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Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités : «Il n'y a plus d'argent magique [...] Il est normal de rechercher à faire des économies».

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Transcription
00:00Jean-Pierre Farandou, c'est le retour des sans-dents ?
00:02Non, il faut comprendre d'où ça vient.
00:04Ça vient effectivement qu'il faut absolument rétablir les comptes de la sécurité sociale,
00:08qui est un bien commun.
00:08Vous savez, c'est une des grandes œuvres du Conseil National de la Résistance.
00:12À l'après-guerre, la France et tous les partenaires politiques, d'ailleurs, et sociaux,
00:15se dotent de systèmes de protection dont on dit qu'il est un des meilleurs du monde.
00:18Et je pense que c'est vrai.
00:19Et donc, on arbitre sur différents soins.
00:21Enfin, les dents, c'est quand même le progrès, la modernité.
00:25Là, je faisais référence à cette phrase de François Hollande, malheureuse,
00:28qui a été citée, rapportée par un livre.
00:33Ça a fait référence aussi au progrès qu'on a connu dans les soins buccodentaires.
00:38C'est quand même très particulier, les dents.
00:41C'est le sourire, c'est la façon, vous qui êtes chef d'entreprise,
00:44c'est aussi une façon d'être en société.
00:45C'est très important.
00:47Pourquoi tout d'un coup se dire, tiens, le dentiste, allez hop, on rabote ?
00:50Surtout par un décret adopté un peu en catimini durant les vacances d'été.
00:55Ce n'est pas tout d'un coup, je vous dis, c'est ça le sujet.
00:57C'est qu'il faut faire attention à ce que cette sécurité sociale et ses comptes équilibrés
01:01parce que, contrairement à un budget d'un État qui peut se permettre d'avoir un déficit,
01:04ça dépend son montant, la sécurité sociale, normalement, elle est équilibrée.
01:08C'est assurantiel, comme on dit.
01:09C'est-à-dire que les cotisations que vous payez sont censées couvrir les prestations que vous recevez.
01:13Ce n'est plus le cas, d'ailleurs.
01:14Depuis longtemps.
01:15Depuis longtemps.
01:15Mais vous voyez, l'argument que vous avancez en disant
01:17l'État peut avoir un déficit, c'est la sécurité sociale.
01:19Les Français, ils vous écoutent, ils disent, mais qu'est-ce qu'ils nous racontent ?
01:22Je vais vous expliquer.
01:24Oui, mais quand même, c'est de l'argent tout ça.
01:26On parle d'argent, on est bien d'accord.
01:28Il faut assumer les sujets d'argent.
01:30Il n'y a pas d'argent magique, quand même, à un moment donné.
01:32Il y en a eu pendant longtemps, pendant 10 ans, la dernière.
01:34Je ne sais pas, mais moi, depuis que je suis là, je peux vous lire, il n'y en a
01:37plus.
01:38Il faut d'ailleurs aussi que les Français le comprennent, peut-être,
01:39et ce n'est pas leur faute aux Français.
01:41Franchement, les Français, je ne leur en veux pas du tout.
01:43Les politiques, par contre, qui, pendant des décennies,
01:45ont fait semblant qu'il y avait de l'argent alors qu'il n'y en avait pas,
01:47ça s'appelle du déficit qui s'accumulait,
01:49ça fait 3 500 milliards d'euros de dettes maintenant.
01:51Ça, c'est ça le sujet.
01:52Ce qui est vrai pour l'État et vrai aussi pour la sécurité sociale.
01:55Donc, il est normal de rechercher à faire des économies.
01:57Une des manières de faire des économies,
01:59c'est effectivement de demander à chacun de participer
02:01à hauteur de ce qu'ils peuvent faire aussi.
02:02Vous savez, il y a quand même, je crois, 18 millions de personnes
02:04qui n'ont pas de reste à charge.
02:05Il faut que les autres, petit à petit,
02:07peut-être participent davantage à leur frais de santé.
02:09Après tout, on s'achète bien un abonnement de téléphone.
02:11Enfin, on accepte d'avoir des défenses personnelles.
02:13Donc, les Français peuvent s'acheter un téléphone,
02:15le duo iPhone qui coûte 2300 euros.
02:17Par contre, ils attendent de la Mutuelle et de la Sécu
02:19de rembourser les dents et donc, ce n'est pas normal ?
02:21Non, ce que je dis, à partir du moment...
02:23Ce que vous voulez dire, c'est qu'il faut responsabiliser les Français.
02:25Ils n'ont pas été assez responsabilisés jusqu'à présent.
02:26Il dépend, il y a l'impression que tout était gratuit
02:28ou que tout était remboursé.
02:29Oui, je pense qu'il y a de ça.
02:30Je pense qu'effectivement, on a fait croire au France.
02:32Le mot gratuit, mais rien n'est gratuit.
02:34Quand on dit c'est gratuit, il y a quelqu'un qui paye.
02:36Je vous dis, c'est raisonnement économique faux.
02:38C'est la collectivité, on est quand même suffisamment...
02:39Oui, mais la collectivité qu'il a financée, c'est les contribuables.
02:42C'est qui la collectivité ?
02:43Mais de ce point de vue, est-ce qu'on doit savoir ?
02:44Donc, à un moment donné, quelqu'un paye.
02:45Donc, il faut avoir ce courage de dire ça aux Français
02:47et ensuite de voir comment on fait pour rétablir les comptes.
02:49Sinon, elle va s'arrêter.
02:50Vous savez que quand il y a du déficit,
02:52vous avez un organisme qui s'appelle la COSSE,
02:53elle emprunte.
02:54Elle a du mal à emprunter.
02:55Mais là encore, le risque de banque route, il n'est pas nul.
02:58Donc, à un moment donné, il faut regarder les choses en face
03:00et avoir le courage de prendre des décisions.
03:02Alors, ce n'est pas facile, elles ne sont pas populaires,
03:04mais il faut savoir les prendre.
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