00:00Moi, président de la République, je ne vais pas faire la nafore de François Hollande,
00:04mais moi, président de la République, je ne dissous pas l'Assemblée nationale.
00:08Et je demande à l'Assemblée nationale, en place...
00:11Vous gardez la même ?
00:12Oui, je vais vous expliquer pourquoi.
00:13Parce que mon intuition est de dire que...
00:16Vous renommez Sébastien Lecornu à Matignon ?
00:18Non, laissez-moi juste, pour justement que ce ne soit pas caricaturé,
00:21c'est un raisonnement pour montrer les défis auxquels on est confronté.
00:26Moi, je suis convaincu que le prochain président élu, si ce n'est pas Marine Le Pen,
00:31l'aura été dans des conditions politiques qui feront qu'il n'aura pas derrière,
00:35dans des élections législatives, s'il dissout, spontanément une majorité propulsive, nette,
00:41pour appliquer son programme.
00:42Et d'ailleurs, qui n'est plus son programme, puisque son programme de premier tour
00:45aura été rejoint par des gens qui ne sont pas de sa famille politique,
00:49mais qui auront voté pour lui dans le cadre d'un front républicain.
00:52C'est possible.
00:52Voilà.
00:53C'est possible.
00:53Vous gardez l'Assemblée, vous négociez.
00:55Mais je vous explique pourquoi.
00:56Pour faire deux choses.
00:58La première chose, c'est pour demander à cette Assemblée de changer le mode de scrutin,
01:01pour introduire ce qui aurait dû être fait depuis qu'on est en majorité relative,
01:05un mode de scrutin proportionnel à l'Allemande,
01:07c'est-à-dire du scrutin majoritaire compensé par 30 à 40 % de députés élus à la proportionnelle,
01:14pour que les députés, une fois élus, ne soient plus cadenassés par des accords électoraux,
01:18comme ça a été le cas, on l'a connu à gauche, avec la NUPES,
01:20ou pour ceux qui ont été élus sous l'étiquette du NFP,
01:22pour rendre possible la construction de compromis parlementaires sur tous les sujets que nous avons à faire.
01:27Et le deuxième point ?
01:27Et le deuxième point, c'est de dire...
01:29Pas pour rendre possible.
01:30Ce qui est intéressant, c'est pour rendre nécessaire.
01:33Non, mais de toute façon, c'est nécessaire, parce que je ne vois pas d'autre solution de d'être
01:36capable.
01:36La mécanique allemande, son avantage, c'est que ça rend l'accord nécessaire et préalable.
01:43D'abord, le mode de scrutin allemand, de temps en temps, souvent, il dégage des majorités,
01:47il n'y a pas de problème, c'est que quand il n'y a pas de majorité,
01:49que les gens s'enferment et essayent de se mettre d'accord pendant une semaine, 15 jours, 3 semaines,
01:55c'est ce qui se passe en Allemagne, pour sortir un programme de législature dans lequel on a réfléchi à
01:59l'intérêt général.
02:00La gauche n'a pas renoncé à ses mesures de gauche, la droite n'a pas renoncé à ses mesures
02:03de droite,
02:04mais on regarde comment on peut les faire cohabiter dans une même temporalité.
02:06Si vous ne faites pas de votre deuxième point dans les dix secondes qui viennent,
02:09je vais me faire taper sur les doigts par le domaine.
02:10Non, mais le deuxième, c'est dans le prolongement, puisqu'immédiatement vient le budget,
02:15si cet état d'esprit est capable de se prolonger dans l'élaboration budgétaire,
02:20alors faisons-le avec l'épée de Damoclès, à ce moment-là, de dissoudre.
02:24Vous voyez, là aussi, je prends le risque de prendre des mesures,
02:27justement d'organisations qui sont de nature à répondre aux urgences,
02:33en évitant ce que M. Duhamel évoquait, à savoir l'ampleur des divisions,
02:36de la polarisation qui a paralysé les pays ces deux dernières années.
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