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  • il y a 4 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par François Gapihan avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, rebonjour Dominique.
00:02Aujourd'hui dans l'affaire suivante, on avait envie de se pencher sur une affaire que seules les victimes ou
00:08presque connaissent.
00:09Elles sont six, six femmes au moins, avec un point commun, un homme qui les a agressées, violées, avant de
00:17disparaître.
00:17Près d'un quart de siècle est passé depuis les faits et rien, pas l'ombre d'une avancée.
00:23Pire, les investigations sont clôturées depuis bien longtemps.
00:28Comment est-ce possible ? On vous explique tout dans l'affaire suivante.
00:31Avec ceux qui comptent bien faire en sorte que l'affaire du violeur de la guillotière, comme on l'appelle,
00:36soit un jour examinée par le Paul Cold Case de Nanterre, créé en 2021.
00:40Bonjour Jean-François Barre. Merci d'être avec nous dans l'affaire suivante.
00:43Vous êtes l'avocat, justement, de l'une des victimes que nous appellerons Juliette.
00:49C'est le prénom que vous avez choisi, Jean-Arca. Bonjour.
00:51Pour votre article publié il y a de cela quelques jours dans le quotidien Lyonnais, le progrès.
00:55Bonjour Jean-Arca et bienvenue. À vos côtés, François Daoust.
00:58Bonjour Général. Bonjour.
00:59Ancien patron de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.
01:03Bienvenue à tous. Commencez avec vous, Jean-Arca.
01:05Votre article dans Le Progrès, il y a quelques jours, démarre par cette question.
01:09Qui, à Lyon, a déjà entendu parler du violeur de la guillotière ?
01:12Assurément, personne, parce que les crimes qu'il a perpétrés n'ont jamais, à ce jour, noirci les pages de
01:17la presse.
01:18Comment l'expliquez-vous au regard des faits sur lesquels on va revenir dans un instant ?
01:24Ça paraît dingue.
01:25C'est un homme qui a agressé six femmes en l'espace de six ans à peu près, donc une
01:29par an.
01:31En l'état, il semble que les policiers n'aient pas rapporté ça aux journalistes,
01:34qui n'ont pas fait en sorte que les journalistes ou que la presse s'y intéressent.
01:38C'est quand même les policiers qui donnaient les informations, surtout à l'époque.
01:42Les victimes, elles, elles n'avaient pas forcément l'envergure pour aller d'elles-mêmes contacter des journalistes.
01:47Souvent, elles ne savaient pas qu'en fait, elles étaient plusieurs.
01:48Ça aussi, ça a compté. Elles pensaient souvent être victimes isolées.
01:51C'était une autre époque.
01:52C'était une autre époque, oui.
01:53C'était une autre époque où les violences en série, ce n'est pas forcément ce qui passionnait le plus
01:56l'opinion,
01:56même s'il y a eu quand même des affaires.
01:57Il y a des affaires type Roland Cazot qui, finalement, ont fini par sortir.
02:01Mais on était à un nombre de victimes encore bien supérieur.
02:05Moi, je voudrais vous poser une question.
02:06Ça va être difficile de répondre parce qu'on se demande avec François, en préparant l'émission,
02:10comment est-ce que vous, vous avez eu vent de cette affaire ?
02:12Est-ce que ce sont les victimes ? Est-ce que ce sont les avocats ?
02:15Nous dire quand même comment vous êtes...
02:16Moi, cette histoire, je n'en avais jamais entendu parler.
02:18Et moi non plus.
02:19Et François non plus.
02:20Comment vous avez eu vent de cette affaire ?
02:22C'est surtout parce que le long travail d'investigation que j'ai effectué sur le violeur d'Antibes,
02:25donc un cas assez similaire...
02:27Dont on a parlé dans l'affaire suivant.
02:27On a parlé déjà une fois, oui.
02:30A fait qu'une victime m'a contacté, oui.
02:33Et notamment après m'avoir vu dans différents reportages où j'évoquais cette affaire-là,
02:36parce qu'elle, forcément, ça a fait écho à son passé.
02:38Et donc, elle s'est posé la question si ce n'était pas le même homme qui était venu chez
02:42elle et l'avait agressé.
02:44Il semblerait que non, car au vu des analyses génétiques, les deux affaires n'ont pas été reliées.
02:49Mais forcément, quand des victimes voient une affaire aussi similaire, forcément, ça les pousse...
02:55Jean, elle vous appelle ? Vous faites quoi ?
02:57Je l'écoute.
02:58Oui, mais après, comment vous allez vérifier les infos ?
03:00Après, elle, j'ai eu la chance qu'elle avait quand même certains documents en sa possession.
03:03Donc forcément, ça aide pour pouvoir recouper les éléments.
03:06Puis après, il y a dans certaines pièces du dossier, certains noms qui ressortent.
03:10Certains noms d'avocats, certains noms de magistrats de l'époque, certains noms de victimes aussi.
03:14Et donc, on peut contacter tous ces gens-là.
03:16Forcément, après, ça vous dépend.
03:17Vous en avez rencontré plusieurs des victimes.
03:19Vous vous en rendez compte dans votre article.
03:21On va y venir dans quelques instants.
03:22Mais d'abord, Maître Barre, vous représentez, vous, Juliette, une des victimes qui est, je crois, dans la chronologie,
03:27la quatrième victime de ce violeur en série de la guillotière.
03:31Je voudrais d'abord commencer par, quelque part, le temps qui passe, qui est une composante essentielle, finalement,
03:35dans les cold cases, dans les affaires non élucidées.
03:37Votre cliente, aujourd'hui, elle a l'impression d'avoir été littéralement abandonnée.
03:42– Bonjour à tous.
03:45Tout d'abord, moi, je souhaite louer le travail du journaliste qui est en face de vous, M. Arca,
03:51qui a su réinvestir ce dossier, qui a peu été connu, effectivement, de manière médiatique à l'époque.
03:58C'est un autre temps, comme vous le disiez, il y a plus d'un quart de siècle.
04:02Nous avons ce travail important parce que la plaignante, la victime,
04:07avait en sa possession des éléments de procédure, notamment l'ordonnance de non-lieu,
04:11qui lui a été adressée en 2005.
04:14La justice, pendant sept ans, a essayé de rechercher, de faire des liens.
04:17On a des traces, des traces matérielles, on a des éléments, on a de l'ADN,
04:22mais on n'a jamais pu identifier cette personne qui a commis ces plusieurs agressions.
04:28Aujourd'hui, on est dans cette volonté, il faut être pugnace, il faut être perspicace également,
04:33dans cette volonté de porter l'affaire à Nanterre,
04:35puisque, comme vous le savez, on m'explique qu'il y a un pôle colquais qui est présent là-bas,
04:40pour réussir à identifier cette personne avec tous les moyens de ce qu'on appelle notamment
04:46les méthodes de la justice forensic qui permettent de trouver des éléments avec l'ADN.
04:53Donc on a cet espoir pour Juliette et pour les autres victimes d'identifier l'auteur de ces lieux.
04:59Les premiers faits, Jean Arca, en tout cas, c'est important,
05:03les premiers faits connus de la police et de la justice remontent à la fin des années 90.
05:08Alors expliquez-nous, à chaque fois, à la lecture de votre article,
05:11on comprend que les victimes ont peu ou prou le même profil,
05:14et qu'il y a un mode opératoire employé par ce violeur en série.
05:21Oui, il y a un mode opératoire assez précis qui ressemble beaucoup à celui du violeur.
05:26Et elle dormait, c'était l'été, fin août, il faisait chaud,
05:30elle avait laissé sa fenêtre ouverte, et l'homme s'est introduit au moyen d'une échelle.
05:35Il a pu rentrer dans sa chambre, par la fenêtre qui donnait directement sur sa chambre, dans la cour,
05:40et donc il s'est introduit chez elle.
05:41Ça l'a réveillé, donc elle, elle a pu voir son visage.
05:44Elle a vu le visage de son agresseur, de son violeur.
05:46C'est vrai que 25 ans après, elle, elle a encore des souvenirs qui sont très très précis.
05:50Donc elle le voit rentrer, elle voit son visage, il fait déjà un peu jour, à 5h du matin,
05:55et donc là, il lui saute dessus, il l'insulte, il lui met des coups de poing,
05:58et elle, elle noue un contact avec lui, elle essaie de discuter.
06:01Elle lui demande s'il va la tuer, elle lui demande s'il va partir, et l'homme y répond.
06:04Il dit qu'il va partir quand il aura terminé.
06:06Donc là, il la viole, et puis il prend la fuite par la porte.
06:11Et donc, voilà, c'est à ce moment-là qu'elle, elle est en état de choc.
06:15Et donc, elle prévient la police, elle prévient ses parents,
06:17et ensuite, elle va à l'hôpital où des, où les expertises sont réalisées,
06:21et où l'ADN de l'individu est prélevé.
06:23Et grâce à Jean Arca, on apprend le type, le mode opératoire de ce violeur.
06:27Alors, c'est pas le violeur de la cambre, souvenez-vous, 56 viols,
06:30enfin 56 agressions et viols, il suit des femmes, il les attaque dans la rue,
06:33il les pousse dans un buisson.
06:34Il y a le violeur aussi de la région parisienne, de Seine-et-Marne, qui faisait pareil.
06:38Là, c'est quelqu'un qui ressemble à Roland Cazot, le chat, ça se passait en Gironde.
06:42C'est-à-dire, il rentre la nuit dans les appartements.
06:44Et à chaque fois, les documents que vous avez pu nous faire lire, Jean,
06:48à chaque fois, c'est une agression, comment dire, méthodique, mais impressionnante,
06:53parce qu'en fait, il s'installe dans le lit de sa victime, où il la pousse, il la viole,
06:57il la frappe.
06:59Il a une relation sexuelle complète avec elle.
07:03Tout raconte, voilà, ce qu'il leur a fait.
07:06Et puis, méthodiquement, ensuite, il s'en va, il repart, mais ce sont des agressions à domicile.
07:11Est-ce qu'il a reconnu les lieux ? Est-ce qu'on sait s'il a reconnu les lieux
07:14?
07:14Parce qu'on n'entre pas comme ça, au hasard, dans un appartement en pleine nuit.
07:18Est-ce qu'il a fait ce que faisait Roland Cazot, des repérages ? On sait ça ou non ?
07:22On ne sait pas vraiment s'il a fait des repérages, mais c'est vrai qu'on ne peut que
07:26l'imaginer.
07:26Parce qu'au savoir qu'une femme est seule, qu'elle est célibataire,
07:29que la fenêtre est ouverte, des logements assez accessibles,
07:32oui, ce n'est pas dû au hasard.
07:33Donc, est-ce que c'est quelqu'un qui travaillait dans un domaine
07:37qui lui permettait d'avoir accès à ses appartements ?
07:38Ou quelqu'un juste qui se balade ?
07:40Par exemple ?
07:41Par exemple ?
07:42Accès aux appartements ?
07:43Ça peut être ?
07:44Quelqu'un de l'EDF ? Quelqu'un qui répare ?
07:46Un maçon ? Quelqu'un qui fait du BTP ?
07:48Quelqu'un qui monte sur les échafaudages ?
07:50Un facteur ?
07:52On a retrouvé l'ADN, vous le disiez.
07:54L'ADN de cet homme sur chacune de ses victimes.
07:57Mais, Maître Barre, cet ADN, il n'était pas, toute la difficulté, tout le problème,
08:02il n'était pas connu de la police et de la justice.
08:05Il faut rappeler qu'à la fin des années 90, au début des années 2000,
08:08le FNAEG, le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques,
08:12cette espèce de troubinoscope national des délinquants,
08:14il venait tout juste d'être créé.
08:16Il était donc balbutiant et en réalité peu fourni.
08:20Quand je disais tout à l'heure que c'était une autre époque, c'est ça notamment ?
08:25C'est exactement cela, vous avez raison.
08:27Le FNAEG a été créé en 1998.
08:30Juliette a été agressée et violée en 2000.
08:34Il y a eu une difficulté pour venir insérer la base de données.
08:39Donc, c'était une base de données balbutiante.
08:41Il n'y avait pas encore suffisamment d'éléments.
08:43Mais moi, j'ai l'espoir que, parce qu'on a cette trace ADN,
08:47parce qu'on a le profil génétique de l'agresseur et du violeur,
08:51de pouvoir le retrouver aujourd'hui, notamment grâce aux avancées de la science,
08:56notamment grâce à la science forensique, je disais tout à l'heure à l'instant.
09:00Il faut savoir qu'à Lyon, il y a eu un dossier un peu similaire
09:04durant les années 2010, en février 2013.
09:07C'était un homme qui avait agressé plusieurs victimes,
09:10des étudiantes aux universités à Lyon 3 et Lyon 1,
09:14qui avaient été recherchées par la police.
09:15Les enquêteurs avaient fait un travail extrêmement minutieux et précieux.
09:19On avait l'ADN, mais il n'était pas dans la base de données du FNAEG.
09:23Et c'est parce qu'après, il avait été arrêté un an et demi après,
09:27alors que tout le monde pensait qu'on ne l'arrêterait jamais,
09:29c'est parce qu'après, il avait commis une nouvelle agression
09:31que son ADN, son profil génétique, a été rentré dans la base du FNAEG
09:35et qu'il a matché, dit-on ainsi, avec les viols précédents.
09:40C'était un homme qui était chauffeur de bus, âgé de 36 ans à l'époque,
09:43et qui parcourait par son travail.
09:46En fin de compte, les universités, il était à côté, il vivait à côté,
09:49et on a pu l'interpeller à ce moment-là.
09:53Maître Barre, même si cet homme est rattrapé par son profil génétique,
09:58tous ces meurtres sont prescrits ?
10:00– Pardon, c'est ces viols, excusez-moi, tous ces crimes sont prescrits.
10:06– On a un ennemi, c'est le temps, bien évidemment.
10:09Le temps amène la prescription.
10:12On a quand même l'espoir de, peut-être en tout cas par les différents viols,
10:17et vous savez que les lois récentes permettent aussi,
10:19lorsqu'il y a eu des viols anciens et qui se rapprochent sur différentes victimes
10:24commis par différents auteurs, on arrive à, par une cascade de prescriptions,
10:29à relever cette prescription de l'action publique.
10:31Donc on a cette possibilité-là, c'est ce qu'on espère.
10:34On ne sait pas quels sont les autres crimes qu'il a commis,
10:37s'il a commis d'autres viols, si d'autres victimes pourront parler aussi
10:40à l'issue des investigations de M. Arca, à l'issue de votre émission.
10:46Donc on est aussi très attentifs à tout cela.
10:49Et ce qui est très important aussi, il faut rappeler que, vous le disiez,
10:54votre cliente, Maître Barre, Juliette, elle a pu voir son agresseur,
10:57elle a vu son visage de l'ANN, et on le voit à l'antenne,
11:00un portrait robot réalisé sur la base de modèles existants au début des années 2000.
11:04On lui dira d'ailleurs plus tard, c'est ce que vous expliquez dans votre article,
11:07Jean Arca, que c'était une erreur de procéder de la sorte
11:11qu'elle a pu se laisser d'une certaine manière influencer par ces modèles existants.
11:14Mais je voudrais quand même qu'on se penche sur l'espoir, quand même,
11:18se projetant un petit peu sur l'espoir qui repose aujourd'hui notamment,
11:22et Général Daou, je vais vous demander si vous le voulez bien de me suivre vers le mur,
11:25l'espoir qui repose sur une méthode scientifique sur laquelle on va se reposer un petit peu,
11:30parce que depuis le non-lieu, de nouvelles techniques d'investigation ont apparu, sont apparues,
11:36et notamment la recherche d'ADN en parentèle.
11:40avec cette question, comment la génétique peut permettre,
11:45pas le cas évidemment systématiquement, de retrouver un suspect grâce à sa famille,
11:52pour l'affaire courte.
11:53D'abord, le principe, c'est quoi concrètement ?
11:55On en voit ici la définition, Général Daou.
11:57Alors, le principe, l'ADN du violeur ou du criminel est inconnu.
12:05Il n'a jamais été prélevé pour une affaire précédente,
12:09qu'elle soit criminelle ou délictuelle,
12:10et à partir de ce moment-là, le FNAEG est muet.
12:14Toutefois, eh bien, on a tous des parents ou des enfants en ligne directe,
12:19et avec eux, nous partageons jusqu'à 50% de notre ADN.
12:24Et c'est là-dessus qu'on va travailler.
12:26Dans le cadre d'une enquête, François Lebrun.
12:28Tout à fait.
12:29Comment ça fonctionne ?
12:31Comment on maîtrise cette technique de la recherche d'ADN en parentèle, alors ?
12:35Il y a plusieurs étapes à respecter.
12:37Le profil n'est pas connu.
12:39Donc, on va, depuis la loi de 2016, pouvoir chercher sur la parentèle,
12:46et dans le FNAEG, on va faire des requêtes
12:50pour avoir le plus de données génétiques en commun avec le profil incolu.
12:56À partir de là, ça donne une liste de candidats,
12:59et on va partir du plus fourni au moins fourni,
13:03et c'est là où il faut des probabilités,
13:06il faut un peu de statistiques,
13:08pour arriver à regarder ceux qui sont vraiment pertinents.
13:12Donc, on essaye d'obtenir, en quelque sorte,
13:14comme c'est écrit ici, une liste de candidats.
13:16Tout à fait.
13:16Mais ce n'est pas la panacée, c'est-à-dire que derrière,
13:18il faut mener une enquête de terrain.
13:20C'est là.
13:21L'enquête de terrain continue,
13:22et à partir du moment où on a une liste de candidats
13:25qui ont suffisamment de matériel génétique en commun avec le criminel,
13:31eh bien, les enquêteurs vont tourner autour de la famille de chacun
13:36pour voir s'il y a un homme, etc.,
13:38s'il est connu, pas connu.
13:40Et surtout, très important,
13:42c'est une fois qu'on a un ou plusieurs suspects issus de ce travail,
13:47il faut le prélever pour pouvoir comparer son matériel génétique complet
13:52avec la trace trouvée sur les scènes de crime.
13:54– Ça a des limites, tout de même.
13:55– Oui.
13:56– Cette méthode, ça ne marche pas à tous les coups.
13:58On va le voir.
14:00Il y a des inconvénients, si je puis dire.
14:02C'est-à-dire que pour retrouver un violeur en l'espèce
14:06grâce à son père, sa mère, son fils, sa fille,
14:09encore faut-il que ces gens-là soient eux-mêmes fichés.
14:12– Exactement.
14:13Si la famille n'est pas fichée,
14:16à partir de ce moment-là,
14:17eh bien, la base tournera toute seule,
14:20mais il n'y aura pas de retour.
14:22Et c'est ce qui s'était passé,
14:24comme l'a dit l'avocat tout à l'heure,
14:25dans la deuxième affaire des violeurs des campus de Lyon,
14:28il n'y avait pas, au point de vue parentèle,
14:30là, ça avait pu être fait,
14:32eh bien, il n'y avait pas de parents qui étaient fichés.
14:35Donc, rien.
14:36– Cette méthode peut porter ses fruits.
14:38Je vous invite à retrouver le plateau.
14:40Cette méthode peut porter ses fruits.
14:42Ce fut le cas,
14:43et c'est la première fois, d'ailleurs, que ça a marché.
14:45L'ADN en parentèle a permis de résoudre l'affaire Culic.
14:50Jean Arca,
14:52le dossier doit aujourd'hui arriver entre les mains
14:57des magistrats du Paul Colt-Caise de Nanterre.
15:00L'espoir, il est scientifique.
15:01Et puis, l'espoir, il est judiciaire.
15:03Mais à un moment donné, il faut que le Paul Colt-Caise,
15:05créé au début des années 2020, s'en saisisse.
15:09Vous avez, vous-même, quelque part, fait la démarche,
15:11si je puis m'exprimer ainsi, en tant que journaliste, bien sûr.
15:13– Oui, j'ai fait la démarche.
15:14J'ai envoyé les éléments du dossier
15:15à madame la procureure adjointe du Paul de Nanterre,
15:18madame Lavris.
15:19Et elle m'a dit qu'elle s'intéressait à cette affaire,
15:21qu'elle allait demander à l'OCRVP
15:23s'ils peuvent retrouver la copie complète de ce dossier-là.
15:26Après, le problème, c'est que le Paul est quand même
15:28très occupé déjà avec des affaires qui sont non prescrites.
15:32Donc, la prescription fait que ce n'est pas forcément
15:35leur priorité, ce type d'affaires-là.
15:37Il n'empêche que c'est une affaire qui n'est pas si ancienne que ça.
15:40Parce qu'à l'époque, c'est vrai que la prescription n'était que de 10 ans.
15:42Donc, elle a été assez vite prescrite.
15:43En fait, à partir du 1er décembre 2015, elle a été prescrite.
15:46Mais bon, c'est des faits qui remontent à 25 ans.
15:48Ce n'est pas si vieux.
15:48On a vu quand même des affaires plus vieilles être parfois élucidées.
15:50Donc, il y a quand même une chance.
15:52Le problème, c'est que comme elle est prescrite,
15:53si par hasard on arrivait à retrouver l'auteur,
15:55on ne pourrait pas le poursuivre en l'état.
15:57Donc, c'est sûr qu'il faudrait qu'il y ait des faits plus récents.
16:00Il faudrait qu'il y ait des faits plus récents à les rattacher
16:01et qu'ils viendraient geler la prescription.
16:03Mais l'espoir est tout de même permis.
16:04Merci à tous les quatre.
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