00:03Les retraités doivent-ils être mis à contribution ?
00:08Pour le ministre de l'économie, Roland Lescure, aucune pension ne diminuera,
00:12il est utile et juste que les retraités contribuent aussi aux efforts collectifs.
00:16Aux efforts, les retraités, ils en ont fait toute leur vie.
00:20Donc qu'on leur fiche la paix, les retraités.
00:23Et ils peuvent le comprendre si c'est partagé et temporaire.
00:25Non ! D'abord parce que c'est jamais temporaire.
00:28On connaît les gouvernements, comment ça fonctionne.
00:32Je rappelle que la CSG, qui avait été mise en place par Michel Rocard,
00:37en 1900 peut-être 80...
00:41Je dirais, ça doit être 91-92 peut-être.
00:43Oui, début des années 90, oui.
00:45Voilà. C'était 1% ou 2% maximum du salaire.
00:49La CSG, c'était un impôt sur le revenu.
00:52C'est sur votre salaire net qu'on vous enlève un pourcentage.
00:56Donc c'est un premier impôt sur le revenu.
00:59Aujourd'hui, c'est 9%.
01:009% du salaire.
01:02Donc si je vous donne 9% de plus, Géraldine,
01:05je les connais.
01:06Donc il n'y a jamais de temporaire.
01:09Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a estimé hier qu'il n'était pas illogique
01:12de demander un effort.
01:14Non.
01:15Des efforts, les retraités en ont fait toute leur vie.
01:18Ça suffit.
01:19On ne demande pas des efforts aux retraités.
01:21Faire contribuer les retraites, ce n'est pas une bonne idée,
01:23mais ça peut être une nécessité.
01:25Écoutez, Jean-Pierre Farandou.
01:26Il n'est pas anormal, il n'est pas illogique de faire appel à l'effort des retraités.
01:30Alors il faudrait déterminer quel retraité et quelle nature d'effort
01:32au nom de la solidarité générale.
01:33Quel retraité selon vous, Jean-Pierre Farandou ?
01:35À partir de quel seuil ?
01:37Je ne m'avancerai pas sur les seuils.
01:38Non, parce qu'il y a un seuil qui circulait la dernière semaine de 2000 euros.
01:41Je ne m'avancerai pas sur les seuils, parce que vous allez voir qu'il y a un process
01:43qui est en place.
01:44Donc voilà, il faut laisser faire le process, on verra bien qu'est-ce qu'il en ressort.
01:47Le process, qu'est-ce qu'il me fatigue avec leur process.
01:50Il ne peut pas parler français.
01:51Il est ministre de la République.
01:53Le process.
01:55François-Xavier Benhamy, député européen, invité de Laurence Ferrari ce matin sur ce sujet.
01:59Là encore faisant un pas de recul.
02:01Nous sommes, je le disais, à l'heure des conséquences.
02:03L'expression est de Winston Churchill, mais elle s'applique tellement à ce que nous sommes en train de vivre.
02:07Il y a un an, vous vous souvenez, on avait décidé, le gouvernement avait choisi de boutiquer,
02:13pour reprendre votre expression, son budget, en acceptant le chantage d'Olivier Faure
02:17sur la suspension de la réforme des retraites.
02:19J'avais dénoncé, comme Brune Retailleau, ce chantage absolument affligeant.
02:23Combien ça a coûté cette année ? 6 milliards d'euros.
02:26Aujourd'hui, ces 6 milliards d'euros, le gouvernement veut les chercher dans la poche des retraités.
02:31Moi, je crois qu'effectivement, il va falloir que la France entière fasse des efforts
02:35pour assumer la muraille budgétaire qui est devant nous.
02:37Mais on voit bien l'absurdité, le renoncement, le manque de courage.
02:42Et d'une certaine façon, toutes les recettes socialistes qui ont appauvri le pays,
02:46elles se payent aujourd'hui, maintenant.
02:48Et Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, il a été invité hier de BFM.
02:53Vous trouvez normal de commencer par les retraités, alors qu'on ne touche pas aux très grandes fortunes.
02:59Personne ne veut parler de la taxe Zuckman.
03:00On ne veut pas parler, en fait, des gros héritages.
03:03On ne veut parler de rien.
03:04On ne va pas parler des grandes entreprises.
03:05Et on parle de qui ? Des retraités.
03:07Pardon, mais enfin, moi je considère que dans un pays qui veut être un pays de justice,
03:12et c'est une France juste que je défends,
03:14eh bien, on commence par ceux qui ont les moyens de payer.
03:17Ce qui est terrible, c'est qu'on ne commence jamais par les dépenses publiques qu'on peut couper M.
03:24Faure.
03:25Et s'il était là, on lui dirait.
03:26Il se trouve, par exemple, qu'un étudiant étranger qui arrive en septembre sur le sol de France,
03:32qui arrive de Milan, de Madrid ou d'Alger,
03:35il va toucher des prestations sociales de la France,
03:39notamment avec des aides au logement,
03:40alors que les retraités ou d'autres catégories françaises sont en difficulté.
03:47Évidemment que si nous avions de l'argent, c'est formidable de donner de l'argent aux étrangers.
03:51C'est formidable également de les recevoir.
03:54Mais chacun sait que les étudiants étrangers, comme tant de choses,
03:59c'est quelque chose qui est dévoyé.
04:01Chacun sait que ce ne sont pas forcément les meilleurs étudiants qui viennent sur le sol de France.
04:06Ce n'est pas des gens qui viennent à Polytechnique ou faire normal sup.
04:09C'est parfois une porte d'entrée pour rester ensuite sur le sol de France.
04:14Et des années plus tard, ils n'ont évidemment pas le moindre diplôme,
04:19mais en revanche, ils sont toujours sur le sol de France et ils touchent des prestations sociales.
04:23Il me semble que c'est aujourd'hui insupportable et qu'il faut être beaucoup plus exigeant sur l'immigration.
04:30L'immigration coûterait 40 milliards d'euros par an.
04:33Ce sont les chiffres de Pouvreau-Monti que nous citons régulièrement.
04:38Ça rapporte parfois l'immigration parce que c'est des gens qui vont consommer.
04:42Il y a de la TAVIRA, des choses comme ça.
04:43Mais une fois qu'on a fait la balance entre les recettes et les dépenses,
04:46ce que ça nous coûterait, c'est 40 milliards.
04:49Peut-être faut-il attaquer ces 40 milliards avant d'attaquer les retraités, les entreprises ou les héritages.
04:56Nous sommes avec qui ? Nous sommes avec Martine. Bonjour Martine.
05:00Bonjour M. Pro.
05:01Martine, je suis ravie de vous avoir.
05:03Oui, je suis en reprête, mais je suis surtout d'abord très heureuse de vous avoir au téléphone
05:08car je partage mes journées avec vous.
05:11Vous êtes mon chouchou, je vous ai le matin sur CNews, le soir sur CNews, l'après-midi sur Europe
05:171.
05:17C'est un bonheur.
05:18Vous n'êtes pas marié Martine ? Vous n'avez pas un compagnon dans la vie ?
05:23Non, mais au niveau des idées politiques, il va peut-être être jaloux.
05:28Non, pas du tout.
05:32Martine, vous avez 72 ans, retraitée de l'éducation nationale.
05:35Est-ce qu'on peut savoir votre retraite aujourd'hui ? Quelle est-elle ?
05:39Je touche 2700 euros par mois.
05:432700 euros net ?
05:45Net.
05:46Vous étiez professeur de français pendant 42 ans.
05:49Vous étiez professeur, alors comment on dit, certifié, agrégé ?
05:53Certifié, certifié, certifié.
05:55Est-ce que vous trouvez...
05:56Alors, quand vous travaillez aujourd'hui un prof de français à...
06:01On part à quel âge d'ailleurs, à l'éducation nationale aujourd'hui ?
06:04Oh ben 62, 62 comme...
06:0662.
06:07Vous avez perdu...
06:09Vous perdez combien par rapport au dernier salaire ?
06:14Par rapport au dernier salaire, j'ai perdu à peu près 800 euros.
06:17Oui, c'est quand même important, c'est un tiers.
06:19C'est un tiers, là.
06:20C'est un tiers.
06:20Oui, parce qu'on n'a plus les indemnités de conseil de classe, on n'a plus les indemnités de...
06:25Parce qu'il y a des indemnités de conseil de classe ?
06:27Les profs principales, oui.
06:28Oui, bien sûr.
06:29Des indemnités de conseil de classe, des indemnités de réunion de parents-professeurs.
06:35Oui, oui, bien sûr.
06:35Ah, je ne savais pas cette affaire qu'il y avait des indemnités de conseil de classe.
06:39Oui, oui.
06:39Il y a des conseils de classe, il y en a un par trimestre, ce n'est pas tous les
06:44jours.
06:45Il y a plusieurs classes, quand même.
06:45Ah non, non, chaque classe.
06:46Ah oui, pour chaque classe.
06:48Il y a des appréciations à écrire, tout ça.
06:49On passe des soirées, des soirées, ça peut durer jusqu'à 23h, les conseils de classe.
06:54Oui, oui.
06:55Donc, on est payé.
06:56On est payé car...
06:57Bon, donc, vous n'avez pas envie...
06:59Vous êtes votre mari, vous êtes marié, peut-être ?
07:03Non, je suis divorcée.
07:04D'accord, donc là, votre mari avec lequel vous étiez marié est toujours de ce monde.
07:10Oui, il est toujours de ce monde.
07:11Donc, vous n'aurez pas ce qu'on appelle la pension de reversion.
07:14Non.
07:15Mais vous l'aurez peut-être un jour, à Dieu ne plaise.
07:18Nous n'avons pas été mariés suffisamment longtemps, 15 ans.
07:21Ah ben, 15 ans.
07:22Parce que la pension de reversion, je le dis pour la jeune génération,
07:25si tu as été marié longtemps et que tu divorces,
07:28celle avec qui tu étais marié touche une partie de la pension de reversion.
07:33Ah ben, c'est intéressant.
07:34Ah ben, c'est intéressant.
07:36J'ai l'habitude de...
07:37Je ne savais pas.
07:39Bah oui, bien sûr.
07:40J'ignorais totalement l'ex-époux ou l'ex-épouse.
07:44Par exemple, vous avez une vie professionnelle pendant 40 ans.
07:48Bon, vous avez été marié, pourquoi pas, avec quelqu'un pendant 10 ans, 15 ans,
07:52et puis après, pendant 10 ans et 15 ans, avec une autre personne, etc.
07:56La pension de reversion, si jamais il nous arrive un malheur,
08:00elle est donnée en fonction du prorata du temps de mariage.
08:05Attention, c'est les retraites complémentaires, uniquement les retraites complémentaires,
08:09pas la retraite de sécurité sociale.
08:12Là, il faut.
08:14Ouais, je ne peux pas entrer dans le détail, parce que je ne suis pas un spécialiste de ça.
08:18Ah, mais bon, donc vous ne voulez pas qu'on touche à votre retraite, nous sommes d'accord.
08:21Ah non, ah non, ah non.
08:23Parce que vous vivez avec 2700 euros.
08:26Vous vivez où aujourd'hui, Martine ?
08:28Je vis à Colombe.
08:29Bon, et vous êtes propriétaire de votre maison, de votre appartement ?
08:33Oui, oui, propriétaire d'un petit appartement, 3 pièces, 55 mètres carrés.
08:38Que vous aviez acheté en quelle année ?
08:40Oh, que j'ai acheté en 1987, à peu près.
08:45Ah oui, donc là, il est payé, bien payé.
08:48Ah oui, oui, oui, oui.
08:49Bon, donc vous avez 2700 euros pour vivre.
08:52Oui, exactement.
08:53Donc a priori, ça va quand même.
08:55Ça va, ça va, mais que fais-je de cet argent ?
09:00Eh bien, j'aide beaucoup, beaucoup, beaucoup mes enfants.
09:05Notamment, bien sûr, j'aide beaucoup ma fille.
09:09Quel âge est la votre fille ?
09:10Ma fille a 48 ans, donc je les ai aidées à devenir aussi propriétaires.
09:15Je leur ai donné un peu, lorsque j'ai hérité de mes parents d'un appartement, j'ai partagé en
09:21deux, de telle sorte que ma fille a pu acheter aussi la base de son appartement avec son mari, mes
09:28petits-enfants.
09:29Maintenant, j'aide beaucoup les petits-enfants pour passer les permis de conduire, pour avoir une petite voiture.
09:34Enfin, je veux dire, je garde un petit peu d'argent.
09:36Vous êtes une bonne grand-mère.
09:38Alors, Franck est avec nous, mais Franck, il a 60 ans, il habite en Aquitaine.
09:41Bonjour Franck.
09:43Bonjour Pascal.
09:44Vous, vous êtes déjà retraité à 60 ans ?
09:46Absolument pas.
09:47Ah bon, qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
09:49Je suis jardinier.
09:51Bon, vous êtes jardinier privé ou jardinier pour une collectivité locale ?
09:55Pour une collectivité locale.
09:57Bon, donc vous êtes employé municipal.
09:59Absolument, c'est ce qu'on dit, employé municipal.
10:01Joli métier, jardinier.
10:05C'est ce que tout le monde dit, sauf quand il pleut, sauf quand il fait trop chaud, sauf il
10:09y a quand même des inconvénients.
10:10On ne voit pas quand on est dans un bureau climatisé ou derrière un radiateur ligue d'hiver.
10:16Non, mais c'est sûr qu'être jardinier, on est plutôt à l'extérieur.
10:21C'est un métier, c'est un métier qui est à l'extérieur.
10:25Est-ce que vous serez en retraite dans combien de temps ?
10:28Vous serez en retraite dans combien de temps ?
10:29Eh bien, malheureusement, pas avant trois ans et demi.
10:32Parce que vous en avez marre, vous travaillez depuis combien de temps ?
10:36J'ai commencé en 1983.
10:38Donc ça fait déjà 43 ans.
10:40Exactement.
10:41Donc vous aviez 17 ans.
10:44Vous avez commencé jeune.
10:45Et vous étiez jardinier déjà ?
10:47Non, j'étais ouvrier agricole.
10:50D'accord, et en plus vous avez basculé après jardinier.
10:52Bon, c'est indiscret de vous demander le salaire que vous touchez à la mairie ou à la collectivité locale
10:58dans laquelle vous travaillez ?
11:002 000 euros.
11:012 000 euros, net ou brut ?
11:03Net, net, net.
11:04Net, après avoir payé les impôts ?
11:07Oui, enfin 1 900 et quelques, après 1.
11:10D'accord.
11:11Vous savez le montant de votre retraite, ce que vous aurez dans trois ans ?
11:16Alors non, j'avais eu un estimatif à 55 ans, mais bon, comme il a été chamboulé, est-ce que
11:20ça devait être pour un départ à 60 et que tout a été chamboulé ?
11:23Je ne sais plus aujourd'hui ce qu'il va y avoir.
11:25Bon, et vous, vous souhaitez que les retraités, par exemple, alors là on est avec Martine, c'est intéressant, Martine,
11:30elle gagne 2 700 euros.
11:31Vous pensez qu'il faut qu'elle fasse un effort ?
11:34Alors oui, pour deux raisons qui sont en contre-courant de ce que vous pensez vous aussi, ainsi que Martine.
11:41La première, c'est que c'est vrai, j'avoue, j'en ai un petit peu marre d'entendre que
11:44les retraités ont travaillé toute leur vie.
11:47Moi, ceux qui m'entourent, ils sont tous partis entre 52 et 60 ans.
11:52Je ne connais pas plus une personne.
11:54Ben, pas vous, mais la génération de ceux qui sont en retraite.
11:58Ben oui, ceux qui sont en retraite actuellement, ils sont tous moins tous entre le moins.
12:02Ceux qui sont partis à 52 ans, ils n'ont pas une grosse retraite, si vous me permettez, et ce
12:06n'est pas eux qui seront visés.
12:07Ceux qui seront visés, je pense que Martine pourra être visée, précisément, parce que là, tu arrives dans des retraites
12:13qui sont un peu plus hautes,
12:14mais la personne qui est partie à 52 ans, elle n'a pas 2 700 euros de retraite.
12:19– Mais pourquoi parle-t-il de gens, pourquoi veut-il me toucher à ma retraite ?
12:24Moi, j'ai travaillé toute ma vie.
12:26J'ai commencé à travailler, j'avais 20 ans.
12:30J'avais 20 ans, moi, j'ai commencé à travailler, j'étais auxiliaire, jusqu'à 62 ans.
12:36Je ne m'ai jamais arrêté, mais enfin, qui est ce monsieur qui se permet de vouloir tous à ma
12:41retraite ?
12:44Monsieur le jardinier, ça ne va pas ?
12:46– Oui, ça c'était une…
12:48– Pourquoi vouloir tous à ma retraite ?
12:49– Eh bien, je vais vous expliquer pourquoi aussi, peut-être que ça ne vous concerne pas vous, mais je
12:53le fais en général.
12:53Donc, les personnes qui sont parties entre 52 et 60 ans, j'en ai marre d'entendre dire qu'ils
12:58ont travaillé toute leur vie.
12:59– Mais non, parce que là, non, s'ils sont partis à 50 ans, non, mais à ce moment-là,
13:04ils ont…
13:05– Donc, c'est vrai que nous, on nous demande de partir à 50 ans.
13:10– Je n'ai pas dit ça, c'est vous qui le dites, ce n'est pas moi.
13:12– Bah, écoutez, à 52 ans, on ne se plaint pas.
13:14Si on n'a pas eu d'un travail jusqu'à 52 ans…
13:17– Mais qu'est-ce qu'ils faisaient pour partir à 52 ans, ceux que vous connaissez ?
13:20– À la poste, dans le transport…
13:22– À la poste, on partait à la retraite à 52 ans ?
13:26– Dans le transport routier à 56 ans, mes collègues à 55 ans, j'en ai eu plein, moi, des
13:32autres.
13:32– Monsieur, ça vient de la gauche,
13:34alors, ça vient de la gauche de l'époque.
13:37Ça vient de l'Utéran, quand c'est là.
13:39– Mais, certainement, certainement.
13:41– On marque une pause, c'est dommage, mais il faut marquer une pause,
13:45parce qu'entre tous les deux, je vois que le dialogue est fructueux.
13:48On marque une pause à 17h13, on revient.
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