Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 minutes
Jonathan Vaucher reçoit Edouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle, sur le plateau délocalisé du Tour de la Question aux Terres de Jim de Metz-Magny.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:05Musique
00:19Et nous sommes de retour ici à Terre de Gym, à Metz Manie en Moselle
00:24pour continuer cette émission exceptionnelle.
00:27Nous invitons sur ce plateau le président du département de la Moselle, Patrick Weiton,
00:33mais aussi Edouard Philippe.
00:34Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:37Ce que vous voyez ici, à Terre de Gym, c'est aussi surtout la jeunesse qui s'engage.
00:42Dans les prochaines années, une grande partie des agriculteurs vont partir à la retraite.
00:46Il faut arriver à faire reprendre les exploitations.
00:51Comment on fait pour s'assurer que ces exploitations soient reprises ?
00:54Je suis très content d'être ici, à Terre de Gym, en Moselle, et de retrouver le président et mon
01:01ami Patrick.
01:03L'année dernière, c'était en Seine-Maritime, c'était chez moi,
01:05et j'avais été impressionné par l'énergie déployée par tous ces jeunes agriculteurs
01:08pour organiser quelque chose qui fait véritablement honneur à l'agriculture.
01:11Et je leur avais dit, je viens l'année prochaine.
01:13Ils m'avaient dit, c'est en Moselle.
01:14Eh bien, je serai en Moselle.
01:15Eh bien, je suis en Moselle.
01:17Et tous les agriculteurs que j'ai rencontrés ce matin m'ont indiqué,
01:20d'abord, l'année compliquée qu'ils viennent de passer compte tenu des conditions climatiques.
01:24Ils le disent, même si aujourd'hui, c'est la fête,
01:26même si pendant ces trois jours, c'est un moment extraordinaire.
01:29Au fond, ils savent très bien que le quotidien est quand même marqué par cette crise.
01:32Et puis, ils ont tous évoqué la question de la transmission des exploitations,
01:35la question de l'installation des jeunes agriculteurs.
01:37Mais au-delà des modalités techniques de l'installation des jeunes agriculteurs,
01:41ils ont tous exprimé le souci de faire en sorte que les agriculteurs,
01:46qui sont d'abord et avant tout des entrepreneurs, des chefs d'entreprise,
01:50aient des perspectives qui leur permettent d'investir,
01:52qui leur permettent de s'installer dans de bonnes conditions.
01:56Pas simplement de s'installer dans de bonnes conditions,
01:58mais de s'installer dans des conditions qui vont leur permettre de continuer à exercer
02:01leur métier de façon rentable pendant des années.
02:07Et je suis toujours frappé, quand je parle avec les GA,
02:11par à la fois l'expertise technique qu'ils ont accumulée,
02:14je ne parle pas de l'expertise en matière agricole, elle est évidente,
02:18mais de l'expertise technique en matière réglementaire
02:21et en matière de stratégie qu'ils ont accumulée,
02:23et le fait qu'ils insistent toujours pour proposer des solutions.
02:27Et c'est pour ça que les terres de gym, c'est bien.
02:28Parce que, bien sûr, c'est très agréable de découvrir les stands
02:32et de passer un bon moment,
02:33mais c'est aussi extrêmement important de les écouter.
02:35dans toute leur diversité, parce que les régions ne ressemblent pas toutes,
02:40et d'écouter ce qu'ils ont à proposer en matière d'assurance,
02:43en matière de financement,
02:45en matière d'accompagnement à l'installation.
02:47Et moi, ce que je retiens, c'est qu'ils ont des propositions à faire.
02:49Est-ce qu'aujourd'hui, il y a aussi un problème de normes ?
02:52On en a parlé tout à l'heure avec le vice-président du département.
02:55Est-ce que c'est ça, aujourd'hui,
02:56qui empêche certains agriculteurs de continuer dans cette voie ?
03:00Il est bien évident.
03:02D'abord, si j'ose dire, on ne va pas acheter le bébé avec l'eau du bain.
03:05Il y a des normes qui s'appliquent parce qu'elles sont des normes de sécurité.
03:08On ne va pas supprimer toutes les normes.
03:09D'ailleurs, les agriculteurs ne demandent pas qu'on supprime toutes les normes.
03:11Ils disent simplement quoi ?
03:13Ils disent que quand les normes sont contradictoires, c'est insupportable.
03:16Ils ont raison.
03:17Ils disent que quand les normes s'appliquent en France,
03:19alors qu'elles ne s'appliquent pas dans les mêmes conditions,
03:22ou même pas du tout, dans des pays d'Europe qui sont voisins,
03:26qui sont tout autant que nous soucieux de la protection de l'environnement
03:29ou de la protection des sites ou de la préservation des espaces naturels,
03:33et que les productions de ces pays voisins entrent en concurrence avec nos productions,
03:37et que nous arrivons en France à produire des normes
03:40qui rendent impossible la production de tel produit à tel endroit
03:45alors que nous achetons la production du même produit fabriqué de l'autre côté de la frontière,
03:49là, ils disent, et ils le disent avec bon sens, et en vérité avec raison,
03:53que ça n'est pas compréhensible,
03:55et que c'est surtout un coût que l'on porte à la compétitivité de l'agriculture française
03:59qui est un coût absolument insupportable.
04:02Edouard Philippe, une question simple.
04:03Vous êtes ici en campagne, ici dans la campagne aussi.
04:07Si vous êtes élu président de la République,
04:09quelle sera votre première mesure pour le monde agricole ?
04:13Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire pour le monde agricole,
04:16et il y a aussi beaucoup de choses à ne pas faire.
04:18Il faut arrêter la surtransposition.
04:19Il faut donner de la visibilité aux exploitants agricoles, aux agriculteurs.
04:23Il faut leur dire que finalement, les normes qu'ils vont impliquer
04:24ne vont pas trop bouger, ni fiscales, ni sociales, ni environnementales,
04:27pendant les années qui suivent.
04:29Et puis il y a des domaines sur lesquels il faut avancer très vite.
04:31Et moi, un de ceux que je porte le plus,
04:33c'est la question de l'eau, de son utilisation,
04:36de sa réutilisation et de son stockage.
04:38On n'est pas bon en France,
04:39probablement parce que pendant très longtemps,
04:41il y a des territoires sur lesquels le besoin ne s'est pas fait sentir,
04:44probablement aussi parce qu'on a abordé cette question de l'eau
04:48avec des orientations qui ne correspondent plus, je crois, à la réalité.
04:53En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut développer les retenues culinaires,
04:56il faut développer la réutilisation de l'eau.
04:58Il n'y aura pas d'agriculture sans eau.
04:59Et s'il n'y a pas d'agriculture, ça ne sera pas bon pour la France,
05:02ça ne sera pas bon pour notre alimentation,
05:04ça ne sera pas bon pour notre économie,
05:06ça ne sera pas bon pour nos territoires ni pour nos paysages,
05:08ça ne sera bon pour personne.
05:09Donc cette question de l'eau, elle est centrale.
05:12Et il faut l'aborder, pas simplement avec des grands principes,
05:15c'est important les principes,
05:16mais avec la claire conscience que la réalité actuelle est frappée
05:19par une transformation climatique
05:22qui exige qu'on puisse stocker et utiliser plus intelligemment l'eau.
05:25Patrick Weyton, juste sur cette question de l'eau,
05:27évidemment le département de la Moselle, on est au-dessus de l'or bleu.
05:31Oui, pour nous, c'est une véritable priorité
05:34que j'ai affirmée déjà depuis longtemps
05:35et nous organisons en fin d'année les assises de l'eau.
05:39Nous avons des ressources importantes
05:42qui sont générées par les deux grands bassins,
05:45l'ancien bassin féryphère et l'ancien bassin houillé,
05:48donc avec des ressources, des cavités
05:50qui ne nous demandent qu'à nourrir en eau
05:53tout notre territoire et en particulier l'agriculture.
05:56Aujourd'hui, c'est plus de 60 intercommunalités
05:58qui gèrent une partie de la ressource.
06:01Et on a deux grands bassins qui sont naturellement
06:04et qui réussissent à satisfaire à la consommation
06:08et on a toute la Moselle Sud qui est la Moselle agricole
06:10qui n'est pas énervée du tout.
06:12Et donc, c'est pour cette raison-là que j'envisage
06:15de créer un syndicat départemental,
06:17qu'on travaille avec cette dimension-là.
06:20Les départements, c'était à l'époque les bassins versants,
06:23des rivières qui ont conduit au découpage.
06:26On n'a rien inventé.
06:27Et pour nous, je crois qu'il est important que cela se fasse.
06:30Alors, à la fois avec l'agriculture pour voir quelles sont les ressources,
06:34comment on peut les organiser, comment on peut diversifier ensuite
06:36la ressource et l'utilisation et la consommation
06:39et qu'on investisse ensuite de façon collective
06:41et que la communauté Moselle-Anne investisse
06:44pour que nous puissions apporter l'eau au plus proche
06:47des activités agricoles et des exploitations agricoles.
06:50Donc, c'est la démarche que j'engage dans le cadre des assises de l'eau
06:53où tous les partenaires, et en particulier la Chambre d'agriculture,
06:56travaillent avec nous pour savoir comment on peut mieux gérer
06:58notre ressource, qui est une ressource importante
07:01et qui continue à produire de la richesse.
07:04Il faut savoir que sur le bassin houillé,
07:06donc le bassin minier, charbonnier,
07:09on pompe dans la nappe pour renvoyer dans le milieu naturel
07:12parce qu'on inonde les caves.
07:13Parce que malheureusement, l'eau monte.
07:16Alors, tu imagines que nous, on renvoie l'eau
07:19dans le milieu naturel, alors que nous,
07:20on a nos agriculteurs qui souffrent de la sécheresse.
07:22Et ça, c'est une ineptie qu'il faut absolument combattre.
07:25Et je pense que l'échelon départemental
07:27est un bon échelon pour agir dans ce cadre-là.
07:29Et on en reparlera évidemment dans d'autres émissions.
07:32Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation.
07:34Merci Édouard Philippe.
07:35Merci Patrick Weiton.
07:36Merci.
07:37On se retrouve très rapidement sur Moselle TV
07:39et aussi sur le site Moselle.tv.
07:41Au revoir.
07:42Merci.
07:42Sous-titrage Société Radio-Canada
07:44Sous-titrage Société Radio-Canada
07:52Sous-titrage Société Radio-Canada
07:52Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations