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  • il y a 1 semaine
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, était l’invité du Face à Face de BFMTV et RMC ce mardi 15 septembre. 

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Transcription
00:01Il est 8h29, vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Michel-Édouard Leclerc.
00:06Bonjour Apolline.
00:06Merci d'être dans ce studio et en particulier aujourd'hui parce que les enjeux sont cruciaux.
00:10Vous êtes président du comité stratégique des centres Leclerc.
00:14Deux enjeux cruciaux qui sont au cœur des préoccupations et à la une ce matin.
00:18Deux enjeux sur lesquels votre parole est particulièrement attendue, le carburant et le pouvoir d'achat.
00:24On va parler prix et on va parler colère.
00:26Sur le carburant d'abord avec ces images que vous allez découvrir sur BFM TV en direct.
00:32Je les décris évidemment pour ceux qui nous écoutent sur RMC.
00:35Il s'agit d'un dépôt pétrolier à Fosse-sur-Mer qui est occupé, bloqué depuis ce matin avec des
00:42revendications des pêcheurs.
00:44Ils ont déjà manifesté hier à Sète ou à Port-Vendresse.
00:48Quelles conséquences et qu'est-ce que ça dit de l'instant que l'on est en train de traverser
00:52Michel-Édouard Leclerc ?
00:53Alors ça dit que d'abord la crise pétrolière, la crise des carburants dure.
00:58On sait très bien que ce n'est pas le gouvernement Lecornu qui est à l'origine de cette crise.
01:03Ce sont les diableries irano-américaines et maintenant étendues à l'Arabie Saoudite et Audi qui contribuent à faire flamber
01:11très artificiellement le prix du pétrole brut.
01:15Donc du prix des produits dérivés comme le gasoil, les pêcheurs souffrent.
01:20Dans le prix du poisson, le gasoil c'est énormément.
01:22Il y a l'amortissement du bateau, il y a le travail et il y a le prix du gasoil.
01:26Et donc on voit bien que c'est la limite, en quantité en tout cas, de ce que la politique
01:32du gouvernement qui vise à donner des aides ciblées.
01:35Et on voit bien aujourd'hui que ces aides ciblées doivent être étendues à certains métiers.
01:40Je dis comme ça, les transporteurs, les taxis qui n'en ont pas, les pêcheurs bien évidemment et probablement dans
01:47le package agricole aux agriculteurs.
01:50On va revenir sur toutes ces professions.
01:51Elles sont aussi à un moment ou à un autre confrontées à la question du commerce, à la question évidemment
01:56de la consommation.
01:58Au fond, quand je vous écoute, vous trouvez presque logique cette réponse de colère ?
02:06Je trouve en tout cas que c'est une manière de dire on est là, écoutez-nous.
02:10Pour le moment, vous avez fait du sur-mesure pour les consommateurs, pour ce qu'on appelle les gros rouleurs.
02:16Mais nous, professionnels, professionnels du transport, professionnels de la pêche, professionnels de l'agriculture,
02:23et peut-être aussi dans les BTP, dans les bâtiments et travaux publics,
02:27on comprend très bien que vous ne pouvez pas ouvrir le robinet de toutes les aides parce que l'État
02:33n'en a pas les moyens.
02:34Ouvrir le robinet aussi, ça voudrait dire enrichir tous les spéculateurs qui font monter les prix,
02:40parce qu'il y a beaucoup de spéculateurs qui font monter les prix.
02:42Le chemin est étroit.
02:43Le chemin est étroit.
02:45Et donc simplement, on est dans une autre phase de cette crise.
02:49Elle dure, j'insiste, le gouvernement Lecornu n'y peut rien, elle dure, elle nous est imposée.
02:53Donc, à mon sens, le gouvernement Lecornu va devoir élargir le nombre de bénéficiaires,
03:01d'allègements, de charges, d'impôts, ou en tout cas, ceux qui pourront acheter moins cher les carburants pour travailler.
03:06Michel-Edouard Leclerc, le chemin est étroit, disais-je.
03:09On va y revenir aussi sur la question d'ailleurs des prix.
03:12Chemin étroit entre lutte contre l'inflation et en même temps ne pas casser l'agriculture,
03:16qui aujourd'hui est dans une situation très difficile.
03:19Mais si on reste sur la question du carburant, d'abord une question très concrète.
03:22Un dépôt pétrolier bloqué, est-ce que ça a des conséquences sur l'acheminement du pétrole,
03:29ensuite, jusqu'à vos stations et aux autres ?
03:31Oui, oui, ça n'arrange pas les choses.
03:33Déjà, il faut savoir que par la géographie et le climat, on a beaucoup de difficultés.
03:38Par exemple, pour amener du carburant moins cher, du gasoil, par exemple, dans l'Est de la France,
03:44on utilise beaucoup des barges qui vont sur le Rhin et sur le Rhône, et là, pas de pot, il
03:49n'y a pas d'eau.
03:49Donc, c'est des camions, ça coûte plus cher.
03:52Pour approvisionner une ville comme Toulouse, il faut amener du carburant en train.
03:55Le consommateur ne comprend pas toujours pourquoi, même dans une même enseigne, il y a des écarts de prix,
04:00mais c'est parce que les écarts de coûts de transport sont très différents.
04:03La logistique.
04:04Un dépôt pétrolier comme ça, il y en a environ 150 en France, il n'y en a qu'un
04:10qui soit bloqué à 7 heures.
04:11Est-ce que vous redoutez une éventuelle contagion de ces colères ?
04:14Oui, ça peut arriver.
04:16Ça n'a pas de logique, ça ne fera que paralyser, ça ne résoudra pas les réponses.
04:20On les a entendues.
04:22Nous soutenons, Leclerc, tout le mouvement, et même mes collègues de la distribution,
04:27nous soutenons les professionnels qui approvisionnent le marché français
04:31parce qu'ils sont le lien entre la nourriture et les Français.
04:35On a parlé des pêcheurs, mais on en parle très très peu.
04:39Mais nos transporteurs, ceux qui amènent tous les produits agricoles dans tous les magasins de France,
04:43depuis les maraîchers, etc., ils n'ont pas gueulé.
04:46C'est eux qui se sont pris de plein pot dès la première hausse.
04:50Et donc aujourd'hui, on fait du sur-mesure avec eux, on les connaît bien,
04:54y compris nos propres camions ont repris des surcharges.
04:57D'ailleurs, Thierry Cotillard avait donné des chiffres une fois dans cette émission.
05:00Il l'a dit ici même, il y a un peu moins d'une semaine.
05:03Il y a les transporteurs.
05:03Et puis il y a les agriculteurs.
05:05Les agriculteurs, ils ont la double peine, puisqu'ils ont la peine du climat et de la sécheresse,
05:11dont il est difficile d'évaluer à long terme les conséquences.
05:15Mais à court terme, ça va forcément raréfier un certain nombre de fruits, de légumes.
05:19Et donc ça va faire flamber, ou en tout cas monter, le prix des fruits et des légumes.
05:24Et de l'autre côté, ils ont une hausse de coûts d'exploitation qu'il faudra bien répercuter quelque part.
05:29On va y venir, parce qu'il y a évidemment une grande attente aussi sur la réponse que vous leur
05:32apporterez.
05:33Un certain nombre d'entre eux demandent une réouverture des négociations commerciales
05:37pour revoir les prix donc à la hausse.
05:39Mais je voudrais encore une fois vous interroger sur le carburant.
05:42Quand on regarde les prix à la pompe ce matin, 2,30€ pour le litre de gasoil, 2,08€ pour
05:49le sansplomb 95.
05:50Il y a quelques semaines, vous disiez, on arrivera aux 2,40€.
05:54Pensiez-vous que ça serait si vite ?
05:56Non, non.
05:57Et puis d'ailleurs, hier, je crois que vous l'avez reçu aussi, je discutais, j'ai des antennes partout,
06:02je discutais avec Philippe Chalmin, qui a plus de tchatch que moi.
06:05Économiste et spécialiste des questions d'hydrocarbures.
06:08Il parlait même d'un 2,50€.
06:11Vous pensez qu'on va arriver à 2,50€ ?
06:13Mais on ne sait pas combien de temps.
06:14Et le problème, c'est le combien de temps.
06:15Parce que des à-coups, ok, ça se règle.
06:18Le problème, c'est combien de temps.
06:19En fait, vous êtes en train de dire, on y arrivera aux 2,50€, mais ça ne durera peut-être
06:23pas ?
06:23En fait, voilà.
06:24Personne ne sait rien.
06:25Parce que de toute façon, on a quand même des belligérants, là, qui ont l'air complètement psy.
06:31Pour vous, c'est de l'ordre de l'irrationnel ?
06:34C'est de l'ordre de l'irrationnel.
06:35Ils ne savent pas finir leur conflit.
06:36Et donc, une manière de finir le conflit, c'est de faire gueuler tout le monde autour
06:40pour qu'on leur impose d'arrêter.
06:42Il n'y a pas un vainqueur, il n'y a pas un vaincu.
06:44C'est la même chose entre l'Ukraine et la Russie.
06:47Pour revenir, on ne va pas faire que de la géopolitique.
06:51Mais ça a des conséquences.
06:52Jusque dans nos stations essence et dans nos rayons.
06:54Donc, pour le moment, je trouve la stratégie du gouvernement, Bréjon, Lecornu, L'Escure,
07:00Papin, vous voyez, j'essaie de citer tout le monde, je la trouve normale.
07:04C'est-à-dire qu'on fait du sur-mesure.
07:07D'ailleurs, vous avez remarqué que...
07:08Vous aviez pourtant dit, il faudra plafonner les prix.
07:11Et voilà, il y a deux temps.
07:13C'est très important pour que la punchline, il y en ait deux et pas une.
07:17D'accord.
07:18Donc, pour vous, il y a deux moments.
07:19Oui, dans mon commentaire, il y a le moment présent où il y a des professions qui sont touchées.
07:24Et elles, il faut les aider et les cibler.
07:27Et si ça part trop longtemps et que ça va par capillarité sur d'autres métiers et toute la population,
07:34là, il faudra des mesures collectives.
07:36Pour le moment, je vous rappelle que le carburant en France est du même ordre de prix qu'en Allemagne.
07:4110 centimes un petit peu plus cher qu'en Italie, mais on est quand même dans le même package.
07:45Il n'y a que l'Espagne qui est moins cher.
07:47On dit que c'est à cause de la fiscalité, mais c'est surtout parce que c'est un grand
07:50pays raffineur.
07:51Donc, il a du gasoil.
07:52Nous, nous n'avons pas de gasoil.
07:54C'est la question que j'allais vous poser.
07:55Mais on n'est quand même, on n'est pas hors consommation européenne.
08:00Au fond, vous laissez entendre qu'on peut encore tenir le choc.
08:03Pour l'instant, on peut encore tenir le choc.
08:04Ce qui ne veut pas dire que pour certaines populations, c'est compliqué.
08:07Et là où je suis étonné quelquefois, j'ai regardé les statistiques hier soir,
08:11il y a près d'un million de personnes qui sont bénéficiaires des mesures Le Cornu
08:16et qui ne sont pas allées les chercher.
08:17Donc là, ça me fait penser que vraiment, il ne faut pas ouvrir le robinet à fond.
08:22Les aides devaient toucher 3 millions de personnes
08:24et un peu plus d'un million de personnes les ont demandées.
08:27Ce sont inscrits sur la plateforme, 1,4 million de mémoire.
08:30Ça fait beaucoup qu'ils ne sont pas allés.
08:32Donc, c'est la rentrée.
08:33Tout le monde n'est pas forcément au courant.
08:34Tout le monde n'est pas sur Internet.
08:35Savent-ils simplement qu'ils y ont droit ?
08:37Pourtant, vous en avez beaucoup parlé.
08:38Oui, mais c'est confus.
08:39Moi-même, j'ai essayé de regarder pour comprendre le dispositif.
08:42Il est complexe.
08:43Alors, si ça dure très longtemps et que ça pèse sur tous les mécanismes de transport en France et tout
08:50ça,
08:50il faudra à ce moment-là regarder où est-ce qu'on peut aller chercher de la baisse du prix
08:54ou du tampon.
08:55Et c'est alors que vous parlez de cette question du plafonnement des prix.
08:58C'est donc dans ce deuxième moment, si cela durait ?
09:03C'est LFI qui parle de plafonnement.
09:04Moi, je ne crois pas au plafonnement.
09:06Si vous mettez un plafonnement, à ce moment-là, il faut tout plafonner en dessous.
09:10Non, ce que je crois, c'est qu'à ce moment-là, il faudra revenir à des...
09:14Mais il ne faut pas que ça dure.
09:16Il ne faut pas que ça coûte à l'État.
09:17Alors, soit une fiscalité flottante à la Jospin, pardon pour lui...
09:23Mais tout à fait, c'était du temps de Jospin, la TIPP flottante, c'est-à-dire ces taxes qui
09:28évoluaient en fonction, justement,
09:30pour ne pas contribuer à l'augmentation du prix à l'avent.
09:33Alors, Dominique Schelcher, hier, sur une autre chaîne ou sur son réseau, disait, c'est quand même incroyable,
09:39qu'on va faire payer les consommateurs, alors que les raffineurs s'en mettent plein les poches en ce moment.
09:43C'est la question que j'allais vous poser, les raffineurs.
09:45Les raffineurs, aujourd'hui, ils gagnent plus que le prix du pétrole en raffinant le pétrole.
09:49Donc, il y a quand même un sujet.
09:51Moi, mes adhérents Leclerc, ça leur donne des boutons d'être convoqués à Bercy,
09:55alors que Serge Papin, notre ministre et ancien concurrent, sait très bien qu'on n'a pas plus de un
10:00centime dans nos stations-services,
10:02mettre trois ministres du gouvernement en face de nous,
10:06alors que les raffineurs ne sont pas convoqués et qu'ils sortent, quelquefois,
10:10des bénéfices sur raffinage de 100 dollars le baril, c'est-à-dire le prix du Brent.
10:14Donc, les vrais coupables, c'est les raffineurs.
10:16En tout cas, c'est les profiteurs.
10:18Donc, il y a un sujet là.
10:19Il y a un vrai sujet là que je n'entends pas, que Dominique Schellcher a repris.
10:24Est-ce que Total, qui est à la fois distributeur et raffineur, joue sur ces deux termes ?
10:30Oui, bien sûr. C'est pour ça qu'il peut nous faire... Moi, je ne peux pas le suivre.
10:32Les distributeurs aujourd'hui, je peux le dire pour Leclerc, mais je peux le dire aussi pour Systemup,
10:37on achète des carburants ensemble, pour Intermarché, pour Carrefour,
10:41nous ne pouvons pas descendre plus bas nos prix qu'aujourd'hui.
10:45C'est impossible.
10:45Impossible. Parce que nous ne sommes pas fabricants, nous sommes acheteurs sur un marché international.
10:50Et vous achetez très souvent à Total, d'ailleurs.
10:51Et on achète aussi à Total, mais partout dans le monde.
10:54Aujourd'hui, vous vous rendez compte, on a des jeunes de 30 ans hyper formés,
10:59mais quand on achetait une barge à l'Europe du Nord, c'était 30 millions,
11:03et puis ça venait en deux jours au port du Havre.
11:06Aujourd'hui, il faut acheter des super tankers dans le Golfe du Mexique,
11:09qu'on n'a pas encore appelé le Golfe Trump.
11:11Et ça met 25 jours pour venir, c'est-à-dire 25 jours de risque sur le cours du pétrole,
11:1625 jours de risque...
11:17Après avoir sorti vos 50 millions ?
11:18Oui. Le bateau, c'est 300 millions, super tanker.
11:21300 millions maintenant, d'accord.
11:22Et on est des épiciers, donc on ne savait pas faire ça.
11:24Et il y a un risque de cours, un risque sur le dollar, des taux d'assurance,
11:30et encore, il faut pouvoir le décharger.
11:31Donc pendant les 25 jours entre son départ et son arrivée,
11:34vous ne savez pas, évidemment, s'il vaut toujours le même prix.
11:36Je le dis pour les téléspectateurs, au niveau des intentions, on fait ça.
11:39Michel-Edouard Leclerc, vous étiez quand même en train de laisser entendre
11:43que les profiteurs, ce sont les raffineurs.
11:44Je vous pose la question de la solution.
11:46Comment on fait pour imposer aux raffineurs de baisser ce prix
11:51ou en tout cas d'être taxés ou de payés parce que c'est eux qui profitent ?
11:55Il n'y a pas que les raffineurs.
11:56Les producteurs s'embêtent plein les poches.
11:58Nos copains européens de la mer du Nord, vous ne les entendez pas ?
12:03Ils sont européens.
12:04Ils font partie de la fédération européenne presque.
12:06Eux profitent parce qu'ils vendent davantage, évidemment, ils sont devenus l'autre filière.
12:10Les Américains viennent d'autoriser les Indiens à racheter aux Russes,
12:13malgré les sanctions que nous avons prises en Europe.
12:16Donc vous voyez, on est dans un monde un peu glauque, très cynique, franchement hypocrite.
12:22Et donc pour aider les Français, à un moment donné, s'il faut faire du collectif,
12:26moi je pense que la mesure la plus simple, c'est de suspendre les 20 centimes
12:33qui financent les obligations de ceux qui vendent des carburants fossiles,
12:39c'est 20 centimes, c'est 17 centimes.
12:42C'est les certificats d'énergie ?
12:44Nous nous engagerions, Leclerc et tous ceux qui ont à payer ces certificats,
12:49dont le prix est dans l'essence, nous nous engagerions à simplement endifférer le paiement.
12:53Il ne faut pas que ça dure plus de 3 mois, il ne faut pas que ça dure plus de
12:554 mois.
12:55Ça veut dire que de manière immédiate, parce que ça, ça peut être décidé vraiment
12:58d'un claquement de doigts, on aurait une baisse de 20 centimes le litre.
13:01Voilà, mais par contre, vous voyez, il faut que ce soit un one shot,
13:04il ne faut pas que ça dure des années, il ne faut pas que ça remette en cause,
13:07il ne faut pas que ça remette en cause le plan de décarbonation de l'économie française.
13:10Michel-Edouard Leclerc, il y a-t-il des risques de pénurie avec le blocage de fosses sur mer notamment
13:14?
13:15Non, là, non.
13:16Non ?
13:16Non.
13:16À ce stade, il n'y a pas de risque de pénurie et il n'y a pas de pénurie
13:19ou de difficulté d'acheminement.
13:20On est bien d'accord.
13:21À ce stade, au moment où on se parle.
13:22Il ne faut pas me ressortir ce que j'ai dit dans 5 jours.
13:24Mais il ne faudra pas que ça dure.
13:26Michel-Edouard Leclerc, une question encore là-dessus et sur les conséquences de la consommation,
13:29on va venir justement au prix dans les rayons.
13:33Les grands spécialistes du carburant en France disent qu'il y a eu 6% de baisse de volume.
13:40C'est-à-dire que les Français, non seulement se sont serrés la ceinture,
13:44mais ont visiblement renoncé à un certain nombre de plaintes.
13:466% de moins de vente.
13:48Est-ce que c'est le cas d'abord dans vos stations à vous ?
13:50Et qu'est-ce que ça dit ?
13:51C'est-à-dire consacrifier les Français dans tous ces trajets qu'ils n'ont pas faits.
13:55Ça veut dire que les Français, ils sont intelligents et qu'ils rationalisent leurs dépenses.
14:00Vous voyez ?
14:01Vous constatez, vous aussi, 6%.
14:02Vous avez écrit les grands enjeux de l'économie dans notre quotidien.
14:05Ça se lit presque comme un manuel d'économie.
14:07Oui, c'est un manuel scolaire.
14:08On m'a dit que j'étais vieux jeu.
14:09D'économie pratique.
14:10J'ai fait ça pour mes étudiants de Néoma et pour les étudiants de l'Iris et tout ça.
14:14L'idée, c'est de se rendre compte que le pouvoir d'achat,
14:16ce n'est pas que l'alimentaire et le carburant.
14:18C'est aussi les conditions de transport.
14:21C'est les conditions de logement.
14:22C'est toute la santé.
14:24Et c'est tout un ensemble, aujourd'hui, sur lequel les gens arbitrent.
14:27Je vous pose la question.
14:29Est-ce que, d'abord, dans vos magasins, vous avez constaté, vous aussi, des baisses de volume d'achat de
14:33carburant de l'ordre de 6% ?
14:34Oui.
14:35C'est ça ?
14:35Oui.
14:36On est sur ce chiffre-là.
14:37Et donc, est-ce que ça...
14:38Alors, il y a une partie, il faut dire ce qu'il y a.
14:40Il y a une partie, c'est Total Access, qui était moins cher.
14:43Si vous avez une station totale pas très loin de la vôtre, évidemment, ils vont plutôt privilégier la station totale,
14:47où ce sera moins cher.
14:48Est-ce que ce volume de baisse du carburant se répercute aussi dans le volume d'achat dans les caddies
14:55?
14:55Est-ce qu'on achète moins ?
14:56Dans nos magasins, non.
14:57Et je peux dire, chez Intermarché, Système U, Leclerc, Lidl, Aldi, je ne crois pas.
15:03Il n'y a donc pas, ce matin, vous nous le dites, il n'y a pas de baisse de
15:06la consommation ?
15:07En tout cas, c'est une consommation plus rationnelle, plus hésitante, arbitrée plus longtemps.
15:12Mais franchement, je m'inscris en faux dans tout ce qui a été dit depuis une semaine.
15:15La consommation continue à attirer la croissance.
15:18C'est faible, c'est compliqué.
15:20Mais la rentrée des classes, ça s'est très bien passé.
15:22Et d'ailleurs, la rentrée des classes, elle était en baisse de prix en moyenne.
15:25D'accord ?
15:26Il y avait les licences qui coûtaient très cher.
15:28Mais si vous voulez acheter simple, c'était en baisse.
15:30Et aujourd'hui, même l'alimentaire qui était vendu cet été était en moyenne légèrement en baisse.
15:36Le patron de Bonduelle, que je recevais la semaine dernière sur RMC, disait
15:42les productions de petits pois, de haricots verts, de maïs, moins 30 à 40% de baisse de production.
15:49Et là, pour le coup, ce n'est pas seulement le prix de l'hydrocarbure et du transport.
15:53C'est la production elle-même après la sécheresse et la chaleur.
15:57Allez-vous rouvrir les négociations commerciales avec les agriculteurs et les industriels de l'agroalimentaire ?
16:02Deux temps. Le temps de maintenant, nous avons pris des dispositions très...
16:07J'étais encore hier en Bretagne, avec des produits en Bretagne, avec des alliances locales.
16:14Tout nous garantit. On dialogue. On prend le même train pour venir à Paris. Il n'y en a que
16:18deux.
16:19Enfin, j'imagine que vous ne dialoguez pas uniquement entre deux wagons.
16:22On dialogue beaucoup dans le train, figurez-vous.
16:24Bon, c'est là que se passent les négociations informelles.
16:27Il y a le train à l'eau. Il se passe beaucoup de choses. On apprend à se connaître.
16:32Enfin, on continue de se connaître.
16:33Donc, pour tout ce qui est producteur de fruits et de légumes français,
16:39nous avons décidé de diminuer de 15 jours les délais de paiement.
16:44On passe de 30, délai légal maximal, à 15 jours sur tout ce qui concerne fruits et légumes français.
16:50C'est-à-dire que vous les paierez plus vite ?
16:51Ils n'auront pas à avoir des problèmes de trésorerie dus à vos délais de paiement ?
16:56Plus vite, d'accord ?
16:58Il faut qu'ils soient transparents et qu'ils soient français.
17:00On ne va pas aller payer les Marocains ou les Algériens ou les Espagnols.
17:05On privilégie la maison France.
17:07Donc, 15 jours au lieu de 30.
17:09Voilà.
17:09Sur tout ce qui est alliance locale, c'est 17 000 contrats.
17:13Ça fabrique des fruits, des légumes, du miel, des tas de pâtés, de la charcuterie, de la salaison, du cidre.
17:25La bière, la bière brassée.
17:27Là, c'est le même cas.
17:29On passe de 30 à 15 jours.
17:31Mais ça, c'est juste une histoire de délai.
17:33Vous n'allez pas les payer plus cher.
17:34Vous n'allez pas les payer plus cher.
17:36Je vous dis tout de suite.
17:37Eux, ils disent qu'on a besoin aussi d'augmenter de quelques centimes d'euros.
17:40Je comprends.
17:41Mais pour le moment, le prix viendra dans la période de négo.
17:45Là, c'est coup de main.
17:46Là, c'est survie.
17:48Là, c'est on reste ensemble.
17:50Donc, on donne des facilités de paiement à ces producteurs français, qui sont souvent des petites entreprises et des PME.
17:57Et sur toutes nos marques de distributeurs, qui font 40% de notre chiffre d'affaires.
18:02Je ne suis pas en train de faire l'abbé Pierre de la distribution.
18:06C'est vraiment 40%.
18:08C'est massif.
18:09Marques repères, nos régions du talent, etc.
18:11On fait la même chose sur tout ce qui est à base de...
18:15Michel-Edon Leclerc, vous êtes en train de nous dire que, certes, en termes de délai, vous allez faire évoluer
18:19les choses.
18:20Mais vous ne dites pas que vous acceptez l'augmentation de quelques centimes par boîte de petits pois, par...
18:27Allez-y.
18:29C'était un temps.
18:30C'est le temps de maintenant, ça.
18:32D'accord ?
18:32Parce que personne n'a le bilan de ce qu'il y a.
18:35Et d'ailleurs, vous n'avez pas vu des constats de réunion avec les préfets pour connaître l'état des
18:40productions, etc.
18:40Moi, je n'en sais pas.
18:41Donc maintenant, il y a une date qui est prévue, qui est à partir de décembre,
18:45où tous nos fournisseurs vont nous fournir des tarifs pour l'année qui va venir.
18:51Et là, c'est le dernier point, là aussi, nous serons à l'écoute des produits agricoles.
18:57Nous rémunérerons, nous ne négocierons pas les produits agricoles qui sont dans les produits transformés
19:05ou qui sont dans les confitures, qui sont dans les plats préparés.
19:08Nous ne les négocierons pas.
19:10Nous prendrons ces hausses de prix d'achat.
19:13Vous accepteriez les hausses qu'ils vous demanderont ?
19:16Oui.
19:17On va demander de les argumenter.
19:19Ça veut dire qu'il faut prévoir...
19:21Alors, ça veut dire, un, que vous n'acceptez pas de les renégocier avant.
19:24Ça veut dire que vous n'acceptez pas leur demande de rouvrir la question des prix avant.
19:31Non, mais les productions...
19:32Rien avant décembre.
19:34Mais il n'y a pas de production là.
19:35Non, mais parfois, certains disent qu'on ne va pas y arriver, on ne va pas s'en sortir.
19:40Le lait, par exemple...
19:41Phase 1.
19:42Phase 1.
19:43C'est la production qui a été brûlée, où il y a été moindre.
19:48Ils ont des problèmes de trésorerie.
19:49J'essaie de chercher l'entourloupe.
19:50Pardon, Michel-Édouard Leclerc, mais je sais que vous êtes un très bon négociateur.
19:54Et c'est tout à votre honneur.
19:55Et c'est aussi ce qui est apprécié par vos consommateurs.
19:58Mais je sens bien que là, il y a un dilemme, au fond.
20:00Il y a un dilemme, Michel-Édouard Leclerc, entre la lutte contre l'inflation, dont vous avez fait d'ailleurs
20:06l'un de vos...
20:07Et de l'autre côté, la lutte pour la survie des agriculteurs.
20:10Vous me noyez là.
20:11Soyez pas vis-là.
20:12Soyez simple.
20:13Je vous ai dit, dans le temps de maintenant, qui est des produits ou qui n'en est pas,
20:18le premier problème des petits agriculteurs, c'est la trésor.
20:22Ceux qui n'ont pas de production, ça ne sert à rien de parler du prix.
20:25S'il n'y a pas de produit, il n'y a pas de rémunération, il n'y a pas
20:27de produit.
20:28Pour la saison d'après, il faut qu'ils se refassent.
20:33On négocie une fois dans l'année les choses.
20:35Ça va être à partir de décembre.
20:37Je vous dis, et on s'engage, on respectera d'ailleurs une loi qui s'appelle la loi EGalim,
20:42qui interdit aux distributeurs de renégocier...
20:45C'est la fin de cette fin d'année, mon je voudrais.
20:46Qui interdit aux distributeurs de renégocier la matière première agricole.
20:49Vous avez bien compris, et donc dans ce point de vue-là, vous respectez la loi.
20:51Michel-Edouard Leclerc, est-ce que ça veut dire qu'il faut s'attendre au 1er mars prochain,
20:55c'est-à-dire à la fin de cette phase de discussion, à une inflation nette ?
20:58Il y aura forcément une augmentation des prix,
21:01parce que c'est le moment où les producteurs vont vendre aux industriels,
21:07ou vendre aux distributeurs, vendre aux restaurateurs ou aux grossistes,
21:10en tenant compte des coûts de production,
21:13et même de l'anticipation, si la guerre continue, des coûts de production.
21:17Mais nous serons là, et quand je vous dis qu'on achètera plus cher,
21:21ça ne veut pas dire qu'on va les vendre plus cher.
21:23C'est ça que je veux dire.
21:24Éventuellement, vous amortirez dans ces cas-là sur votre propre marge.
21:27Absolument, parce que nous on veut garder nos clients, on veut être les moins chers,
21:29et donc nous allons prendre sur nous, parce que là on peut,
21:32contrairement au carburant, là on peut effectivement vendre moins cher ce qu'on a acheté plus cher.
21:37Merci Michel-Edouard Leclerc d'avoir répondu très précisément à mes questions ce matin.
21:41Vous êtes le président du comité stratégique.
21:44Non, non, mais il n'y a aucun problème, je l'assume parfaitement.
21:46Président du comité stratégique des centres Leclerc,
21:49il est 8h51 sur RMC et BFM TV.
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