00:01Eric Montmartre est avec nous, dis pas ça tu vas finir par te faire virer, c'est chez Albin Michel,
00:05l'ancien ministre des Finances raconte.
00:06D'abord vous êtes chez Viré ?
00:08Alors ça fait pas référence en particulier au gouvernement, puisque le gouvernement d'ailleurs, j'ai pas été renouvelé, ce
00:14qui est différent.
00:15Mais pourquoi vous avez pas été reconduit ? Vous étiez...
00:17Je sais pas...
00:18Ah si vous savez ?
00:19Non.
00:20Ah si ?
00:20Non.
00:21Ah aussi ?
00:22Non mais il y a sûrement une raison, dites-nous, c'est pas drôle, dites-nous les choses, autrement c
00:26'est pas amusant, dites-nous...
00:28Ce qui est intéressant c'est dire la vérité.
00:30Et la vérité c'est que...
00:31Vous savez bien ?
00:32C'est pas...
00:32Bah arrêtez, moi je vous crois pas.
00:36Vous avez forcément une idée.
00:37Je ne mens pas, peut-être que j'étais un peu encombrant, encore que j'ai été loyal, non la
00:44réalité c'est que...
00:44Qui vous vire ?
00:45Dans la vie politique...
00:46Qui vous vire ?
00:48C'est Emmanuel Macron ?
00:49Dans la vie politique il n'y a pas de DRH, justement vous parliez de DRH, de façon très simple,
00:53le Premier ministre m'a appelé un dimanche en disant
00:55je suis désolé, tu ne seras pas dans l'équipe, je dis bon je te remercie de m'avoir prévenu,
01:00il m'a dit le Président de la République t'appellera sans doute pour te remercier et t'en parler.
01:03Il t'a appelé ? Il vous a appelé ?
01:05Non mais...
01:07Il ne vous aimait pas alors ?
01:10Vous l'avez revu ?
01:11Je l'ai croisé à une cérémonie à l'Elysée, on a eu des propos chaleureux mais anodins.
01:19Et c'est pas...
01:20Enfin franchement...
01:21Quel monde quand même !
01:23On sait que ce monde est comme ça.
01:24J'essaie de comprendre M. Lombard, il y a sûrement une raison, votre politique, est-ce votre personnalité ?
01:30Vous lui avez dit des choses, il y a sûrement des raisons.
01:32Il y a sûrement des raisons, je ne pense pas que ce soit très important et quand on est dans
01:37le monde politique,
01:39et je le contourne depuis très longtemps, on sait que c'est comme ça que ça fonctionne, il ne faut
01:42pas s'en formaliser.
01:43Moi je le vois à l'inverse, j'ai eu l'honneur de servir à la Caisse des dépôts et
01:47au gouvernement, de faire des choses.
01:50Ce que j'en ai tiré, c'est ce que je disais tout à l'heure rapidement, c'est deux
01:53enseignements.
01:54C'est possible de bouger les choses pour autant qu'on le veuille et qu'on ait une vision claire,
01:58y compris dans le fonctionnement de l'administration, y compris dans des réformes importantes.
02:02Et c'est une question de clarté de vision de Gaulle.
02:07Et vous diriez que Emmanuel Macron a une clarté de vision ?
02:09Oui, et sa vision était très juste en 2017.
02:14Et ce qui a péché, mais ce qui a péché historiquement ces dernières années sous la Vème République,
02:19c'est à partir de la vision, l'exécution.
02:23Et c'est vrai que dans l'entreprise, on apprend à mettre en œuvre ce qu'on décide,
02:26et dans l'État, on fait les textes, et puis après on pense que l'administration suivra,
02:31que l'intendant suivra, et la réalité c'est qu'il faut vivre de façon plus précise.
02:35– Ça c'est, comment dire, la défense, la plaidoirie de l'aile madame.
02:40J'entends ça depuis dix ans.
02:41– Ce n'est pas une défense, c'est une proposition.
02:42– Ce n'est pas de la faute du président, quand ça sort du bureau,
02:45le président dit « je veux que ce soit en blanc »,
02:48et déjà quand on sort du bureau, un conseiller dit « oui, il a peut-être dit crème »
02:51et puis ça va finir en rouge.
02:52C'est la défense que j'entends depuis dix ans.
02:55Elle ne me convainc pas, c'est à lui de mettre en charge.
02:58– Ce n'est pas une défense, c'est une proposition.
03:00D'abord, il y a quand même un petit peu de critique peut-être dans ce commentaire,
03:04puisque la responsabilité de l'exécution, elle relève aussi du pouvoir politique.
03:08– Évidemment.
03:09– Simplement, ce que je constate, c'est que ce n'est pas dans la tradition
03:11et dans les savoir-faire des responsables politiques,
03:14et d'ailleurs ce n'est pas leur rôle.
03:16– Mais ce n'est pas vrai ce que vous dites.
03:18un jour, il y a eu, comment dire, un prisonnier qui s'est évadé de l'île de Ré.
03:24Il y avait le bagne.
03:25De Gaulle, il a licencié le préfet, il a licencié tout le monde.
03:29Toute la chaîne.
03:31Il a pris des décisions.
03:34Donc, il y a des...
03:36C'est quand même...
03:37Parce que vous me dites, le politique n'a jamais rien fait,
03:40c'était l'administrateur qui suivait.
03:41– Oui, mais la question n'est pas d'analyser ce qui s'est passé,
03:44et ce qui est votre rôle et que vous faites.
03:48Et mon sujet, c'est comment est-ce qu'on traite ça à l'avenir.
03:50– Oui, je suis d'accord.
03:51– C'est ça qui est important.
03:53Et donc, d'abord, il faut considérer que c'est bien
03:54aux responsables politiques de s'en occuper.
03:56Et moi, je fais une proposition très simple,
03:59de constituer auprès du Premier ministre,
04:00et ça ne coûte pas d'argent parce que c'est une petite équipe,
04:03qui s'occuperait de l'organisation de l'État.
04:06Quand François Bérou était Premier ministre, il l'a revu.
04:09– Non, non, non, le commissariat est au plan, c'est la prospective.
04:12– Je vous l'assure, je vais tomber de la chaise.
04:14Si vous dites que le ministre ne s'occupe pas
04:16de l'organisation de l'État, mais il sert à quoi ?
04:18Un ministre, ça ne sert à rien, c'est comme dans le film de Louis de Funès.
04:21– Le ministre ne s'occupe pas.
04:22– Je ne sais rien faire.
04:23– Quand est-ce que c'est la dernière fois où vous avez vu
04:26un ministre s'occuper de réorganiser son ministère ?
04:29Eh bien, c'était Christian Sauterre,
04:32quand il a réorganisé le ministère des Finances
04:33avec la fusion de la Comta et de la DGFIP.
04:36Et c'est vrai que ce n'est pas dans la tradition française
04:38d'organiser le fonctionnement de l'État.
04:42François Bérou l'a fait en revoyant le rôle des préfets
04:44et en redonnant aux préfets responsabilité dans le département.
04:46– Le politique n'organise pas l'État ?
04:49– Parce que ça n'est ni dans la tradition,
04:52et je pense que c'est ça qui a...
04:53Enfin, je consacre un chapitre du livre à cette question,
04:57parce qu'elle est vitale.
04:59Encore une fois, on peut commenter les raisons
05:00pour lesquelles ça n'a pas été fait.
05:01– Je suis bien d'accord avec vous.
05:02– Les raisons s'étaient faites.
05:03– Alors, l'épargne salariale.
05:04– Vous dites qu'il faut une vision claire du courage.
05:07Vous nous avez dit aussi qu'il faut une union
05:09de la gauche et de la droite contre les extrêmes,
05:11tous ensemble.
05:12Comment vous voulez avoir une vision claire
05:13et agréger tout le monde sur des antagonismes pareils ?
05:16– Sur le point de l'organisation,
05:18c'est vraiment un sujet que tout le monde doit prendre en compte,
05:21parce que ça n'a pas été fait, il faut le faire.
05:24Sur la vision claire,
05:26je n'ai pas dit de rassembler le centre contre les extrêmes.
05:28J'ai dit que nous devons avoir un projet
05:30qui est le projet des partis de gouvernement
05:33dans ce qu'ils ont en commun,
05:35la vision européenne, la transformation énergétique,
05:37plus d'équité,
05:38qui soit suffisamment mobilisateur
05:40pour que ce projet gagne,
05:42et gagne contre effectivement ce qui sera en face,
05:44qui sont les deux extrêmes.
05:46Mais on ne va pas gagner les élections
05:48en disant qu'il ne faut pas que le RN gagne,
05:50il ne faut pas que l'EF gagne.
05:51– Vous allez vous engager d'ailleurs ?
05:52– On va gagner les élections
05:52en disant que notre projet
05:54est le meilleur projet pour la France.
05:56– Et vous, vous allez vous engager ?
05:57Vous avez un candidat ?
05:57– Je suis déjà engagé, me semble-t-il.
05:59J'ai fait des contributions sur l'Europe,
06:01– Mais vous êtes avec Edouard Philippe,
06:02vous êtes avec Gabriel Attal ?
06:04– Je suis indépendant,
06:06je dis ce que je pense,
06:07je remercie d'inviter un indépendant.
06:09– Mais vous êtes proche de qui ?
06:10– Vous êtes candidat ?
06:11– Oui, c'est pour ça que les…
06:13– Je vais vous répondre clairement.
06:15– Vous êtes le plus proche de celui aujourd'hui.
06:16– Bruno Retailleau ?
06:17– Non.
06:21– Je travaillais encore hier soir
06:22avec un de ses proches
06:23et j'ai bien travaillé avec Bruno Retailleau
06:25qui est un républicain
06:26pour qui j'ai du respect.
06:28Je connais bien les dirigeants
06:29du Parti Socialiste,
06:30je connais bien Edouard Philippe,
06:31je connais bien Gabriel Attal,
06:32je connais bien François Hollande.
06:33– Vous avez en…
06:34– Je suis en dialogue.
06:35– Vous avez vu que vous engagez ?
06:36– J'ai un dialogue.
06:37Aujourd'hui, avec personne,
06:39et je leur dis les yeux dans les yeux,
06:40parce que je souhaite d'abord
06:41qu'on se mette d'accord sur le projet,
06:43avoir un projet mobilisateur,
06:45et après, nous verrons,
06:46et tout le monde y traite dans son coin,
06:48quelle sera l'incarnation.
06:49Et l'incarnation, c'est quelque chose
06:51qui viendra plus tard.
06:52Et la raison pour laquelle
06:54je ne me suis engagé auprès de personne,
06:55c'est que pour le moment,
06:56il n'y a ni un projet,
06:58ni un candidat
06:59qui me convainque suffisamment.
07:03Et j'attache beaucoup d'importance
07:04à la question de la méthode,
07:05j'en ai déjà parlé
07:06depuis que je suis sur ce plateau,
07:07c'est-à-dire,
07:09comment est-ce qu'on va construire
07:10une majorité
07:11pour pouvoir régler les problèmes
07:14qui existent et qui sont nombreux.
07:16Et ma conviction,
07:17c'est que ce sera une coalition,
07:19comme on l'a fait
07:20de façon implicite
07:21pour faire le budget 25,
07:23avec les parties
07:24ou des parties de la question.
07:25– Écoutez, effectivement,
07:27– Voilà le…
07:28– Vous attendez que François Hollande…