00:00– Sur les quotas migratoires, David Guiraud, qu'est-ce que vous dites à ça ?
00:04Est-ce que ça ne peut pas être finalement la mesure de compromis ?
00:08– Je vous dis qu'on tourne en haut.
00:10– Pourquoi ?
00:11– On tourne en haut. Je suis maire d'une ville de 100 000 habitants,
00:14qui s'appelle Roubaix. Ce débat, ça fait des siècles qu'il a.
00:18Des siècles qu'on nous parle comme ça de l'immigration.
00:21Ça a commencé avec les Belges. À un moment, Roubaix était majoritairement belge.
00:26Les mêmes débats. Ils nous volent notre travail.
00:30Ils ne veulent pas s'intégrer. Ils ne parlent pas la langue française.
00:32Ils restent entre eux. Dans le Nord, un peu moins à Roubaix.
00:37Dans le Nord, les Italiens, ça a été la même.
00:41Portugais, Polonais, les mêmes débats.
00:43– Et donc ? – On tourne en haut.
00:45On doit le respect.
00:46– On les a envoyés quand même pour une grande partie.
00:48Je parle notamment des Italiens. Il y a une bonne partie de l'immigration italienne qui a été envoyée.
00:51Je dis à l'époque, je ne dis pas c'est ce qu'il faut faire aujourd'hui.
00:53– Aller dans le Nord, vous allez voir si les Italiens ont été envoyés.
00:55Il y a des familles d'origine italienne.
00:57– Mais pour vous, il y a un problème d'immigration ou pas ?
00:59– Mais commençons par respecter l'histoire profonde des habitants de ce pays.
01:05Moi, dans ma ville, donc ça a commencé, je vous ai dit, il y a eu des Belges,
01:08il y a eu des Italiens, des Portugais, des Maghrébins, des Africains.
01:12On a construit le pays. On a habillé toute la France depuis chez moi.
01:16C'est de ma ville que viennent les Arnaud, les Muliers.
01:20Les plus grandes fortunes du pays, elles viennent de ma ville.
01:23Qui c'est qui a bossé dans les usines à ce moment-là ?
01:27Des Maghrébins, des Portugais, des Belges.
01:30Et si on mettait un peu plus d'énergie à faire ce qu'ont fait à un moment les anciens
01:35dans ce pays,
01:35c'est-à-dire à un moment où, à Roubaix, le patronat était un peu plus féroce socialement,
01:40et puis les socialistes, le mouvement socialiste de Roubaix, moi à côté, je suis en engin.
01:44Qu'est-ce qu'ils ont fait à un moment particulier de l'histoire de notre pays ?
01:47Au lieu de se dire l'immigration ou pas l'immigration, qu'est-ce qu'on a fait ?
01:50On a fait les grandes conquêtes sociales.
01:52De Roubaix vient le 1% patronal qui a permis de financer massivement des logements
01:57pour loger dignement les ouvriers et pour que tout le monde, dans tout le pays, soit bien traité.
02:02Ensuite, on a fait les avancées du Front populaire.
02:05Bref, quand on s'est mis à se dire, on traite les gens dignement,
02:08et on fait des politiques sociales qui soient égales pour tous,
02:11en intégrant ceux qui sont là, en leur donnant les mêmes droits que les autres,
02:14c'est à ce moment-là qu'on a avancé dans le pays.
02:16Et quand on s'est mis à tourner en rond autour des histoires d'immigration,
02:19est-ce qu'il y en a trop, est-ce qu'il faut des quotas, etc., on stagne, on régresse.