- il y a 10 minutes
Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire socialiste, était invité sur le plateau de BFMTV, ce vendredi 11 septembre.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00C'est l'heure du face à Duhamel, comme chaque vendredi soir, Alain Duhamel, vous allez débattre aujourd'hui avec
00:04Jérôme Getsch.
00:04Bonsoir M. Getsch, député socialiste, candidat à la primaire social-démocrate qui aura lieu au mois d'octobre.
00:12Alain, question rituelle, pourquoi vous vouliez cet échange ce soir avec Jérôme Getsch ? Qu'est-ce qui vous inspire
00:17?
00:17Deux choses, d'une part parce qu'il est très auto-centré, auto-dirigé, donc en dehors de...
00:26Il est un clan lui tout seul, donc il dissonne, et bon c'est intéressant, puis en plus c'est
00:33un esprit assez vif, j'aime bien quand il y a des esprits assez vifs.
00:36Vous voulez répondre ?
00:37J'ai pas bien compris le auto-centré, mais on va le dérouler dans le débat, et je prends, je
00:44sais pas si c'est un compliment, mais en tous les cas j'ai le goût du débat et de
00:47la dispute apaisée,
00:48et c'est pour ça que j'ai plaisir à répondre à cette invitation, ça change de débat qui sont
00:54parfois plus tonitruant,
00:56tous les cas les quelques-uns qu'on a fait, permettent de dérouler de l'argumentaire.
01:01Moi je revendique le courage de la nuance en politique, c'est pas toujours le plus sexy dans des moments
01:06où les gens sont très polarisés,
01:08mais je pense qu'en se limant la cervelle les uns les autres, même si on n'est pas d
01:13'accord, on s'élève et on s'élève collectivement.
01:15– Bon on va voir ce que ça donne ce soir, on va parler d'abord de l'état de
01:18la France et de l'état de l'économie française,
01:20les derniers chiffres rendus publics aujourd'hui par le gouvernement ne sont clairement pas bons,
01:24la croissance française va piétiner 0,5% tout juste cette année, c'est deux fois moins que ce qui
01:29a été prévu,
01:29l'inflation elle est à 2,4%, le chômage est repassé il y a plusieurs mois de ça au-dessus
01:34des 8%,
01:35et quand on se compare avec nos voisins européens, ce qu'on a fait tout à l'heure sur ce
01:39plateau à l'un de Hamel,
01:40on n'est pas bon, on n'est clairement pas bon aujourd'hui en France comparé à l'Espagne, à
01:43l'Italie, à l'Allemagne,
01:45est-ce qu'on est devenu, nous français, le mauvais élève de l'Europe ?
01:49– C'est pire que ça, quand j'avais 18 ans, c'était la naissance de la Ve République,
01:57on ne parlait de la France qu'en disant l'homme malade de l'Europe,
02:02puis entre temps il s'est passé beaucoup de choses et on a parlé différemment de la France,
02:06quelquefois de façon très positive, pas tout le temps, mais quelquefois de façon très positive,
02:10et c'est un peu pénible maintenant, si je veux dire…
02:14– Vous avez à nouveau 18 ans.
02:15– Eh bien, ou bien mon crépuscule correspond trop à ma jeunesse,
02:19mais en tout cas d'entendre la même chose un demi-siècle après, parce que c'est ça,
02:24ce que j'entendais il y a un demi-siècle, c'est ce qu'on dit de nouveau,
02:27la France l'homme malade, et bon, le fait est qu'on a des symptômes
02:32qui sont quand même assez dangereux.
02:35– Jérôme Gage.
02:36– Oui, tous les voyants sont au rouge, c'est des voyants économiques
02:41qui conditionnent la manière de faire vivre la croissance,
02:45moi je revendique qu'on a besoin de produire plus,
02:50on a besoin d'organiser cette production,
02:53on a besoin de redistribuer pour corriger les inégalités,
02:57et toutes les données qui sont là rendent compliqué et impossible le fait de le faire,
03:01pas tellement les données de comparaison avec nos voisins,
03:04mais celles que vous avez rappelées, qu'il s'agisse de l'inflation,
03:07parce que ça veut dire un pouvoir d'achat qui est en berne,
03:10enfin, c'est le deuxième semestre consécutif avec une baisse du pouvoir d'achat,
03:16un chômage qui réaugmente, et là il faut le juger sur le temps long.
03:20La promesse d'Emmanuel Macron sur le deuxième quinquennat,
03:23c'était le plein emploi à la fin de ce quinquennat,
03:25et on va repasser au-delà du 8,3 ou 8,5% de chômage.
03:29Et derrière ça, c'est des situations d'inquiétude sur le pouvoir d'achat,
03:33des difficultés à payer les fins de mois, à faire le plan de carburant,
03:37et évidemment le retour d'une angoisse et d'une inquiétude sur le chômage.
03:41Et en même temps, il y a quelque chose de paradoxal,
03:43c'est que si on aborde les débats qui vont venir dans une approche uniquement anxiogène,
03:50alors il y aura des discours martiaux sur le sang et les larmes qui sont absolument nécessaires.
03:54Il faut en effet réformer, avoir l'intelligence collective de le faire.
03:59Mais je n'ai pas envie que ça étouffe les potentialités, l'enthousiasme, l'énergie, l'inventivité
04:06qui existent partout dans ce pays aussi.
04:07Donc il faut qu'on marche sur les deux jambes.
04:09Est-ce qu'on peut s'en sortir sans le sang et les larmes ?
04:13J'espère qu'on peut s'en sortir sans le sang et les larmes,
04:16pas simplement au sens symbolique, mais au sens réel.
04:19Parce qu'il y a toujours des imbéciles qui, quand il y a des grandes échéances qui approchent,
04:24tiennent des propos violents et qui peuvent mener à des actes violents.
04:27Donc ça, j'espère bien qu'on va arriver à écarter ça.
04:33En revanche, qu'on soit dans une situation extrêmement difficile,
04:39réellement anxiogène, parce qu'elle est anxiogène.
04:41On ne sait pas ce qui va se passer l'année prochaine.
04:44Et on va devoir prendre ce qui est toujours très dangereux.
04:49Dangereux, mais en l'occurrence inévitable.
04:51On va devoir prendre les plus grandes décisions politiques,
04:55c'est-à-dire l'élection présidentielle et les législatives qui suivront,
04:58qui ne seront pas forcément identiques d'ailleurs.
05:00Mais on devra prendre ces décisions.
05:02Chaque citoyen, enfin chaque Français, chaque Française,
05:05devra prendre ces décisions-là dans un climat qui est un climat de division.
05:12Alors c'est une donnée française permanente.
05:17On n'a pas le monopole européen des divisions.
05:20Mais on a un tropisme de division,
05:25et je le vois, qui est en train de ressurgir en ce moment.
05:28Il n'est pas nouveau, il est récurrent,
05:31mais je vois en ce moment, on entre dans une période
05:33de vraie division et de vraie intolérance.
05:36Et malheureusement, ça n'est pas dans ces circonstances-là
05:39qu'on prend toujours les décisions les plus intelligentes
05:42ou les votes les mieux inspirés.
05:44Division sur les impôts, division sur le travail.
05:47Question toute simple, et je voudrais vous entendre tous les deux là-dessus,
05:49sans entrer dans les détails de durée de cotisation,
05:53âge légal, 35 heures par 35 heures.
05:55Est-ce que vous êtes de ceux, Jérôme Gatch, qui disent
05:57qu'il faudra travailler plus ?
06:00Est-ce que vous dites qu'il faudra travailler moins ?
06:01Ou est-ce que vous dites qu'on ne touche à rien pour s'en sortir ?
06:04De ce point de vue-là, uniquement.
06:05Je vous ai dit tout à l'heure, il faut produire plus
06:08en travaillant tous et en travaillant mieux.
06:11Et je pense qu'il faut qu'on mette l'accent sur ce que signifie
06:14à la fois le travail en mieux,
06:15il y a des gains de productivité dans l'organisation du travail.
06:18Vous voyez, par exemple, je défends l'idée,
06:21que je ne trouve pas suffisamment popularisée dans le débat public,
06:23d'essayer de mettre en place, sur la base du volontariat
06:27et de la négociation, la semaine en quatre jours,
06:30qui n'a pas beaucoup pris en France.
06:32Il ne s'agit pas de réduire le temps de travail,
06:34il s'agit d'organiser le temps de travail différemment sur quatre jours
06:39pour libérer une journée qui va être à disposition,
06:42s'occuper des enfants, du lien social,
06:45de l'engagement, de la vie associative,
06:46de tout ce que vous voulez, avoir du temps pour soi-même,
06:48avec une contrainte qui est de faire sa semaine en quatre jours.
06:51Mais pourquoi je vous dis que ça, c'est un des éléments pour travailler mieux ?
06:54La Grande-Bretagne l'a expérimenté à grande échelle,
06:56quelques entreprises françaises,
06:58et partout où ça a été mis en place intelligemment
07:01avec une réforme d'organisation du management,
07:03on a moins de burn-out,
07:05on a moins d'absentéisme,
07:07une plus grande productivité dans les entreprises concernées,
07:09et donc on doit sortir de quelques conservatifs.
07:11Donc je ne veux pas éluder la question que vous avez posée
07:14sur la question de la réforme des retraites.
07:16Moi, je suis de ceux qui avaient négocié l'année dernière
07:19pour dire qu'on suspend l'application,
07:21pour qu'on mette sur la table une réforme
07:24et qu'on la discute, qu'on la négocie
07:25à l'occasion de l'élection présidentielle.
07:27Dans quelques jours, les partenaires sociaux
07:28qui ont travaillé dans la totale discrétion
07:31vont livrer des propositions.
07:33Et moi, je voudrais qu'on s'appuie sur le dialogue social
07:35qui, à mon avis, est peut-être plus fécond
07:37que le débat parlementaire.
07:39Moi, j'ai mis une proposition sur la table.
07:41Je veux sortir de l'âge légal.
07:43C'est-à-dire, il est couperé, il est problématique,
07:46il est, lui aussi, anxiogène, il prive de droits.
07:48Il faut s'appuyer sur les annuités de cotisation
07:51avec la prise en compte réelle de la pénibilité.
07:54Et la proposition la plus innovante,
07:56c'est qu'il y a un âge légal qu'il faut baisser.
07:58Quel âge qui est actuellement à 67 ans ?
08:00Quel âge à partir duquel on peut partir sans décote ?
08:02La combinaison de ces trois éléments
08:04peut permettre de mettre sur la table
08:06une réforme négociée, acceptée par les partenaires.
08:08Alain Dommel, sur le travailler plus, plus longtemps ?
08:11Alors, d'abord, ça m'amuse,
08:12puisqu'on est en train, tous les trois,
08:13de discuter sur travailler pas trop,
08:16alors qu'il est évident que tous les trois,
08:19on travaille dans la semaine beaucoup plus que la moyenne.
08:21Oui, mais dans des conditions qui ne sont sans doute pas...
08:23Oui, et c'est l'exemple pour laquelle
08:24notre pénibilité justifie qu'on puisse partir
08:27plus tard à la retraite.
08:28Vous êtes un modèle pour moi, monsieur Duhamel.
08:30Je ne suis pas un modèle, mais c'est cohérent, en tout cas.
08:35Je pense que, globalement,
08:39la France n'est pas le pays où on travaille le plus
08:41sur l'ensemble de la vie, tant s'en faut.
08:43Je pense que, évidemment, c'est bien préférable
08:47d'avoir une meilleure formation,
08:50de meilleurs apprentissages, un meilleur accompagnement,
08:53une meilleure prise en compte des cas spécifiques,
08:55notamment pour les femmes, etc.
08:56Bien sûr que c'est mieux,
09:00mais instinctivement,
09:01quand je regarde ce qui se passe dans les pays voisins,
09:04je trouve que...
09:07Voilà, il manque...
09:09Je vais dire une chose horrible,
09:10mais il manque une heure par semaine, quand même.
09:13On dirait du retaillot, monsieur Duhamel,
09:16parce que je crois que c'est la proposition
09:17qu'il a mis sur la table.
09:19Alors, c'est bien la première fois qu'on me dit ça,
09:21mais après tout, c'est une expérience.
09:24Une heure par semaine, c'est déjà...
09:28À quatre heures par mois, bien sûr, bien sûr.
09:32Encore une fois, les gains de productivité,
09:34parce qu'on est...
09:35Et là, c'est un des grands absents des débats à venir,
09:37mais le bouleversement technologique,
09:39qui est déjà engagé avec à la fois la robotisation
09:42et l'intelligence artificielle,
09:43nous oblige à penser l'organisation du travail,
09:46son fonctionnement, sa rémunération,
09:48la mise à contribution de ces machines
09:51pour le financement de notre modèle social,
09:53en sortant du regard dans le rétroviseur.
09:56Donc, il va falloir vraiment organiser différemment.
09:59Non, non, mais je suis tout à fait conscient de ça.
10:02Je ne dis pas qu'il s'agit de poursuivre un système
10:06qui, évidemment, non seulement a vieilli,
10:08mais est maintenant technologiquement dépassé.
10:10Évidemment qu'il faut changer les conditions du travail,
10:14le calcul de la durée du travail, etc.
10:16Bien entendu, mais je pense qu'on est en compétition
10:21avec d'autres pays,
10:23et donc, il ne faut pas s'infliger de handicap
10:27par rapport à ces autres pays,
10:28parce que ça se retourne contre nous, évidemment.
10:31Alain Lommel, Jérôme Gage,
10:32la semaine a été marquée par une information
10:34qui a fait les gros titres pendant plus de 24 heures,
10:37c'est le classement PISA,
10:38c'est le classement du niveau des élèves
10:40de plusieurs dizaines de pays,
10:42des élèves de 15 ans,
10:43qui montrent une dégringolade générale en France,
10:46même si c'est le cas aussi dans la plupart des pays,
10:49mais encore plus accentués chez nous.
10:51On est au plus bas depuis que le classement existe
10:54il y a 25 ans.
10:56Est-ce que vous mettez ça dans la grande marmite
10:58du déclin français ?
10:59Non.
10:59Ou est-ce que ça vous inquiète encore plus particulièrement ?
11:02Non, moi, mon sentiment,
11:04je ne me prétends pas comme un spécialiste de la question,
11:07mais mon sentiment,
11:08et un peu ce que j'observais autour de moi,
11:10c'est que les enfants et les adolescents
11:12lisent beaucoup moins qu'avant
11:14et regardent beaucoup plus d'images.
11:17Et je pense que pour le niveau culturel,
11:19c'est une très mauvaise chose.
11:21Et leurs parents ?
11:22Et leurs parents, à mes yeux,
11:25qui ne réagissent pas contre ça,
11:27voire qu'ils l'encouragent,
11:28y compris quelquefois par égoïsme,
11:30pour être tranquilles, etc.
11:32Les parents, je pense,
11:33prennent une grande responsabilité
11:37et préparent des handicaps
11:38à venir pour leurs enfants.
11:40Je vous dis,
11:40et leurs parents,
11:41il faut lire, lire et lire.
11:43L'étude PISA,
11:43elle pointe aussi la responsabilité des parents
11:46que nous sommes,
11:47pour ceux qui le sont,
11:49qui passent aussi leur journée sur un écran.
11:51Oui, mais je vous dis, moi,
11:54bon, alors,
11:54je suis caricatural dans mon genre,
11:56mais je ne lis pas moins de 8 heures par jour,
11:59chaque jour,
12:00y compris en vacances.
12:01Bon, alors, je ne dis pas
12:02que tout le monde devrait lire 8 heures par jour.
12:04Je ne rêve pas.
12:05Ça correspond au temps d'écran,
12:07malheureusement,
12:07de nombre d'adolescents
12:10et parfois d'adultes.
12:11Voilà, et donc,
12:12il faudrait que ceux qui en ont la responsabilité,
12:15ça, c'est les parents,
12:16ou c'est les grands frères
12:18et les grandes sœurs,
12:19ou ce sont les amis,
12:20tout simplement, d'ailleurs.
12:21Mais,
12:23il faut regarder moins d'écran
12:24et lire plus de livres.
12:26Qu'est-ce que vous demandez aux politiques là-dessus,
12:27Alain Demain ?
12:27Comment ?
12:28Qu'est-ce qu'on peut faire ?
12:29Ben, écoutez,
12:32faire tout ce qu'on peut déjà
12:33sur le plan éducatif,
12:36donc au collège, au lycée
12:37et avant,
12:40pour rendre la lecture aimable,
12:42pour aimer la lecture.
12:44Et ça, c'est possible.
12:45C'est une question beaucoup
12:46de talent de professeur,
12:48d'investissement,
12:49aussi de moyens matériels,
12:51parce que, bon,
12:52c'est pas...
12:54Moi, je...
12:55Il y a dix livres
12:57dont je rêverais
12:58qu'on les donne
12:59à chaque garçon
13:02ou chaque fille
13:02qui entre en sixième.
13:05Et je trouve que...
13:07Bon,
13:08on ne lit plus assez.
13:10Et donc,
13:11je pense que le niveau culturel
13:12s'en ressent
13:14mécaniquement.
13:15Alors,
13:16je partage évidemment
13:16sur l'enjeu de la lecture,
13:19mais les données
13:20les plus dramatiques
13:21du classement PISA,
13:22et d'ailleurs,
13:22le tableau que vous présentez
13:24à l'instant
13:25porte sur les mathématiques,
13:26se nichent
13:27dans l'effondrement
13:29des savoirs fondamentaux
13:31sur la lecture,
13:32mais notamment
13:32sur les mathématiques.
13:34Et plus largement,
13:36ce que ça nous dit,
13:37c'est que
13:37l'innovation de demain,
13:40la productivité de demain,
13:41pendant longtemps,
13:41y compris en travaillant
13:43peut-être un peu moins
13:44que les autres,
13:45nous comprensions
13:45par une productivité élevée
13:47au regard du haut niveau
13:48de formation
13:50en France.
13:51Aujourd'hui,
13:52ça décroche.
13:54Ça décroche
13:55sur ce qui prépare l'avenir.
13:57Dans le prolongement,
13:58la France a été
14:00cinquième
14:00dans les publications
14:01scientifiques,
14:02elle est devenue
14:03treizième
14:03dans les publications
14:04scientifiques.
14:05Ça veut dire
14:05que ce n'est plus
14:05un lieu d'innovation,
14:07de recherche,
14:07de développement,
14:08de préparation
14:08de l'avenir.
14:09Or,
14:10on ne peut pas parler
14:11de réindustrialisation
14:11sur le territoire national
14:12si, en même temps,
14:14on ne développe pas
14:15la recherche,
14:16le développement,
14:16l'innovation.
14:17Et donc,
14:18franchement,
14:19s'il ne devait y avoir
14:19qu'un seul sujet
14:20dans l'élection présidentielle,
14:22moi j'en mets deux,
14:22c'est la réforme
14:23du système éducatif
14:25et la réforme
14:26de notre modèle social
14:27et du financement
14:28de la protection sociale
14:29et du rapport
14:30au travail.
14:32Sur le système éducatif,
14:34là,
14:34c'est pour moi
14:35un des sujets
14:35sur lequel il faut
14:36construire un compromis.
14:37C'est intéressant de voir,
14:39vous êtes observateur
14:40au long cours.
14:41Quand il y a cinq ans,
14:41Anne Hidalgo
14:42s'est faite railler
14:43pour avoir pointé
14:45la nécessité
14:45d'augmenter
14:46la rémunération
14:47des salaires
14:48des enseignants
14:49qui avaient décroché.
14:50Début des années 80,
14:52un enseignant
14:52qui débutait,
14:53il débutait en moyenne
14:54à deux fois
14:54le niveau du SMIC.
14:55Aujourd'hui,
14:56il débute à le SMIC
14:57plus 10%.
14:58Et sans jeter la pierre
14:59évidemment sur les enseignants,
15:01mais l'attractivité
15:02de ces métiers
15:03qui s'effondrent
15:04aboutit
15:05à ce que
15:05ceux qui sont formés
15:07ne le sont pas
15:08dans les conditions
15:08d'excellence,
15:10de tirer vers le haut.
15:11Et donc,
15:12ça devrait être
15:12le premier budget,
15:13le premier...
15:13C'est déjà le premier budget,
15:14ça n'est plus
15:15parce que c'est la dette,
15:16mais le premier budget,
15:17le premier sujet,
15:18le premier projet.
15:19Et moi,
15:19je suis un peu abasourdi
15:20du fait qu'il n'y a pas
15:22ce sursaut collectif
15:23dans le cadre
15:24d'un compromis.
15:25Parce que là aussi,
15:25personne ne peut dire
15:26j'ai la solution magique
15:29à mettre sur la table.
15:30Mais là,
15:30ce qui se noue
15:31dans cet effondrement éducatif,
15:33c'est la France
15:35des 20 et 30 prochaines années.
15:36Et il est encore le temps
15:37d'inverser le décrochage.
15:40Et on voit d'ailleurs
15:40que l'éducation
15:41est quasiment la priorité
15:42de quasi tous les candidats
15:44aujourd'hui
15:44à l'élection présidentielle.
15:45Je voudrais,
15:46Jérôme Gage et Alain Dommel,
15:47vous entendre
15:47parce qu'il y a un début
15:48de polémique
15:48que vous avez peut-être suivi
15:49ces derniers jours
15:50au sujet de propos
15:51tenus par Édouard Philippe.
15:53C'était en début de semaine
15:54dans un podcast.
15:55Il a été interrogé
15:56sur l'élection présidentielle,
15:58sur la date de l'élection
15:59et sur ce qu'il faudrait
16:00peut-être faire.
16:01Écoutez bien
16:02et on va en parler
16:03dans un instant.
16:05Moi, j'adorerais un système
16:06dans lequel le président
16:07est élu en mai
16:08et il prend ses fonctions
16:09en septembre.
16:10Et entre mai et septembre,
16:12il a le temps,
16:12un, de se reposer,
16:14de décompresser
16:15après une élection présidentielle
16:16qui est hyper usante,
16:18hyper fatigante.
16:19Je ne dis pas
16:19qu'il doit prendre
16:20trois mois de vacances,
16:21mais franchement,
16:22une semaine,
16:23ça ne fait pas de mal.
16:23Deux semaines,
16:24ça ne fait pas de mal
16:24avant de repartir.
16:25Il aurait le temps
16:26de consulter
16:27beaucoup plus lentement
16:28et dans les conditions
16:29où on sait que c'est lui
16:30qui va devenir
16:30les partenaires sociaux,
16:32les chefs d'État étranges,
16:33plein de gens.
16:35Un président élu
16:35qui pourrait se reposer,
16:37décompresser
16:37et composer son équipe,
16:39évidemment,
16:39ça n'a pas tardé.
16:40Les attaques sont venues
16:41du Rassemblement national,
16:42mais aussi,
16:43aujourd'hui,
16:43de Gabriel Attal.
16:46Moi, je considère
16:46que la France,
16:47elle n'a plus une minute
16:48à perdre.
16:49Regardez depuis 2024
16:50l'immobilisme
16:51dans lequel on est.
16:52Et pendant ce temps-là,
16:52la Chine,
16:53les États-Unis,
16:54les autres puissances,
16:55ils réforment,
16:56ils investissent,
16:57ils y vont.
16:57Il faut que ça bouge
16:58et il faut que ça bouge
16:59tout de suite.
16:59Donc moi,
17:00dès la première minute,
17:01si les Français
17:01me font qu'en France
17:02et que je deviens
17:03président de la République,
17:04dès la première minute,
17:05évidemment,
17:05je serai dans l'action
17:06pour prendre des mesures
17:07que j'ai commencé à évoquer
17:08sur l'économie,
17:09sur l'école,
17:10sur l'agriculture.
17:10On est ici avec des agriculteurs.
17:12Il n'y a pas une minute à perdre.
17:13Bon, évidemment,
17:14l'occasion était troubelle
17:15pour Gabriel Attal.
17:16Est-ce qu'un président élu
17:17peut se reposer,
17:19Alain Dommel,
17:19et faire d'autres choses ?
17:20Il dit,
17:21il faudrait décaler que loin
17:22ou est-ce que c'est une faute
17:23ou une erreur d'Édouard Philippe ?
17:24– Alors,
17:26l'idée de dire
17:27après une campagne,
17:28une campagne présidentielle,
17:29c'est vraiment,
17:31sur le plan politique,
17:32ce qui est le plus exigeant
17:33de toute une vie.
17:35Qu'après une campagne présidentielle,
17:37on ait envie
17:38de marquer une pause,
17:41je trouve que c'est extrêmement humain.
17:43Et le fait qu'il l'ait dit,
17:44je trouve ça très sympathique.
17:46Je trouve ça très sympathique,
17:47mais je n'y crois pas un instant,
17:49pas une seconde.
17:50Et je ne crois pas
17:51que ce soit possible.
17:52Dès qu'on est élu,
17:53on est responsable.
17:55Il y a deux semaines de battement
17:56pendant lesquelles
17:57il faut se dépêcher déjà
17:59de digérer un tas de dossiers
18:01auxquels on n'avait pas accès avant
18:02pour prendre les décisions
18:04qui seront nécessaires
18:05dès le premier jour
18:07et dès la première heure.
18:08Donc,
18:09je comprends très bien
18:10qu'on ait la nostalgie
18:11de décompresser
18:14après une campagne.
18:16Mais s'il s'agit
18:16de la campagne présidentielle,
18:18il ne faut pas rêver,
18:19il faut se mettre au travail,
18:21mais à la seconde.
18:23et avoir déjà,
18:24en arrivant sous le bras,
18:26une série de dossiers
18:28correspondant
18:28aux réponses
18:29les plus attendues.
18:30Et là,
18:31ce n'est pas rêver
18:32et ce n'est pas
18:33de la démagogie
18:34de dire ça
18:34puisque par principe,
18:36celui qui est élu
18:37sort d'une très longue campagne
18:38pendant laquelle
18:39il a dû faire des propositions
18:41et donner des précisions.
18:43Et donc,
18:43au contraire,
18:44je pense qu'il faut
18:45commencer vite et fort.
18:46Jérôme Guedt,
18:47si vous gagnez la primaire,
18:48vous prendrez une semaine
18:49de vacances ?
18:50Non,
18:51je trouve que c'est
18:51un peu injuste.
18:52Je ne suis pas là
18:53pour défendre
18:54Édouard Philippe,
18:55mais il démarre
18:56au conditionnel
18:56en disant
18:57ce ne sont pas
18:57nos institutions.
18:58Mais on pourrait imaginer
18:59un système
19:01accepté à l'américaine.
19:02Non, mais c'est très sympathique
19:03comme une réaction.
19:04Vous pouvez imaginer.
19:04Alors là,
19:05par contre,
19:05c'est une hérésie
19:07de le faire,
19:07c'est dans cette période
19:08où on va vous sortir
19:09un bout de phrase,
19:10on a l'impression
19:10qu'il veut partir en vacances
19:12après avoir été élu président.
19:13On a gardé l'extrait
19:13pour qu'on compresse
19:14ce qu'il veut dire.
19:15Décompressé,
19:15sur l'opposé,
19:16constitue son équipe.
19:17C'est y compris
19:18parce qu'en fait,
19:19moi,
19:19ce qui m'intéresse
19:20dans le calendrier institutionnel,
19:22c'est qu'est-ce qu'on fait
19:23au lendemain
19:23de l'élection présidentielle ?
19:24Est-ce qu'il y a
19:25des élections législatives
19:27dans la foulée ?
19:28Ce serait l'ordre des choses.
19:30Dans le petit livre
19:30que j'ai écrit,
19:31je suis provocateur
19:32dans ma conclusion
19:33et je dis,
19:34moi, président de la République,
19:36je ne vais pas faire
19:37la nafore de François Hollande,
19:38mais moi, président de la République,
19:40je ne dissous pas
19:41l'Assemblée nationale
19:42et je demande
19:43à l'Assemblée nationale
19:44en place...
19:45Vous gardez la même ?
19:46Oui,
19:47je vais vous expliquer pourquoi.
19:48Parce que mon intuition
19:49est de dire que...
19:50Vous renommez
19:51Sébastien Lecornu à Matignon ?
19:52Non, laissez-moi juste
19:53que ce n'est pas caricaturé.
19:55C'est un raisonnement
19:56pour montrer
19:57les défis auxquels
19:58on est confronté.
20:01Moi, je suis convaincu
20:02que le prochain président élu,
20:03si ce n'est pas Marine Le Pen,
20:05l'aura été
20:06dans des conditions politiques
20:07qui feront
20:08qu'il n'aura pas derrière
20:09dans des élections législatives
20:10s'il dissout
20:12spontanément
20:12une majorité
20:14propulsive,
20:15nette,
20:16pour appliquer son programme.
20:17Et d'ailleurs,
20:17qui n'est plus son programme
20:18puisque son programme
20:19de premier tour
20:19aura été rejoint
20:21par des gens
20:21qui ne sont pas
20:22de sa famille politique
20:23mais qui auront voté
20:24pour lui
20:24dans le cadre
20:25d'un front républicain.
20:26C'est possible.
20:27Voilà.
20:27C'est possible.
20:28Vous gardez l'Assemblée,
20:29vous négocier.
20:29Mais je vous explique pourquoi.
20:30Pour faire deux choses.
20:32La première chose,
20:33c'est pour demander
20:33à cette Assemblée
20:34de changer le mode de scrutin
20:36pour introduire
20:36ce qui aurait dû être fait
20:37depuis qu'on est
20:38en majorité relative,
20:39un mode de scrutin
20:40proportionnel à l'Allemande,
20:41c'est-à-dire
20:42du scrutin majoritaire
20:45compensé
20:45par 30 à 40 %
20:46de députés
20:47élus à la proportionnelle
20:48pour que les députés
20:49une fois élus
20:50ne soient plus cadenassés
20:51par des accords électoraux
20:52comme ça a été le cas,
20:53on l'a connu à gauche
20:54avec la NUPES
20:55ou pour ceux
20:55qui ont été élus
20:55sous l'étiquette
20:56du NFP
20:57pour rendre possible
20:58la construction
20:58de compromis parlementaires
21:00sur tous les sujets
21:00que nous avons à faire.
21:01Et le deuxième point ?
21:02Et le deuxième point,
21:02c'est de dire...
21:03Non, pas pour rendre possible.
21:04Ce qui est intéressant,
21:05c'est pour rendre nécessaire.
21:07Non, mais de toute façon,
21:08c'est nécessaire
21:08parce que je ne vois pas
21:09d'autres solutions
21:10que d'être capable.
21:10La mécanique allemande,
21:13son avantage,
21:14c'est que ça rend
21:15l'accord nécessaire
21:16et préalable.
21:20Souvent, ils dégagent
21:21des majorités,
21:22il n'y a pas de problème.
21:22C'est que quand il n'y a
21:23pas de majorité,
21:24que les gens s'enferment
21:25et essayent de se mettre
21:26d'accord pendant une semaine,
21:2815 jours, 3 semaines,
21:29c'est ce qui se passe
21:29en Allemagne,
21:30pour sortir un programme
21:31de législature
21:32dans lequel on a réfléchi
21:33à l'intérêt général.
21:34La gauche n'a pas renoncé
21:35à ses mesures de gauche,
21:36la droite n'a pas renoncé
21:37à ses mesures de droite,
21:38mais on regarde
21:39comment on peut les faire
21:40cohabiter dans une même temporalité.
21:41Si vous ne faites pas
21:41de votre deuxième point
21:42dans les 10 secondes qui viennent,
21:43je vais me faire taper
21:44sur les doigts.
21:44Non, mais le deuxième,
21:45c'est dans le prolongement,
21:48puisqu'immédiatement
21:49vient le budget,
21:50si cet état d'esprit
21:51est capable de se prolonger
21:53dans l'élaboration budgétaire,
21:55alors faisons-le
21:55avec l'épée de Damoclès
21:56à ce moment-là
21:57de dissoudre.
21:58Vous voyez,
21:58là aussi,
21:59je prends le risque
22:01de prendre des mesures
22:02justement d'organisation
22:04qui sont de nature
22:05à répondre aux urgences,
22:07en évitant ce que
22:08M. Duhamel évoquait,
22:09à savoir l'ampleur
22:10des divisions,
22:11de la polarisation
22:11qui a réalisé le pays
22:13ces deux dernières années.
22:14Vous y croyez
22:14à la méthode Gedge ?
22:16J'aimerais y croire.
22:18Je trouve que
22:19si nous vivions en Suisse,
22:21ce serait tout à fait imaginable.
22:23Mais on ne vit pas en Suisse,
22:25on vit dans l'hexagone,
22:27on est divisé.
22:29L'élection présidentielle
22:31est le seul moment
22:32où il y a une vraie majorité
22:33qui se dégage,
22:34quelquefois
22:35une majorité infinitésimale,
22:37d'ailleurs.
22:37M. Macron en a fallu
22:38en 2022.
22:39Et il faut se précipiter
22:43pour un élan initial.
22:44On sait très bien
22:45que l'élan sera vite fatigué
22:47et qu'on se retrouvera
22:49avec des piles de drames
22:50et de problèmes
22:51et de difficultés.
22:52Donc, il faut au début
22:54donner un gros coup
22:56d'accélérateur,
22:57d'autant plus
22:57que quand les Français
22:59ont choisi,
23:00ils ont envie
23:01d'un changement,
23:02même si ce changement
23:03est en partie artificiel,
23:04même si c'est
23:05quelquefois
23:05de l'apparence.
23:06Il faut un symbole
23:08de changement
23:08et il faut
23:09une accélération
23:10de départ,
23:11après quoi
23:12la réalité
23:13rattrapera
23:14le candidat vainqueur.
Commentaires