donc, quand il joue gros et qu'il gagne gros, il est élu président de la République.
07:51Mais quand il joue gros et qu'il se plante sur les gilets jaunes, l'affaire Benalla ou quelques autres,
07:55ce que je raconte et la dissolution encore pire dans le bouquin,
07:58alors il perd énormément et même quasiment tout crédit.
08:03Écoutez, ce n'est pas très rassurant.
08:06Non, mais ça vous fait rire.
08:07Je vous rassure, ça se termine.
08:09Oui, mais enfin, dans quel état ?
08:11Ce n'est pas un jeu de poker, la France.
08:12Dans quel état ? Excusez-moi, la France, ce n'est pas un jeu de poker.
08:16Ce n'est pas un jeu de poker, la France, il rire.
08:18Je n'ai pas dit le contraire.
08:19C'est bien pour ça que ça va le tourner.
08:20Les Français sont ébergnés, on va tout droit vers une autre.
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