00:01Europe 1, Pascal Pro et vous, il est 17h18, le match du lait, comme disait Rami Eugène
00:10Saccomano, on est avec Martine, 72 ans, retraitée, Martine qui ne souhaite pas qu'on touche à
00:15sa retraite, elle a travaillé pendant 42 ans, elle était prof de français à ma droite,
00:19à ma gauche, Franck, 60 ans, jardinier, en Aquitaine, payé par une collectivité locale,
00:26il a 60 ans, il travaille depuis l'âge de 17 ans et il veut que les retraités, que Martine
00:31paye, à qui la parole ? À Martine ou à Franck ? Je ne demande pas.
00:34Martine.
00:35Écoutez, bon là franchement, attaquer les retraités c'est trop facile, nous sommes vraiment les
00:43bons moutons, très gentils, très sages, qui n'allont pas évidemment défiler dans la rue
00:49et le voie levé, donc écoutez, il s'agirait tout d'abord de s'occuper des prestations
00:57sociales, tout l'argent donné aux étrangers qui arrivent, les étudiants étrangers dont
01:01vous parliez tout à l'heure, mais c'était un scandale ça, et toutes les aides données
01:07aux étrangers, ils ont tout arrivé ici, on leur donne, et nous on va nous piquer ce
01:13qu'on a gagné par notre travail pour faire cette retraite.
01:16Alors ça c'est intéressant, parce qu'évidemment ils n'ont pas tous les étrangers bien sûr,
01:20et ce n'est pas non plus un scandale, je ne partage pas votre avis, mais en revanche
01:22c'est une priorité.
01:24Quand on n'a plus d'argent, il faut d'abord, la priorité me semble-t-il, ce sont les
01:27Français.
01:28Donc Franck, est-ce que vous entendez l'argument qu'avant de taxer les retraités, il faut voir
01:35si on peut faire des économies de dépenses publiques et notamment l'argent qui est donné
01:39aux étrangers ? Est-ce que ça c'est un argument que vous entendez ?
01:42– Ah mais tout à fait d'accord, à 200%, là-dessus il n'y a aucun souci.
01:46– Bon alors commençons, moi ce qui m'ennuie, c'est que les seuls dont on parle c'est
01:51les retraités.
01:52– Parce que vous pouvez laisser finir ce que je voulais dire quand même.
01:54– Je vous en prie.
01:54– À la base, ceci étant, la parenthèse des âges de départ étant fait, j'aimerais
01:59aussi pourquoi je dis aujourd'hui que les retraités participent, c'est qu'il ne faut
02:03quand même pas oublier, et tout le monde le dit, que monsieur, notre président,
02:09a été élu grâce aux retraités.
02:10Et la situation qui nous a été mise, ils ont participé à ça.
02:13– Ah donc il faut se manger ? – C'est la vengeance.
02:18– Par exemple, concrètement, pour une pension de 2700 euros, qu'est-ce que vous préconisez,
02:25j'allais dire, pour ou contre Martine ?
02:28– Moi ? – Oui.
02:30– Ah ben je ne vais pas rentrer dans les chiffres, là je suis complètement…
02:33– Bah si, non mais c'est intéressant, c'est-à-dire qu'il y a deux manières.
02:35Soit vous dites, on ne l'indexe pas sur l'inflation, ça c'est déjà un pouvoir d'achat qui
02:41va baisser.
02:42Soit vous dites, il faut peut-être baisser la pension au-delà de 2000 euros ou 2500 euros,
02:47je n'en sais rien.
02:48Qu'est-ce que vous préconisez pour précisément, selon vous, que les retraités fassent un effort ?
02:54– Ah ben ça, je ne peux pas vous dire.
02:57Même si je pensais que 2007, par rapport à moi qui gagne 2000,
03:00madame n'a pas l'air d'être la plus malheureuse du monde quand même.
03:02Donc j'imagine que 200 euros sur sa retraite gagnerait encore plus que moi à travailler.
03:07Parce que moi, je la vois, la petite histoire, c'est que si on ne touche pas aux retraités,
03:10on ne touchera pas non plus aux prestations sociales, et on va encore taper sur les salariés.
03:14– Oui mais j'entends ce que vous dites, mais l'argument qui consiste à dire,
03:18moi je gagne moins qu'elle, il y a aussi des études qui ont été faites,
03:22il y a le mérite, il y a forcément tout le monde n'est pas égal,
03:26il y a un travail qui a été fait en l'occurrence pendant 42 ans,
03:29vous n'avez peut-être pas travaillé encore 42 ans, que sais-je.
03:32– C'est évidemment qu'il y a une forme d'injuste, comment dire,
03:36la vie est injuste, mais elle ne l'est pas non plus tant que ça,
03:39il y a des critères qui font que tu es mieux payé peut-être que d'autres parfois, Franck.
03:45– Oui mais pour prendre un exemple, un enseignant en activité,
03:48il va être taxé au final, si on ne touche pas aux retraités, c'est lui qui va être taxé.
03:51– Mais ça vous n'en savez rien, puisque moi je propose qu'on fasse d'abord des économies
03:56avec les dépenses publiques.
03:58– Ah mais là je vous rejoint à 200% !
04:00– Avant de taxer, vous comprenez, moi ce qui m'ennuie, c'est que l'État ne fait aucun effort.
04:06L'État ne fait aucun effort, l'État ne dépense rien.
04:10– Ce qui m'ennuie, c'est que vous n'avez pas de mémoire.
04:12À la dernière budget, il est impossible de toucher aux prestations,
04:17la gauche va se relever, non mais ça ne se fera pas, ça ne se fera pas.
04:22– Moi je n'ai pas envie, vous avez parfaitement raison au jour juin,
04:27je n'ai pas envie que ce soit les actifs qui payent, on a plusieurs pistes,
04:31moi j'ai parlé de la situation contractuelle entre le salarié et l'entreprise,
04:39et comment ça s'appelle ?
04:40– La rupture conventionnelle.
04:42– La rupture conventionnelle, j'en ai parlé, ça coûte 10 milliards,
04:44bon ben ça c'est une piste.
04:46– L'argent pour les étrangers, c'est une piste.
04:49Et puis le fonctionnement, fonctionnement parfois de l'État,
04:52mais le fonctionnement de l'État, curieusement, ce n'est pas ce qui coûte le plus cher,
04:55c'est vraiment les prestations sociales.
04:57Il faut repenser notre modèle social.
05:01Le chômage, peut-être qu'il faut limiter les indemnités,
05:07d'une manière provocatrice, je disais les moins de 30 ans,
05:09plus de chômage pour les moins de 30 ans.
05:11Plus de chômage, pourquoi ?
05:13Parce que quand on a moins de 30 ans, on bosse en fait.
05:16Et si on est en bonne forme, bien évidemment, si on ne souffre d'aucun handicap,
05:19il y a du travail.
05:21Donc il n'y a plus d'indemnités.
05:23Dans des tensions, dans des secteurs en tension,
05:25quand je vois dans des secteurs en tension,
05:27qu'il y a du chômage, alors qu'il y a plus d'offres que de demandes,
05:33vous savez très bien qu'il y a des abus,
05:35vous savez très bien qu'il y a des gens qui font 3 mois, 6 mois,
05:37et puis après, qui vont tranquillement se reposer,
05:41et attendent encore pour avoir quelques indemnités,
05:45ils vont retrouver du job après.
05:47Vous savez très bien que ça fonctionne comme ça.
05:49Tout est dévoyé.
05:50C'est ça le souci.
05:52C'est-à-dire que le droit d'asile est dévoyé.
05:54Le chômage est dévoyé.
05:57Je pourrais citer 50 choses.
05:59Les prestations sociales sont...
06:01Le logement social, Marine Le Pen a eu raison d'ailleurs,
06:03elle a tapé dans le mille sur le logement social, si j'ose dire,
06:06parce que les conditions d'accès sont dévoyées.
06:08Donc vous êtes dans un pays où ce qui avait été mis en place,
06:12parfois pour de bonnes raisons,
06:14fonctionne mal,
06:15parce que tout cela est dévoyé.
06:18Le droit d'asile et le logement social sont deux exemples.
06:22Martine, qu'est-ce que vous répondez à Franck qui veut vous couper les vivres ?
06:26J'exagère à peine.
06:28Attendez, c'est moi, j'avais enlevé Martine.
06:29Je remets Martine.
06:30Hop !
06:30Martine, qu'est-ce que vous répondez à Franck ?
06:33Non mais monsieur Franck, je veux bien ce que vous...
06:36Je comprends que vous ayez une pension
06:39qui va être probablement inférieure à la mienne,
06:42mais je ne vais pas, moi, me comparer
06:44à un chirurgien qui aura fait Bac plus 12,
06:48il va gagner beaucoup plus d'argent que moi.
06:50Je crois que dans la vie, on a ce que l'on mérite quelque part.
06:54Si on a fait des études, parce qu'on a...
06:56Moi, j'ai travaillé en faisant mes études.
06:58Je ne suis pas une fille de riche.
07:01Bon, j'ai fait des études, j'ai voulu en faire.
07:04J'ai travaillé parallèlement à ce moment-là.
07:06J'ai voulu devenir professeur de lettres.
07:07Je savais très bien que je n'allais pas gagner une fortune.
07:10Je pense que les enseignants,
07:12on n'est pas spécialement bien payés
07:15tout au long de notre vie.
07:17Bon, j'ai fait des études pour,
07:19j'ai passé un CAPES, etc.
07:21Maintenant, vous me dites qu'effectivement,
07:23j'ai 2700 euros.
07:24C'est vrai que les retraites des enseignants
07:28sont calculées sur les...
07:29c'est les dix dernières années,
07:3270% des dix dernières années
07:34de nos activités.
07:37Ça, c'est l'avantage qu'il y a.
07:39Mais enfin, ne touchez pas aux retraités.
07:42Moi, je ne vais pas aller défiler dans la rue.
07:44C'est sûr que c'est plus facile
07:46de toucher sur les...
07:47de taper les retraités
07:49qui ne vont pas défiler dans la rue.
07:50alors que les prestations sociales
07:52lâchent un nom.
07:53Merci beaucoup Martine
07:54et merci Franck.
07:55C'était un débat instructif
07:56entre les deux,
07:57Franck et Martine.
07:58Match nul, on va dire.
07:59On ne va pas trancher.
08:00Un partout.
08:01Ouais, un partout.
08:02Enfin, moi, je ne suis plus pour Martine.
08:03Oui, moi aussi.
08:04En tout cas, j'ai une préférence pour Martine.
08:05Je suis pour Martine
08:07parce qu'on n'a pas à toucher sur les retraités.
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