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  • il y a 7 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur le discours que tenait François Mitterrand sur l'immigration.

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Transcription
00:00Écoutez ce que disait François Mitterrand, on est en 1988, ce qu'il dit sur l'immigration, et il parle
00:06de remigration.
00:08Remigration, François Mitterrand.
00:10Donc aujourd'hui, la déclaration que vous allez entendre, dans l'espace médiatique d'aujourd'hui, elle est d'extrême
00:16droite.
00:16François Mitterrand, président de la République.
00:19Il y a les immigrés, ceux qui n'ont pas envie de devenir français, qui veulent rester attachés à leur
00:23pays d'origine.
00:25De deux catégories. Il y a les clandestins.
00:27Et il y a ceux qui sont reconnus parce qu'ils ont un contrat de travail et une carte de
00:32séjour.
00:33Ceux qui sont clandestins, il n'y a qu'une seule loi possible.
00:38Il faut, c'est malheureux pour eux, mais c'est la nécessité, il faut qu'ils rentrent chez eux.
00:45Et les dispositions doivent être prises, elles ont été prises pour cela, pour qu'ils rentrent chez eux.
00:51Et puis il y a ceux qui sont là avec leur contrat de travail et leur carte de séjour.
00:56Est-ce qu'il y en a trop ?
00:57Ce que je sais, c'est que dans les années qui ont procédé 1981, il y a eu une formidable
01:01aspiration à faire venir chez nous des immigrés,
01:04sans doute parce qu'on les payait moins bien que les autres, moins bien que les Français, que les travailleurs
01:09français.
01:10On est allé les chercher par charter et par camion tout entier.
01:13On les a déversés en France, dans nos grandes usines, particulièrement de la région parisienne.
01:17Et ensuite, ces gens-là, ils se sont installés, ils ont fondé leur famille très souvent, ils ont parfois épousé
01:24des femmes françaises,
01:25ils ont vécu, et ça devient très difficile de les traiter sans nuance.
01:31Et pourtant, le gouvernement Morois a pris des dispositions pour faciliter leur réinsertion dans leur pays d'origine,
01:38leur donnant des certains avantages pour qu'ils puissent d'eux-mêmes partir.
01:43C'est-à-dire qu'il faut réduire le nombre, bien entendu.
01:46Mais il faut le faire dans le respect du droit et dans le respect des personnes.
01:49– Vous vous rendez compte quand on entend ça, Mathias Leboeuf ?
01:53Moi, j'essaie toujours d'être le plus honnête intellectuellement, c'est pas facile.
01:56Parce qu'on a tous parfois des préjugés.
02:00Mais ce qu'on disait dans les années 80, on ne pourrait pas le dire aujourd'hui.
02:04Qu'est-ce qu'il dit au fond ?
02:05Il défend l'identité française.
02:07Il dit que trop d'immigration dans la France peut la mettre en danger.
02:14Que le nombre, il a souvent parlé de seuil.
02:19Aujourd'hui, quelqu'un qui dirait ça, c'est François Mitterrand.
02:23Premier président de la Vème République, premier président socialiste de la Vème République.
02:28Il parle de remigration, ce que dit Eric Zemmour.
02:31– On ne vous a pas échappé qu'on a beaucoup dit que François Mitterrand
02:34était un homme culturellement très à droite.
02:40C'était un lecteur de Chardonne, de Maurras.
02:45– On a le droit d'être un lecteur de Maurras.
02:47– On a le droit de dire Chardonne aussi.
02:49– Non, non, mais on a le droit, bien évidemment.
02:52– Non, mais c'est intéressant quand même.
02:54– Moi, je ne peux que dire une chose, c'est qu'effectivement,
02:57ces propos aujourd'hui…
02:59– Vous avez voté pour lui sans doute encore.
03:00– Oui, bien sûr, j'ai voté pour lui.
03:03Après, ce que je retiens dans ce propos-là,
03:06c'est qu'effectivement, il parle de remigration et de retour au pays.
03:11Je pense qu'il parle pour les gens qui, notamment…
03:14– Ça n'aurait plus de sens aujourd'hui, disons-le.
03:15– Ne travaillez plus.
03:16– Les gens qui ont 20 ans et qui sont nés ici,
03:18ça n'a pas de sens de dire vous allez aller dans un pays
03:20dans lequel vous n'avez jamais ni grandi, ni connu, etc.
03:23On est d'accord que ça n'a aucun sens.
03:24– Et là, en plus, il parle de la première génération de migrants,
03:31d'émigrés.
03:33Comment dire ?
03:34Je note aussi qu'il parle de droit, de nuance et de, encore une fois, de…
03:40– Vous tournez autour du pot.
03:42– Non, non, mais je ne tourne pas…
03:43– Vous tournez autour du pot pour une raison simple,
03:45c'est qu'on doit vous poser la question moins souvent qu'à moi,
03:48est-ce que vous êtes toujours de gauche ?
03:50Mais de quelle gauche ?
03:51Celle de Mitterrand ou celle d'aujourd'hui ?
03:53– Je vous dis qu'aujourd'hui, il n'est plus possible d'être de gauche,
03:56de la gauche qui est représentée aujourd'hui.
03:58Il est encore possible d'être de cette gauche-là,
04:00mais on ne peut plus être de la gauche d'aujourd'hui
04:02parce qu'elles sont antagonistes, elles disent exactement le contraire.
04:05Alors, vous êtes assis entre les deux chaises,
04:07vous allez finir par tomber.
04:08– Je ne pense pas que la gauche,
04:11incarnée par Jean-Luc Mélenchon,
04:12on pleurait le même discours.
04:13– Je suis en train de préparer un livre là-dessus,
04:17donc justement…
04:17– Faites gaffe.
04:19– Vous aurez la réponse bientôt.
04:23– Mais non, vous avez raison sur une chose,
04:26moi je sais pourquoi je suis de gauche.
04:28– Laquelle ?
04:29– Laquelle ?
04:30Je suis d'une gauche libertaire,
04:33une gauche sociale-démocrate,
04:35d'une gauche universaliste.
04:37– Vous n'allez pas voter Mélenchon.
04:38– Non, je ne voterai pas Mélenchon.
04:40– Bon, on va marquer une pause.
04:41Philippe Ballard.

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