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00:00en commun.
00:01Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:05Europe 1, il est 18h15, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:08J'accueille mes débatteurs du soir, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro.
00:13Bonsoir Gilles.
00:13Bonsoir Hélène.
00:14Ainsi que Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
00:17Bonsoir Michel.
00:18Nous accueillons sans plus attendre notre premier invité, Julien Sanchez,
00:21directeur de campagne de Marine Le Pen et député européen.
00:24Bonsoir Julien Sanchez.
00:26Bonsoir.
00:27Alors Marine Le Pen veut donner la priorité du logement social aux Français.
00:31Mais alors concrètement, ça se passe comment, sachant que ce genre de mesures
00:35s'est déjà heurtées aux droits européens par le passé ?
00:39Écoutez, justement, ça fait partie de ce que dit Marine Le Pen depuis un certain nombre d'années.
00:43Il faut que le droit national prime sur le droit européen.
00:46Et je crois qu'un pays contributeur net comme la France doit aussi pouvoir décider
00:51dans un certain nombre de domaines.
00:53Je crois qu'aujourd'hui, il y a à peu près 70% des Français qui seraient éligibles au logement
00:58social.
00:59Mais que malheureusement, ils ne peuvent pas y accéder.
01:02Parce que non seulement il n'y a pas assez de logements à loyer modéré.
01:05Mais en plus, il n'y a pas cette primauté des Français et cette priorité des Français
01:10dans l'actu au logement social.
01:11Je précise qu'elle veut, en tout cas si elle accède au pouvoir, abroger la loi SRU.
01:17Elle veut également supprimer toutes les contraintes liées au DPE.
01:20Alors comment on concilie cette mesure avec l'objectif de rénover les logements énergivores ?
01:25On l'a vu évidemment également avec le changement climatique.
01:27C'est une véritable question, Julien Sanchez.
01:30Oui, c'est une véritable question.
01:31Vous savez, j'ai été maire pendant 10 ans, donc je connais bien le sujet.
01:34Nous, on avait instauré le permis de louer dans la ville dont j'étais maire.
01:38Et c'est le cas dans beaucoup de villes du Rassemblement national.
01:40Ça permet de répondre à un certain nombre de problématiques sur le mal logement
01:45et sur les logements insalubres et sur justement la mauvaise qualité des logements
01:49mis sur le marché de l'allocation.
01:52En revanche, les DPE ne sont absolument pas la solution.
01:55Et ils biaisent un certain nombre de données.
01:58Mais on sait aussi que certains DPE ne reflètent pas totalement la réalité.
02:04L'offre locative, elle a diminué jusqu'à 50% dans certaines grandes métropoles
02:08au cours des 15 dernières années.
02:10Et selon les communes, les contraintes liées au DPE conduiraient au retrait
02:13de 20 à 50% de l'offre locative.
02:16Je crois qu'aujourd'hui, il y a vraiment une défaillance de diagnostic.
02:1930% des logements pourtant classés A seraient en fait des bouilloires thermiques
02:23et des passe-soirs thermiques.
02:24Et je crois que les audits énergétiques, c'est aussi des obligations
02:28qui coûtent très cher, entre 500 et 1500 euros.
02:31Et les plans pluriannuels de travaux sont aussi très chers.
02:35Donc, ce n'est pas un renoncement par rapport au mal-logement
02:38puisqu'on sait que les DPE, au contraire, aboutissent à la sortie du marché
02:42de l'immobilier de centaines de milliers de logements.
02:45Il y a bien d'autres solutions pour en finir avec le mal-logement.
02:48Je vous parlais du permis de louer tout à l'heure, mais enfin, il n'y a pas que ça.
02:51Il y a aussi le fait de permettre de construire davantage.
02:54Aujourd'hui, avec la loi ZAN, zéro artificialisation nette.
02:58Absolument.
02:58Et avec un certain nombre de lois qui sont en vigueur aujourd'hui,
03:02on empêche la construction et on ne règle pas les problèmes.
03:05On ne sait que rajouter des contraintes, à la fois aux propriétaires et à la fois aux locataires.
03:09Alors, dans son discours à Hénin-Beaumont, on le comprend,
03:12Marine Le Pen, elle a vraiment insisté sur le logement.
03:14Elle a dit que ce serait au cœur de son projet présidentiel sur le logement social.
03:17Elle a également parlé des squats et de la lutte contre les squats.
03:21Alors, quelles mesures nouvelles Marine Le Pen propose-t-elle
03:23au-delà de l'arsenal législatif qui a déjà été renforcé il y a quelques mois ?
03:27Je pense qu'elle propose tout simplement de renforcer un principe
03:31qui est le principe de l'inviolabilité de la propriété.
03:34Ça, c'est une valeur fondamentale qui doit être un principe cardinal.
03:37Et aujourd'hui, malheureusement, ça n'est pas le cas en France
03:40où on se retrouve avec des gens qui se retrouvent complètement démunis
03:44à devoir patienter des mois et des mois
03:47pour pouvoir expulser des squatteurs de leur logement.
03:50Avec Marine Le Pen, ce sera clair.
03:53Ce sera les moyens donnés également à la force publique
03:56pour permettre de mettre dehors les squatteurs en quelques jours
03:59parce qu'il n'est pas tolérable d'accepter dans un pays
04:03qui est un pays important comme la France
04:05bien que des gens qui ne respectent pas les lois
04:08puissent faire ce qu'ils veulent
04:10et violer la propriété tout simplement
04:13qui pour nous est quelque chose d'important.
04:15Gilles Boutin.
04:16Bonsoir M. Sanchez.
04:18Bonsoir.
04:18On a un peu de mal à vous lire politiquement
04:21parce que d'une part, sur le logement et la propriété,
04:24vous semblez être assez libéraux finalement,
04:26vouloir libérer le marché, pratiquer une politique de l'offre
04:29et en même temps, vous assumez un côté dépensier
04:34parce que vous assumez entre les lignes
04:37de garder un système de retraite fondamentalement déficitaire.
04:40En tout cas, c'est ce que j'ai compris
04:41par les interventions de Marine Le Pen.
04:43Donc, quelle est votre ligne directrice économiquement ?
04:46Comment vous vous décririez ?
04:47Julien Sanchez.
04:48Je pense que la ligne directrice, c'est le bon sens et le pragmatisme
04:52et la justice sociale également.
04:54Je crois que quand on a des mesures fermes
04:57et que vous définissez comme libérales qui sont tout simplement
04:59de consacrer le droit à la propriété
05:01et consacrer tout simplement le fait que la propriété
05:04doit être inviolable, c'est du bon sens.
05:07Il n'est pas normal que quelqu'un puisse rentrer chez vous,
05:09s'installer et vous mettre dehors de votre propre logement.
05:13Ça, c'est totalement du bon sens.
05:15Pour ce qui est de la retraite, tout simplement,
05:18je crois qu'aujourd'hui, il y a là aussi des gens
05:22qui ont travaillé pendant de nombreuses années
05:24avant de leur demander de faire des efforts supplémentaires.
05:27Je crois qu'il y a bien d'autres domaines,
05:29et là, vous qualifierez peut-être ça de libéral,
05:32où il y a des mauvaises dépenses publiques à chasser,
05:34où il y a de très mauvaises dépenses partout en France.
05:37D'abord, avant de demander un effort à ceux qui travaillent
05:40et un effort aux retraités,
05:42demandons de faire un effort à l'État, aux collectivités,
05:45sur les mauvaises dépenses,
05:47et surtout à l'État et, encore une fois, aux agences qui existent
05:51et qui, bien, sont très dépensières.
05:53Gilles Boutin.
05:54Sur les retraites, d'ailleurs, dans le cadre du budget 2027,
05:58des discussions, est-ce que vous allez accepter de faire un compromis ?
06:01Le compromis qui est, comment dire,
06:03le choix qui est posé par le gouvernement,
06:06à savoir, soit on désindexe les retraites en 2027,
06:10soit on supprime l'abattement fiscal de 10%,
06:13sachant que, dans les deux cas,
06:14ça représente une économie de 6 milliards d'euros.
06:19Est-ce que vous allez accepter de discuter de cette question ?
06:22Julien Sanchez.
06:22Ça n'est pas notre souhait.
06:25Je crois que nous ne voulons pas de mesures qui aggraveraient la situation
06:30pendant les mois où les macronistes resteront au pouvoir.
06:33On va proposer, mi-octobre,
06:35enfin, début octobre, juste avant le budget,
06:37avec Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy,
06:39on va proposer notre trajectoire budgétaire.
06:41On va expliquer là où nous ferions, nous, des économies.
06:44Et on va montrer clairement qu'il est possible de faire des économies ailleurs
06:48sans s'en prendre, encore une fois, aux actifs et aux retraités.
06:51C'est tout simplement notre souhait et le souhait des Français.
06:55Alors, il y a le sujet des carburants.
06:56Julien Sanchez qui revient en force,
06:58avec notamment même parfois de la résurgence des gilets jaunes.
07:01Marine Le Pen a réaffirmé sa volonté de baisser la TVA sur le carburant,
07:05de 20 à 5,5%.
07:07Alors, ma première question,
07:08comment on finance une telle mesure sans aggraver le déficit,
07:10alors même que le RN défend une rigueur budgétaire, vous l'avez dit ?
07:13Et surtout, est-ce que vous, vous y croyez au retour du gilet jaune ?
07:17Ou même, est-ce que vous les appelez à revenir et à sortir sur les ronds-points ?
07:21On sait qu'à gauche, c'est le cas.
07:23En tout cas, je crois que rien de ce qui a été dit par les gilets jaunes à l'époque
07:28n'a disparu.
07:29Au contraire, les prix sont même plus élevés aujourd'hui à la pompe
07:32qu'à l'époque où les gilets jaunes étaient bien sortis et étaient mobilisés.
07:36Et on était à leur côté.
07:37Moi, j'étais aussi sur les manifestations avec eux,
07:40parce que c'est un scandale, encore une fois.
07:42Moi, j'étais maire d'un territoire rural.
07:44Quand les gens doivent prendre leur voiture pour aller travailler,
07:47eh bien, encore une fois, c'est un poste de dépense qui est énorme.
07:50Et ça veut dire quoi ?
07:51Ça veut dire qu'il faut que tout le monde habite dans les grandes villes.
07:54Enfin, ça n'est pas possible, encore une fois, à cause des problématiques de logement.
07:58Donc, pour vous répondre,
07:59Marine Le Pen avait, dès 2021, en septembre 2021,
08:03demandé la baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur les lignées d'énergie.
08:08Donc, gaz, électricité et essence, également, notamment.
08:14Et je crois que c'était une mesure de bon sens, encore une fois.
08:17Elle était précurseur en la matière.
08:19Alors, vous me demandez comment est-ce qu'on trouve l'argent ?
08:21Là encore, nous avons présenté, et nous présenterons encore début octobre,
08:25notre plan d'économie sur les finances publiques.
08:27On pourrait parler, donc, à la fois du sujet de l'immigration,
08:31dont personne ne parle, parce que la gauche nous dit que l'immigration est une chance.
08:35Mais l'immigration massive coûte une fortune à la France.
08:38Et on présentera un chiffrage et des éléments budgétaires,
08:42donc, juste avant le budget.
08:44Roland Lescure s'en moquait encore ce matin, dans le Parisien, d'ailleurs,
08:47de cette mesure sur l'immigration, de ces économies, en tout cas.
08:49Oui, écoutez, je crois qu'il peut se moquer de ce qu'il veut,
08:54mais je crois que les Français, eux, savent que l'immigration est un coût,
08:57à la fois un coût social, à la fois un coût économique, un coût sécuritaire.
09:01Et puis, vous vous souvenez des primes d'assurance qui ont augmenté aussi au moment des émeutes ?
09:05Bon, ça, c'est un coût indirect, mais c'est un coût que payent les Français aussi,
09:09notamment à cause de l'immigration.
09:10Donc, vous voyez que l'immigration a un impact assez nocif dans notre société
09:15lorsqu'elle est massive et incontrôlée.
09:17Ensuite, il y a la contribution de la France à l'Union européenne.
09:20Il se trouve que je suis le coordinateur du groupe des Patriotes pour l'Europe
09:23à la Commission des Budgets au Parlement européen.
09:26Et je peux vous dire que là aussi, au niveau européen,
09:28il y a un gaspillage d'argent public phénoménal.
09:31On parle d'un taux d'erreur dans les dépenses d'environ 5%.
09:34C'est pas rien, quand même.
09:35Et il y a beaucoup de recettes financières qui devraient rentrer, qui ne rentrent pas.
09:39Je parlerais de la fraude à la TVA.
09:41Je parlerais des problèmes pneumatiques de fraude en matière douanière.
09:45Il y a très peu de contrôles dans les douanes, dans les ports, notamment en Europe.
09:49Et tout cet argent-là, ce sont des sous-déclarations.
09:52Et c'est de l'argent qui ne rentre pas dans les caisses,
09:53à la fois nationale et à la fois européenne.
09:56Donc, non seulement il y a de l'argent à trouver chez ceux qui fraudent,
10:00c'est ce que nous défendons,
10:01mais il y a aussi des mauvaises dépenses publiques à couper,
10:03à la fois dans le budget national, mais aussi dans le budget européen,
10:06qu'il ne faut pas oublier.
10:07Alors, tout à l'heure, Marine Le Pen a opposé, je cite,
10:10« un vote solide, un vote gazeux ».
10:12Est-ce que c'est une façon de disqualifier par avance le vote
10:15pour d'autres candidats de droite,
10:17y compris Éric Zemmour, qui s'exprimait d'ailleurs, lui aussi, à Port-Marly ?
10:21Et puis, d'ailleurs, comment vous gérez en interne le sujet Éric Zemmour ?
10:24Est-ce que déjà, c'est un sujet ?
10:26Est-ce que vous le voyez comme une menace sur votre droite ?
10:28Ou est-ce que pas du tout ?
10:29Vous vous dites qu'il est très bas dans les sondages et il n'y a pas de problème ?
10:32Non, je crois qu'on n'a pas à gérer le sujet Éric Zemmour.
10:36Je crois que chacun est libre en France de se présenter à une élection.
10:39Mais on voit très bien, et toutes les études d'opinion le montrent,
10:42et aussi toutes les élections précédentes montrent qu'Éric Zemmour et son parti
10:48sont passés de 7 à 5 et bientôt à 3%.
10:51Donc, c'est un vote qui n'est pas utile pour la France,
10:55parce que le vote utile, c'est de mettre Marine Le Pen,
10:58qui est aujourd'hui donnée en tête de tous les instituts de sondage,
11:00de la mettre le plus haut possible,
11:02pour lui donner une avance la plus confortable possible pour gagner au second tour.
11:05Parce que c'est ça qui a été rappelé aussi aujourd'hui par Marine Le Pen.
11:08On n'est pas là pour faire de la figuration,
11:09on est là pour gagner, pour appliquer notre programme.
11:12Et je crois que c'est, encore une fois, c'est ça,
11:14où la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon,
11:17je crois que beaucoup de Français ont bien conscience
11:20que les plus raisonnables, les plus proches des Français
11:24et de leurs préoccupations, ce sont les gens du Rassemblement National.
11:27Un très grand merci, Julien Sanchez,
11:29directeur de campagne de Marine Le Pen et député européen,
11:32de nous avoir parlé dans Europe 1 Soir.
11:34C'est très intéressant sur le fond.
11:35Merci, Julien Sanchez.
11:37Dans Europe 1 Soir, à tout de suite.
11:38On va parler de Roland Lescure et d'économie.
11:41Ne bougez pas sur Europe 1.
11:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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