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  • il y a 7 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud reçoit Éric Lombard à l'occasion de la sortie de son livre "Dispas ça, tu vas finir par te faire virer".

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Transcription
00:00Parce que Corentin a dit que les indemnités des ministres, elle a baissé.
00:04Tout le monde a ri sur ce plateau, ce qui en dit long.
00:07Et vous aussi, M. Lombard, vous avez ri.
00:10Vous avez ri, Eric Lombard.
00:14Vous êtes ancien ministre des Finances et vous êtes avec nous aujourd'hui
00:17parce que vous avez publié « Dis pas ça, tu vas finir par te faire virer ».
00:22Vous avez ri. Pourquoi vous avez ri ?
00:24J'ai souri Pascal Proulx au moment où votre collègue
00:28expliquait que ça n'allait pas contribuer à réduire le déficit budgétaire.
00:32Et sans sortir ma calculette, je peux vous confirmer qu'effectivement,
00:35on est dans le symbole, mais c'est important les symboles.
00:38Bon, vous êtes comme les autres.
00:41Oui, ça commence mal.
00:43Vous êtes comme les autres, c'est-à-dire qu'une fois que vous n'êtes plus au pouvoir,
00:48vous dites des choses formidables.
00:50Non, ça commence bien finalement.
00:52Eh oui, mais je préférais que vous les disiez quand vous êtes au pouvoir.
00:55Ça serait utile.
00:55C'est peut-être parce que je l'ai déjà dit que j'y suis resté.
00:58Non, mais vous dites la phrase clé.
01:00Il faut du courage.
01:01Cela fait partie du caractère.
01:03Le courage est indispensable en ce moment car toutes les décisions sont difficiles.
01:07Elles exposent à l'impopularité.
01:09Elles demandent l'oubli de soi.
01:11Mais quand je pense aux grandes figures de notre histoire,
01:13à l'immense courage d'un Danton, d'un Gambetta, d'un Jaurès ou d'un De Gaulle,
01:17le courage que nous devons aujourd'hui aux Français est tellement plus simple.
01:20leur dire la vérité sur la situation et le chemin du redressement.
01:26Vous avez 100% raison, mais vous n'êtes pas élu si vous dites cela.
01:31Je fais l'hypothèse contraire.
01:34Ce courage, nous l'avons exercé avec François Bayrou quand nous étions en responsabilité.
01:39Je rappelle qu'au mois de juillet de l'année dernière,
01:42donc il y a un petit peu plus d'un an,
01:44nous avons présenté un plan de redressement en cinq ans des finances de ce pays
01:48qui était extrêmement courageux,
01:51qui d'ailleurs, à mon avis, est une très bonne base de préparation
01:54aux différents programmes de l'élection présidentielle.
01:57Et c'est parce qu'il a voulu mettre ce programme d'abord en jeu devant l'Assemblée nationale
02:03que le Premier ministre et le gouvernement est tombé.
02:06Donc je pense que nous avons été un gouvernement courageux.
02:08Et je pense que ce que nous avons dit va devoir se réaliser,
02:12parce que j'entends ce que vous dites sur la situation du pays.
02:14C'est vrai que la situation du pays est difficile,
02:16notamment en matière de finances publiques,
02:18ce qui est effectivement moins grave que ce que le général de Gaulle a eu à affronter.
02:22Cinq millions de Français ont vu le film sur de Gaulle,
02:23ce que je trouve d'ailleurs formidable.
02:26Et si on ne convainc pas les Français de cet effort
02:30qui n'est pas de l'austérité,
02:31qui n'est pas la remise en cause de notre modèle,
02:33qui est simplement la bonne gestion,
02:35et bien effectivement, nous n'arriverons pas à poursuivre
02:37et à protéger ce modèle.
02:39Oui, mais ce que vous dites en parallèle,
02:41les retraites sont la cause principale de ces déficits.
02:43Dans notre système par répartition,
02:45les cotisants ne garantissent rien pour eux-mêmes,
02:47puisque leur cotisation va la même année dans la poche des retraités.
02:51L'accumulation des droits est une pure convention
02:53qui ne comporte aucune garantie d'aucune sorte.
02:55Les actifs payent directement la pension des retraités
02:57en faisant le pari que leurs enfants régleront la leur.
03:00Bon, tout ça est vrai.
03:01Donc ce qu'il faudrait, on est d'accord,
03:02c'est travailler plus.
03:04Oui.
03:04Et sans doute beaucoup plus.
03:05Il faut travailler plus dans toutes les dimensions,
03:08c'est-à-dire qu'il faut d'abord commencer à travailler plus tôt,
03:09on tarde à faire entrer les jeunes dans les entreprises
03:12et dans l'administration.
03:13Il faut reprendre la baisse du taux de chômage
03:15qui avait été commencée d'ailleurs par la politique de l'offre,
03:18pardon de le dire ici,
03:20ouverte par François Hollande en 2014,
03:21poursuivie par Emmanuel Macron.
03:23Qui n'était pas une mauvaise chose.
03:25Et qui était une bonne chose.
03:26Et qui d'ailleurs a fait grincer des dents sur la gauche de François Hollande à l'époque.
03:31Absolument.
03:32Et qui a coûté cher politiquement à François Hollande
03:33et qui a été reprise par Emmanuel Macron.
03:36Et ce n'était pas le plus mauvais moment d'Emmanuel Macron.
03:38Je pense aussi.
03:40Et il faut travailler plus dans la vie.
03:42C'est-à-dire que nous allons évidemment,
03:44notamment pour les personnes qui ont des professions
03:47qui ne sont pas des professions pénibles,
03:48travailler plus longtemps pour les métiers pénibles.
03:50Il y a évidemment un sujet.
03:52On en a besoin à deux égards.
03:54D'abord, si on travaille plus longtemps,
03:55on augmente la production française
03:57et on a besoin de production
03:58parce que c'est ça qui finance notre modèle.
04:00Et on aura aussi besoin de financer
04:01notamment la transformation écologique.
04:03Et puis, ça allège les finances de la Sécurité sociale.
04:06Je rappelle que les retraites,
04:08c'est un quart de la dépense publique.
04:10Un quart.
04:11Donc, si on ne maîtrise pas les retraites,
04:12on ne va pas maîtrise...
04:13Monsieur Lombard, j'entends ce que vous dites.
04:15Mais vous dites, j'étais programmé pour devenir industriel,
04:17j'étais financier, banquier et assureur,
04:19j'étais chef d'entreprise,
04:20je suis devenu ministre des Finances.
04:22Français de gauche, certes,
04:24mais tout en pensant que la droite a parfois raison.
04:26Mais c'est de votre faute.
04:28C'est vous qui avez voulu la retraite à 60 ans.
04:31C'est vous qui avez voulu les 35 heures.
04:33C'est vous qui avez voté pour François Mitterrand.
04:35Vous venez dire aujourd'hui
04:36qu'il faut faire le contraire
04:37de tout ce que vous avez soutenu depuis 40 ans.
04:41C'est bien, c'est de promo dans l'ensemble.
04:42Ça se passe bien.
04:44Pour le moment, ça va.
04:45Mais non, mais...
04:46Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que je dis ?
04:48C'est pas contre vous.
04:49Vous vous êtes trompé sur tout,
04:53sur la retraite,
04:54sur les 35 heures,
04:55vous l'avez voté.
04:57Vous étiez pour.
04:58La retraite à 60 ans,
04:59j'étais contre.
05:01Les 35 heures, j'étais contre.
05:03Vous êtes quelqu'un de gauche qui avait...
05:06Alors moi, je suis d'une gauche un peu particulière,
05:08qui est la gauche de Michel Rocard,
05:09qui est une gauche qui a toujours...
05:12Vous étiez contre les 35 heures ?
05:14C'est une gauche qui a gouverné pendant 3 ans.
05:16Vous étiez contre les 35 heures ?
05:16Oui, bien sûr.
05:17Ah oui, mais vous dites bien sûr ?
05:19Oui, mais à l'époque,
05:19j'étais dans l'entreprise,
05:21et je le disais d'ailleurs,
05:22dans les fédérations patronales.
05:23Non, je reviens sur les 3 années...
05:25En tout cas, c'est la politique de gauche
05:26qui nous a mis dans ce...
05:27Je reviens sur les 3 années de Michel Rocard.
05:28Les 3 années de Michel Rocard
05:29sont les années où la croissance économique est repartie,
05:31où les finances publiques ont été tenues.
05:33On a mis en place la CSG,
05:34dont on voit combien c'est un outil utile.
05:37Après...
05:37C'est une honte, la CSG.
05:38Après le drame...
05:39C'est une honte, la CSG.
05:40Ça devait être 1%, c'est 9%.
05:41C'est juste une honte.
05:43Ça s'appelle un impôt français.
05:46C'est le moment où, à la suite du drame...
05:49Plus les impôts sur le revenu.
05:50C'est 9% sur votre salaire direct, sur le net.
05:53Parce que ça touche l'ensemble des revenus.
05:54De ce côté-là, c'est plus puissant et plus équitable.
05:56Je reviens sur ce qu'a fait Michel Rocard,
05:59ce qu'il a fait le plus important,
06:00et qui, moi, m'anime.
06:01C'est une méthode de gouvernement,
06:03par le dialogue, avec l'ensemble des partis,
06:06pour chercher des consensus
06:07sur les sujets d'intérêt général.
06:09Et il me semble que c'est ça, la sortie de la crise politique
06:11où nous sommes.
06:12C'est un dialogue plus large.
06:14D'ailleurs, c'est comme ça que je le raconte dans le livre.
06:15Nous avons fait voter le budget de 2025,
06:18parce que Michel Barnier était tombé.
06:21Et finalement, par le dialogue,
06:22et j'ai dialogué, y compris,
06:24avec et le Rassemblement National,
06:26et la France Insoumise,
06:27évidemment qu'ils n'ont voté ni l'un ni l'autre
06:29pour ce budget,
06:30mais on a réussi à convaincre le Parti Socialiste,
06:32avec des contreparties qui me semblaient raisonnables,
06:34de s'abstenir ce qui a fait passer le budget.
06:37Et à l'avenir,
06:39la situation politique est morcelée.
06:41Il y a trois grands ensembles.
06:43Il y a l'extrême-gauche,
06:44il y a l'extrême-droite,
06:45et il y a les partis dits de gouvernement,
06:47qui sont majoritaires,
06:49et qui, de mon point de vue,
06:51ont plus en commun que de sujets
06:53qui les séparent,
06:54et qui peuvent tout à fait travailler ensemble
06:56sur une plateforme commune.
06:58Et ce dialogue entre les uns et les autres,
07:00c'est ça qui permet de trouver des solutions
07:02que les Français acceptent.
07:04Parce que ce que j'ai adoré,
07:06quand j'ai eu ces échanges avec tous les partis,
07:08on avait fait ça à Bercy,
07:09avec ma collègue Amélie de Montchalin,
07:11et les partis venaient à Bercy,
07:13il y avait le patron ou la patronne du parti,
07:15et des groupes à l'Assemblée et au Sénat,
07:16et j'avais demandé que la presse,
07:18ce qu'ils voulaient, soit là.
07:20Et après,
07:22les responsables politiques
07:23commentaient en temps réel devant la presse
07:25ce qui s'était passé.
07:26Et les Français étaient très intéressés
07:28parce qu'ils ont vu la construction de ce budget
07:31avec le dialogue le plus large,
07:33et ça a créé un consensus.
07:34Et du coup, ils ont soutenu ce que nous avons fait.
07:37– Des solutions claires aujourd'hui,
07:38parce que moi,
07:39j'ai l'impression qu'aujourd'hui,
07:40on a tellement tardé en tout
07:41qu'il faut des solutions radicales.
07:43Donc, par exemple, sur la retraite.
07:44Aujourd'hui, il faut travailler précisément
07:47en temps de cotisation ou en âge.
07:49À votre avis, il faut travailler jusqu'à quel âge ?
07:51On est à 62 aujourd'hui.
07:53Est-ce qu'il faut travailler 63, 64, 65 ?
07:55Est-ce qu'il faut un temps de cotisation qui change ?
07:58Est-ce que ça, c'est une réforme fondamentale ?
07:59Oui ou non ?
08:00– Alors, d'abord,
08:01je suis moins radical que vous sur les solutions
08:04puisqu'il y a cinq ans de redressement
08:06et donc, il faudra trouver des accords
08:08dans tous les segments de l'action.
08:09– D'accord, mais soyons concrets.
08:10Dites-moi les retraites.
08:11– Sur les retraites,
08:12– Quel âge ?
08:14– La question de l'âge pivot
08:15est la question qui a empêché la réforme
08:17qu'Édouard Philippe a portée
08:18lors du premier quinquennat.
08:20Je pense que la question de l'âge pivot,
08:22c'est une question qui est maudite
08:24parce qu'on voit bien que c'est ça
08:25qui empêche de trouver un accord.
08:26– Oui, mais...
08:27Alors, qu'est-ce qu'on...
08:28– Donc, la durée de cotisation,
08:30la durée de cotisation,
08:32qui fait l'objet d'un consensus
08:33puisque Marie-Solte Touraine a fait une loi
08:35qui augmentait la durée de cotisation
08:36et Elisabeth Borne a continué.
08:38Je pense que la clé,
08:39c'est la durée de cotisation.
08:40– Combien de temps ?
08:41– La durée de cotisation,
08:45la loi Borne prévoyait
08:46de rajouter un trimestre tous les ans.
08:50Et on en est aujourd'hui à...
08:52Ça a abouti à un âge d'ailleurs,
08:54parce qu'aujourd'hui, il y a une limite d'âge.
08:56Absolument, qui est 62 ans et 9 mois.
08:57Moi, je suis partisan qu'on reprenne cette réforme.
09:00– Donc, c'est combien ?
09:00C'est 42 ans ?
09:01– On rajoute un trimestre,
09:04c'est un peu plus de 42 ans.
09:05On rajoute un trimestre tous les ans,
09:08qui fait que l'année prochaine,
09:08ce sera 63 ans.
09:10– D'accord.
09:10Donc là, c'est clair.
09:12– Et simplement pour les métiers pénibles,
09:15il y a des personnes à qui, physiquement,
09:18on ne peut pas demander de travailler
09:19au-delà d'un âge qui...
09:20– Je suis d'accord,
09:21et qu'on n'a pas envie de voir un plaquiste
09:22à 63 ans ou un couvreur sur un toit à cet âge-là.
09:25– Et c'est-à-dire que le conclave
09:25sur les retraites a chopé,
09:27puisque la CFDT voulait un régime plus généreux
09:30que ce que ne voulait le MEDEF,
09:31et c'est vraiment dommage qu'il ne faut pas arriver.
09:32– Est-ce qu'il faut travailler plus hebdomadairement ?
09:36Hier, je crois que Bruno Retailleau
09:38demande une demi-heure de plus par jour,
09:40ce qui fait donc deux heures et demie par semaine,
09:43ce qui fait des semaines à 37h30 au lieu de 35 heures.
09:46Est-ce que là aussi, il faut imposer, selon vous,
09:50un retour à 37, 38 ou 40 heures ?
09:53– Alors, je vais vous dire,
09:55moi j'ai été chef d'entreprise pendant 20 ans,
09:57dont 15 ans dans le privé,
09:58et je vous ai dit que j'étais contre les 35 heures.
10:01Je considère que la durée du travail dans la semaine
10:03n'est plus un sujet pour les entreprises,
10:05parce que ça veut dire quoi les 35 heures ?
10:07Ça veut dire qu'en moyenne,
10:08les Français travaillent 40 heures,
10:10donc 5 heures payées en heures sup.
10:12Donc, si on dit que ces 37 heures,
10:13ils vont continuer à payer, à travailler 40 heures,
10:15il n'y aura plus de 3 heures en heures sup.
10:17Donc, franchement, les entreprises se débrouillent
10:20tout à fait avec le système actuel.
10:22Moi, de façon générale, d'ailleurs,
10:23on est dans un pays où on adore le verbe,
10:26on adore le texte, on adore la loi.
10:28Franchement, il faut être pratico-pratique.
10:30Il faut être pratico-pratique.
10:32Quand ça fonctionne, on n'y touche pas.
10:34Les Anglais ont une très belle phrase,
10:36ils le disent comme ça,
10:37s'il ne s'est pas cassé, pourquoi le réparer ?
10:39Donc, je pense que la durée du temps de travail dans la semaine,
10:41d'ailleurs, le MEDEF n'en parle pas,
10:43les syndicats n'en parlent pas,
10:45et nous sommes compétitifs dans les industries
10:47où il y a assez de technologies pour que nous le soyons.
10:49En fait, le problème, c'est l'État.
10:50Il y a 6 millions de fonctionnaires.
10:52On sait sans doute que les fonctionnaires
10:54travaillent peut-être moins que le privé.
10:58Retraite privée, retraite publique,
11:00il y a aussi un souci.
11:01À chaque fois qu'on fait une réforme sur la retraite,
11:03on touche sur le privé,
11:04alors que c'est la retraite publique qui est en difficulté.
11:06– Il faut évidemment harmoniser les conditions de retraite
11:09entre le public et le privé.
11:11Ce qui a été fait, d'ailleurs,
11:13il y a eu beaucoup de transformations dans l'État,
11:15vous êtes critique de l'action du Président de la République,
11:18la réforme de la SNCF est une réforme importante
11:20en matière de conséquences sur les finances publiques,
11:23et maintenant, les retraites publiques
11:25sont entraînées dans les réformes des retraites.
11:27– Moi, je ne suis critique pour rien du tout.
11:29Je suis critique, je vois que la dette explose,
11:32je vois que le chômage explose,
11:33je vois que Pisa, on est nul,
11:36je vois que l'insécurité grandit,
11:38je vois que l'immigration est massive,
11:40je vois...
11:40Qu'est-ce qui a marché ?
11:41Qu'est-ce qui a marché ?
11:43– Qu'est-ce qui a marché ?
11:43Ce qui a marché, c'est le retour de l'attractivité de la France
11:46dans les investissements,
11:48c'est la réussite de nos grandes entreprises,
11:50c'est le fait que le chômage...
11:51– Mais ça, ce n'est pas lié à Emmanuel Macron,
11:53la réussite des grandes entreprises.
11:54Vous êtes marrant.
11:56Je suis bien d'accord avec vous, en fait.
11:57Le privé marche bien, le privé.
12:00Mais en quoi Emmanuel Macron est responsable
12:02de la réussite des grandes entreprises ?
12:03– Sur l'attractivité, on a parlé de la politique de l'offre,
12:05qui est une politique qui a été suivie ces dernières années,
12:08l'attractivité, c'est beaucoup l'État qui s'est démené,
12:11et je ne suis pas d'accord que le public fonctionne mal.
12:15Regardez, le nombre de nos grandes administrations
12:17qui fonctionnent bien, l'armée,
12:19on a une des meilleures armées...
12:20– Vous êtes allé dans un hôpital récemment ?
12:22– Oui, malheureusement.
12:24– Bon.
12:24– Les hôpitaux fonctionnent...
12:26– Il y a une qualité de médecin formidable, d'ailleurs.
12:28– Mais autrement, il y a quand même des grandes difficultés.
12:31– Oui, il y a des difficultés de gestion.
12:32– L'école est en difficulté.
12:34– Merci, vous êtes quand même incapables de dire
12:36combien il y a de fonctionnaires qui travaillent.
12:37– Mais si, on le sait, parce qu'on n'est pas...
12:39– Alors, attendez, il y a trop de questions.
12:42– Et on a été piraté, et c'est le cornu qui, au bout de dix ans,
12:45dit « Tiens, mon administration, elle n'est pas terrible. »
12:47– C'est là où le piratage est intéressant,
12:49et c'est là où, je vais vous dire,
12:51les pistes de solutions que j'ai, parce que,
12:53il y a clair, c'est que ça devrait fonctionner mieux.
12:56– Une des questions, d'ailleurs, ce n'est pas ça
12:57qui explique le piratage à Bercy,
12:59mais c'est la double authentification.
13:01Quand on se connecte sur les impôts ou sur la sécurité sociale,
13:06il faudrait une double identification,
13:09et en plus, il y a une directive européenne qui le prévoit.
13:12Moi, ce que je propose très simplement,
13:14c'est qu'il y ait une coordination des sujets informatiques de l'État,
13:17qui nécessairement est placée auprès du Premier ministre,
13:19et que l'ANSI soit dotée d'un pouvoir de décision,
13:22et dise à l'administration, et ça c'est très simple,
13:25c'est une lettre circulaire,
13:26vous mettez en place la double authentification.
13:28Et nous, qu'est-ce qu'on fait à la place ?
13:30On a voulu transposer la directive européenne,
13:32et donc il y a un texte de loi qui est en avette
13:34entre l'Assemblée et le Sénat,
13:35et puis, je ne vais pas rentrer dans la technique,
13:38il y a eu un élément complémentaire qui fait l'objet d'un désaccord,
13:41ce qui fait que la loi n'est pas votée,
13:42et on n'a toujours pas la double authentification.
13:44Faisons simple, donnons au pouvoir de l'administration
13:48le pouvoir de s'organiser, de simplifier les procédures,
13:51et d'être, comme on est dans les entreprises orientées clients,
13:53l'administration soit plus encore orientée vers le site moyen.
13:57Comme toujours, à chaque fois que quelqu'un vient sur ce plateau
14:00en dehors de la fonction,
14:02je disais la même chose avec Bruno Le Maire,
14:04j'ai envie de lui donner le bon Dieu sans confession,
14:06comme on dit.
14:07C'est déjà une étape.
14:07Parce que tout ce que vous dites est vrai,
14:08mais une fois que vous êtes en place,
14:12manifestement, pour des raisons que j'ai n'ai jamais travaillées,
14:15peut-être que c'est impossible en fait,
14:16c'est un tel bordel, pardonnez-moi de le dire comme ça,
14:20c'est tellement difficile de bouger quelque chose
14:23qu'en fait, tu ne peux rien faire.
14:24C'est une inertie.
14:28– Bruno Le Maire, je ne sais pas si c'est une boutade ou pas,
14:30un ministère, c'est le lieu le moins bien placé
14:33pour réfléchir à la réalité des choses.
14:35C'est là où on voit le moins bien la situation.
14:37– Oui, j'ai de l'amitié pour Bruno,
14:39je ne partage pas cet avis.
14:42Je donne des pistes dans le livre
14:44qui sont en fait ce que j'ai fait à la Caisse des dépôts.
14:46La Caisse des dépôts, c'est 370 000 personnes
14:49et c'est 1 400 milliards d'euros d'engagement.
14:52Ce n'est pas une PME.
14:53Et j'ai changé l'organisation avec l'équipe qui m'entourait
14:57pour ramener à 10 dirigeants, 4 métiers, 6 fonctions
15:01et pour mettre en place des procédures
15:03pour que les actions engagées déroulent plus rapidement.
15:06Et je suis convaincu qu'on peut le faire dans l'État
15:08en s'occupant d'organisations,
15:11de chaînes de commandement,
15:12parce que la chaîne de commandement dans l'État,
15:13elle est discontinue,
15:14et simplement dans la culture française,
15:16c'est quelque chose qui n'a pas été fait,
15:18non pas par le président Macron,
15:19ça n'a pas été fait depuis des années
15:22ou peut-être même des décennies.
15:23Et ça, c'est assez simple.
15:26Et je proposerais,
15:28si c'est quelqu'un avec qui j'ai des relations,
15:31disons de travail possible,
15:33au président ou au premier ministre qui arrive,
15:35de mettre ça en place,
15:36parce que ce n'est pas très compliqué.
15:37Ça, c'est très efficace.
15:38Et en plus, ça ne pose pas de problème politique,
15:40ça ne coûte rien.
15:41D'ailleurs, j'avais proposé
15:42de commencer à m'occuper de ça cette année,
15:44mais si on peut le faire l'année prochaine,
15:46il n'est pas trop tard.
15:46Restez avec nous,
15:47parce que je voulais vous faire écouter
15:49deux ou trois choses.
15:50Et puis, ce qui est intéressant,
15:50ce qui me frappe toujours aussi,
15:51pardonnez-moi de le dire comme ça,
15:53c'est le ton.
15:54Par exemple, aujourd'hui,
15:55c'est agréable de vous écouter,
15:57parce que, bon, voilà,
15:58on est dans la nuance,
15:59il y a un ton qui est différent,
16:00et quand vous êtes en place,
16:02je trouve qu'il y a quelque chose
16:03de l'ordre de la rigidité,
16:04quelque chose qui n'est pas agréable,
16:06quelque chose qui est parfois sentencieux,
16:08quelque chose qui est aussi
16:09de la langue de bois, etc.
16:09C'est ça que je regrette.
16:11Je pense que cette communication,
16:12elle est morte aujourd'hui.
16:13Je pense qu'il faut parler
16:14comme vous parlez là,
16:15avec authenticité, sincérité,
16:17et au plus près des choses,
16:19dire les choses,
16:20il me semble,
16:21mais n'ayant jamais été ministre...
16:23Je vous remercie,
16:23mais quand on est responsable
16:23de porter la parole de la République
16:25avec un impact possible
16:27sur l'emploi,
16:28les marchés financiers, etc.,
16:29Oui, non, mais c'est possible que...
16:30C'est un poids...
16:31C'est possible.
16:32...qui existe.
16:34Mais c'est ça
16:35où il faut être libre, peut-être ?
16:37Et puis, je vous ferai parler
16:37d'Emmanuel Macron tout à l'heure,
16:38vous me direz ce que vous en pensez.

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