00:00Marc Toitier est avec nous, bonjour Marc.
00:02Bonjour Romain, bonjour à tous.
00:03Comment réduire le déficit sans faire payer les Français ?
00:06Marc, je vous pose la question, comment vous faites ?
00:07Eh bien oui, c'est possible.
00:09C'est ce que j'appelle ma thérapie de choc bienveillante.
00:12Parce qu'on en a marre de ces déficits publics.
00:14Alors d'ailleurs, petite devinette,
00:15à quand remonte le dernier excédent public en France ?
00:1874 ?
00:19Bravo Romain, vous avez vu le graphique à l'avance.
00:21Je connais mes classiques.
00:22Non, mais oui, ça remonte à une période antédiluvienne.
00:26Depuis 1975, donc, que des déficits publics.
00:30C'est évidemment, il n'y a aucun pays qui a fait ça.
00:32Nous sommes les cancres du monde, la risée du monde.
00:34Donc il faut que ça s'arrête, bien entendu.
00:36Mais le problème, c'est qu'à chaque fois que nous voulons que ça s'arrête,
00:38qu'est-ce qu'on fait en France ?
00:39On augmente les impôts et on refuse l'essentiel,
00:42qui est justement de baisser la dépense publique.
00:44Oui, c'est ça.
00:45Un tout petit cours d'économie,
00:47mais le déficit public, c'est sur un an,
00:49c'est notre budget sur un an.
00:51C'est ça, c'est les recettes et les dépenses.
00:53Donc en fait, on a plus de dépenses que de recettes.
00:55Et le cumul des déficits,
00:57parce que ça se cumule tous les ans,
00:58c'est ce qu'on appelle la dette publique.
01:00Voilà pourquoi la dette publique a explosé,
01:02parce que comme on n'a que des déficits,
01:03cette dette explose en permanence.
01:05La dette, c'est 50 ans de déficit.
01:07Voilà, exactement.
01:08Et malheureusement, ça continue,
01:09puisque le problème, je l'évoquais dernièrement,
01:11c'est que quand la dette augmente,
01:12la croissance, la richesse qu'on crée,
01:14n'augmente pas à l'aune de cette dette.
01:16Donc on est bloqué.
01:17Vous dites qu'il faut baisser les impôts.
01:18Si on baisse les impôts, ça fait moins de recettes.
01:20Donc ce fameux déficit va augmenter.
01:23Ma théorie, elle est très simple.
01:24Aujourd'hui, il faut redonner de l'espoir aux Français.
01:26Donc on doit effectivement baisser les impôts.
01:29Parce que nous sommes numéro un du monde des impôts.
01:31Baisser les impôts pour tous.
01:33Par exemple, pour les ménages, la CSG,
01:35rappelez-vous, créée par Michel Rocard en 1991,
01:37à la base, c'était 1%.
01:38Maintenant, on est à 9%.
01:39Sur l'épargne, on est à 17%.
01:41Ça n'arrête pas d'augmenter.
01:42Donc il faut que ça se baisse.
01:43Tous les Français pourront justement bénéficier.
01:46Pour les entreprises, pareil.
01:47L'impôt sur la production que vous payez,
01:49même si vous gagnerez, zéro.
01:50Donc là aussi, on devait le supprimer.
01:52Le gouvernement l'avait promis.
01:53Finalement, il ne l'a pas fait.
01:54Là, ça redonne du PEPS.
01:56Et donc justement, si vous baissez les impôts,
01:58ça va dynamiser la croissance.
02:00Et donc, vous aurez plus de recettes fiscales.
02:03C'est exactement l'inverse de ce qu'on fait aujourd'hui.
02:04Mais la clé, évidemment, c'est surtout de baisser les dépenses.
02:08De baisser les dépenses publiques de fonctionnement.
02:11Comment on les baisse ?
02:14Et ça recoupe quoi, ces dépenses de fonctionnement ?
02:17C'est ça, parce qu'hier, j'ai eu beaucoup de questions.
02:18J'en ai parlé très rapidement.
02:19Ces dépenses de fonctionnement, elles sont énormes.
02:21Aujourd'hui, c'est 550 milliards d'euros.
02:24C'est-à-dire que c'est 32% de toutes les dépenses publiques.
02:26Rendez-vous compte, 32% des dépenses publiques,
02:29ce sont des dépenses de fonctionnement.
02:30Donc, je vous ai mis la définition officielle,
02:31on la voit ici, de l'INSEE.
02:33Donc voilà, ça regroupe les frais de rémunération des personnels,
02:37évidemment, les dépenses d'entretien et de fourniture,
02:39et tous les frais de fonctionnement
02:41selon les compétences de la collectivité.
02:43Donc, par exemple, quand on a recours à un cabinet d'études, etc.,
02:47ben voilà, c'est frais de fonctionnement, et ainsi de suite.
02:49Donc, le drame, c'est quoi ?
02:49C'est qu'on a aujourd'hui 570 000 élus en France,
02:52donc ils ont tous, pas seulement leur salaire,
02:54certains d'ailleurs n'ont pas de salaire,
02:55mais surtout, ils ont autour d'eux,
02:57bien c'est frais de fonctionnement.
02:58Donc, c'est ce qui fait que ça explose,
03:00et donc aujourd'hui, rendez-vous compte,
03:01c'est 32% de ces dépenses publiques.
03:04On a également ce qu'on appelle les ODAC,
03:05alors c'est encore pire,
03:06c'est ce qu'on appelle organismes divers d'administration centrale.
03:09Il y en a 700, alors la plus connue, c'est Météoro France,
03:13on a aussi également le CNRS,
03:14mais on a, vous voyez, par exemple,
03:16le Centre régionaux d'information et de documentation jeunesse.
03:19Vous voyez, il y en a 700, je ne rentre pas dans le détail,
03:21ça coûte 150 milliards d'euros par an.
03:24Donc là, il y a du grain à moudre,
03:25et là, les Français ne vont pas payer.
03:27Vous voyez, chaque fois, on va faire payer les Français,
03:29augmenter leurs impôts.
03:29Je dis non, il faut aujourd'hui réduire ces dépenses publiques,
03:32réduire ces dépenses de fonctionnement
03:34qui ne produisent pas de richesse,
03:36et c'est comme ça qu'on pourra réduire le déficit,
03:37justement, tout en baissant les impôts
03:39et sans faire payer les Français.
03:41Question que je rajoute comme ça,
03:44pourquoi on ne le fait pas ?
03:45Pourquoi les différents présidents de la République ne le font pas ?
03:47Est-ce que ça les intéresse ?
03:48Est-ce que tout le monde s'en fiche ?
03:50Est-ce que les ministres...
03:51Parce que j'ai l'impression qu'à chaque budget,
03:52les ministres viennent gratter quelques milliards,
03:54donc tout le monde s'en fiche en réalité.
03:55Le drame, c'est qu'il n'y a aucune volonté politique de le faire.
03:58Hier, je débattais avec Bruno Le Maire,
03:59et bon, en 2017, il m'avait convoqué en me disant
04:01« Voilà, vous n'inquiétez pas, je vais réformer la France ».
04:03Évidemment, il ne l'a pas fait.
04:04Et je lui ai dit « Mais est-ce que vous allez baisser la dépense publique ? »
04:07En 2017, il m'a dit « Ah non, Emmanuel ne veut pas. »
04:10En 2017, vous vous rendez compte ?
04:11Il n'y a jamais eu de volonté politique,
04:13parce que ce n'est même pas du courage.
04:15C'est de la peur, de la connivence,
04:16en tout cas, il n'y a pas de volonté.
04:17Donc il faut que ça s'arrête.
04:18Il faut ce que j'appelle un grand soir fiscal,
04:20revoir complètement la fiscalité,
04:22et un grand soir de la dépense publique,
04:23revoir complètement le fonctionnement de notre économie,
04:25parce que ça ne fonctionne pas.
04:26Regardez, on est numéro un du monde
04:28des dépenses d'éducation nationale.
04:29Regardez le résultat PISA, c'est une catastrophe.
04:33Donc ça montre bien qu'il y a des moyens,
04:34mais ils ne sont pas bien utilisés.
04:36Marc Touati, si on ferme tous les ZODAC,
04:39comme Météo France,
04:40et tous les centres d'information jeunesse,
04:42certains ZODAC ne servent à rien,
04:44ça va faire augmenter le chômage ?
04:45Non, justement, parce qu'il y a deux éléments positifs.
04:47D'abord, il y a ce qu'on appelle le papy-boom,
04:48beaucoup de départs à la retraite,
04:50des agents de la fonction publique,
04:51donc simplement, on ne les remplace pas.
04:52Ce qu'on promit également, depuis Sarkozy,
04:54tout le monde a promis ça,
04:55finalement, ça n'a pas été suivi d'effet.
04:56Le nombre d'agents de la fonction publique a augmenté,
04:58donc il y a les promesses, puis ensuite la réalité,
05:00et puis surtout, si vous baissez les impôts dans le même temps,
05:03ça génère de la croissance,
05:04donc ça fait baisser le chômage,
05:06parce qu'il y a plus de créations d'emplois,
05:07donc voilà, simplement, c'est des emplois privés.
05:09Donc voilà, vous ne faites pas augmenter le chômage
05:11en réduisant ces ZODAC,
05:12d'autant qu'il y a beaucoup de doublons,
05:14vous savez ce qu'on appelle le milleveuil administratif,
05:15ça coûte 10 milliards d'euros chaque année.
05:17Par contre, c'est des économies énormes que nous pouvons faire,
05:20elles sont directes, faciles à mettre en place,
05:23il faut juste avoir la volonté.