- il y a 7 semaines
Bruno Retailleau, candidat “Les Républicains” à l’élection présidentielle était l’invité de BFM Politique ce dimanche 6 septembre. Il a notamment été interrogé sur sa proposition de révision constitutionnel, les propositions du RN sur le voile sur l'Ukraine ou sur l'immigration.
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00:00Bonjour à tous, je suis ravi de vous retrouver pour BFM Politique, notre invité ce matin, Bruno Rotaio, candidat à
00:06l'élection présidentielle.
00:07Il nous dira comment il compte s'imposer à droite et au centre. Il détaillera aussi son projet.
00:12Il veut que le peuple reprenne la main sur les juges et notamment sur le Conseil constitutionnel.
00:17BFM Politique, c'est parti !
00:32Bonjour à tous, bonjour Bruno Rotaio, président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle.
00:37Merci d'être notre invité à mes côtés. Amandine Attalaya, bonjour Amandine.
00:41Bonjour.
00:41Et Bruno Jeudy de la Tribune, dimanche. Bonjour Bruno.
00:44Alors on le disait, une année qui part, je sois chapeau de roue cette année présidentielle.
00:48Vous qui êtes candidat à cette élection présidentielle, un week-end extrêmement fort politiquement avec des dossiers de fonds et
00:56notamment la question de l'immigration.
00:57On reviendra dans quelques instants, je le disais, sur votre projet constitutionnel.
01:02Vous voulez tout changer ? Vous dites qu'il faut redonner la parole au peuple face aux juges.
01:06Mais d'abord, ce déplacement, Jordan Bardella était en Grande-Bretagne.
01:10Il est allé à la rencontre de Nigel Farage, le patron du parti réforme UK et il a signé un
01:17accord.
01:17Un accord qui prévoit qu'en cas d'arrivée au pouvoir, le président du RN promet que les migrants interceptés
01:22dans la Manche seront ramenés en France pour être reconduits vers leur pays d'origine.
01:26Alors il a émis quelques réserves ensuite, Jordan Bardella.
01:29Mais comment vous qualifiez cela ? Comment vous avez interprété cela, Bruno Retailleau ?
01:34Je l'ai interprété comme le signe parfait d'un amateurisme.
01:38Je ne sais pas s'il avait lu le mémorandum.
01:40En tout cas, l'objectif, ce serait de transformer la France en un vaste centre de retour pour tous les
01:47immigrés illégaux qui tenteraient de passer la Manche et qui se retrouveraient en Grande-Bretagne.
01:51Donc c'est absolument incompréhensible.
01:54On le voit, pas sur cette photo-là, mais quelques secondes avant, quand Nigel Farage est en train d'annoncer
02:00la surprise qu'il veut faire à ses compatriotes.
02:04On le voit sage comme une sorte d'écolier écoutant le Brexiteur.
02:08Autre message s'afficher à côté d'un Brexiteur.
02:11Est-ce que ça veut dire que le Rassemblement national remet en cause un Frexit ?
02:15Est-ce qu'il remet en cause l'euro ?
02:17Ils ont tellement changé d'avis sur toutes les questions qu'on peut s'interroger.
02:21Ce matin, vous leur posez la question, vous dites est-ce que s'afficher avec Farage ?
02:24Ça veut dire que vous voulez sortir de l'Europe ? C'est la question que vous posez ce matin
02:27?
02:27C'est la ligne principale d'ailleurs de Farage.
02:29Il a fait son miel politique sur la question du Brexit.
02:34C'est un Brexiteur.
02:35Vous ne sauriez pas aller le voir, Bruno Rotaillou, vous ?
02:37Vous, candidat président des Républicains, vous ne sauriez pas aller vous afficher à Birmingham avec Nigel Farage ?
02:44Il est clair que non, mais le problème est que le Rassemblement national, en réalité, est un parti jouette.
02:50Vous pouvez trouver les déclarations de Marine Le Pen en 2011 ou 2012 sur le nucléaire,
02:55ensuite sur l'euro, ensuite sur l'Europe.
02:57Ils ont changé d'avis sur tout.
02:59C'est un parti démagogique.
03:01On l'a vu d'ailleurs, on y reviendra sur le voile d'ailleurs.
03:04On y reviendra sur le voile.
03:05Il a changé d'avis ou il s'est fait rouler en fait ?
03:08Écoutez, je pense que c'est de l'amatorisme.
03:09Mais franchement, ça fait peur.
03:11Parce qu'il est censé, demain, je pense que Marine Le Pen, je dirai pourquoi, ne parviendra pas au pouvoir.
03:17Mais en cas de succès de Marine Le Pen au présidentiel, il est censé être Premier ministre.
03:23Je m'étonnerais d'ailleurs si j'en crois les relations qu'il y a au sein du Rassemblement national.
03:28Mais ça fait peur quand même.
03:29Tant d'amateurisme, ça fait peur, oui.
03:30Oui, on ne peut pas...
03:31Jean-Dade Barnella est un amateur pour vous ?
03:34Il n'est pas apte aux fonctions de Premier ministre puisque c'est celle vers laquelle Marine Le Pen l
03:42'aiguille ?
03:43D'abord, je pense qu'il va avoir une expérience.
03:45Il a sûrement beaucoup de qualité.
03:46Il a sans doute du talent, bien sûr.
03:48Il est très jeune.
03:49Je pense que malheureusement, le 2027, c'est l'élection de la dernière chance.
03:53La France va très très mal.
03:55Elle est en déclin.
03:56Tous les Français, la plupart des Français le pensent.
03:58Et sans expérience, ça rendra les choses beaucoup plus difficiles.
04:02Mais les derniers jours, la semaine passée, a montré que le Rassemblement national n'était pas prêt pour le pouvoir.
04:07On l'a vu sur un certain nombre de sujets économiques avec la réforme des retraites.
04:11Mais aussi le voile, l'Ukraine, tous ces sujets-là.
04:15D'abord, il y a plusieurs lignes.
04:16Et ça montre que souvent, ça n'est pas sérieux.
04:19Y compris d'ailleurs, j'en parlerai tout à l'heure, sur les institutions.
04:22Ce qu'elles proposent, elles, pour le référendum, ça ne marche pas.
04:26Vous les accusez, vous le disiez ?
04:27Vous les accusiez ?
04:27De vouloir sortir de l'Europe en s'affichant avec Nigel Farage ?
04:31Je dis que c'est un message.
04:33Je pose la question.
04:33C'est un message.
04:35Dans la vie politique, tout compte.
04:37Les images comptent.
04:38Et Dieu sait si je pense que Jordan Bardella sait que l'image, c'est important.
04:42Donc s'afficher avec quelqu'un qui ne veut plus d'Europe, qui veut balancer par-dessus bord l'Europe,
04:48c'est en soi un message.
04:50Vous demandez quoi ? Un éclaircissement au RN ?
04:51Je ne demande rien du tout.
04:53C'est à eux de savoir vis-à-vis de nos compatriotes ce qu'ils souhaitent faire.
04:56Vous qui êtes candidat, ce qui est intéressant aussi, c'est de savoir ce qui est concrètement et différent dans
05:01les programmes.
05:01Vous feriez quoi alors sur cet épineux dossier de l'immigration France-Royaume-Uni, dont on ne se sort pas
05:08depuis des années ?
05:09Je pense que le premier problème, c'est ce que j'avais commencé à faire quand j'étais à Beauvau.
05:14C'est d'exiger que la Grande-Bretagne supprime un certain nombre de laxismes et de mesures.
05:21Vous savez qu'il n'y a pas de carte d'identité.
05:23Vous savez qu'en réalité, la Grande-Bretagne, le Royaume-Uni, c'est une formidable pompe aspirante pour les clandestins.
05:28Parce qu'une grande partie de leur économie fonctionne de cette façon-là.
05:32Et j'avais signé, moi, un accord.
05:35Et notamment dans cet accord, il était prévu à l'époque qu'ils puissent rehausser leurs exigences.
05:39Par exemple, en matière d'inspection du travail.
05:41Par exemple, en matière de travail clandestin.
05:44Pour qu'enfin, il y ait des contrôles.
05:45Pour qu'enfin, il y ait des sanctions.
05:47Parce que tant qu'on ne met pas fin à ces pompes aspirantes, on ne règle rien du tout.
05:53Quand on voit cette position, on le disait sur l'immigration, vous parliez aussi de la position sur l'Ukraine.
05:58On va réentendre, effectivement, ce qui s'est passé cette semaine.
06:01C'était Louis Alliot, sur notre plateau, justement, qui s'est exprimé sur la position du RN à l'égard
06:06de l'Ukraine.
06:07Écoutez-le.
06:09Concrètement, vous, au pouvoir, si M. Zelensky demande davantage d'argent, de financement, d'économie, de prêts, justement,
06:15vous dites que ce n'est plus possible.
06:17La France, qui déjà vit à crédit, n'a plus de crédit.
06:19On coupe le robinet.
06:20Et on coupe le robinet, on ne peut plus le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l
06:26'économie.
06:27Tout le monde est à l'os et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour
06:32défendre l'Ukraine.
06:32Moi, je veux bien, mais qui paye tout ça ? Qui paye cette guerre-là ?
06:37Il faut aussi savoir arrêter une guerre.
06:41Le RN qui veut couper le robinet à l'Ukraine.
06:43Le RN, je ne sais pas, parce que Jordan Bardella, justement, a plus ou moins contredit Louis Alliot.
06:49Hier, c'était à Éric Ciotti de démentir un peu ses propos, en tout cas de s'en démarquer.
06:54Mais vous voyez, tout ça manque de sérieux.
06:56Je pense qu'on a des engagements internationaux.
06:58Et là encore, il y a une tendance du Rassemblement national qui, paradoxalement, affiche son patriotisme.
07:04Pardon.
07:04J'étais ministre de l'Intérieur et croyez-moi, croyez-moi, la Russie, c'est une menace pour la France.
07:10Il n'y avait pas de semaine sans qu'il y ait des cyberattaques.
07:13Il y a même eu un attentat qu'on a pu attribuer, une tentative d'attentat, qu'on a pu
07:17directement attribuer à la Russie.
07:20Donc, de l'un ou l'autre, soit on est patriote et on n'accepte rien, soit on aime bien
07:26Poutine.
07:27Mais à ce moment-là, c'est au mépris des intérêts de la France.
07:30Pour vous, Bruno Retailleau, le RN est vendu à Vladimir Poutine ? Non, mais je vous pose la question.
07:34Vous caricaturez. Oui, il est poutinophile.
07:36En tout cas, il y a une forme d'attirance.
07:39On l'a bien vu par le passé.
07:40Ils essaient de s'en démarquer aujourd'hui.
07:42Mais très franchement, je ne confiderai pas les intérêts de la France à ce parti-là.
07:48Est-ce que vous êtes favorable à une... Certains le disent, vous, président.
07:52Est-ce que vous pensez qu'il faut réintégrer la Russie de Poutine dans le G7 ?
07:59Moi, je pense que tout le monde veut la fin de la guerre.
08:02Je pense que tant que Poutine n'aura pas compris que militairement, il ne peut pas gagner,
08:06il ne reviendra pas à la table des négociations.
08:09Donc, je pense que si on veut la paix, il faut montrer à Vladimir Poutine que la guerre coûtera beaucoup
08:16plus que la paix.
08:17C'est dans ce sens qu'il faut que les Occidentaux, l'Europe puissent soutenir l'Ukraine.
08:20D'autant que, je le dis à nos compatriotes, et je sais qu'un certain nombre d'électeurs de droite
08:25parfois sont troublés.
08:26Je dis Poutine, ce n'est pas la Russie. Poutine, c'est le KGB.
08:30Poutine, c'est le retour à un État KGB.
08:33Ça n'a rien à voir avec ce que l'on peut imaginer.
08:38Au départ, ce qu'il avait voulu laisser penser, le peuple slave, une culture slave,
08:42le retour à une forme de slavitude, l'orthodoxie sur le plan religieux.
08:46Non, c'est autre chose. C'est autre chose.
08:48Donc, clairement, vous, Président de la République, vous continuez à soutenir financièrement et militairement l'Ukraine,
08:58respectant ainsi les traités qui nous lient pour plusieurs années.
09:02Ce n'est pas seulement une question de traité. Je pense que c'est une question d'intérêt.
09:06Moi, je pense que, moi, Président de la République, la ligne de la France en matière de politique étrangère,
09:12c'est d'abord les intérêts de la France et des Français.
09:15Et je pense que notre intérêt, c'est qu'on puisse avoir une ligne, une frontière très ferme,
09:22une sorte de butée vis-à-vis de Vladimir Poutine, parce qu'il va être affaibli.
09:28En interne, il est vraisemblablement affaibli.
09:30Et il sera tenté, sans doute, poursuivre des aventures militaires.
09:34Donc, je pense qu'il faut lui dire non. La loi de la force ne peut pas passer.
09:39Qu'est-ce que vous dites très concrètement, Bruno Retailleau ?
09:41Vous évoquiez des divergences au sein du RN sur cette question de l'Ukraine,
09:45sur la question de l'immigration, sur la question du voile.
09:48Qu'est-ce que vous dites ce matin aux électeurs du Rassemblement national ?
09:51Je voudrais m'adresser à eux, justement.
09:53Je voudrais m'adresser à eux parce que, pour la neuvième fois,
09:56neuvième reprise sur les bulletins de vote en 2027,
09:59pour l'élection présidentielle, ces bulletins de vote porteront le nom de Le Pen.
10:03Neuvième fois. Neuvième promesse. Et ce sera le neuvième échec.
10:07Marine Le Pen ne l'emportera pas. Elle échouera.
10:10Elle échouera. Et malheureusement, elle peut faire gagner
10:13ceux que les électeurs du Rassemblement national ne veulent pas voir gagner.
10:17Par exemple, la gauche, ou alors des candidats macronistes.
10:21Je serai le candidat de la rupture.
10:23Je serai le candidat d'une radicalité sérieuse.
10:26C'est ce que je veux le dire ce matin.
10:28On ne peut pas réussir avec l'amateurisme.
10:30Donc vous dites aux candidats du RN, venez voter pour moi ?
10:33Bien sûr.
10:34Parmi vos grandes divergences, il y a notamment les retraites,
10:36sur lesquelles, d'ailleurs, Jordan Bardella et Marine Le Pen
10:38ne sont pas forcément complètement d'accord.
10:41Marine Le Pen s'en tient aux 62 ans, avec 60 ans pour les carrières longues.
10:44Jordan Bardella a voulu faire bouger ce point.
10:47Sans y parvenir.
10:48Ça fait partie de l'amateurisme.
10:49On ne peut pas dire...
10:50J'étais à côté d'elle aux universités du MEDEF.
10:53Elle a dit, moi, je ferai 125 milliards d'économies sur les 5 ans, sur mon mandat.
10:58Et faire en sorte que l'âge légal, on le recule.
11:02Ça ne marche pas.
11:03Et elle dit, ça va coûter 9 milliards.
11:05Déjà, c'est bien de reconnaître que ça coûtera de l'argent.
11:07Non.
11:08L'Institut Montaigne et d'autres avaient justement calculé exactement le coût de cette mesure.
11:14C'est sans doute plus de 30 milliards.
11:16Donc on ruine le pays.
11:18Donc on ne peut pas laisser la France, à un moment donné où elle est très faible,
11:22où encore une fois, on est au bord du gouffre, au bord de la banqueroute,
11:26à des mains vraiment aussi inexpérimentées.
11:29Vous soulignez des divergences.
11:30Hier, sur notre antenne, Jordan Bardella a dit, je cite,
11:32« Quand on a des désaccords, on a pour habitude d'en discuter entre nous avec Marine Le Pen.
11:37J'ai une affinité politique et personnelle indéfectible à Marine Le Pen. »
11:41Vous ne le croyez pas ?
11:43Écoutez, l'histoire du Rassemblement national, avant le Front national,
11:48c'est un clan, c'est un clan familial.
11:50Marine Le Pen est en train d'installer ses nièces, son beau-frère, etc.
11:55Et sans doute que la débordalisation du parti a déjà commencé vraisemblablement.
12:01Le départ de M. François Durvy, qui était censé apporter justement un peu de crédibilité économique,
12:06c'est l'histoire du Rassemblement national.
12:08Et ça fait partie d'ailleurs des raisons pour lesquelles il y a un plafond de verre.
12:11Et c'est aussi pour cela que j'appelle, moi, les électeurs du Rassemblement national à venir me soutenir.
12:16En même temps, aujourd'hui, c'est ce parti qui capitalise sur la colère des Français,
12:22l'assitude des Français devant des successions de pouvoir depuis une trentaine d'années.
12:28Vous avez été, même de manière brève, ministre de l'Intérieur.
12:33Vous portez aussi le poids de cette droite au pouvoir.
12:37Les électeurs de Marine Le Pen que vous voulez convaincre, ils vous reprocheront.
12:42Deux choses.
12:43Ce n'est pas Emmanuel Macron qui m'a choisi comme ministre de l'Intérieur, c'est Michel Barnier.
12:48J'étais un ministre de l'Intérieur de cohabitation.
12:50Et tous les mois, j'affichais un certain nombre de désaccords avec le président de la République.
12:55Première chose.
12:56Deuxième chose, ce que montrent les sondages.
12:58Et c'est là où vous avez raison.
13:00Il y a une colère.
13:01Comment ne pourrait pas y avoir de colère en France quand on voit le pouvoir d'achat ?
13:07Bien sûr, mais qu'est-ce que ça signifie, les sondages ?
13:10Ça signifie que la prime donnée à cette radicalité, la prime donnée,
13:14ça veut dire que les Français, nos compatrioles, veulent le changement.
13:18Ils veulent une rupture.
13:20Simplement, moi, ce que je veux leur dire, c'est que la démagogie n'est pas la rupture.
13:24On en parlera sur le voile.
13:25Ça ne sert à rien.
13:27Le voile, pour moi, c'est caractéristique d'une proposition totalement démagogique.
13:30Ils savent qu'ils ne pourront pas l'appliquer.
13:32Mais pour autant, comme c'est plutôt populaire, eh bien, on y va.
13:36Mais alors, très concrètement, vous aussi, on ne comprend pas bien.
13:38Sur le voile, c'est quoi votre position ?
13:39On se rappelle, vous aviez dit, dans le voile, dans le sport,
13:42abat le voile, vive le sport.
13:44Là, vous dites, c'est totalement démagogique.
13:48Donc, ce n'est pas un peu hypocrite ?
13:49C'est-à-dire quoi ?
13:49Finalement, le voile, on ne peut rien faire ?
13:51Concrètement, vous ne l'interdisez pas ?
13:52Bien sûr que si, bien sûr que si.
13:54Et précisément, j'ai fait adopter au Sénat de nombreuses lois,
13:58petites lois, parce qu'elles ne sont pas passées ensuite à l'Assemblée nationale,
14:01pour interdire, par exemple, le voile dans le sport,
14:03parce qu'il faut protéger le sport.
14:04Ça n'a pas été voté à l'Assemblée, si je ne me trompe pas.
14:06Exactement, c'est pour ça que je parlais, on parle en langage un peu technique de petites lois,
14:10quand une loi est passée dans une Assemblée, mais n'a pas été votée par l'autre.
14:14Pareil pour les accompagnatrices scolaires, parce que je considère que le voile est interdit à l'école,
14:19et que précisément, les sorties scolaires, c'est l'école hors les murs.
14:22Voilà, donc je pense très concrètement, moi ce que je pense, c'est un,
14:26si on veut traiter ce problème-là, il faut moins d'immigration.
14:29Ceux qui ne s'attaquent pas à l'immigration, en réalité, laissent un angle ouvert pour le voile.
14:36Mais ça, Marine Le Pen, elle le dit aussi.
14:38Oui, on verra comment elle le fait, justement, puisqu'elle le fait en voulant faire un référendum
14:42qu'elle ne pourra pas faire.
14:44Ça sera un autre sujet, on en parlera sans doute quand on sera amené à parler du sujet constitutionnel.
14:48Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
14:49Un, on interdit le voile, là on peut le faire.
14:52C'est-à-dire, sorties scolaires, c'est-à-dire le sport, c'est-à-dire aussi à l'université.
14:57Et puis, vous, président, vous interdirez le voile à l'université ?
14:59Absolument, absolument.
15:01Et on tape aussi ceux qui veulent voiler les femmes, c'est-à-dire les islamistes,
15:06c'est-à-dire les mouvements, notamment fréristes.
15:08On interdit leur activité.
15:10J'ai fait là encore voter très concrètement, il y a quelques mois, au mois de mai,
15:14une loi, justement, pour pouvoir plus facilement dissoudre leurs activités,
15:18contrôler, justement, les écoles où ils arrivent à entraîner
15:21des tout jeunes enfants.
15:22Voilà, il y a des solutions.
15:25Mais ne perdons pas les Français.
15:26Mais si pour vous, c'est un signe de soumission de la femme,
15:28pourquoi vous ne l'interdisez pas aux mineurs alors qu'ils se le font imposer,
15:31comme propos d'une partie du centre ?
15:32Non, mais j'y suis favorable.
15:34Mais, encore une fois, interdire le voile, le voile, y compris porté par des adultes,
15:40dans l'espace public, croyez-vous que les gendarmes, les policiers,
15:44puissent reconnaître aussi facilement une femme voilée pour des raisons idéologiques,
15:49une femme qui aura eu une maladie, un cancer, et qui aura, là encore,
15:55qui devra se couvrir la tête, et évidemment, tous celles et ceux qui vont contester.
15:59Ça ne marchera pas si, mais si, justement, un, on réduit l'immigration,
16:04et on pourra y revenir tout à l'heure, deux, on tape justement les islamistes
16:08qui voilent les femmes, voilà, on dissout notamment les différentes organisations
16:13des frères musulmans.
16:14Toute l'immigration n'est pas musulmane, il y a beaucoup de femmes voilées
16:17qui sont françaises.
16:18Mais, attendez, bien sûr, mais il y a une question d'assimilation et d'intégration,
16:23et vous savez parfaitement que la question de l'intégration comme de l'assimilation
16:26est d'abord une question de nombre. Plus vous accueillez, moins vous assimilez,
16:30moins vous intégrer, et on a en plus une immigration, on est le pays d'Europe
16:34où notre immigration est géographiquement la plus concentrée,
16:38notamment sur l'ère arabo-musulmane.
16:42Il y a eu un retournement spectaculaire aussi cette semaine, celui de Jean-Luc Mélenchon,
16:46qui disait, il y a longtemps que ça, c'était en 2010, mais comme vous,
16:49que le voile, c'était un signe de soumission patriarcale.
16:52Il est revenu dessus, il dit qu'il s'est trompé, aujourd'hui il est pour la liberté
16:56des femmes voilées. Comment vous interprétez cette évolution sur 15 ans
17:00de Jean-Luc Mélenchon ?
17:01C'est intéressant que vous fassiez le parallèle, parce qu'on a en réalité
17:04deux exemples de partis qui sont des partis complètement démagogues.
17:09On change d'avis en fonction, en réalité, de ce que l'on croit être
17:12les intérêts électoralistes. Moi j'ai une constance, j'ai une quille,
17:15mon bateau a une quille, voilà, et j'ai un cap, j'ai une boussole.
17:18Mais Jean-Luc Mélenchon, c'est très clair, je l'ai connu, il a été sénateur,
17:23vraiment laïcard, pratiquement sourcilleux, grand républicain,
17:26et aujourd'hui il est devenu en réalité communautariste.
17:30C'est simplement pour des raisons électoralistes.
17:33Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis draguent le vote musulman,
17:38c'est tout en France.
17:40Et c'est pour cela...
17:40C'est une gérouette comme...
17:42Mais bien sûr c'est une gérouette, pour les mêmes raisons.
17:45Il a fait son calcul, il n'était pas au deuxième tour,
17:48au dernier présidentiel, il a vu le nombre de bureaux de vote,
17:51les voix qui pouvaient...
17:53Quelqu'un d'ailleurs, un spécialiste de ces questions,
17:55avait fait ce calcul, c'est Jérôme Fourquet,
17:57ce qu'il lui fallait en réalité engranger pour pouvoir être au second tour,
18:01et il en a tiré une conclusion.
18:02Et à partir de novembre, notamment, ce qui m'a été,
18:05pour moi, une énorme surprise, mais un scandale,
18:08il a défilé, en novembre 2019, aux côtés des islamistes.
18:12Donc il n'y a aucune sincérité...
18:13Et au cri d'ailleurs de Halawakbar.
18:14Donc il n'y a aucune sincérité dans le revirement de Jean-Luc Mélenchon,
18:18qu'il a expliqué cette semaine, comme le disait Amandine ?
18:20Oui.
18:21Je ne vous prendrai pas pour quelqu'un de naïf, Bruno Jeudy.
18:25Non mais...
18:26Je pense qu'il n'y a aucune sincérité.
18:29Je pense que tout est calcul politicien, électoraliste.
18:33C'est un laïc, historiquement, ça c'est sûr,
18:35mais il peut aussi avoir évolué, sur la question du voile,
18:38en disant, en plus, sur la faisabilité d'interdire le voile,
18:40comme le disait Guillaume, vous-même, vous dites,
18:42c'est compliqué d'interdire dans l'espace public le voile.
18:46Et les gendarmes et les policiers, ils ont bien du mal à contrôler...
18:49Non, non, moi, je serais intraitable, justement, à ceux qui voilent les femmes.
18:53Je serais intraitable et j'interdirais le voile, justement.
18:55La loi de 2010, par exemple, vous avez été ministre de l'Intérieur,
18:58la loi de 2010 qui interdit la dissimulation du visage...
19:02Elle n'est pas toujours appliquée.
19:03Elle est mal appliquée.
19:05Autant la loi de 2004 est bien appliquée, la loi de 2010 est mal appliquée.
19:08À tel point que vous vous souvenez qu'il y avait un délinquant
19:11qui s'était évadé de prison sous une burqa,
19:15pour passer inaperçu.
19:16Non, mais où va-t-on ?
19:17Donc, non, on peut faire des choses.
19:19Je l'ai dit, je le répète.
19:20Moi, l'immigration, on interdit le voile,
19:22là où il faut l'interdire en priorité,
19:24et surtout, on tape les islamistes et l'idéologie.
19:26Ça suffit, lui, la loi de 2010, par exemple,
19:28et que même vous, il vous range dans le camp des démagos
19:30qui promettaient des choses irréalistes sur le voile.
19:33Ce que je promets, je le tiendrai.
19:35D'abord, je ne change pas d'avis, contrairement à lui et à d'autres.
19:39Je pense que...
19:40Dans une élection, c'est important que les Français sachent,
19:43c'est important que les Français sachent
19:44que moi, je n'ai pas varié avant,
19:46et donc, je ne varierai pas après l'élection.
19:49Voilà.
19:50Sécurité, lutte contre l'immigration, légal, illégal, parfois.
19:54Votre combat, l'un de vos combats au ministère de l'Intérieur,
19:56ça a été aussi, on se rappelle, cette affaire d'Oualem
19:58qui était extrêmement présente,
19:59l'expulsion de l'influenceur algérien,
20:01une décision qui a été contestée devant la justice.
20:03Le rapporteur public du tribunal de Paris
20:04a demandé l'annulation des arrêtés d'expulsion,
20:07ainsi que la restitution de son titre de séjour.
20:10Le rapporteur qui explique que l'arrêté d'expulsion
20:13était, je cite, « entaché d'irrégularité ».
20:16Il évoque l'incompétence, je cite,
20:18du ministre de l'Intérieur,
20:20d'Oualem, qui s'est exprimé à la sortie.
20:22Écoutez, il a un message, notamment, pour vous.
20:25Je lui ai dit, franchement, il a brisé une famille, quoi.
20:28Il a brisé une famille.
20:30Je lui passe un message aujourd'hui.
20:32Franchement, vous faites fausse l'autre sur moi.
20:34Je ne suis pas comme ça, dit tout.
20:35Je ne suis pas violent, dit tout.
20:36Franchement, j'ai envie de l'équiper de ma vie
20:39ou je l'ai laissé le 5 janvier, quoi.
20:41C'est tout.
20:42Je ne demande que ça.
20:43Je ne demande rien, dit tout.
20:45Qu'est-ce que vous lui répondez ?
20:46Qu'est-ce que vous répondez au rapporteur ?
20:47C'était un échec ?
20:48C'est extraordinaire que les médias donnent la parole
20:52à des gens que la France a accueillis
20:55et qui ont, sur les réseaux sociaux,
20:57qui s'en sont pris à leurs compatriotes algériens
21:00parce qu'ils étaient opposants au régime.
21:02Sans doute, d'ailleurs, manipulés par les services algériens.
21:04C'est ce qu'il y a derrière.
21:05Frère, alors, quand on voit finalement que le rapporteur public
21:06dit qu'il faut annuler ça.
21:07Mais vous savez, c'est tout mon combat.
21:10Moi, je constate aujourd'hui que l'État est impuissant.
21:14Il est impuissant.
21:15Vous avez aussi des juges de la Cour européenne de justice
21:18qui nous interdisent d'expulser des individus
21:21qui sont des ressortissants étrangers,
21:23qui ont du sang français sur les mains,
21:24écoutez-moi bien, qui sont dangereux,
21:26et qui, parce qu'ils ont une vie familiale,
21:28parce qu'ils pourraient, dans le pays où on voudrait les expulser,
21:31ne pas avoir droit à un procès équitable,
21:34qu'ils nous interdisent de les expulser.
21:35C'est ça que je veux changer.
21:36Sur cette question, qu'est-ce que vous répondez au juge
21:39sur cette affaire d'Oualem en particulier ?
21:41C'était vous le ministre de l'Intérieur ?
21:42Je réponds au juge qu'il doit y avoir une seule règle
21:45que je ferais respecter.
21:46Quand des ressortissants étrangers viennent sur le sol étranger,
21:50eh bien, ils n'ont pas à menacer d'autres Français ou non-Français.
21:53Quand on bénéficie de l'hospitalité,
21:57pardon, l'hospitalité, c'est la réciprocité.
22:00Quand on rend la réciprocité,
22:02il n'y a qu'une voie, c'est dehors.
22:05Est-ce que vous avez des regrets sur votre passage au ministère de l'Intérieur ?
22:08Des choses que vous auriez pu mieux faire ?
22:10Ah non, mais le regret que j'ai,
22:12j'aurais aimé avoir un président de la République
22:15avec lequel je sois aligné.
22:18J'aurais aimé avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale
22:22pour faire des réformes profondes.
22:23Oui, mais vous, vous pourriez avoir une réponse en cause de votre action.
22:27Ah ben, je le savais.
22:28Moi, si je suis allé à l'époque,
22:30si j'ai accepté la proposition de Michel Barnier,
22:32c'était pour faire en sorte qu'on puisse faire barrage,
22:35notamment à M. Mélenchon et à ses amis.
22:37Je ne voulais pas qu'il s'empare du gouvernement et du pouvoir en France.
22:41C'était dans un moment très particulier,
22:43très particulier,
22:44où je sais que je prenais des risques
22:46et que je ne pourrais pas faire ce que je voulais faire.
22:49Mais il y avait ce risque de la gauche,
22:50mais surtout quand on est patriote,
22:52quand on aime son pays,
22:53on met des mains dans le cambouis,
22:55on retrousse les manches.
22:56On retrousse les manches.
22:57C'est ce que j'ai fait pendant presque 13 mois, 12 mois.
22:59Dans quelques instants,
23:00vous allez nous expliquer comment vous comptez faire
23:01pour que le peuple, justement,
23:02reprenne la main sur les juges.
23:03C'est la grande réforme que vous mettez sur la table.
23:05Et puis comment vous comptez être le candidat
23:07qui va l'emporter à droite et au centre
23:09avec Gabriel Attal et Edouard Philippe
23:11qui sont toujours en course.
23:11A tout de suite.
23:19Bruno Rotailleau, candidat des Républicains
23:20à l'élection présidentielle et notre invité.
23:22Vous avez mis sur la table cette semaine
23:24une proposition de réforme constitutionnelle.
23:27Vous souhaitez redonner la parole au peuple
23:30davantage qu'au juge,
23:31y compris au Conseil constitutionnel.
23:32Qu'est-ce qui vous répondait
23:34à ceux qui vous accusent tout simplement
23:35de coup d'État populiste ?
23:37Je leur réponds que la démocratie,
23:40c'est aussi l'État de droit.
23:41Et ce que je veux simplement dire,
23:43c'est que les propositions que j'ai mises sur la table,
23:45elles sont absolument radicales.
23:47Elles sont la condition de toutes les autres réformes.
23:49J'en cite une.
23:50Par exemple, vous dites,
23:51si un texte voté par le Parlement
23:52est censuré par le Conseil constitutionnel,
23:54eh bien, le président doit pouvoir donner
23:56la dernière parole au peuple.
23:57Absolument.
23:57Je pense que le constat que je fais,
23:59c'est le constat que font beaucoup,
24:00beaucoup de Français.
24:01Il y a quelques mois,
24:0276% d'entre eux,
24:03dans un sondage CVPOP,
24:05trouvaient que la démocratie fonctionnait mal.
24:06Moi, je veux, justement,
24:08parce que j'ai le sentiment
24:09qu'on n'est plus du tout,
24:11en tout cas plus vraiment,
24:12dans un régime démocratique.
24:14Moi, c'est ce que je souhaite.
24:14On n'est plus dans un régime démocratique ?
24:16On n'est pas vraiment dans une vraie démocratie.
24:19On n'est pas vraiment dans une véritable démocratie.
24:22Je vais l'expliquer par exemple,
24:24deux exemples.
24:25Un, l'immigration massive.
24:27Jamais le peuple n'a voté
24:29pour l'immigration massive.
24:31Deux, le laxisme judiciaire.
24:32Jamais le peuple français n'a voté
24:34pour ce laxisme judiciaire.
24:36Donc, je veux moi rendre la parole aux Français
24:39pour que l'État retrouve précisément un pouvoir.
24:43Le pouvoir de décider.
24:44Mais si on n'est pas dans une vraie démocratie,
24:45on est dans quoi aujourd'hui ?
24:46On est dans un régime, bien sûr,
24:48qu'on a des élections,
24:49il y a même parfois des référendums.
24:51Les Français votent oui,
24:52et en réalité, ensuite,
24:53on leur fait admettre que c'est non.
24:56On est dans un régime qui est hybride.
24:58On a un déséquilibre, je crois.
24:59Et c'est pour ça qu'il faut remettre les choses.
25:02Il y a un équilibre qu'il faut replacer.
25:04Et vous, comment vous qualifiez le régime dans lequel on est
25:05si on n'est pas dans un régime démocratique ?
25:07Je dis qu'on n'est pas dans une dictature.
25:09Évidemment que non.
25:09On n'est pas non plus dans un régime autoritaire.
25:11Mais on n'est plus vraiment dans une démocratie.
25:13Pourquoi ?
25:13Parce que le peuple n'a pas le droit de choisir sur tous les sujets.
25:16Le gouvernement des juges, diriez-vous ?
25:17On ne fait que voter.
25:18On est dans un gouvernement des juges.
25:19On est dans un gouvernement...
25:20Oui, les gens votent.
25:22On vote tout le temps, tous les ans, quasiment.
25:23Oui, bien sûr.
25:24Sauf que les gens votent, bien sûr.
25:26Ils votent pour des députés, etc., des sénateurs.
25:29Et puis les sénateurs, les députés votent pour des lois.
25:31Puis les lois sont censurées.
25:32C'est ça qui ne va pas.
25:33C'est ce gouvernement des juges
25:35où on l'emporte.
25:36Le dernier mot, en réalité, c'est les juges.
25:37Et moi, je veux que le dernier mot,
25:38ce soit les Français, le peuple français.
25:41C'est très concret.
25:42Vous m'avez questionné, par exemple,
25:46le peuple puisse censurer la censure.
25:48Voilà.
25:49Je prends un exemple.
25:50Mais est-ce qu'il n'y a pas des garde-fous nécessaires en démocratie ?
25:52Bien sûr.
25:52Mais bien sûr.
25:53Il faut un garde-fous nécessaire.
25:55Le garde-fous du Conseil constitutionnel,
25:58indépendant, je le garde, d'ailleurs.
25:59Évidemment.
26:00Simplement, ce qui ne va pas aujourd'hui,
26:02c'est que le Conseil constitutionnel
26:04va au-delà de ses responsabilités
26:06et va au-delà de sa propre mission.
26:09Je pourrais vous donner des dizaines d'exemples.
26:11Est-ce que vous changeriez au Conseil constitutionnel, déjà ?
26:12Qu'est-ce qu'il y a un exemple ?
26:13Mais un exemple, un exemple.
26:15Le 13 mai, par exemple,
26:16quand le Conseil constitutionnel
26:18censure une disposition
26:19où, quand il y a un narcotrafiquant,
26:21on saisit obligatoirement
26:22et automatiquement ses biens.
26:23Il dit non, non, il faut censurer
26:25parce qu'en réalité,
26:26il faut avoir une décision personnelle,
26:29personnalisée.
26:30Ça ne va pas.
26:31Ça ne va plus.
26:32Quand le Conseil constitutionnel
26:34censure un texte
26:35qui avait voulu être un peu plus ferme,
26:37par exemple, sur la justice des mineurs,
26:38il dit non, non, non, non.
26:39Le grand principe pour les mineurs en France,
26:42c'est un principe d'éducation
26:43et pas de sanction.
26:44Je m'adresse aux parents qui me regardent.
26:47Est-ce qu'une éducation peut tenir sans sanction ?
26:50Ça ne va plus.
26:51Vous diriez quoi ?
26:51Que le Conseil constitutionnel joue contre la France ?
26:53Je dis qu'on est dans un gouvernement des juges.
26:56Je veux donner la possibilité
26:57aux Français de choisir leur destin
27:00pour que l'État puisse lui agir.
27:03Parce que c'est la même chose.
27:04Il y a un malaise.
27:05Il y a un malaise démocratique.
27:06Et ce malaise démocratique
27:08entraîne l'impuissance de l'État.
27:09Aujourd'hui, l'État, en réalité,
27:12est tracassé dans le quotidien
27:14parce que sur des grands sujets,
27:16souvent, il n'arrive plus à agir.
27:17Parce qu'il est censuré.
27:18Comment vous qualifiez le Conseil constitutionnel aujourd'hui ?
27:21Je ne le qualifie pas.
27:22Je veux simplement réaccorder,
27:24réconcilier la démocratie
27:25et puis l'État de droit.
27:26Mais ce n'est pas un peu une facilité de votre part
27:28de vouloir tout faire porter sur,
27:30en gros, ce sont les juges du Conseil constitutionnel
27:33qui nous empêchent de gouverner.
27:34Or, est-ce que les lois qui sont votées,
27:38nombreuses à l'Assemblée et au Sénat,
27:39sont mal faites,
27:42ne respectent pas les grands principes de droit ?
27:44Et puis peut-être aussi
27:45qu'elles sont mal appliquées, les lois.
27:47Parce qu'on sait que,
27:48pas vous, mais collectivement,
27:50les parlementaires font des lois
27:52qui ensuite ne sont pas appliquées
27:53ou mal appliquées.
27:54On l'a dit tout à l'heure pour la loi de 2010.
27:56– Avant d'en vouloir vraiment,
27:57les juges constitutionnels,
27:58pourquoi ?
27:58C'est peut-être des politiques
27:59qui ne font pas bien leur travail.
27:59– Mais justement,
28:00il y a trop de lois qui ne servent à rien du tout.
28:02On bricole.
28:03Moi, ce que je propose, par exemple,
28:05pour le référendum,
28:06puisque aujourd'hui, le référendum,
28:08il y a des sujets qui sont interdits.
28:09La justice pénale interdit de référendum.
28:12– Non, c'est le Conseil constitutionnel
28:13qui a défini le champ des référendums.
28:15– Non, c'est la Constitution.
28:16C'est la Constitution.
28:17C'est la Constitution.
28:18Là, il ne faut pas accuser non plus
28:19le Conseil constitutionnel,
28:20ce que je ne fais pas.
28:21Moi, ce que je veux,
28:23c'est que toute question,
28:24ce que peut faire le Parlement,
28:25demain, le peuple pourra le faire.
28:26– Est-ce que le peuple a toujours raison ?
28:28– En tout cas, en démocratie,
28:30il a raison.
28:31Il a raison en démocratie.
28:32Je veux lui donner le dernier mot.
28:33Quand il y aura une jurisprudence
28:35du Conseil constitutionnel,
28:37par exemple aussi d'un certain nombre
28:38d'autres juridictions,
28:40je veux qu'il y ait des procédures
28:41qui fassent que le dernier mot,
28:43c'est le peuple qui l'a.
28:44C'est le peuple,
28:46les gens qui doivent décider.
28:46– Y compris vis-à-vis des décisions européennes.
28:48– Moi, je voudrais revenir
28:49parce que la droite française,
28:50historiquement, a participé très largement
28:52à la construction européenne.
28:55Vos prédécesseurs à la tête
28:56de la famille gaulliste ou néo-gaulliste,
28:58ils ont pris leur part depuis Chirac
29:00jusqu'à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et d'autres,
29:03y compris même, d'une certaine manière,
29:06Philippe Séguin.
29:06Mais là, avec ce que vous portez
29:08dans votre proposition,
29:11ce n'est pas un peu un Frexit par le droit
29:14que vous voulez imposer aux Français
29:17ou en tous les cas que vous proposez aux Français ?
29:18– Précisément, non.
29:19– Précisément, non, parce que je dis bien
29:21que le droit européen est au-dessus des lois françaises,
29:26mais à condition qu'il respecte la répartition
29:29de la compétence, je vais vous donner un exemple
29:31et la Constitution.
29:32Ce que je dis, ce que je propose,
29:35c'est ce que fait, par exemple, l'Allemagne
29:36avec la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
29:39Je vais vous donner un exemple très concret.
29:40Quand un juge de la Cour de justice européenne dit
29:44« Il y a un problème, temps de travail,
29:46il faut que les militaires, les 35 heures, etc. »
29:49alors que la sécurité nationale n'est pas la compétence de l'Union.
29:52Vous voyez bien que quand il n'y a pas la compétence de l'Europe,
29:55il ne peut pas y avoir une primauté du droit européen.
29:57Donc non, les fondateurs, le traité, dit des choses.
30:01Mais quand un juge sort du traité,
30:04ce que moi, je ne veux pas,
30:06c'est que des juges puissent faire dire au texte,
30:09soit la Constitution, soit des traités,
30:11ce que jamais la Constitution…
30:12Oui, mais si vous vous affranchissez des règles européennes,
30:15si la France dit « Non, mais ça, on prend, ça, on ne prend pas. »
30:18Mais on a aussi un minimum.
30:21L'Europe, c'est en gros l'euro et le droit.
30:24S'il n'y a plus le droit,
30:26eh bien, on va tout remettre en cause,
30:27on va tout détricoter.
30:28Bruno Jeudy, qui dit le droit ?
30:30Qui dit le droit ?
30:31Quelle est la source du droit européen ?
30:32Ça ne plaît pas Richard Ferrand,
30:33le président du Conseil constitutionnel.
30:34Ce sont les traités.
30:35Eh bien, dès lors qu'un juge européen
30:37ne respecte pas, par exemple,
30:39l'article 4-2 du traité européen,
30:41qui dispose que la sécurité nationale,
30:45c'est l'affaire des États et pas de l'Europe,
30:48eh bien là, il franchit une borne.
30:49Donc moi, je suis au contraire très légaliste.
30:51Et je ne veux pas qu'on soit embarqués
30:53dans un gouvernement des juges.
30:55Ce que je propose d'ailleurs sur le Conseil constitutionnel.
30:57On a parlé de la mort d'Edouard Balladur.
31:00Il a fait, lui, il a donné le dernier mot
31:02au peuple, au constituant.
31:04En 93, quand le Conseil constitutionnel,
31:07présidé par Robert Baninter,
31:10censure un texte sur l'asile
31:12qui aurait eu pour conséquence
31:13de faire que la France
31:14aurait été le pays d'appel
31:16de tous les déboutés du droit d'asile
31:17qui auraient pu venir en France.
31:18Édouard Balladur dit
31:19« Je n'accepte pas votre décision.
31:21Je réusse le congrès. »
31:23Précision sur le Conseil constitutionnel et son organisation.
31:25Question concrète.
31:26Vous arrivez au pouvoir.
31:27Est-ce que vous changez le mode de désignation
31:29des membres du Conseil constitutionnel ?
31:30Est-ce que vous gardez les anciens présidents ?
31:32Je pense que les anciens présidents,
31:36je pense qu'ils ne devraient pas être
31:38dans le Conseil constitutionnel.
31:39Mais pardon.
31:40Pourquoi ?
31:41Parce qu'ils sont jugés partis, c'est tout.
31:42Mais ça ne change rien au problème.
31:44Là, on s'égare sur un détail.
31:46Ce que je fais quand j'arrive,
31:48quand j'arrive à l'Élysée,
31:52j'engage immédiatement une révision constitutionnelle.
31:56Il y a notamment une charte de l'ordre républicain
31:57que vous souhaitez adosser à la Constitution.
31:58Je l'ai bien lu.
31:59Il est noté notamment, noir sur blanc,
32:01dedans que vous inscrirez.
32:02Je cite que la France est un pays
32:03de tradition judéo-chrétienne.
32:05Est-ce que ce matin,
32:06vous me confirmez
32:07que vous souhaitez inscrire
32:07dans la Constitution française
32:09que la France est un pays
32:10de tradition judéo-chrétienne ?
32:11C'est extraordinaire.
32:12Je vais vous le confirmer, oui.
32:13Parce que ça correspond à notre histoire.
32:15Ça correspond à notre culture.
32:17Ça n'a rien, si j'ose dire,
32:19d'une trahison vis-à-vis de la laïcité.
32:21Ça n'est pas un aspect cultuel.
32:23Je renforce d'ailleurs aussi
32:24dans la charte de l'ordre républicain
32:27le côté laïque, la laïcité.
32:29Mais ce que je dis,
32:30c'est que sur le plan culturel,
32:31il faut assumer nos racines judéo-chrétiennes.
32:34Et ce sera dans la Constitution.
32:35Et ce sera adossé
32:36c'est d'une charte.
32:38Vous savez qu'il y a une charte
32:39de l'environnement
32:39qui est, comment dirais-je,
32:41adossée à la Constitution.
32:43Et c'est important
32:44parce que les juges
32:44doivent en tenir compte.
32:46Eh bien, je veux que là encore,
32:47ce soit les gens
32:48qui définissent les règles
32:49et non pas les juges.
32:50Et donc, vous, président,
32:51la tradition judéo-chrétienne
32:52de la France sera inscrite
32:53dans la Constitution ?
32:54Absolument, parce que je pense
32:55qu'on souffre aujourd'hui
32:56d'une forme de mea culpa constante,
32:58d'une espèce de culpabilité éternelle.
33:01Et je veux dire aux Français
33:02qu'il faut être fier de nos racines,
33:03fier de ce que l'on est.
33:04Ça n'exclut personne.
33:06Simplement, au contraire,
33:07quand on veut s'ouvrir,
33:08il faut être sûr de ses racines.
33:10Alors, vous êtes crédité,
33:11on le voyait dans les instituts
33:12de différents sondages,
33:13de 6 à 10 % des intentions de vote.
33:15Il y a un nouveau sondage
33:16qui a été publié ce matin
33:17par nos confrères
33:18de l'Institut Ipsos.
33:19Alors, dans cette configuration,
33:20vous êtes à 7,5 %.
33:23Est-ce qu'il y aura un bulletin
33:25Bruno Rotaillot
33:26au premier tour
33:26de l'élection présidentielle ?
33:27Est-ce que vous nous l'assurez ce matin ?
33:29Eh bien, je vous l'assure ce matin
33:30que j'irai jusqu'à la victoire.
33:32Et je pense vraiment
33:33que cette victoire, elle est à portée de main.
33:35Les sondages sont ce qu'ils sont.
33:37Un journal du matin,
33:39il y a quelques jours,
33:40a fait justement une petite étude
33:41sur les cinq dernières élections présidentielles.
33:43Et il montrait qu'une fois sur deux,
33:45les sondages s'étaient trompés
33:46pour prédire le second tour.
33:48Moi, je pense que ce que j'offre,
33:49justement, c'est cette rupture.
33:52Quand j'engage une révision constitutionnelle,
33:54je dis aux Français,
33:55c'est vous qui allez prendre en main
33:56votre destin.
33:57Vous allez choisir votre avenir.
33:59Et l'État va pouvoir reprendre
34:01le pouvoir d'agir,
34:02le pouvoir de décider.
34:03Il faut être prudent,
34:04mais pour l'instant,
34:04on a l'impression que ça ne meurt pas.
34:05Oui, sauf que vous verrez,
34:06je ne pense pas un seul instant
34:08que le duel entre Marine Le Pen
34:12et les filles,
34:13notamment Mélenchon,
34:14puisse avoir une adhésion des Français
34:16parce que ce sera la chionlit.
34:17On le voit déjà
34:19par les déclarations de Mme Pano,
34:21y compris de Mme Tondelier,
34:23qui veulent appeler à la désobéissance civile.
34:25C'est quoi la désobéissance civile ?
34:27Ce serait la chionlit.
34:28Et de l'autre côté,
34:29vous avez des candidats centristes,
34:31des candidats macronistes.
34:32Je pense qu'ils auront beaucoup de mal
34:34à faire oublier le bilan d'Emmanuel Macron
34:36qui est mauvais.
34:37Et par conséquent,
34:38je suis celui
34:38qui peut à la fois
34:40assumer une vraie rupture
34:42et être à la fois sérieux
34:43dans la conduite
34:44de la politique de l'État.
34:44Mais donc rien, Bruno Retailleau,
34:46ne vous fera changer d'avis.
34:47Parce que vous avez dit
34:48au début de l'émission,
34:48tous les autres sont des girouettes,
34:50ils reviennent toujours
34:51sur leur promesse.
34:51Je n'ai pas dit tous les autres.
34:53Je visais les démagogues.
34:54Votre engagement
34:55à être candidat à la présidentielle,
34:56c'est sûr et certain,
34:57même si on voit
34:59au fur et à mesure des mois,
35:00par exemple,
35:00que le bloc central et de droite
35:02ne peuvent pas être qualifiés.
35:05Jusqu'à la victoire.
35:05Jusqu'à la victoire.
35:06Quitte à faire perdre
35:07le bloc central et la droite.
35:08Je pense que...
35:09Parce que vous serez divisés
35:10et qu'il y a quand même
35:10beaucoup d'électeurs
35:11qui sont inquiets.
35:12Je pense que
35:12le bloc central ne pourra pas gagner.
35:15Je pense que
35:16le fait d'avoir participé
35:18pendant dix ans,
35:18ça n'est pas rien,
35:19au bilan du macronisme,
35:22fera que jamais
35:22les Français ne viendront.
35:23Vous avez été ministre.
35:25Non, mais un ministre
35:26pendant douze mois,
35:27un ministre de cohabitation,
35:29ce n'est pas
35:29M. Macron qui m'a choisi,
35:30c'est Michel Barnier.
35:32Et pendant ces douze mois,
35:33croyez-moi,
35:34il n'y a pas un ministre
35:34de l'intérieur
35:35qui a fait connaître
35:36sa musique différente
35:37par rapport au président
35:38de la République.
35:38Mais est-ce que vous imaginez
35:39un premier tour
35:40avec Bruno Rotaillot,
35:42Gabriel Attaille
35:42et Édouard Philippe ?
35:43Franchement,
35:44c'est le suicide assuré
35:45pour la droite ?
35:46Non, je pense que
35:47dans le bloc central,
35:48ils devront se mettre
35:49d'accord, sans doute.
35:50Et je pense qu'entre les deux,
35:52un ralliera l'autre.
35:53J'en suis même quasiment sûr.
35:54Mais est-ce qu'il n'y a pas plus
35:55de, j'allais dire,
35:57de porosité
35:57ou de proximité
35:58entre Édouard Philippe
36:00et vous ?
36:01Édouard Philippe a fait partie
36:02de la même famille politique
36:03que vous,
36:04contre Édouard Philippe
36:05et Gabriel Attaille.
36:06Édouard Philippe,
36:07il y a dix ans,
36:08en 2017,
36:09il a fait un choix
36:09de rejoindre Emmanuel Macron
36:10avec d'autres.
36:11Oui, mais il a toujours dit
36:12qu'il était de droite.
36:13Croyez-vous,
36:14plus concrètement,
36:15pensez-vous un seul instant
36:16que les gens
36:17qui me suivent aujourd'hui,
36:18qui veulent voter pour moi,
36:20puissent faire un autre choix
36:20vis-à-vis d'un candidat centriste ?
36:22Je ne le crois pas.
36:23Oui, mais la question,
36:24c'est, vous dites
36:24ceux qui me suivent,
36:25mais il y a aussi
36:26le fait que
36:27vous ne rassemblez pas
36:28la totalité
36:29de cet espace politique.
36:30Il y en a quand même
36:31une partie
36:31qui peut être tentée
36:32par Édouard Philippe
36:33et une partie
36:34qui regarde aussi
36:34du côté de Marine Le Pen,
36:36voire d'autres candidatures.
36:37Oui, mais ça,
36:38c'est l'objet de la campagne.
36:40C'est l'objet de la campagne.
36:41Ce que je mets sur la table
36:43avec la révision constitutionnelle
36:44pour redonner
36:45vraiment la parole au peuple,
36:47pour faire en sorte
36:48que l'État puisse
36:48à nouveau agir,
36:49ça, c'est le gaullisme.
36:50C'est la refondation
36:52sur les bases de 1958.
36:53Mais on entend bien
36:54ce que vous dites.
36:54Qu'est-ce que la méthode ?
36:55Qu'est-ce que le gaullisme ?
36:57Je vais vous résumer
36:58parce qu'on a parlé
36:59beaucoup d'autres droits.
36:59La constitution de la cinquième,
37:01c'est quoi, selon De Gaulle ?
37:02C'est recombiner
37:03le pouvoir du peuple
37:04avec le pouvoir de l'État.
37:06C'est ça.
37:06La cinquième République,
37:07c'est que le pouvoir,
37:09ce soit le peuple
37:10qui le détienne vraiment
37:11et il ne le détient plus.
37:12C'est pour ça
37:13que la démocratie est blessée
37:15et du coup,
37:16l'État est affaibli.
37:17Puisque le peuple
37:18a toujours le dernier mot,
37:19selon vous,
37:19pourquoi ne pas vous soumettre
37:20à une primaire
37:20du centre et de la droite ?
37:22Au moins, ce serait plus clair,
37:23ce serait réglé.
37:23Il n'y aurait pas
37:23trois candidats
37:24sur cet espace.
37:25Je n'ai jamais refusé,
37:26vous le savez bien,
37:27par principe la primaire.
37:28À quelles conditions alors ?
37:28Je m'en fiche des conditions.
37:31Simplement, je la juge.
37:31Vous êtes toujours ouvert
37:32à cette idée ?
37:33Je la juge.
37:34Tellement peu probable
37:35que je ne veux pas perdre
37:37une miette d'énergie.
37:38Je ne veux pas perdre
37:38une seule seconde.
37:40Et je préfère
37:40faire des propositions
37:42et avancer dans la campagne.
37:43Ce matin,
37:44très clairement,
37:45vous nous dites
37:46jamais,
37:47jamais je ne me retirerai
37:48pour Édouard Philippe.
37:50J'irai jusqu'à la victoire.
37:51Je viens de vous le dire.
37:52Je ne sais plus
37:52comment vous le dire,
37:53avec quelle langue
37:54vous le dire.
37:55Non, mais vous ne vous retirerai pas
37:57pour Édouard Philippe.
37:58J'irai au deuxième tour
38:00de l'élection présidentielle.
38:01C'est une autre façon
38:02de me dire ce que je viens
38:03de vous dire.
38:04On dit en coulisses,
38:05on va le dire
38:06à nos téléspectateurs,
38:07il y a une des élections
38:08sénatoriales
38:09dans quelques semaines.
38:10Vous êtes d'ailleurs
38:10vous-même candidat.
38:12Et surtout,
38:12vos amis,
38:13vos propres amis
38:13se disent
38:14non mais tout ça,
38:15au moment là,
38:15pour l'instant,
38:16on laisse passer
38:16l'élection,
38:18le renouvellement sénatorial
38:20un peu le mois d'octobre.
38:21Et ensuite,
38:21on discute vraiment
38:23de savoir
38:24si Bruno Retailleau
38:25maintient sa candidature.
38:27Parce que c'est vrai
38:27qu'une partie
38:28de cet espace politique
38:29est tiraillée
38:30entre votre candidature
38:32et celle d'Édouard Philippe,
38:33sachant que
38:35si vous êtes tous les deux
38:36sur la ligne de départ,
38:37peut-être qu'il n'y en aura
38:38aucun des deux
38:38au deuxième tour.
38:39Oui, mais on a beaucoup
38:41parlé de la réforme
38:42constitutionnelle
38:43qui n'a pour moi
38:44rien de juridique
38:45mais tout de politique.
38:47Rendre vraiment
38:48la parole aux Français.
38:49Croyez-vous
38:50qu'Édouard Philippe
38:51serait d'accord
38:52pour aller jusque-là ?
38:53Je ne le pense pas.
38:54Lui-même a dit
38:55que ça ne sert à rien
38:56de modifier la Constitution,
38:58en réalité,
38:59notamment sur l'immigration.
39:00Sur l'immigration,
39:00lui, assume
39:02de vouloir
39:02plus d'étudiants étrangers.
39:04Moi, non.
39:05Moi, non.
39:05Il assume
39:06de faire appel
39:07à plus de travailleurs étrangers.
39:08Moi, non.
39:09Vous êtes contre...
39:09Vous pensez que
39:10votre ligne,
39:11c'est l'immigration zéro ?
39:12Je ne le dis pas.
39:14C'est un ensemble.
39:16D'abord,
39:17ma ligne n'a jamais été
39:17l'immigration zéro.
39:19Simplement,
39:19sur les étudiants,
39:20c'est un des premiers motifs
39:21migratoires aujourd'hui.
39:23Vous avez
39:2335% des chambres du CRUS
39:25qui sont occupées
39:26par des étudiants étrangers
39:27pendant que des familles françaises
39:28se saignent aux quatre veines
39:30pour pouvoir trouver
39:31un appartement
39:31pour leurs enfants étudiants.
39:33Vous avez sur ceux-là
39:34qui étudient en France
39:35les deux tiers
39:36qui ne vont pas avoir
39:36leur licence en trois ans.
39:38Qu'est-ce qu'on veut alors ?
39:38Il n'y a plus d'étudiants étrangers
39:40pour une retraite ?
39:40Non, mais il n'y en a plus du tout.
39:41Il y en a quand même...
39:42Mais on sélectionne
39:43et sur des filières
39:44dont on a besoin,
39:45ce qu'on ne fait pas aujourd'hui.
39:47Sur l'immigration de travail,
39:48vous avez quasiment
39:49380, 400 000 étrangers
39:51qui sont en situation légale
39:53et qui sont au chômage.
39:55Alors, pourquoi est-ce
39:56qu'on les qualifie ?
39:57Mais ça ne fait pas
39:57une différence majeure
39:58entre vous et Édouard Philippe
39:59la question des étudiants étrangers.
40:01Ce n'est pas ça la différence.
40:02J'y commence.
40:02La différence majeure,
40:03c'est la rupture.
40:04L'expression de cette rupture,
40:06c'est de changer le régime finalement.
40:08Vous n'avez rien de commun
40:09avec Édouard Philippe,
40:10c'est ce que vous nous dites ?
40:11Est-ce qu'il est capable
40:12de mettre sur la table
40:13la révision constitutionnelle
40:15telle que je l'ai définie ?
40:17Sur le référendum,
40:18pas de pouvoir,
40:19un pouvoir,
40:20en tout cas le dernier mot
40:21au peuple plutôt qu'aux juges.
40:22Un droit européen strictement
40:25sur les traités,
40:26y compris sur les traités,
40:27un droit en matière internationale
40:30et une charte de l'ordre républicain.
40:31Très concrètement,
40:32vous nous dites
40:32que vous avez
40:32de très grandes différences
40:33avec Édouard Philippe.
40:35Je vous propose deux photos par exemple.
40:36Vous vous sentez plus proche
40:38d'Édouard Philippe
40:40ou d'Éric Zemmour ?
40:42Non mais idéologiquement.
40:43Non mais attendez,
40:44ça, ce genre de...
40:47Vous n'allez pas me faire
40:47la culotte de chou
40:48comme de Éric de Villepin ?
40:49Non mais écoutez,
40:50faites un jeu pour,
40:51si vous voulez,
40:52un soir...
40:52Non mais vous...
40:53Faites un jeu
40:53pour vos auditeurs,
40:54faites des paris,
40:56faites des tombolas.
40:57Vous vous sentez plus proche
40:58duquel, Bruno Retailleau ?
40:59Vous n'êtes pas langue de bois,
41:00vous pouvez nous le dire.
41:01Mais d'aucun...
41:02Mon problème,
41:02il n'est pas là.
41:03Mon problème,
41:04c'est ma candidature.
41:05Vous n'avez pas compris ?
41:05Je fais des propositions.
41:07Est-ce que dans votre gouvernement,
41:08il pourrait y avoir
41:08des membres de reconquête
41:09Sarah Knafo et Éric Zemmour,
41:11par exemple ?
41:11Non mais en tout cas,
41:13je l'ai toujours dit.
41:14Je n'ai jamais voulu...
41:16On a parlé de l'union des droites
41:18précisément par les partis.
41:19Je l'ai toujours refusé
41:20parce qu'il y a des vraies différences.
41:22En revanche,
41:22je m'adresse aux électeurs.
41:24C'est les électeurs
41:24que je veux convaincre.
41:26Et c'est les électeurs
41:26que je convaincrai.
41:28J'en suis absolument persuadé.
41:30À tous les patriotes.
41:31Vous préférez les électeurs
41:31d'Édouard Philippe
41:32ou d'Éric Zemmour alors ?
41:33Mais un Français
41:34est un Français,
41:35une Française...
41:35Et voilà,
41:36il n'y a pas des citoyens
41:37de seconde zone
41:38en fonction de leur vote.
41:39Voilà.
41:40Et vous savez parfaitement
41:41que des électeurs
41:42d'Éric Zemmour,
41:43des électeurs de Marine Le Pen
41:44en réalité,
41:44sont souvent
41:45de nos anciens électeurs
41:46parce qu'ils pensent
41:47que souvent,
41:49ils ont été déçus
41:50par la droite.
41:50Édouard Philippe,
41:51Gabriel Attal,
41:51Bruno Retailleau au premier tour.
41:53Vous, comme les autres,
41:54vous êtes prêts à assumer
41:54la qualification
41:55de Jean-Luc Mélenchon
41:55pour le second ?
41:56Mais on n'en est pas là.
41:58Je pense,
41:59je le redis,
42:00je suis persuadé
42:01que les Français
42:02ne voudront pas de l'offre
42:03qui les amènerait
42:04à un duel chaotique
42:06entre Gérard Larcher.
42:08Gérard Larcher
42:08qui vous soutient,
42:10qui est même peut-être
42:10votre premier soutien.
42:11Il s'inquiète, lui,
42:13de voir sur la même ligne
42:14de départ, vous,
42:16Édouard Philippe,
42:17Gabriel Attal.
42:17Il dit qu'il faudra mettre
42:18de l'ordre là-dedans,
42:19ce ne sera pas possible.
42:20Il a même fait
42:20une proposition
42:21dans Le Parisien
42:22de cette semaine
42:23il y a quelques jours
42:23et je suis certain,
42:24Bruno Jeudy,
42:25que vous l'avez lu
42:26pour qu'Édouard Philippe
42:27se rallie à ma candidature.
42:30Il est aussi favorable
42:31à une primaire par ailleurs.
42:33Oui, mais le départage.
42:35Encore une fois,
42:36exactement,
42:36il dit départage,
42:37d'une part,
42:38et je n'ai rien moi
42:40d'opposition de principe.
42:41Pourquoi ?
42:41Parce que je ne crains
42:42aucune compétition.
42:43À quel moment
42:45devra se faire
42:46cet éclaircissement
42:47entre les candidats
42:47de la droite et du centre ?
42:48Édouard Philippe dit
42:50entre mi-décembre,
42:51mi-janvier,
42:51à quel moment
42:52doit se faire
42:52cet éclaircissement
42:53pour les trois candidats ?
42:54Ce n'est pas un problème
42:54d'éclaircissement
42:55vis-à-vis de tel ou tel candidat,
42:57c'est l'éclaircissement
42:57vis-à-vis des Français.
42:58Vous vous dites en gros
42:59Gabriel Attal et Édouard Philippe
43:00doivent régler leurs problèmes,
43:01moi je serai candidat
43:02quoi qu'il arrive.
43:03Ils sont dans le bloc central.
43:05Vous n'y êtes pas ?
43:06Je suis...
43:07Alors...
43:08Non, non...
43:09Je vais vous poser une question.
43:10Prenons un truc très concret.
43:11Est-ce que je suis centriste ?
43:12Est-ce que vous pensez
43:13que je suis centriste ?
43:13Mais quelque chose
43:14de très concret,
43:14par exemple...
43:14Est-ce que mes propositions
43:15ont quelque chose de centriste ?
43:16Vous êtes président du parti
43:17Les Républicains.
43:18Oui, absolument.
43:18Il va y avoir la question budgétaire
43:19qui est déjà engagée.
43:20Très concrètement,
43:21est-ce que par exemple
43:21Les Républicains voteront
43:23la censure du budget
43:23de ce gouvernement ou pas ?
43:24Moi je pense que ce gouvernement
43:26serait bien inspiré
43:27de recourir à l'article 47
43:29de la Constitution,
43:30c'est-à-dire aux ordonnances.
43:31C'est la meilleure façon
43:33d'avoir un budget
43:34le moins mauvais possible.
43:35Vous croyez que c'est vraiment
43:37raisonnable de faire des ordonnances
43:38alors que Sébastien Lecornu
43:39propose quoi ?
43:40Un demi-budget
43:41pour une demi-année ?
43:43Si vous faites des ordonnances,
43:44vous allez refaire le budget 2027 ?
43:47Vous ne pourrez pas faire
43:47de budget rectificatif ?
43:48Vous ferez un budget au mois de mai ?
43:50Je dis, il y aura,
43:51dans tous les cas,
43:52je vous l'annonce comme un scoop,
43:53et ce n'est pas un scoop,
43:54vous le savez bien,
43:55il y aura un rectificatif budgétaire
43:57à l'été prochain.
43:59Et entre la loi spéciale,
44:01un 49-3,
44:02vous savez très bien
44:03que le 49-3,
44:04ce n'est pas de budget.
44:04Il y aura une censure.
44:06Il y a un risque de censure.
44:07Le 47,
44:08l'article 47,
44:09juste parce que c'est très technique.
44:11Non, on ne va pas rentrer
44:11dans des choses trop techniques.
44:12Simplement,
44:13ça permet,
44:14le gouvernement pourrait reprendre
44:15les propositions
44:16qu'il mettra sur la table.
44:17On n'attend rien de ce budget-là.
44:19Rien.
44:19Simplement de donner
44:20un budget le moins mauvais possible
44:22à la France
44:23et de grâce
44:24des économies
44:25et pas d'impôts.
44:26Bruno Retailleau.
44:28Philippe Ayon dit
44:29dans la tribune dimanche
44:30que sans budget,
44:31c'est un emballement de la dette
44:32qui guette la France.
44:33Et ce sera le prochain président.
44:34Et donc,
44:34il y a une responsabilité
44:36à avoir de la part
44:36des candidats qui sont au Parlement.
44:37Vous ne savez pas
44:38ce que sont les ordonnances.
44:40Comment ?
44:41Vous ne savez pas
44:41ce que je propose.
44:42Bruno Retailleau.
44:43Les ordonnances,
44:43précisément,
44:45permettraient précisément
44:45d'avoir un budget
44:47avec le maximum
44:48d'économies,
44:49j'espère,
44:50et pas de hausse d'impôts.
44:52Il faut simplement
44:53que le gouvernement
44:53soit sérieux
44:54et qu'il mette sur la table
44:55dès le départ
44:56un budget initial
44:57qui respecte cette règle-là.
44:59Et ensuite,
44:59il pourrait,
45:00grâce aux ordonnances,
45:01prendre justement
45:02les dispositions
45:02et les mesures
45:03où il y ait un bon budget.
45:05Bruno Retailleau,
45:06c'est le moment
45:07de votre minute présidentielle.
45:08On est au soir du second tour.
45:09Vous venez d'accéder
45:09à l'Élysée.
45:10Qui est-ce que vous appelez
45:12la première personne
45:12que vous appelez
45:13le soir de votre élection ?
45:14La première personne
45:15que j'appelle ?
45:18C'est sans doute
45:19ma famille,
45:19c'est mon épouse.
45:20Avec qui vous dînez
45:21le soir de votre arrivée
45:21à l'Élysée ?
45:23Avec mes amis.
45:24Vous, président,
45:25est-ce que vous rétablissez
45:26le service militaire obligatoire ?
45:27Je crois que c'est une proposition
45:27des jeunes républicains
45:28qui va être faite.
45:29En tout cas,
45:30je ferai un service militaire.
45:31Obligatoire ?
45:32Ça, on en conviendra,
45:34on en discutera,
45:35mais je veux...
45:35Plutôt oui ?
45:36Plutôt oui,
45:37mais je veux faire en sorte
45:39que les jeunes,
45:39la jeunesse,
45:40puissent mieux s'intégrer.
45:41Vous instaurez le lever
45:42de drapeau dans les écoles
45:43comme l'a fait Eric Chotianis ?
45:44Je le souhaite.
45:44Vous appelez d'abord
45:45Poutine ou Trump ?
45:47J'appellerai d'abord
45:50les Européens,
45:51mais je ferai la priorité
45:53pour moi,
45:54ce sera la France
45:54et les Français.
45:55J'engagerai ma révision
45:57constitutionnelle.
45:57Qui sera la première personne
45:58que vous ferez entrer
45:59au Panthéon,
45:59Bruno Rotaillot ?
46:00Écoutez,
46:01vous me reposerez la question
46:02quand je serai à l'Élysée.
46:03À quoi vous refusez
46:04de renoncer
46:05pour être élu président ?
46:06À quoi je refuse...
46:07Vous refusez de renoncer ?
46:09À quoi je refuse...
46:11Au sport !
46:12Et alors justement,
46:13pour prendre la décision...
46:15Vous, président...
46:16Bien dans sa tête
46:16et bien dans son corps.
46:17Vous, président,
46:18est-ce que vous communierez
46:19lors des cérémonies religieuses
46:20ou vous participerez
46:21en tant que président
46:21de la République ?
46:22Non, pas question.
46:23J'appliquerai la jurisprudence
46:25du général de Gaulle,
46:26catholique fervent,
46:27catholique convaincu.
46:28Il avait même d'ailleurs
46:29transformé une petite pièce
46:32en oratoire à l'Élysée,
46:33ce que je ne ferai pas.
46:35Mais à chaque fois
46:35qu'il était comme président
46:37dans une cérémonie religieuse,
46:38il ne communiait pas.
46:39Je ne communiais pas non plus
46:41lorsque j'ai représenté
46:42le gouvernement
46:43quand j'étais ministre de l'Intérieur.
46:44Merci beaucoup Bruno Retailleau.