00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec Eric Tecner et Georges Fenech jusqu'à 19h pour parler de l'actualité.
00:09Avec cette question, est-ce qu'on va avoir le retour des Gilets jaunes ?
00:13C'est de la petite musique qui monte, Olivier Faure et Emmanuel Bompard seront aux côtés
00:17des manifestants contre la vie chère le 17 octobre prochain.
00:22Et le député RN de l'Oise, Philippe Ballard, a dit soutenir les appels à la mobilisation
00:26contre la nouvelle hausse fulgurante des prix des carburants.
00:29On n'est pas un syndicat, on est un parti politique.
00:32Donc on les soutient, on les soutient moralement.
00:34Ce qu'il faut quand même avoir présent à l'esprit, c'est que là, le peuple est tabou.
00:39Il n'y a pas que les salariés, les commerçants, les artisans.
00:42Franchement, il y a urgence, c'est pour ça qu'on maintient cette proposition.
00:46C'est un produit de première nécessité, donc on doit baisser, comme d'autres pays d'ailleurs,
00:51entre parenthèses, ce qu'on n'a pas encore dit, mais il y a des pays au sein de l
00:53'Union Européenne
00:54qui ont baissé la fiscalité sur l'énergie.
00:56Qui ont plus de marge de manœuvre budgétaire.
00:57Non mais nous, on va aller redonner les marges de manœuvre budgétaire.
01:00Vous savez, M. Lecornu, il adressait à tous les parlementaires un courrier fin août
01:04en nous disant, faites-moi des propositions, je les étudierai dans le cadre du budget.
01:08On va faire des propositions, Marine Le Pen va les faire.
01:11Quel signal quand même du RN, c'est difficile à décrypter,
01:14parce qu'on ne soutient pas les syndicats, mais on soutient les Français.
01:17D'un autre côté, si tout d'un coup, le RN se met à soutenir cette journée du 17 octobre
01:23qui est promu par Olivier Faure et Emmanuel Bopard, on va encore les accuser de pactiser.
01:29C'est la spécialité du Bloc central aussi.
01:32Oui, mais après, ça n'empêche pas que le RN, depuis le début, sur la crise énergétique,
01:36est en soutien à chaque fois de la révolte populaire.
01:39On arrive évidemment qu'il y a toujours la peur que ces rassemblements soient repris par l'extrême-gauche
01:44et dans le même temps.
01:45Je ne pense pas que le peuple français qui se révolte, qui était sur les ronds-points,
01:48était d'extrême-gauche.
01:48Donc, il faut leur laisser la liberté de pouvoir manifester.
01:51On arrive quand même bientôt sur 3 euros le litre d'excès-sidéal.
01:55Pierre Chasserey, tout à l'heure sur CNews, me disait qu'il y avait des communes,
01:5840 millions d'automobilistes, il y a des communes où c'est 3 euros.
02:03Et moi, je peux vous dire, je n'aime pas parler de moi,
02:05mais j'ai fait le plein hier matin, avant-hier matin, non, hier matin, 2,67.
02:12Accès-sidéal.
02:13Voilà.
02:13Georges Fenni.
02:14Alors, moi qui ai suivi tout le mouvement des gilets jaunes tous les samedis sur CNews
02:18pour les commenter, il faut dire que je les ai vus toutes les semaines,
02:23si c'est les mêmes gilets jaunes que la saison 1,
02:26il n'y aura pas un parti politique ou un syndicat à leur côté.
02:29Ils ne les acceptent pas.
02:31Voyez-vous, il n'y a eu aucune possibilité,
02:34d'ailleurs ça a été une période extrêmement pénible pour les syndicats,
02:37d'être complètement mis sur la touche par ce mouvement
02:40qui était un mouvement populaire et qui réclamait quoi ?
02:44Du pouvoir d'achat et qui réclamait aussi de reprendre la parole.
02:47Vous n'avez qu'à voir le succès en ce moment de M. Jardin sur les gueux,
02:51ils re veulent la parole.
02:52Et s'ils sont dans la rue le 17 octobre,
02:55vous verrez qu'il n'y aura pas de possibilité de récupération politique,
02:58quelle qu'elle soit.
02:59Oui, ça c'est intéressant, sachant qu'effectivement,
03:02ce mouvement populaire risque d'être là,
03:05que l'inflation est là.
03:06M. Farandou, hier, dans le grand rendez-vous,
03:09nous disait, quand on l'interrogeait,
03:11en disant, attendez, vous dites, il faut travailler plus longtemps.
03:15Il ne nous a pas dit, là, je ne voulais pas nous dire,
03:17si c'était 64, 65, 66, 67 ans, peu importe.
03:21Il dit, M. Damiel, effectivement, le ministre des Comptes publics,
03:25a demandé une économie de 6 milliards, notamment aux retraités.
03:29Donc en fait, vous travaillez toute votre vie,
03:31vous êtes ponctionné,
03:33vous subissez l'inflation,
03:35la hausse des prix,
03:36le prix de l'essence.
03:37À la fin, 55, 56, 57 ans,
03:40vous retenez votre souffle,
03:42savoir si votre employeur ne vous met pas dehors,
03:44parce que l'employeur était des seigneurs,
03:45c'est quand même une traite.
03:46Et une fois arrivé à la retraite,
03:47vous vous dites,
03:48ah, je vais enfin pouvoir souffler.
03:50On vous dit, ben non, on a besoin de 6 milliards,
03:51donc les retraités vont trinquer aussi.
03:53Et on vous le dit, chaque année.
03:55C'est-à-dire que chaque année, en fait,
03:57vous êtes une personne âgée,
03:59vous avez de plus en plus de soins,
04:00vous avez de plus en plus de difficultés,
04:01parfois de plus en plus de déplacements à faire en voiture.
04:03Moi, je pense aux taxis.
04:04Et les mutuelles, c'est plus la même chose
04:06que quand vous avez 33 ans.
04:10Et les taxis, c'est-à-dire qu'en ce moment,
04:12il y a une vraie révolte des taxis
04:13qui, en effet, sont bien moins remboursés qu'auparavant,
04:17alors qu'on a de plus en plus besoin
04:19d'emmener nos anciens à l'hôpital.
04:21Donc, c'est une immense problématique d'inquiétude
04:24dans laquelle on peut les plonger.
04:25Et ça, c'est ce que le gouvernement ne comprend pas.
04:27C'est-à-dire que vous parliez de l'augmentation de l'inflation,
04:29dans le même temps, ils vont se dire,
04:30on désindexe, finalement, les pensions sur l'inflation.
04:34C'est un énorme problème.
04:35C'est-à-dire, qu'est-ce qu'ils veulent, dans le fond ?
04:37J'ai du mal, moi, effectivement,
04:39à comprendre le projet de société qu'ils ont
04:40et l'argumentaire qui tend à dire,
04:42oui, mais on n'a pas le choix,
04:43il faut prendre des décisions rapidement.
04:44Mais il est fou.
04:45Ça fait des années qu'ils auraient pu enclencher des réformes
04:48pour éviter ce qui se passe.
04:49Mais en revanche, les gilles jaunes,
04:50si je pense qu'on n'ira pas jusqu'au bout,
04:52c'est qu'il y a quand même un défouloir électoral potentiel
04:54au mois de mai prochain.
04:55C'est l'énorme différence avec 2018.
04:57On avait l'impression qu'Emmanuel Macron resterait 50 ans,
05:00que c'était le roi qui établissait la monarchie en France
05:03et qu'il était indéboulonnable du haut de son orgueil à l'Élysée.
05:06Là, il y a quand même un débouché électoral qui est possible.
05:09Oui, mais c'est bientôt...
05:10Georges Fenech.
05:11Mais c'est encore loin.
05:12Quand les gens souffrent,
05:13qu'ils ne peuvent pas vivre de leur travail.
05:15C'est ça que demandent les Français en l'été,
05:16c'est de pouvoir vivre de leur travail.
05:18Est-ce qu'ils vont se dire,
05:20on va attendre parce qu'au mois de mai,
05:21tout va s'améliorer parce qu'il y a des élections ?
05:23Bien sûr, c'est une perspective qui peut un peu rassurer.
05:27Mais si vraiment les Français continuent de souffrir
05:30comme ils le font aujourd'hui,
05:32c'est-à-dire le prix de l'essence ne peut pas se déplacer,
05:34ils vont descendre.
05:35J'entends un argument dans certaines sphères en disant
05:39« Attendez, vous êtes bien gentils,
05:41on est à 7 mois de la présidentielle,
05:42ils ne vont pas nous refaire le coup des gilets jaunes. »
05:44« Bah tu parles ! »
05:45« Tu vas voir ! »
05:46« Bah tu parles ! »
05:47« Qu'est-ce que c'est que cet argument ? »
05:48« C'est quand même insensé de penser comme ça. »
05:50« Qu'est-ce que vous en pensez avec TechBank ? »
05:51« Déjà en fait aussi,
05:52ils sont encore plus confiants, rappelez-vous,
05:54on en avait eu un député, M. Cazeneuve,
05:56qui disait qu'il n'y aurait pas de censure.
05:57Mais à un moment, s'il y a de la crise,
05:59un début de gilet jaune dès le 17 octobre,
06:01ensuite qu'il y en a de nouveaux épisodes au mois de novembre,
06:04il y a des partis qui hésitent peut-être aujourd'hui,
06:06comme le Rassemblement National,
06:07qui n'auront pas d'autre choix
06:08que de voter la censure.
06:10C'est peut-être là qu'il y aura un débouché direct et automatique.
06:13Le lendemain, c'est le Rassemblement National
06:14qui nous disait qu'effectivement,
06:16on ne s'interdisait rien.
06:17En revanche, cette histoire de censure,
06:20ce qui est, j'allais dire, encore plus attrayant ou pas,
06:23c'est qu'on pense peut-être à une dissolution
06:27avant même une censure du budget.
06:29C'est-à-dire qu'on s'aborde,
06:30c'est comme dans Astérix,
06:31quand les pirates se s'abordent avant même
06:33qu'on détruise leur bateau.
06:36C'est-à-dire qu'on est dans des scénarios
06:38assez fous, je trouve,
06:39à cette fois, d'une nouvelle présidence.
06:40Oui, et qui sont antidémocratiques.
06:43Bien sûr, l'Elysée a de nier,
06:44en disant que ce qu'il faut s'en passer.
06:46Moi, je me méfie généralement.
06:48Quand l'Elysée nie...
06:49Il a quand même dissous Emmanuel Macron
06:50au moment où on ne s'y attendait pas.
06:52C'est-à-dire que, pour expliquer aux auditeurs,
06:54s'il y a en effet une dissolution maintenant,
06:55il y a la possibilité qu'en fait,
06:56le nouveau président de la République au mois de mai
06:58ne puisse pas dissoudre l'Assemblée nationale,
07:00parce qu'il faut attendre un délai d'un an
07:01et qu'on se retrouve en fait
07:04avec une inversion du calendrier aussi.
07:06Ça fait quand même beaucoup de conséquences.
07:07Non, moi je crois que cette petite musique
07:09d'une menace, la dissolution,
07:13va refroidir pas mal de députés.
07:15Quoi qu'on l'en dise,
07:16ils tiennent leur siège jusqu'au bout aussi,
07:18jusqu'au dernier quart d'heure.
07:19Comme on l'a expliqué ici même il y a quelques jours,
07:21c'est aussi une source de revenus.
07:23Donc, pour certains, c'est pour repartir.
07:25C'est une situation confortable.
07:28Oui, c'est ça.
07:28C'est tout point de vue.
07:29C'est ce que je dis.
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